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| B | S. m. (Gramm.) c'est la seconde lettre de l'alphabet dans la plûpart des langues, & la premiere des consonnes.
Dans l'alphabet de l'ancien Irlandois, le b est la premiere lettre, & l'a en est la dix-septieme.
Les Ethiopiens ont un plus grand nombre de lettres que nous, & n'observent pas le même ordre dans leur alphabet.
Aujourd'hui les maîtres des petites écoles, en apprenant à lire, font prononcer be, comme on le prononce dans la derniere syllabe de tom-be, il tombe : ils font dire aussi, avec un e muet, de, fe, me, pe ; ce qui donne bien plus de facilité pour assembler ces lettres avec celles qui les suivent. C'est une pratique que l'auteur de la Grammaire générale du P. R. avoit conseillée il y a cent ans, & dont il parle comme de la voie la plus naturelle pour montrer à lire facilement en toutes sortes de langues ; parce qu'on ne s'arrête point au nom particulier que l'on a donné à la lettre dans l'alphabet, mais on n'a égard qu'au son naturel de la lettre, lorsqu'elle entre en composition avec quelqu'autre.
Le b étant une consonne, il n'a de son qu'avec une voyelle ; ainsi quand le b termine un mot, tels que Achab, Joab, Moab, Oreb, Job, Jacob, après avoir formé le b par l'approche des deux levres l'une contre l'autre, on ouvre la bouche & on pousse autant d'air qu'il en faut pour faire entendre un e muet, & ce n'est qu'alors qu'on entend le b. Cet e muet est beaucoup plus foible que celui qu'on entend dans syllabe, Arabe, Eusebe, globe, robbe. V. CONSONNE.
Les Grecs modernes, au lieu de dire alpha, beta, disent alpha, vita : mais il paroît que la prononciation qui étoit autrefois la plus autorisée & la plus générale, étoit de prononcer beta.
Il est peut-être arrivé en Grece à l'égard de cette lettre, ce qui arrive parmi nous au b : la prononciation autorisée est de dire be ; cependant nous avons des provinces où l'on dit ve. Voici les principales raisons qui font voir qu'on doit prononcer beta.
Eusebe, au livre X. de la préparation évangélique, ch. vj. dit que l'alpha des Grecs vient de l'aleph des Hébreux, & que beta vient de beth : or il est évident qu'on ne pourroit pas dire que vita vient de beth, sur-tout étant certain que les Hébreux ont toûjours prononcé beth.
Eustathe dit que , est un son semblable au bêlement des moutons, & des agneaux, & cite ce vers d'un ancien :
Is fatuus perinde ac ovis be, be dicens incedit.
Saint Augustin, au liv. II. de Doct. christ. dit que ce mot & ce son beta est le nom d'une lettre parmi les Grecs, & que parmi les Latins beta est le nom d'une herbe ; & nous l'appellons encore aujourd'hui bete ou bette-rave.
Juvenal a aussi donné le même nom à cette lettre :
Hoc discunt omnes ante alpha & beta puellae.
Belus, pere de Ninus, roi des Assyriens, qui fut adoré comme un dieu par les Babyloniens, est appellé , l'on dit encore la statue de Beel.
Enfin le mot alphabetum dont l'usage s'est conservé jusqu'à nous, fait bien voir que beta est la véritable prononciation de la lettre dont nous parlons.
On divise les lettres en certaines classes, selon les parties des organes de la parole qui servent le plus à les exprimer ; ainsi le b est une des cinq lettres qu'on appelle labiales, parce que les levres sont principalement employées dans la prononciation de ces cinq lettres, qui sont b, p, m, f, v.
Le b est la foible du p : en serrant un peu plus les levres, on fait p de b, & fe de ve ; ainsi il n'y a pas lieu de s'étonner si l'on trouve ces lettres l'une pour l'autre. Quintilien dit que quoique l'on écrive obtinuit, les oreilles n'entendent qu'un p dans la prononciation, optinuit : c'est ainsi que de scribo on fait scripsi.
Dans les anciennes inscriptions on trouve apsens pour absens, pleps pour plebs, poplicus pour publicus, &c.
Cujas fait venir aubaine ou aubene d'advena, étranger, par le changement de v en b : d'autres disent aubains quasi alibi nati. On trouve berna au lieu de verna.
Le changement de ces deux lettres labiales v, b, a donné lieu à quelques jeux de mots, entr'autres à ce mot d'Aurélien, au sujet de Bonose qui passoit sa vie à boire : Natus est non ut vivat, sed ut bibat. Ce Bonose étoit un capitaine originaire d'Espagne ; il se fit proclamer empereur dans les Gaules sur la fin du iij. siecle. L'empereur Probus le fit pendre, & l'on disoit, c'est une bouteille de vin qui est pendue.
Outre le changement de b en p ou en v, on trouve aussi le b changé en f ou en , parce que ce sont des lettres labiales ; ainsi de est venu fremo ; & au lieu de sibilare, on a dit sifilare : d'où est venu notre mot siffler. C'est par ce changement réciproque que du grec les Latins ont fait ambo.
Plutarque remarque que les Lacédémoniens changeoient le en b ; qu'ainsi ils prononçoient Bilippe au lieu de Philippe.
On pourroit rapporter un grand nombre d'exemples pareils de ces permutations de lettres ; ce que nous venons d'en dire nous paroît suffisant pour faire voir que les réflexions que l'on fait sur l'étymologie, ont pour la plûpart un fondement plus solide qu'on ne le croit communément.
Parmi nous les villes où l'on bat monnoie, sont distinguées les unes des autres par une lettre qui est marquée au bas de l'écu de France. Le B fait connoître que la piece de monnoie a été frappée à Roüen.
On dit d'un ignorant, d'un homme sans lettres, qu'il ne sait ni a ni b. Nous pouvons rapporter ici à cette occasion, l'épitaphe que M. Menage fit d'un certain abbé :
Ci-dessous git monsieur l'abbé
Qui ne savoit ni a ni b ;
Dieu nous en doint bientôt un autre
Qui sache au moins sa patenôtre. (F)
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| B | chez les Grecs & chez les Romains, étoit une lettre numérale qui signifioit le nombre deux, quand elle étoit figurée simplement ; & avec un accent dessous b, elle marquoit deux mille chez les Grecs.
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| B | dans les inscriptions, signifie quelquefois binus. On y trouve bixit pour vixit, berna pour verna ; parce que les anciens, comme on l'a dit plus haut, employoient souvent le b pour l'v consonne.
Les Egyptiens dans leurs hiéroglyphes, exprimoient le b par la figure d'une brebis, à cause de la ressemblance qu'il y a entre le bêlement de cet animal & le son de la lettre b. (G)
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| B | en écriture ; cette lettre considérée dans sa forme italienne, est composée de deux i l'un sur l'autre, & conjoints avec l'o ; dans sa forme coulée, c'est la tête de la seconde partie de l'x, l'i, & l'o : dans la ronde, c'est la quatrieme & huitieme partie de l'o, l'i, & le second demi-cercle de l'o.
La premiere partie des deux premiers b, se forme par le mouvement mixte des doigts, du plié & de l'allongé ; la seconde partie du même b, & le dernier b en entier, se forment par un mouvement mixte des doigts & du poignet.
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| B MO | ou BEMOL, caractere de Musique qui a à-peu-près la figure d'un b, & fait abaisser d'un semi-ton mineur la note à laquelle il est joint.
Guy d'Arezzo ayant autrefois donné des noms à six des notes de l'octave, laissa la septieme sans autre nom que celui de la lettre b, qui lui est propre, comme le c à l'ut, le d au ré, &c. Or ce b se chantoit de deux manieres ; savoir, à un ton au-dessus du la selon l'ordre naturel de la gamme, ou seulement à un semi-ton du même la lorsqu'on vouloit conjoindre les deux tétracordes. Dans le premier cas, le si sonnant assez durement à cause des trois tons consécutifs, on jugea qu'il faisoit à l'oreille un effet semblable à celui que les corps durs & anguleux font à la main ; c'est pourquoi on l'appella b dur, ou b quarre, b quadro : dans le second cas au contraire, on trouva que le si étoit extrèmement doux à l'oreille ; c'est pourquoi on l'appella b mol, & par la même analogie on l'auroit encore pû appeller b rond.
Il y a deux manieres d'employer le b mol, l'une accidentelle, quand dans le cours du chant on le place à la gauche d'une note ; cette note est presque toûjours la note sensible dans les tons majeurs, & quelquefois la sixieme note dans les tons mineurs, quand il n'y a pas à la clé le nombre de bémols qui doit y être. Le b mol accidentel n'altere que la note qu'il touche, ou tout au plus, celles qui dans la même mesure se trouvent sur le même degré, sans aucun signe contraire.
L'autre maniere est d'employer le b mol à la clé, & alors il agit dans toute la suite de l'air, & sur toutes les notes qui sont placées parallelement à lui sur la même ligne ou dans le même espace, à moins qu'il ne soit contrarié accidentellement par quelque dièse ou b quarre, ou que la clé ne change.
La position des b mols à la clé n'est pas arbitraire : en voici la raison. Ils sont destinés à changer le lieu des semi-tons de l'échelle : or ces deux semi-tons doivent toûjours garder entr'eux un intervalle prescrit, c'est-à-dire il faut que leurs notes homologues soient entr'elles à la distance d'une quarte d'un côté, & d'une quinte de l'autre ; ainsi la note mi inférieure de son semi-ton, fait au grave la quinte du si : qui est son homologue dans l'autre semi-ton, & à l'aigu la quarte du même si & la note si fait au grave la quarte du mi, & l'aigu la quinte du même mi.
Si par exemple, on donnoit un b mol au mi, le semi-ton changeroit de lieu, & se trouveroit descendu d'un degré entre le ré & le mi b mol. Or dans cette position il est évident que les deux semi-tons ne garderoient plus entr'eux la distance prescrite ; car le ré qui seroit la note inférieure de l'un, feroit au grave la sixte du si, son homologue dans l'autre, & à l'aigu la tierce du même si ; & ce si feroit au grave la tierce du ré, & à l'aigu la sixte du même ré : ainsi les deux semi-tons seroient trop près d'un côté & trop éloignés de l'autre.
L'ordre des b mols ne doit donc pas commencer par mi, ni par aucune autre note de l'octave que par si, la seule qui n'a pas le même inconvénient ; car bien que le semi-ton y change de place, & cessant d'être entre le si & l'ut, descende entre le si b mol & le la, toutefois l'ordre prescrit n'est point détruit ; car le la dans ce nouvel arrangement se trouve d'un côté à la quarte, & de l'autre à la quinte de mi son homologue, & réciproquement.
La même raison qui fait placer le premier b mol sur le si, fait mettre le second sur le mi, & ainsi de suite, en montant de quarte, ou en descendant de quinte jusqu'au sol, auquel on s'arrête ; parce que le b mol de l'ut qu'on trouveroit ensuite, ne differe point du si dans la pratique. Cela fait donc une suite de cinq b mols dans cet ordre :
Toûjours par la même raison, on ne sauroit employer les derniers b mols à la clé, sans employer aussi ceux qui les précédent ; ainsi le b mol du mi ne se pose qu'avec celui du si, celui du la qu'avec les deux précédens, &c.
Nous donnerons au mot CLE une formule pour trouver tout d'un coup si un ton ou un mode donné doit porter des b mols à la clé & combien.
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| B QUARR | ou BÉQUARRE, signe de Musique qui s'écrit ainsi , & qui placé à la gauche d'une note, marque que cette note ayant précédemment été baissée par un b mol, ou haussée par un diese, doit être remise à son élévation naturelle ou diatonique.
Le b quarre fut inventé par Guy d'Arezzo. Cet auteur qui donna des noms aux six premieres notes de l'octave, n'en laissa point d'autre que la lettre b pour exprimer le si naturel ; car chaque note avoit dès-lors sa lettre correspondante : & comme le chant diatonique de ce si est assez dur quand il monte depuis le fa, il l'appella simplement b dur ou b quarre, par une allusion dont j'ai déjà parlé au mot B MOL.
Le b quarre servit dans la suite à détruire l'effet du b mol antérieur sur une note quelconque ; il suffisoit pour cela de placer le b quarre à la gauche de cette note : c'est que le b mol se plaçant plus ordinairement sur le si, le b quarre qui venoit ensuite ne produisoit en le détruisant que son effet naturel, qui étoit de représenter la note si sans altération. A la fin on s'en servit par extension & faute d'autre signe, à détruire aussi l'effet du diese ; & c'est ainsi qu'il s'employe encore aujourd'hui. Le b quarre efface également le diese ou le b mol qui l'ont précédé.
Il y a cependant une distinction à faire. Si le diese ou le b mol sont accidentels, ils sont détruits sans retour par le b quarre dans toutes les notes qui suivent sur le même degré, jusqu'à ce qu'il s'y présente un nouveau b mol ou un nouveau diese. Mais si le b mol ou le diese sont à la clé, le b quarre ne les efface que pour la note qu'il précede, ou tout au plus pour la mesure où il se trouve ; & à chaque degré altéré à la clé, il faut sans-cesse un nouveau b quarre. Tout cela est assez mal imaginé : mais tel est l'usage.
Quelques-uns donnoient un autre sens au b quarre, & lui accordant seulement le droit de rétablir les dieses ou b mols accidentels, lui ôtoient celui de rien changer à la disposition de la clé ; desorte qu'en ce sens le b quarre sur un fa diésé, ou sur un si bémolisé à la clé, ne serviroit que pour détruire un diese accidentel sur ce si, ou un b mol sur ce fa, & signifieroit toûjours un fa diese, ou un si b mol.
D'autres enfin se servoient bien du b quarre pour effacer le b mol, même celui de la clé, mais jamais pour effacer le diese. C'est le b mol seulement qu'ils employoient dans ce dernier cas.
Le premier usage prévaut à la vérité : ceux-ci sont plus rares & s'abolissent tous les jours : mais il est bon d'y faire attention en lissant d'anciennes musiques. (S)
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| B | FA ; SI, ou B FA, B, MI, ou simplement B, est le nom d'un des sept sons de la gamme de l'Aretin, dans lequel les Italiens & les autres peuples de l'Europe répetent le b, parce qu'ils n'ont point d'autre nom pour exprimer la note que les François appellent si. Voyez GAMME.
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| BA | (Géog. mod.) ville d'Afrique dans la Guinée, au royaume d'Arder.
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| BAA | ou BEL, (Hist. anc.) nom qui signifie seigneur en langue Babylonienne, & que les Assyriens donnerent à Nemrod, lorsqu'après sa mort ils l'adorerent comme un dieu. Baal étoit le dieu de quelques peuples du pays de Chanaan. Les Grecs disent que c'étoit Mars, & d'autres que c'étoit ou Saturne ou le Soleil. L'historien Josephe appelle le dieu des Phéniciens Baal ou Bel, dont Virgile parle dans l'énéide, comme d'un roi de Tyr :
Implevitque mero pateram, quam Belus & omnes A Belo soliti.
Godwin, fondé sur la ressemblance des noms, croit que le Baal des Phéniciens est le même que Moloch : le premier signifie seigneur, & le second, prince ou roi. Cependant d'autres pensent que ces peuples adoroient Saturne sous le nom de Moloch, & Jupiter sous celui de Baal ; car ils appelloient ce dernier dieu, Baal semen, le seigneur du ciel. Quoi qu'il en soit de ces différentes opinions, le culte de Baal se répandit chez les Juifs, & fut porté à Carthage par les Tyriens ses fondateurs. On lui sacrifioit des victimes humaines & des enfans, en mémoire de ce que se trouvant engagé dans une guerre dangereuse, il para son fils des ornemens royaux, & l'immola sur un autel qu'il avoit dressé lui-même. Jérémie reproche aux Juifs qu'ils brûloient leurs enfans en holocauste devant l'autel de Baal ; & dans un autre endroit, que dans la vallée d'Ennon ils faisoient passer leurs enfans par le feu en l'honneur de Moloch. Les Rabbins pour diminuer l'horreur de cette idolatrie, s'en sont tenus à cette seconde cérémonie. Non comburebant illos, disent-ils de leurs ancêtres, sed tantum traducebant illos per ignem. Mais si dans le culte de Baal il n'en coûtoit pas toûjours la vie à quelqu'un, ses autels au moins étoient souvent teints du sang de ses propres prêtres, comme il paroît par le fameux sacrifice où Elie les défia. Incidebant se juxta ritum suum cultris & lanceolis, donec profunderentur sanguine. Lib. III. Reg. Voyez BELUS. (G)
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| BAAL-BERITH | (Myth.) Ce mot est composé de baal, seigneur, & de berith, alliance, dieu de l'alliance. C'est sous ce nom que les Carthaginois, & avant eux les Phéniciens prenoient à témoins les dieux dans leurs alliances.
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| BAAL-GA | ou BAGAD, ou BEGAD, (Hist. anc. & Myth.) idole des Syriens ; leur nom est composé de baal, seigneur, & de gad, hasard ou fortune, dieux de la fortune ou du hasard. Le dieu du hasard est, après le dieu du tonnerre, un de ceux qui a dû avoir le premier des autels parmi les hommes.
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| BAAL-HASOR | (Géog. sainte) lieu voisin de la tribu d'Ephraïm, où Absalon vangea le viol de sa soeur Thamar.
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| BAAL-HERMON | (Géog. sainte) montagne & ville au-delà du Jourdain, au nord de la tribu de Manassès.
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| BAAL-PEOR | (Myth.) de baal, seigneur, & de Peor, nom d'une montagne ; dieu que les Arabes adoroient sur la montagne de Peor : on croit que c'est le Priape des Grecs. On l'appelle encore
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| BAAL-PHARASIM | (Géog. sainte) ville des Philistins dans la tribu de Juda.
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| BAAL-PHEGO | ou BEELPHEGOR, ou BELPHEGOR. Voyez BELPHEGOR.
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| BAAL-THAMAR | (Géog. sainte) plaine dans la tribu de Benjamin, où toutes les tribus s'assemblerent pour vanger l'outrage fait à la femme d'un LÉvite de la tribu d'Ephraïm.
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| BAAL-TSEPHON | Voyez BEELZEPHON.
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| BAALA | (Géog. sainte) ville de la Palestine dans la tribu de Juda, où l'arche fut en dépôt pendant vingt ans. Il y eut dans la tribu de Juda une autre ville de même nom, qui passa ensuite dans celle de Siméon.
BAALA, montagne de la Palestine, qui bornoit la tribu de Juda du côté du Nord.
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| BAALAM | ville de la Palestine dans la demi-tribu de Manassès.
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| BAALITES | S. m. pl. (Hist. anc.) secte d'impies, parmi le peuple d'Israël. Ils adoroient Baal, ou l'idole de Bel. Nous lisons dans le troisieme livre des Rois, qu'Achab & Jesabel sacrifioient tous les jours à cette idole, & qu'Elie ayant convaincu de superstition les prêtres de ce faux dieu par un miracle qu'il fit à la vûe d'Achab & du peuple, ces sacrificateurs au nombre de quatre cent cinquante furent tous mis à mort. Ancien Testament, III. liv. des Rois, ch. xviij. Voyez BAAL. (G)
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| BAALMEON | (Géog. sainte) ville de la Palestine, bâtie par la tribu de Ruben.
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| BAALTIS | S. f. (Myth.) déesse adorée des Phéniciens : on la fait soeur d'Astarté, & femme de Saturne, dont elle n'eut que des filles. On croit que ce fut la Diane des Grecs, révérée particulierement à Biblos sous le nom de Baaltis.
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| BAANITES | S. m. pl. (Hist. ecclés.) hérétiques, sectateurs d'un certain Baanès, qui se disoit disciple d'Epaphrodite, & semoit les erreurs des Manichéens dans le IX. siecle, vers l'an 810. Pierre de Sicile, Hist. du Manich. renaissant. Baronius, A. C. 810. (G)
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| BAAR | (Géog.) comté d'Allemagne en Souabe, dans la principauté de Furstenberg, vers la source du Danube & du Neckre, proche la forêt Noire & les frontieres de Brisgaw. On appelle quelquefois les montagnes d'Abennow de son nom, montagnes de Baar.
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| BAARAS | (Géog. & Hist. nat.) nom d'un lieu & d'une plante qu'on trouve sur le mont Liban en Syrie, au-dessus du chemin qui conduit à Damas. Josephe dit qu'elle ne paroît qu'en Mai, après que la neige est fondue ; qu'elle luit pendant la nuit comme un petit flambeau ; que sa lumiere s'éteint au jour ; que ses feuilles enveloppées dans un mouchoir s'échappent & disparoissent ; que ce phénomene autorise l'opinion qu'elle est obsédée des démons, qu'elle a la vertu de changer les métaux en or, & que c'est par cette raison que les Arabes l'appellent l'herbe d'or ; qu'elle tue ceux qui la cueillent sans les précautions nécessaires ; que ces précautions sont malheureusement inconnues ; qu'elle se nourrit, selon quelques Naturalistes, de bitume ; que l'odeur bitumineuse que rend sa racine, quand on l'arrache, suffoque ; que c'est ce bitume enflammé qui produit sa lumiere pendant la nuit ; que ce qu'elle perd en éclairant n'étant que le superflu de sa nourriture, il n'est pas étonnant qu'elle ne se consume point ; que sa lumiere cesse quand ce superflu est consumé ; & qu'il faut la chercher dans des endroits plantés de cedres. Combien de rêveries ! & c'est un des historiens les plus sages & les plus respectés qui nous les débite.
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| BAAT | S. m. (Com.) monnoie d'argent du royaume de Siam. Le baat sert aussi de poids ; sa forme est un quarré sur lequel sont empreints des caracteres assez ressemblans à ceux des Chinois ; mais ils sont mal frappés. Comme on altere souvent le baat par ses angles ou côtés, il ne faut le prendre ni comme poids, ni en payement, sans en avoir fait l'examen. Son poids est de trois gros deux deniers & vingt grains, poids de marc de France ; son titre neuf deniers douze grains : il vaut deux livres neuf sols sept deniers, argent de France. Cette monnoie a cours à la Chine ; on l'appelle tical. Voyez TICAL.
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| BABA | (Géog.) ville de la Turquie en Europe, dans la basse Bulgarie sur la mer Noire, vers les bouches du Danube, entre Prostoviza & Catu.
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| BABEL | (Hist. sacr. anc.) en hébreu confusion, nom d'une ville & d'une tour dont il est fait mention dans la Genese, chap. ij. situées dans la terre de Sennaar, depuis la Chaldée, proche l'Euphrate, que les descendans de Noé entreprirent de construire avant que de se disperser sur la surface de la terre, & qu'ils méditoient d'élever jusqu'aux cieux : mais Dieu réprima l'orgueil puérile de cette tentative que les hommes auroient bien abandonnée d'eux-mêmes. On en attribue le projet à Nemrod, petit-fils de Cham : il se proposoit d'éterniser ainsi sa mémoire, & de se préparer un asyle contre un nouveau déluge. On bâtissoit la tour de Babel l'an du monde 1802. Phaleg, le dernier des patriarches de la famille de Sem, avoit alors 14 ans ; & cette date s'accorde avec les observations célestes que Callisthene envoya de Babylone à Aristote. Ces observations étoient de 1903 ans ; & c'est précisément l'intervalle de tems qui s'étoit écoulé depuis la fondation de la tour de Babel jusqu'à l'entrée d'Alexandre dans Babylone. Le corps de la tour étoit de brique liée avec le bitume. A peine fut-elle conduite à une certaine hauteur, que les ouvriers cessant de s'entendre, furent obligés d'abandonner l'ouvrage. Quelques auteurs font remonter à cet évenement l'origine des différentes langues : d'autres ajoûtent que les payens qui en entendirent parler confusément par la suite, en imaginerent la guerre des géans contre les dieux. Casaubon croit que la diversité des langues fut l'effet & non la cause de la division des peuples ; que les ouvriers de la tour de Babel se trouvant, après avoir bâti long-tems, toûjours à la même distance des cieux, s'arrêterent comme se seroient enfin arrêtés des enfans qui croyant prendre le ciel avec la main, auroient marché vers l'horison ; qu'ils se disperserent, & que leur langue se corrompit. On trouve à un quart de lieue de l'Euphrate, vers l'orient, des ruines qu'on imagine, sur assez peu de fondement, être celles de cette fameuse tour.
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| BABEL-MANDEL | (Géog. mod.) détroit ainsi appellé de l'arabe bab-al-mandab, porte de deuil, parce que les Arabes prenoient le deuil pour ceux qui le passoient. Il est à 12. 40. de lat. entre une île & une montagne de même nom, & joint la mer Rouge à l'Océan.
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| BABEURRE | S. f. (Oeconom. rust.) espece de liqueur séreuse que laisse le lait quand il est battu, & que sa partie grasse est convertie en beurre. La babeurre prise en boisson rafraîchit & humecte.
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| BABIA | S. f. (Myth.) déesse révérée en Syrie, & sur-tout à Damas. On y donnoit le nom de babia aux enfans ; ce qui a fait conjecturer que la babia étoit déesse de l'enfance.
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| BABILLER | v. n. se dit en Venerie d'un limier qui donne de la voix : ce limier babille trop il faut lui ôter le babil, ou le rendre secret.
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| BABOLZA | (Géog. anc. & mod.) ville de la basse Hongrie dans l'Esclavonie, entre Passega & Zigeth, vers la Drave. Baudrand croit que ç'a été l'ancien Mansuetinium, ou pons Mansuetinus.
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| BABORD | Voyez BASBORD.
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| BABOUIN | S. m. papio, (Hist. nat. Zoolog.) c'est ainsi que l'on appelle de gros singes qui ont des queues, & qui sont différens des cynocéphales : on distingue les babouins à longue queue, & les babouins à courte queue. Voyez SINGE. (I)
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| BABUL | (Géog.) ville des Indes orientales, dans une île du fleuve Indus. Quelques-uns croyent que c'est Cambaya, & d'autres Patan.
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| BABYCA | (Géog. & Hist. anc.) lieu entre lequel & le Cnacion les Lacédémoniens tenoient leurs assemblées. Aristote dit que le Cnacion est la riviere, & que le Babyca est le pont ; ce qui rend ce que l'on vient de dire des Lacédémoniens entierement inintelligible ; car entre un pont & une riviere quel espace y a-t-il où un peuple puisse s'assembler ?
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| BABYLON | ou BABEL, (Géog. anc. & mod.) capitale ancienne de la Chaldée, dont il reste à peine quelques ruines. Voyez dans les historiens anciens & modernes les merveilles qu'on en raconte : ce détail est hors de notre objet. On croit que Bagdat est au lieu où étoit l'ancienne Babylone : mais ce fait n'est pas constant ; il y a sur les autres endroits où on la suppose les mêmes incertitudes ; les uns en font Felouge sur l'Euphrate, à cause de ses grandes ruines ; d'autres Il ou Elle, à cause d'un amas de décombres qu'on appelle encore la tour de Babel.
* BABYLONE, (Géog. anc. & mod.) ville de l'Egypte près du Nil ; le grand Caire s'est formé de ses ruines.
BAC à naviger, c'est en Marine, un petit bâtiment dont on se sert sur les canaux & les rivieres pour porter le brai & le goudron. (Z)
BAC est encore sur les rivieres un bateau, grand, large & plat, dont on se sert pour passer hommes, bêtes & voitures.
Il y a aux environs de Paris plusieurs bacs, dans les endroits éloignés des ponts.
BAC, en Jardinage ; on appelle ainsi un petit bassin, soit quarré, soit rond, placé d'espace en espace dans les quarrés d'un potager, avec un robinet pour arroser. A Versailles, à Sceaux, il y en a dans chaque petit jardin. (K)
BAC A JET TREMPE, en terme de Brasseur, est celui qui est posé sur les chaudieres & qui a trois trous, un de chaque côté, pour pouvoir jetter d'une chaudiere dans l'autre ; celui de devant est pour jetter les eaux chaudes des chaudieres dans la cuve matiere, par le moyen de la gouttiere à jet trempe. Voyez BRASSERIE & CUVE MATIERE.
BAC A LA DECHARGE, dans les Brasseries, est un bac qui est sur un des bords d'une des chaudieres, dans lequel on jette les métiers lorsqu'ils sont cuits pour les laisser refroidir. Voyez BRASSERIE & METIERS.
BAC A FORMES, en terme de Raffinerie de sucre, c'est une grande auge de bois très-sain, en planches de quatre pouces d'épaisseur, longues de 8 à 9, & larges de 4 à 5, dans laquelle on met les formes en trempe. Voyez TREMPE & FORMES.
BAC A CHAUX, en terme de Raffinerie de sucre, c'est un grand bassin en massif de brique & de ciment, portant 9 à 10 piés de long sur 4 à 5 de large, & 6 de profondeur, dans lequel on éteint la chaux dont on a besoin dans les clarifications. Voyez CLARIFIER.
BAC A SUCRE, en terme de Raffinerie de sucre, n'est autre chose que plusieurs espaces séparés par des cloisons de planches, dans lesquelles on jette les matieres triées & sorties des barrils.
BAC A TERRE, en terme de Raffineur de sucre, c'est une auge de bois de même que le bac à formes (Voyez BAC A FORMES), séparé en plusieurs chambrettes où l'on délaye la terre. Voyez TERRE. A chaque extrémité & au-dessus de ce bac, on voit une planche percée au milieu, & qui sert de traverses à deux bouts de chevrons qui sont attachés au plancher. C'est dans le trou de cette planche que s'emmanche un ballet dont on se sert pour passer la terre par la couleresse. Voyez COULERESSE.
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| BACA | (Géog. sainte) ville de la tribu d'Aser, au pié du mont Liban.
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| BAÇA-SERAY | ou BACHA-SERAI, (Géog.) ville de la presqu'île de Crimée, dans la petite Tartarie. Long. 52. 30. lat. 45. 30.
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| BAÇAIM | (Géog.) ville d'Asie, avec port, au royaume de Visapour, sur la côte de Malabar. Long. 90. 40. lat. 19.
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| BACALA | (Géog. ville de la presqu'île de Jucatan, dans l'Amérique septentrionale, près du golfe d'Honduras, entre Valladolid & Salamanque.
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| BACALAOS | (Géog.) terre de l'Amérique méridionale, dont on ne nous dit rien de plus.
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| BACAR | (Géog. anc. & mod.) nom d'une vallée située dans la partie septentrionale du mont Liban, que les Latins appelloient Iturea Thraconitis.
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| BACAY | (Géog.) ville de l'Inde, delà le Gange, capitale du pays de même nom, sur la riviere de Pegu.
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| BACCALAUREAT | S. m. le premier des degrés qu'on acquiert dans les facultés de Théologie, de Droit, & de Médecine. Voyez BACHELIER.
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| BACCARACH | (Géog.) ville d'Allemagne, dans le bas Palatinat, sur le Rhin. Long. 25. 15. lat. 49. 57.
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| BACCARAT | (Géog.) ville de France, en Lorraine, sur la Meurte, entre Nanci & Estival.
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| BACCHANALES | adj. pris subst. (Hist. anc.) fêtes religieuses en l'honneur de Bacchus, qu'on célébroit avec beaucoup de solennité chez les Athéniens, où l'on en distinguoit de diverses sortes ; d'anciennes, de nouvelles, de grandes, de petites, de printanieres, d'automnales, de nocturnes, &c. Avant les Olympiades, les Athéniens marquoient le nombre des années par celui des bacchanales, autrement nommées orgies, du mot Grec , fureur, à cause de l'enthousiasme ou de l'ivresse qui en accompagnoit la célébration : elles tiroient leur origine d'Egypte, & furent introduites en Grece par Melampe.
A Athenes l'Archonte régloit la forme & l'ordonnance des bacchanales, qui dans les premiers tems se passoient fort simplement : mais peu à peu on les accompagna de cérémonies ou ridicules ou infames. Les prêtresses ou bacchantes couroient de nuit, à demi-nues, couvertes seulement de peaux de tigres ou de pantheres passées en écharpe, avec une ceinture de pampre ou de lierre ; les unes échevelées & tenant en main des flambeaux allumés, les autres portant des thyrses ou bâtons entourés de lierre & de feuilles de vigne, criant & poussant des hurlemens affreux. Elles prononçoient sur-tout ces mots, , ou , ou . A leurs cris se mêloit le son des cymbales, des tambours, & des clairons. Les hommes en habits de satyres suivoient les bacchantes, les uns à pié, d'autres montés sur des ânes, traînant après eux des boucs ornés de guirlandes pour les immoler. On pouvoit appeller ces fêtes du Paganisme le triomphe du libertinage & de la dissolution ; mais sur-tout les bacchanales nocturnes où il se passoit des choses si infames, que l'an 568 de Rome, le sénat informé qu'elles s'étoient introduites dans cette ville, défendit sous les peines les plus grieves de les célébrer. C'est avec raison que les peres de l'église ont reproché aux payens ces desordres & ces abominations. (G)
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| BACCHANTES | prêtresses de Bacchus, nom que l'on donna d'abord à des femmes guerrieres qui suivirent Bacchus à la conquête des Indes, portant des thyrses ou bâtons entortillés de pampres de lierre & de raisins, & faisant des acclamations pour publier les victoires de ce conquérant. Après l'apothéose de ce prince, elles célébrerent en son honneur les bacchanales. De-là les mysteres de Bacchus furent principalement confiés aux femmes ; & dans les anciennes bacchanales de l'Attique, ces prêtresses étoient au nombre de quatorze. Il est pourtant fait mention dans l'antiquité d'un grand prêtre de Bacchus, si respecté de tout le peuple, qu'on lui donnoit la premiere place dans les spectacles. Platon bannit de sa république la danse des bacchantes, & leur cortege composé de nymphes, d'égipans, de silenes, & de satyres, qui tous ensemble imitoient les ivrognes, & presque toûjours d'après nature, sous prétexte d'accomplir certaines expiations ou purifications religieuses. Ce philosophe pense que ce genre de danse n'étant convenable ni à la guerre, ni à la paix ; & ne pouvant servir qu'à la corruption des moeurs, il doit être exclus d'un état bien policé. Tacite racontant les débauches de Messaline & de ses femmes, en fait ce portrait tout semblable aux extravagances des bacchantes. Feminae pellibus accinctae assultabant, ut sacrificantes vel insanientes bacchae. Ipsa crine fluxo, thyrsum quatiens, juxtaque Silius hedera cinctus, gerere cothurnos, jacere caput, strepente circum procaci choro. " Les femmes de Messaline revêtues de peaux bondissoient & folâtroient comme les bacchantes dans leurs sacrifices ; elle-même les Cheveux épars agitoit un thyrse ; Silius (son amant) étoit à ses côtés, couronné de lierre, chaussé d'un cothurne, jettant la tête deçà & delà, tandis que cette troupe lascive dansoit autour de lui ". (G)
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| BACCHE | S. m. dans la Poësie Greque & Latine, espece de pié composé de trois syllabes ; la premiere breve, & les deux autres longues, comme dans ces mots, gsts, vr.
Le bacche a pris son nom de ce qu'il entroit souvent dans les hymnes composées à l'honneur de Bacchus. Les Romains le nommoient encore oenotrius, tripodius, saltans, & les Grecs . Diom. 111. pag. 475. Le bacche peut terminer un vers hexametre. Voyez PIE, &c. (G)
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| BACCHIONITES | S. m. plur. (Hist. anc.) c'étoient, à ce qu'on dit, des philosophes qui avoient un mépris si universel pour les choses de ce bas monde, qu'ils ne se reservoient qu'un vaisseau pour boire ; encore ajoûte-t-on qu'un d'entr'eux ayant apperçu dans les champs un berger qui puisoit dans un ruisseau de l'eau avec le creux de sa main, il jetta loin de lui sa tasse, comme un meuble incommode & superflu. C'est ce qu'on raconte aussi de Diogene. S'il y a eu jamais des hommes aussi desintéressés, il faut avoüer que leur métaphysique & leur morale mériteroient bien d'être un peu plus connues. Après avoir banni d'entr'eux les distinctions funestes du tien & du mien, il leur restoit peu de choses à faire pour n'avoir plus aucun sujet de querelles, & se rendre aussi heureux qu'il est permis à l'homme de l'être.
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| BACCHUS | (Myth.) dieu du Paganisme. On distingue particulierement deux Bacchus : celui d'Egypte, fils d'Ammon, est le même qu'Osiris ; celui de Thebes, fils de Jupiter & de Semelé, auquel on a fait honneur de toutes les actions des autres. L'Egyptien fut nourri à Nisa, ville de l'Arabie heureuse, & ce fut lui qui fit la conquête des Indes. Orphée apporta son culte dans la Grece, & attribua par adulation les merveilles qu'il en racontoit à un Prince de la famille de Cadmus. Voyez OSIRIS.
Le Thébain acheva dans la cuisse de son pere le reste du tems de la grossesse de sa mere qui mourut sur son septieme mois. Euripide dans ses Bacchantes, dit que Jupiter déposa cet enfant dans un nuage pour le dérober à la jalousie de sa femme ; & Eustathe, qu'il fut nourri sur le mont Meros, qui signifie cuisse, équivoque qui aura vraisemblablement donné lieu à la premiere fable. Bacchus à la conquête des Indes à la tête d'une troupe de femmes & d'hommes armés de thyrses & de tambours. Les peuples effrayés de la multitude & du bruit, le reçurent comme un dieu ; & pourquoi se seroient-ils défendus contre lui ? il n'alloit point les charger de chaînes, mais leur apprendre la culture de la vigne. On dit qu'il fit des prodiges dans l'affaire des Géans. On le représente sous la figure d'un jeune homme, sans barbe, joufflu, couronné de lierre ou de pampre, le thyrse dans une main, & des grappes de raisin ou une coupe dans l'autre. On lui immoloit le bouc & la pie ; le bouc qui mange les bourgeons, la pie que le vin fait parler. La panthere lui étoit consacrée, parce qu'il se couvroit de sa peau. Voyez SEMELE, BIMATER, DIONYSIUS, LIBER, BROMIUS, &c.
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| BACH | (Géog.) ville de la basse Hongrie, au comté de Toln, sur le Danube.
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| BACHA | PASCHA, ou PACHA, subst. m. (Hist. mod.) officier en Turquie. C'est le gouverneur d'une province, d'une ville, ou d'un autre département ; nous disons le bacha de Babylone, le bacha de Natolie, le bacha de Bender, &c.
Dans les bachas sont compris les beglerbegs, & quelquefois les sangiacbegs, quoiqu'ils en soient quelquefois distingués, & que le nom de bacha se donne proprement à ceux du second ordre ; c'est-à-dire à ceux devant qui l'on porte deux ou trois queues de cheval, qui sont les enseignes des Turcs ; d'où vient le titre de bacha à trois queues. Ceux-ci sont appellés beglerbegs, & les sangiacbegs ne font porter devant eux qu'une queue de cheval attachée au bout d'une lance. Voyez BEGLERBEG & SANGIAC.
Le titre de bacha se donne aussi par politesse aux courtisans qui environnent le grand-seigneur à Constantinople, aux officiers qui servent à l'armée, & pour ainsi-dire, à tous ceux qui font quelque figure à la cour ou dans l'état.
Le grand seigneur confie aux bachas la conduite des armées ; & pour lors on leur donne quelquefois le titre de seraskier ou de bach-bog, c'est-à-dire général, parce qu'ils ont sous leurs ordres d'autres bachas. Comme on ne parvient communément au titre de bacha que par des intrigues, par la faveur du grand visir ou des sultanes, qu'on achete par des présens considérables, il n'est point d'exactions que ces officiers ne commettent dans leurs gouvernemens, soit pour rembourser aux Juifs les sommes qu'ils en ont empruntées, soit pour amasser des trésors dont souvent ils ne joüissent pas long-tems, & qu'ils ne transmettent point à leur famille. Sur un léger mécontentement, un soupçon, ou pour s'approprier leurs biens, le grand-seigneur leur envoye demander leur tête, & leur unique réponse est d'accepter la mort. Leur titre n'étant pas plus héréditaire que leurs richesses, les enfans d'un bacha traînent quelquefois leur vie dans l'indigence & dans l'obscurité. On croit que ce nom de pascha vient du Persan pait schats, qui signifie pié de roi, comme pour marquer que le grand-seigneur a le pié dans les provinces où ses bachas le représentent. Cependant ce titre n'est en usage qu'en Turquie ; car en Perse on nomme émirs ou kams les grands-seigneurs & les gouverneurs de province. (G)
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| BACHARA | (Géog.) ville de la grande Tartarie en Asie, dans l'Usbech, sur une riviere qui va se jetter dans la mer Caspienne.
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| BACH | ou BACHOT, s. m. ce sont de petits bateaux dont on se sert sur les rivieres ; on nomme ainsi ceux dont on se sert à Lyon pour passer la Saone. (Z)
BACHE, (Jardin. & Hydraul.) c'est un coffre ou une cuvette de bois qui reçoit l'eau d'une pompe aspirante à une certaine hauteur, où elle est reprise par d'autres corps de pompe foulante qui l'élevent davantage. (K)
* BACHE, s. f. (Comm. & Roul.) grande couverture de grosse toile que les rouliers & voituriers étendent sur leurs voitures, pour garantir de la pluie & des autres intempéries de l'air les marchandises dont elles sont chargées. Cette couverture est bandée par des cordes qui partent de son milieu & de ses angles, & qui se rendent à différentes parties latérales de la voiture. Il y a entr'elle & les marchandises un lit de paille fort épais.
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| BACHELIER | S. m. (Hist. mod.) dans les écrivains du moyen âge, étoit un titre qui se donnoit, ou à ceux d'entre les chevaliers qui n'avoient pas assez de bien ou assez de vassaux pour faire porter devant eux leurs bannieres à une bataille, ou à ceux même de l'ordre des Bannerets, qui, n'ayant pas encore l'âge qu'il falloit pour déployer leur propre banniere, étoient obligés de marcher à la guerre sous la banniere d'un autre ; voyez BANNERET. Cambdem & d'autres définissent le bachelier, une personne d'un rang moyen entre un chevalier & un écuyer, moins âgé & plus récent que celui-là, mais supérieur à celui-ci, voyez CHEVALIER, &c D'autres veulent que le nom de bachelier ait été commun à tous les degrés compris entre le simple gentilhomme & le baron.
Quand l'amiral n'étoit ni comte ni baron, il étoit nommé bachelier ; & il est à noter que quand " l'amiral va par le pays pour assembler vaisseaux de guerre, ou pour autre affaire du royaume, s'il est bachelier, il recevra par jour quatre chelins sterlins ; s'il est comte ou baron, ses gages seront à proportion de son état & rang ".
Le titre de bachelier se donnoit plus particulierement à tout jeune homme de condition qui faisoit sa premiere campagne, & qui recevoit en conséquence la ceinture militaire.
BACHELIER, signifioit encore celui qui dans le premier tournois où il eût jamais combattu, avoit vaincu quelqu'un.
On disoit anciennement bacheliers au lieu de bas chevaliers, parce que les bacheliers formoient le plus bas ordre de chevaliers ; ils étoient au-dessus des bannerets, &c. Voyez CHEVALIER.
On appelle maintenant ceux-ci equites aurati, à cause des éperons qu'on leur met lors de leur réception.
D'abord cette dignité ne se donnoit qu'aux gens d'épée : mais dans la suite on la conféra aussi aux gens de robbe longue. La cérémonie en est extrèmement simple. L'aspirant s'étant mis à genoux, le roi le touche doucement d'une épée nue, & dit, sois chevalier au nom de Dieu ; & après, avance, chevalier. Voyez CHEVALIER & NOBLESSE.
BACHELIER, est encore un terme dont on se sert dans les universités pour désigner une personne qui a atteint le baccalauréat, ou le premier degré dans les Arts libéraux & dans les Sciences. Voyez DEGRE.
C'est dans le treizieme siecle que le degré de bachelier a commencé à être introduit par le pape Grégoire IX. mais il est encore inconnu en Italie. A Oxford, pour être reçu bachelier ès Arts, il faut y avoir étudié quatre ans ; trois ans de plus pour devenir maître ès Arts, & sept ans encore pour être bachelier en Théologie.
A Cambridge, il faut avoir étudié près de quatre ans pour être fait bachelier ès Arts, & plus de trois ans encore avant que d'être reçû maître, & encore sept ans de plus pour devenir bachelier en Théologie. Il ne faut avoir étudié que six ans en Droit pour être reçû bachelier de cette faculté.
A Paris, pour passer bachelier en Théologie, il faut avoir étudié deux ans en Philosophie, trois ans en Théologie, & avoir soûtenu deux examens, l'un sur la Philosophie, & l'autre sur la premiere partie de la somme de S. Thomas, qui comprend les traités de Dieu, & des divins attributs de la Trinité & des anges. Ces deux examens doivent se faire à un mois l'un de l'autre, devant quatre docteurs de la faculté de Théologie, tirés au sort, avec droit de suffrage. Un seul mauvais billet ne laisse au candidat que la voie de l'examen public qu'il peut demander à la faculté. S'il se trouve deux suffrages défavorables, il est refusé sans retour. Lorsque les examinateurs sont unanimement contens de sa capacité, il choisit un président à qui il fait signer ses theses ; & quand le syndic les a visées & lui a donné jour, il doit les soûtenir dans l'année à compter du jour de son second examen. Dans quelqu'une des écoles de la faculté, c'est-à-dire, des colléges ou des communautés qui sont de son corps, cette these roule sur les mêmes traités théologiques, qui ont servi de matiere à ce second examen, & on la nomme tentative. Le président, quatre bacheliers en licence, & deux bacheliers amis, y disputent contre le répondant ; dix docteurs qu'on nomme censeurs y assistent avec droit de suffrage ; les bacheliers de licence l'ont aussi, mais pour la forme, leurs voix n'étant comptées pour rien. Chaque censeur a deux billets, l'un qui porte sufficiens & l'autre incapax. Un seul suffrage contraire suffit pour être refusé. Si le candidat répond d'une maniere satisfaisante, il va à l'assemblée du premier du mois, qu'on nomme prima mensis, se présenter à la faculté devant laquelle il prête serment. Ensuite le bedeau lui délivre ses lettres de baccalauréat, & il peut se préparer à la licence.
On distingue dans la faculté de Théologie de Paris deux sortes de bacheliers : savoir bacheliers du premier ordre, baccalaurei primi ordinis, ce sont ceux qui font leur cours de licence ; & ceux du second ordre, baccalaurei secundi ordinis ; c'est-à-dire les simples bacheliers qui aspirent à faire leur licence, ou qui demeurent simplement bacheliers. L'habit des uns & des autres est la soutane, le manteau long, & la fourrure d'hermine doublée de soie noire.
Pour passer bachelier en Droit à Paris ; il faut l'avoir étudié deux ans, & avoir soûtenu un acte dans les formes. Pour être bachelier en Médecine, il faut, après avoir été quatre ans maître ès Arts dans l'université, faire deux ans d'étude en Médecine & subir un examen après quoi on est revêtu de la fourrure pour entrer en licence. Dans l'université de Paris, avant la fondation des chaires de Théologie, ceux qui avoient étudié six ans en Théologie étoient admis à faire leurs cours, d'où ils étoient nommés baccalarii cursores : & comme il y avoit deux cours, le premier pour expliquer la bible pendant trois années consécutives ; le second, pour expliquer le maître des sentences pendant une année ; ceux qui faisoient leur cours de la bible étoient appellés baccalarii biblici ; & ceux qui étoient arrivés aux sentences ; baccalarii sententiarii. Ceux enfin qui avoient achevé l'un & l'autre étoient qualifiés baccalarii formati ou bacheliers formés.
Il est fait mention encore de BACHELIERS D'ÉGLISE, baccalarii ecclesiae, l'évêque avec ses chanoines & bacheliers, cum consilio & consensu omnium canonicorum suorum & baccalariorum. Il n'y a guere de mot dont l'origine soit plus disputée parmi les critiques que celui de bachelier, baccalarius ou baccalaureus : Martinius prétend qu'on dit en latin baccalaureus, pour dire baccâ laureâ donatus, & cela par allusion à l'ancienne coûtume de couronner de laurier les poëtes, baccis lauri, comme le fut Pétrarque à Rome en 1341. Alciat & Vivès sont encore de ce sentiment : Rhenanus aime mieux le tirer de baculus ou baccillus, un bâton, parce qu'à leur promotion, dit-il, on leur mettoit en main un bâton, pour marquer l'autorité qu'ils recevoient, qu'ils avoient achevé leurs études, & qu'ils étoient remis en liberté ; à peu près comme les anciens gladiateurs, à qui l'on mettoit à la main un bâton pour marque de leur congé ; c'est ce qu'Horace appelle rude donatus. Mais Spelman rejette cette opinion, d'autant qu'il n'y a point de preuve qu'on ait jamais pratiqué cette cérémonie de mettre un bâton à la main de ceux que l'on créoit bacheliers ; & d'ailleurs cette étymologie conviendroit plûtôt aux licentiés qu'aux bacheliers, qui sont moins censés avoir combattu qu'avoir fait un premier essai de leurs forces, comme l'insinue le nom de tentative que porte leur these.
Parmi ceux qui soûtiennent que les bacheliers militaires sont les plus anciens, on compte Cujas, qui les fait venir de buccellarii, sorte de cavalerie fort estimée autrefois ; Ducange qui les tire de baccalaria, sorte de fiefs ou de fermes qui contenoient plusieurs pieces de terre de douze acres chacune, ou de ce que deux boeufs pouvoient labourer. Selon lui les possesseurs de ces baccalaria étoient appellés bacheliers. Enfin Caseneuve & Hauteserre font venir bachelier de baculus, ou bacillus, un bâton, à cause que les jeunes cavaliers s'exerçoient au combat avec des bâtons, ainsi que les bacheliers dans les universités s'exercent par des disputes. De toutes ces étymologies la premiere est la plus vraisemblable, puisqu'il n'y a pas encore long-tems que dans l'université de Paris la these que les aspirans à la maîtrise ès Arts étoient obligés de soûtenir, s'appelloit l'acte pro laurea artium. Ainsi de bacca lauri, qui signifie proprement le fruit ou la graine de laurier, arbre consacré de tout tems à être le symbole des récompenses accordées aux savans, on a fait dans notre langue bachelier pour exprimer un étudiant qui a déjà mérité d'être couronné. (G)
BACHELIER, (Commerce) c'est un nom qu'on donne dans quelques-uns des six corps de marchands de Paris, aux anciens & à ceux qui ont passé par les charges, & qui ont droit d'être appellés par les maîtres & gardes pour être présens avec eux & les assister en quelques-unes de leurs fonctions, particulierement en ce qui regarde le chef-d'oeuvre des aspirans à la maîtrise. Ainsi dans le corps des marchands Pelletiers le chef-d'oeuvre doit être fait en présence des gardes, qui sont obligés d'appeller avec eux quatre bacheliers dudit état.
Le terme de bachelier est aussi en usage dans le même sens dans la plûpart des communautés des Arts & Métiers de la ville de Paris. Voyez COMMUNAUTE. (G)
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| BACHER | BACHER
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| BACHIAN | (Géog. mod.) île des Indes orientales, une des Moluques, proche la ligne.
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| BACHOT | subst. m. sur les rivieres, c'est un petit bateau qui prend, en payant, les passans au bord d'une riviere, & les met à l'autre bord ; il y en a sur la Seine en plusieurs endroits. Voyez BACHOTEURS & BACHOTAGE.
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| BACHOTAGE | S. m. (Police) c'est l'emploi de ceux qui ont droit de voiturer sur la riviere dans des bachots, au-dessus & au-dessous de la ville. Voyez BACHOTEURS.
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| BACHOTEURS | sub. m. (Police) ce sont des bateliers occupés sur les ports de Paris & en autres endroits des rives de la Seine, à voiturer le public sur l'eau & dans des bachots au-dessus & au-dessous de la ville. Ils sont obligés de se faire recevoir à la ville : ils ne peuvent commettre des garçons à leur place : leurs bachots doivent être bien conditionnés. Il leur est défendu de recevoir plus de seize personnes à la fois ; leurs salaires sont réglés ; ils doivent charger par rang ; cependant le particulier choisi tel bachoteur qu'il lui plaît. Ils sont obligés d'avoir des numeros à leurs bachots. Un officier de ville fait de quinze en quinze jours la visite des bachots ; & il est défendu aux femmes & aux enfans des bachoteurs de se trouver sur les ports. On paye par chaque personne quatre sous pour Seve & S. Cloud ; deux sous pour Chaillot & Passy ; deux sols six deniers pour Auteuil ; & ainsi à proportion de la distance, & à raison de deux sols pour chaque lieue, tant en descendant qu'en remontant. Le bachoteur convaincu d'avoir commis à sa place quelqu'homme sans expérience, ou d'avoir reçu plus de seize personnes, est condamné pour la premiere fois à cinquante livres d'amende, confiscation des bachots, trois mois de prison ; il y a punition corporelle en cas de récidive & exclusion du bachotage. C'est au lieutenant de police à veiller que les bachoteurs ne se prêtent à aucun mauvais commerce. Il leur est enjoint par ce tribunal de fermer leurs bachots avec une chaîne & un cadenat pendant la nuit.
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| BACHOU | S. m. (terme de Boyaudier) c'est ainsi que ces ouvriers appellent des especes de hottes dans lesquelles les boyaux de moutons ou d'agneaux sont portés de la boucherie dans leurs atteliers.
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| BACILE | crithmum, (Hist. natur. botan.) genre de plante à fleurs en rose disposée en ombelles ; ces fleurs sont composées de plusieurs pétales arrangés sur un calice, qui devient dans la suite un fruit à deux semences plates légerement cannelées, qui se dépouillent ordinairement d'une enveloppe. Ajoûtez aux caracteres de ce genre, que les feuilles sont charnues, étroites, & subdivisées trois à trois. Tournefort, inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)
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| BACKON | (Géog.) ville de la Moldavie, sur la riviere d'Arari, proche les frontieres de la Valachie.
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| BACLAGE | S. m. (terme de Comm. & de Riviere) c'est l'arrangement sur les ports de Paris des bateaux qui arrivent les uns après les autres pour y faire la vente des marchandises dont ils sont chargés. Baclage se dit aussi du droit qu'on paye aux officiers de ville chargés de cet arrangement. Ils se nomment débacleurs. Voyez DEBACLEURS, DEBACLER, DEBACLAGE.
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| BACLAN | (Géographie) pays de la Perse dans le Chorasan près de Balche, & vers la riviere de Gihon.
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| BACLER | BACLER
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| BACONISM | ou PHILOSOPHIE DE BACON, Bacon,baron de Verulam, & vicomte de S. Alban, naquit en Angleterre l'an 1560. Il donna dans son enfance des marques de ce qu'il devoit être un jour ; & la reine Elizabeth eut occasion plusieurs fois d'admirer la sagacité de son esprit. Il étudia la philosophie d'Aristote dans l'université de Cambridge, & quoiqu'il n'eût pas encore seize ans, il apperçut le vuide & les absurdités de ce jargon. Il s'appliqua ensuite à l'étude de la politique & de la jurisprudence, & son mérite l'éleva à la dignité de chancelier sous le roi Jacques premier. Il fut accusé de s'être laissé corrompre par argent ; & le roi l'ayant abandonné, il fut condamné par la chambre des pairs à une amende d'environ quatre cent milles livre de notre monnoie ; il perdit sa dignité de chancelier, & fut mis en prison. Peu de tems après, le roi le rétablit dans tous ses biens & dans tous les honneurs qu'il avoit perdus : mais ses malheurs le dégoûterent des affaires, & augmenterent sa passion pour l'étude. Enfin il mourut âgé de 66 ans, & si pauvre, qu'on dit que quelques mois avant sa mort il avoit prié le roi Jacques de lui envoyer quelques secours, pour lui épargner la honte de demander l'aumône dans sa vieillesse. Il falloit qu'il eût été ou bien desintéressé ou bien prodigue, pour être tombé dans une si grande indigence.
Le Chancelier Bacon est un de ceux qui ont le plus contribué à l'avancement des Sciences. Il connut très-bien l'imperfection de la Philosophie scholastique, & il enseigna les seuls moyens qu'il y eût pour y remédier. "Il ne connoissoit pas encore la nature, dit un grand homme, mais il savoit & indiquoit tous les chemins qui menent à elle. Il avoit méprisé de bonne heure tout ce que les universités appelloient la Philosophie, & il faisoit tout ce qui dépendoit de lui, afin que les compagnies instituées pour la perfection de la raison humaine, ne continuassent pas de la gâter par leurs quiddités, leurs horreurs du vuide, leurs formes substancielles, & tous ces mots impertinens, que non-seulement l'ignorance rendoit respectables, mais qu'un mêlange ridicule avec la religion avoit rendu sacrés".
Il composa deux ouvrages pour perfectionner les Sciences. Le premier est intitulé de l'accroissement & de la dignité des Sciences : il y montre l'état où elles se trouvoient alors, & indique ce qui restoit à découvrir pour les rendre parfaites. Mais il ajoûte qu'il ne faut pas espérer qu'on avance beaucoup dans cette découverte, si on ne se sert d'autres moyens que de ceux dont on s'étoit servi jusqu'alors. Il fait voir que la Logique qu'on enseignoit dans les écoles étoit plus propre à entretenir les disputes qu'à éclaircir la vérité, & qu'elle enseignoit plûtôt à chicaner sur les mots qu'à pénétrer dans le fond des choses. Il dit qu'Aristote, de qui nous tenons cet art, a accommodé sa physique à sa logique, au lieu de faire sa logique pour sa physique ; & que renversant l'ordre naturel, il a assujetti la fin aux moyens. C'est aussi dans ce premier ouvrage qu'il propose cette célebre division des Sciences qu'on a suivie en partie dans ce Dictionnaire. Voyez le Discours préliminaire.
C'est pour remédier aux défauts de la Logique ordinaire, que Bacon composa son second ouvrage intitulé Nouvel organe des Sciences : il y enseigne une Logique nouvelle, dont le principal but est de montrer la maniere de faire une bonne induction, comme la fin principale de la logique d'Aristote est de faire un bon syllogisme. Bacon a toûjours regardé cet ouvrage comme son chef-d'oeuvre, & il fut dix-huit ans à le composer. Voici quelques-uns de ses axiomes qui feront connoître l'étendue des vûes de ce grand génie.
" 1. La cause du peu de progrès qu'on a faits jusqu'ici dans les Sciences, vient de ce que les hommes se sont contentés d'admirer les prétendues forces de leur esprit, au lieu de chercher les moyens de remédier à sa foiblesse.
2. La logique scholastique n'est pas plus propre à guider notre esprit dans les Sciences, que les sciences, dans l'état où elles sont, ne sont propres à nous faire produire de bons ouvrages.
3. La logique scholastique n'est bonne qu'à entretenir les erreurs qui sont fondées sur les notions qu'on nous donne ordinairement : mais elle est absolument inutile pour nous faire trouver la vérité.
4. Le syllogisme est composé de propositions. Les propositions sont composées de termes, & les termes sont les signes des idées. Or si les idées, qui sont le fondement de tout, sont confuses, il n'y a rien de solide dans ce qu'on bâtit dessus. Nous n'avons donc d'espérance que dans de bonnes inductions.
5. Toutes les notions que donnent la Logique & la Physique, sont ridicules. Telles sont les notions de substance, de qualité, de pesanteur, de légereté, &c.
6. Il n'y a pas moins d'erreur dans les axiomes qu'on a formés jusqu'ici que dans les notions ; desorte que pour faire des progrés dans les Sciences, il est nécessaire de refaire tant les notions que les principes : en un mot, il faut, pour ainsi dire, refondre l'entendement.
7. Il y a deux chemins qui peuvent conduire à la vérité. Par l'un on s'éleve de l'expérience à des axiomes très-généraux ; ce chemin est déjà connu : par l'autre on s'éleve de l'expérience à des axiomes qui deviennent généraux par degrés, jusqu'à ce qu'on parvienne à des choses très-générales. Ce chemin est encore en friche, parce que les hommes se dégoûtent de l'expérience, & veulent aller tout d'un coup aux axiomes généraux, pour se reposer.
8. Ces deux chemins commencent tous les deux à l'expérience & aux choses particulieres ; mais ils sont d'ailleurs bien différens : par l'un on ne fait qu'effleurer l'expérience ; par l'autre on s'y arrête : par le premier on établit dès le second pas des principes généraux & abstraits ; par le second, on s'éleve par degrés aux choses universelles, &c.
9. Il ne s'est encore trouvé personne qui ait eu assez de force & de constance, pour s'imposer la loi d'effacer entierement de son esprit les théories & les notions communes qui y étoient entrées avec le tems ; de faire de son ame une table rase, s'il est permis de parler ainsi ; & de revenir sur ses pas pour examiner de nouveau toutes les connoissances particulieres qu'on croit avoir acquises. On peut dire de notre raison, qu'elle est obscurcie & comme accablée par un amas confus & indigeste de notions, que nous devons en partie à notre crédulité pour bien des choses qu'on nous a dites, au hasard qui nous en a beaucoup appris, & aux préjugés dont nous avons été imbus dans notre enfance.... Il faut se flater qu'on réussira dans la découverte de la vérité, & qu'on hâtera les progrès de l'esprit, pourvû que, quittant les notions abstraites, les spéculations métaphysiques, on ait recours à l'analyse, qu'on décompose les idées particulieres, qu'on s'aide de l'expérience, & qu'on apporte à l'étude un jugement mûr, un esprit droit & libre de tout préjugé.... On ne doit espérer de voir renaître les Arts & les Sciences, qu'autant qu'on refondra entierement ses premieres idées, & que l'expérience sera le flambeau qui nous guidera dans les routes obscures de la vérité. Personne jusqu'ici, que nous sachions, n'a dit que cette réforme de nos idées eût été entreprise, ou même qu'on y eût pensé ".
On voit par ces aphorismes, que Bacon croyoit que toutes nos connoissances viennent des sens. Les Péripatéticiens avoient pris cette vérité pour fondement de leur philosophie : mais ils étoient si éloignés de la connoître, qu'aucun d'eux n'a sû la développer ; & qu'après plusieurs siecles, c'étoit encore une découverte à faire. Personne n'a donc mieux connu que Bacon la cause de nos erreurs : car il a vû que les idées qui sont l'ouvrage de l'esprit, avoient été mal faites ; & que par conséquent, pour avancer dans la recherche de la vérité, il falloit les refaire. C'est un conseil qu'il répete souvent dans son nouvel organe. " Mais pouvoit-on l'écouter, dit l'auteur de l'Essai sur l'origine des connoissances humaines ? Prévenu, comme on l'étoit, pour le jargon de l'école & pour les idées innées, ne devoit-on pas traiter de chimérique le projet de renouveller l'entendement humain ? Bacon proposoit une méthode trop parfaite pour être l'auteur d'une révolution ; & celle de Descartes devoit réussir, parce qu'elle laissoit subsister une partie des erreurs. Ajoûtez à cela que le philosophe anglois avoit des occupations qui ne lui permettoient pas d'exécuter entierement lui-même ce qu'il conseilloit aux autres. Il étoit donc obligé de se borner à donner des avis qui ne pouvoient faire qu'une légere impression sur des esprits incapables d'en sentir la solidité. Descartes au contraire livré entierement à la Philosophie, & ayant une imagination plus vive & plus féconde, n'a quelquefois substitué aux erreurs des autres que des erreurs plus séduisantes, qui peut-être n'ont pas peu contribué à sa réputation "
Le soin que Bacon prenoit de toutes les Sciences en général, ne l'empêcha pas de s'appliquer à quelques-unes en particulier ; & comme il croyoit que la Philosophie naturelle est le fondement de toutes les autres Sciences, il travailla principalement à la perfectionner. Mais il fit comme ces grands Architectes, qui ne pouvant se résoudre à travailler d'après les autres, commencent par tout abattre, & élevent ensuite leur édifice sur un dessein tout nouveau. De même, il ne s'amusa point à embellir ou à réparer ce qui avoit déjà été commencé par les autres : mais il se proposa d'établir une Physique nouvelle, sans se servir de ce qui avoit été trouvé par les anciens, dont les principes lui étoient suspects. Pour venir à bout de ce grand dessein, il avoit résolu de faire tous les mois un traité de Physique, il commença par celui des vents. Il fit ensuite celui de la chaleur, puis celui du mouvement, & enfin celui de la vie & de la mort. Mais comme il étoit impossible qu'un homme seul fit toute la Physique avec la même exactitude, après avoir donné ces échantillons pour servir de modele à ceux qui voudroient travailler sur ses principes, il se contenta de tracer grossierement & en peu de mots le dessein de quatre autres traités, & d'en fournir les matériaux dans le livre qu'il intitula Sylva sylvarum, où il a ramassé une infinité d'expériences, pour servir de fondement à sa nouvelle physique. En un mot personne, avant le chancelier Bacon,n'avoit connu la Philosophie expérimentale ; & de toutes les expériences physiques qu'on a faites depuis lui, il n'y en a presque pas une qui ne soit indiquée dans ses ouvrages.
Ce précurseur de la Philosophie a été aussi un écrivain élégant, un historien, un bel esprit.
Ses Essais de morale sont très-estimés, mais ils sont faits pour instruire plutôt que pour plaire. Un esprit facile, un jugement sain, le philosophe sensé, l'homme qui réfléchit, y brillent tour-à-tour. C'étoit un des fruits de la retraite d'un homme qui avoit quitté le monde, après en avoir soûtenu long-tems les prospérités & les disgraces. Il y a aussi de très-belles choses dans le livre qu'il a fait de la Sagesse des anciens, dans lequel il a moralisé les fables qui faisoient toute la théologie des Grecs & des Romains.
Il a fait encore l'Histoire de Henri VII. roi d'Angleterre, où il y a quelquefois des traits du mauvais goût de son siecle, mais qui d'ailleurs est pleine d'esprit, & qui fait voir qu'il n'étoit pas moins grand politique que grand philosophe. (C)
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| BACOTI | S. f. (Histoire moderne) nom que les peuples du Tonquin donnent à la grande Magicienne, pour laquelle ils ont une extrème vénération, & qu'ils consultent outre les deux fameux devins, le Taybou & le Tay-phouthouy. Lorsqu'une mere, après la mort de son enfant, veut savoir en quel état est l'ame du défunt, elle va trouver cette espece de Sibylle, qui se met aussi-tôt à battre son tambour, pour évoquer l'ame du mort ; elle feint que cette ame lui apparoît, & lui fait connoître si elle est bien ou mal : mais pour l'ordinaire elle annonce, à cet égard, des nouvelles consolantes. Tavernier, voyage des Indes. (G)
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| BACQUET | S. m. (Arts méchaniques) on donne ordinairement le nom de bacquet à un vaisseau de bois rond, oval, ou quarré, d'un pié & demi ou même davantage de diametre, plus ou moins profond, fait de plusieurs pieces ou douves serrées par des cerceaux de fer ou de bois, & destiné à contenir de l'eau ou des matieres fluides. Le bacquet est à l'usage des Verriers, ils y rafraîchissent leurs cannes ; des Cordonniers, ils y font tremper leurs cuirs ; des Brasseurs, ils y mettent de la biere ou y reçoivent la levure au sortir des tonneaux ; des Marchands de vin, ils y retiennent le vin qui s'échappe de la canelle des pieces en perce ; des Marchands de poisson, ils y conservent leur marchandise ; des Maçons, ils y transportent le mortier au pié de l'engin, pour être élevé de-là au haut des échaffaux ; des Carriers, ils s'en servent pour tirer le moellon & les autres pierres qu'ils ne peuvent brider avec le cable ; & d'un grand nombre d'autres ouvriers : nous allons faire mention de quelques-uns.
BACQUET, ustensile d'Imprimerie ; c'est une pierre de trois piés de long sur deux & demi de large, creusée à trois pouces de profondeur, garnie sur ses bords de bandes de fer, & percée au milieu d'une de ses extrémités ; l'imprimeur qui veut laver sa forme, bouche le trou avec un tampon de linge, la couche au fond du bacquet, & verse dessus une quantité suffisante de lessive pour la couvrir ; là il la brosse jusqu'à ce que l'oeil de la lettre soit net, après quoi il débouche le trou pour laisser écouler la lessive, retire sa forme, & la rinse avec de l'eau claire : ce bacquet doit être posé ou supporté sur une table de chêne à quatre piés bien solides.
BACQUET, chez les Marbreurs de papier, est une espece de boîte ou caisse de bois, plate, sans couvercle, quarrée, longue de la grandeur d'une feuille de papier à l'écu, & de l'épaisseur d'environ quatre doigts : elle se pose sur la table ou l'établi du Marbreur, qui y verse de l'eau gommée jusqu'à un doigt du bord ; c'est sur cette eau que l'on répand les couleurs que doit prendre le papier pour être marbré. Voyez Pl. du Marbreur, en F. fig. 1.
BACQUET, chez les Relieurs & Doreurs ; c'est un demi-muid scié par le milieu, où l'on met de la cendre jusqu'à un certain degré, & par-dessus de la poussiere de charbon, pour faire une chaleur douce, capable de sécher la dorure.
BACQUET, en terme de Chauderonnier, se dit en général de tous vaisseaux de cuivre imparfaits, & tels qu'ils sortent de la manufacture & de la premiere main.
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| BACQUETER | verb. act. en bâtiment, c'est ôter l'eau d'une tranchée avec une pelle ou une écope. (P)
BACQUETER, l'eau, en Jardinage, c'est la répandre avec une pelle de bois sur le gason d'un bassin, pour arroser le dessus des glaises. (K)
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| BACQUETURES | S. f. pl. terme de Marchand de vin, c'est ainsi qu'ils appellent ce qui tombe des canelles des tonneaux en perce, & des mesures quand ils vendent & versent le vin dans les bouteilles. Ils disent qu'ils en voyent ce vin au Vinaigrier, & ils le devroient faire.
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| BACTRE | (Géog. anc. & mod.) riviere que les modernes nomment Buschian ou Bachora ; elle se joint à notre Gehon, ou à l'Oxus des anciens.
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| BACTREOLE | S. f. chez les Batteurs d'or, rognures de feuilles d'or ; on les employe à faire l'or en coquille. Voyez OR.
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| BACTRES | (Géog. anc. & mod.) capitale de la Bactriane, sur le fleuve Bactre ; c'est aujourd'hui Bag-dasan ou Termend ; elle est voisine du mont Caucase.
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| BACTRIANE | S. f. (Géog. anc. & mod.) ancienne province de Perse entre la Margiane, la Scythie, l'Inde & le pays des Messagetes ; c'est aujourd'hui une contrée de la Perse, formée en partie du Chorasan, & en partie du Mawaralnahar, ou plus communément Usbeck en Tartarie.
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| BACTRIEN | S. m. peuples de la Bactriane.
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| BACU | BACHIE, BACHU, BARVIE, (Géog.) ville de Perse sur la mer Caspienne, & dans la province de Servan. Il y a près de la ville une source qui jette une liqueur noire dont on se sert par toute la Perse, au lieu d'huile à brûler. Elle donne son nom à la mer qu'on connoît sous celui de mer de Bacu ou mer de Sala.
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| BACULOMETRIE | S. f. c'est l'art de mesurer avec des bâtons ou des verges, les lignes tant accessibles qu'inaccessibles. Voyez ACCESSIBLE, ARPENTAGE, MESURE, LEVER un plan, &c. (E)
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| BADACHXAN | ou BADASCHIAN, ou BUSDASKAN, (Géographie anc. & mod.) ville d'Asie, dans le Mawaralnahar, dont elle est la capitale : quelques Géographes prétendent que c'est l'ancienne Bactres.
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| BADAI | (Géog. & Hist.) peuples de la Tartarie déserte, qui adoroient le soleil, ou un morceau de drap rouge élevé en l'air, qui en étoit apparemment la banniere ou le symbole.
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| BADAJOZ | (Géog.) ville d'Espagne, capitale de l'Estramadure, sur la Guadiana. Long. 11. 27. lat. 38. 35.
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| BADARA | (Géographie) petite ville des Indes capitale de la contrée du même nom, dans la presqu'île de l'Inde, deçà le Gange, au Malabar, proche Calicut.
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| BAD | ou BADEN, (Géographie) ville d'Allemagne, dans le cercle de Suabe. Long. 26. 54. lat. 48. 50.
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| BADE | Le marggraviat de Bade est divisé en deux parties, le haut & le bas marggraviat ; il est borné au septentrion par le Palatinat & l'évêché de Spire ; à l'orient par le duché de Wirtemberg & la principauté de Furstemberg ; au midi, par le Brisgaw ; à l'occident, par le Rhin.
* BADE ou BADEN, (Géog.) ville de Suisse, dans le canton de même nom, sur le Limat. Long. 25. 55. lat. 47. 27.
* BADE ou BADEN, (Géog.) ville d'Allemagne, dans l'archiduché d'Autriche, sur le Suechat. Long. 34. 20. lat. 48.
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| BADEBOU | (Géog.) petit pays d'Afrique, sur la côte de l'Océan, dans le pays des Negres, au nord de la riviere de Gambie.
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| BADELAIRE | S. f. vieux mot qu'on a conservé dans le blason, & qui signifie une épée faite en sabre, c'est-à-dire courte, large & recourbée : on croit que ce mot vient de baltearis, à cause qu'un baudrier étoit autrefois appellé baudel ; d'où vient que quelques-uns disent baudelaire. (V)
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| BADENOCH | (Géog.) petit pays de l'Ecosse septentrionale, dans la province de Murray, vers les montagnes & la petite province d'Athol.
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| BADENWEILER | (Géog.) ville d'Allemagne, dans le Brisgaw, proche du Rhin. Long. 25. 20. lat. 47. 55.
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| BADIANE | (SEMENCE DE), ou ANIS DE LA CHINE, (Histoire natur. & Mat. med.) c'est un fruit qui représente la figure d'une étoile ; il est composé de six, sept ou d'un plus grand nombre de capsules qui se réunissent en un centre comme des rayons ; elles sont triangulaires, longues de cinq, huit & dix lignes, larges de trois, un peu applaties & unies par la base. Ces capsules ont deux écorces, une extérieure, dure, rude, raboteuse, jaunâtre, ou de couleur de rouille de fer ; l'autre, intérieure, presqu'osseuse, lisse & luisante. Elles s'ouvrent en deux panneaux par le dos, lorsqu'elles sont seches & vieilles, & ne donnent chacune qu'un seul noyau lisse, luisant, applati, de la couleur de la graine de lin ; lequel, sous une coque mince & fragile, renferme une amende blanchâtre, grasse, douce, agréable au goût, & d'une saveur qui tient de celle de l'anis & du fenouil ; mais qui est plus douce. La capsule a le goût du fenouil, un peu d'acidité, & une odeur seulement un peu plus pénétrante. Ce fruit vient des Philippines, de la Tartarie & de la Chine ; l'arbre qui le porte s'appelle pansipansi ; son tronc est gros & branchu ; il s'éleve à la hauteur de deux brasses & plus. De ses branches sortent quinze feuilles alternes, rarement crénelées, pointues, longues d'une palme, & larges d'un pouce & demi. Les fleurs sont, à ce qu'on dit, en grappes, grandes comme celles du poivre, & paroissent comme un amas de plusieurs chatons.
La semence de badiane donne de l'huile essentielle, limpide, subtile & plus pénétrante que celle d'anis, elle en a les propriétés. Les Orientaux lui donnent la préférence, elle fortifie l'estomac, chasse les vents & excite les urines. Les Chinois la mâchent après le repas ; ils l'infusent aussi, avec la racine de ninzin, dans l'eau chaude & en boivent en forme de thé. Les Indiens en tirent aujourd'hui un esprit ardent anisé, que les Hollandois appellent anis arak, & dont on fait grand cas.
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| BADIGEON | S. m. en Architecture, est un enduit jaunâtre qui se fait de poudre de pierre de Saint-Leu, détrempée avec de l'eau : les Maçons s'en servent pour distinguer les naissances d'avec les panneaux, sur les induits & ravalemens. Les Sculpteurs l'employent aussi pour cacher les défauts des pierres coquillieres, & les faire paroître d'une même couleur.
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| BADIGEONNER | c'est colorer avec du badigeon un ravalement en plâtre, fait sur un pan de bois, ou sur un mur de moellon, de brique, &c. La plûpart des ouvriers mettent au badigeon de l'ocre pour le rendre plus jaune, mais il n'y en faut point, cette teinte devant plûtôt imiter la pierre dure d'Arcueil, qui est presque blanche, que celle de Saint Leu, qui est plus colorée. (P)
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| BADINANT | adj. (Manége) on appelle ainsi un cheval qu'on mene après un carosse attelé de six chevaux, pour le mettre à la place de quelqu'un des autres qui pourroit devenir hors d'état de servir. On l'appelle aussi le volontaire. (V)
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| BADONVILLERS | (Géog.) ville de Lorraine, dans la principauté de Salmes.
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| BADOULA | (Géog.) petite ville du royaume de Candie, dans l'île de Ceylan, à douze lieues du Pic d'Adam. Voyez ADAM'S PIC.
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| BADUKKA | (Hist. nat. bot.) nom propre du Capparis, arborescens, indica, flore tetrapetalo. Le suc de sa feuille mêlé avec la graisse de sanglier, forme un liniment pour la goutte ; la décoction des fleurs & de la feuille purge & déterge les ulceres de la bouche ; & le fruit pris dans du lait nuit à la faculté d'engendrer dans l'un & l'autre sexe.
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| BADWEISS | ou BADENWEISS, ville de Bohême, cercle de Bethyn, près Muldaw.
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| BAEÇA | (Géog.) ville d'Espagne, dans l'Andalousie, sur le Guadalquivir. Long. 14. 58. latit. 37. 45.
* BAEÇA, (Géog. mod.) ville du Pérou, dans la province de Los Quixos, proche la ligne.
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| BAETIQUE | (Géog. anc. & mod.) une des parties dans lesquelles les Romains avoient divisé l'Espagne. La Taraconoise, & la Lusitanie étoient les deux autres : la Baetique fut ainsi appellée du Boetis aujourd'hui le Guadalquivir, & comprenoit l'Andalousie avec la plus grande partie du royaume de Grenade.
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| BAFF | (Géog. anc. & mod.) ville de l'île de Chypre, bâtie sur les ruines de Paphos la nouvelle, Long. 50. lat. 34. 50.
Il y a dans la même île un cap & une petite île qui ne sont pas éloignés de Baffa ; & qui portent le même nom. Le cap s'appelle aussi Capo bianco, & s'appelloit jadis Drepanum promontorium.
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| BAFFETAS | S. m. (Commerce) toile grosse de coton blanc, qui vient des Indes orientales. La meilleure est de Surate ; la piece a 13 aunes 3/4 de long, sur 7/8 de large, il y en a de moins large. On distingue les baffetas par les endroits d'où ils viennent, & par l'aunage qu'ils ont, il y a des baffetas Orgaris, Nossaris, Gaudivis, Nerindes & Daboüis ; ils sont étroits ; ils n'ont que 5/6 de large, & 1/2 aune de long ; il y a des baffetas Narrow-With de 13 aunes 1/2 de long, sur 1/2 aune de large, Broad-With de 14 aunes de long ; sur 3/4 de large ; Broad-Brow, & Narrow-Brow, qui ne sont que des toiles écrues, les unes de 14 aunes de long, sur 1/2 aune de large, & les autres de la même longueur, sur 3/4 de large. Il y a un autre baffetas qui vient aussi des Indes orientales, & qu'on nomme Shaub Voyez SHAUB.
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| BAFFIN'S-BAIE | ou BAIE DE BAFFIN, (Géog.) baie dans les terres arctiques : elle s'étend depuis le 70 jusqu'au 80 degré de latitude. Voyez BAIE.
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| BAGACE s | f. (Sucrerie) c'est ainsi qu'on nomme les cannes, après qu'elles ont passé au moulin. On les conserve dans des hangars qu'on appelle casés, pour être brûlées sous les poeles à sucre, quand elles seront seches. C'est l'ouvrage des négresses d'en faire des paquets au sortir des cylindres du moulin : on nourrit les chevaux, les boeufs, les cochons, avec celles qui trop brisées & réduites en trop petits fragmens ne peuvent entrer en paquets ; trois jours de soleil suffisent pour les sécher ; au lieu de paille & de feuilles de cannes, on les met sous les premieres chaudieres dans les endroits où le bois est commun, & sous les dernieres chaudieres lorsque le bois est rare. Voyez SUCRE, SUCRERIE.
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| BAGAGE | S. m. on donne ce nom en général à tout équipage de voyage ; & il s'applique particulierement à celui d'une armée. Voyez ARMEE.
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| BAGAIA | BAGI, VAGAI, (Géog.) ville de Numidie en Afrique ; elle s'appelloit aussi jadis Théodorie, de Théodore épouse de l'empereur Justinien.
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| BAGAMEDER | BAGAMEDRI, BAGAMIDRI, haute Ethiopie, ou partie de l'Abyssinie, compris le Nil jusqu'à la source de la Tacaze. Cette contrée est divisée en treize petites provinces, & le Bashlo la sépare du royaume d'Amahara.
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| BAGAUDE | (Hist. anc.) c'est ainsi que les anciens Gaulois, sur-tout depuis le tems de Diocletien, appelloient un larron ; & de-là est venu le mot de bagauda, ou bagaudia, qui, selon Prosper en sa chronique, & Salvien, liv. V. signifie un brigandage, une émotion de peuple, une sédition, un soulevement d e paysans. (G)
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| BAGDAD | (Géog.) ville d'Asie, sur la rive orientale du Tigre. Long. 63. 15. lat. 37. 15.
C'est aussi une partie de la Turquie en Asie, & un de ses gouvernemens généraux.
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| BAGE-LE-CHATEAU | (Géog.) ville de Bresse, du diocèse de Lyon. L'archiprêtré de Bage-le-Château est composé de la paroisse de cette ville & de Pont-de-Vaux, de S. Trivier, & d'autres paroisses moins considérables.
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| BAGHARGAR | (Géog.) grand pays de la grande Tartarie ; il s'étend d'occident en orient ; il est borné au septentrion par les Kaimachites, au levant par le royaume de Tendu, au midi par la Chine & au couchant par le Thibet.
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| BAGIAT | (Géog.) petit pays à l'occident de la mer Rouge, compris entre l'Ethiopie & la Nubie.
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| BAGNA-BEBUSSO | ou BILIBUSSA, (Géog. anc. & mod.) ville de la Turquie en Europe, sur la Stromona, dans la Macédoine, aux confins de la Romanie & de la Bulgarie : c'étoit autrefois Heraclea Sintica.
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| BAGNAGAR | ou EDERABAD, ou GOLCONDE, (Géog.) ville d'Asie, au Mogol, capitale du royaume de Golconde, proche la riviere de Nerva. Long. 96. lat. 15. 30.
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| BAGNARA | (Géog.) ville maritime d'Italie, au royaume de Naples, dans la Calabre ultérieure. Long. 33. 48. lat. 38. 15.
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| BAGNAREA | (Géog.) ville d'Italie, dans le patrimoine de S. Pierre, dans la terre d'Orviette. Long. 29. 40. lat. 42. 36.
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| BAGNE | sub. m. c'est ainsi qu'on nomme dans quelques verreries en bouteilles, le poinçon dans lequel on passe au tamis la terre à pot au sortir du moulin, & la terre grasse bien moulue & bien épluchée, pour faire de l'une & de l'autre la matiere des pots. Voyez VERRERIE, & POT.
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| BAGNERES | (Géog.) ville de France, au comté de Bigorre, en Gascogne, sur l'Adour. Long. 17. 42. lat. 43. 30.
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| BAGNI | BAGNI
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| BAGNOLOI | ou BAGNOLIENS, s. m. pl. (Hist. ecclés.) sectes d'hérétiques qui parurent dans le viij. siecle, & furent ainsi nommés de Bagnols, ville du Languedoc au diocèse d'Usès, où ils étoient en assez grand nombre. On les nomma aussi Concordois ou Gozocois, termes dont on ne connoît pas bien la véritable origine.
Ces Bagnolois étoient des Manichéens. Ils rejettoient l'ancien Testament & une partie du nouveau. Leurs principales erreurs étoient, que Dieu ne crée point les ames quand il les unit au corps : qu'il n'y avoit point en lui de prescience ; que le monde est éternel, &c. On donna encore le même nom à une secte de Cathares dans le xiij. siecle. Voyez CATHARES. (G)
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| BAGNOLS | (Géog.) petite ville de France dans le bas Languedoc, proche de la Cese. Long. 22. 13. lat. 44. 10.
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| BAGOE | (Myth.) nymphe qui enseigna, dit-on, aux Toscans à deviner par les foudres. Quelques-uns croyent que c'est la sibylle Erythrée, connue sous le nom d'Hérophile : d'autres prétendent que Bagoe est postérieure à Hérophile, la premiere d'entre les femmes qui ait rendu des oracles.
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| BAGRADE | (Géog. anc. & mod.) fleuve de l'ancienne Caramanie, connu maintenant sous le nom de Tisindon. Il a sa source dans les montagnes de cette province, passe à Pasagarde, & se jette dans l'Océan Persique.
Il y a en Afrique un fleuve du même nom ; les savans le nomment Bagrada, Bragada, Macar, Macra, Bucara, Pagrarda. Il couloit près d'Utique ; & ce fut sur ses bords qu'un serpent, dont la dépouille étoit de cent vingt piés de long, arrêta, dit-on, l'armée d'Attilius Régulus.
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| BAGUE | S. f. (Hist. anc. & mod.) c'est un petit ornement circulaire d'or, d'argent, & de quelques autres matieres, qu'on porte à un des doigts. L'usage ne paroît pas en avoir été fort commun en Grece du tems d'Homere. Ce poëte, qui a mis en oeuvre presque tous les objets connus de son tems, ne parle des bagues ni dans l'Iliade, ni dans l'Odyssée : mais les Egyptiens s'en servoient déjà ; car nous lisons que Pharaon donna à Joseph sa bague à cacheter. Les plus anciens Romains appelloient la bague, ungulum ; & les Grecs & les Romains, symbolum. La Mythologie nous explique à sa maniere l'origine des bagues à pierre : elle dit que Jupiter instruit par Prométhée que l'enfant qu'il auroit de Thétis le déthroneroit, permit à Hercule de le détacher du Caucase, mais à condition que Prométhée porteroit toûjours au doigt une bague avec un petit morceau de rocher, afin qu'il fût vrai qu'il y étoit toûjours resté attaché, ainsi que Jupiter l'avoit juré.
On faisoit des bagues de fer, d'acier, d'or, d'argent, de bronze, &c. & on les portoit au petit doigt de la main gauche, ou au doigt que nous nommons l'annulaire. Il y en avoit de creuses & de solides. On les chargeoit de pierres précieuses. Elles servoient de sceaux, & leur figure ne varioit pas moins que leur matiere. Nous en avons représenté quelques-unes dans nos planches d'antiquités. Voy. Pl. VII. fig. 12.
L'usage des bagues s'est transmis jusqu'à nous. Nous en portons de fort riches. Voyez sur leur usage, tant ancien que moderne, l'article ANNEAU.
BAGUES & JOYAUX, terme de Droit, se dit des ornemens précieux des femmes, ou de l'argent même qui leur est accordé par contrat de mariage pour leur en tenir lieu.
La stipulation des bagues & joyaux est sur-tout usitée en pays de Droit écrit, où elle tient lieu de la stipulation de préciput, & fait partie des gains de survie, aussi-bien que l'augment de dot. V. PRECIPUT, AUGMENT DE DOT, & GAIN DE SURVIE. (H)
BAGUE, c'est en Marine une petite corde mise en rond, dont on se sert pour faire la bordure d'un oeil de pié ou oeillet de voile. Voyez OEIL DE PIE, & OEILLET DE VOILE. (Z)
BAGUE, s. f. (Manége) c'est un anneau de cuivre qui pend au bout d'une espece de potence, & qui s'en détache assez facilement quand on est assez adroit pour l'enfiler avec une lance en courant à cheval de toute sa vîtesse ; c'est un exercice d'académie. Courir la bague, voyez COURIR. Avoir deux dedans, voyez DEDANS. (V)
BAGUES ; on appelle ainsi, dans les jeux d'anches de l'Orgue, une frette ou un anneau de plomb D, (fig. 44. Pl. d'Orgue) soudé sur le corps du tuyau. Cette bague a un trou pour passer la rasette a b, au moyen de laquelle on accorde les jeux d'anches. Voyez TROMPETTE. Lorsque le tuyau est placé dans sa boîte A B, la bague D doit porter sur la partie supérieure de cette boîte, dans laquelle elle entre en partie, & doit y être ajustée de façon que l'air contenu dans cette boîte, ne puisse trouver d'issue pour sortir que par l'anche du tuyau. Voyez ORGUE.
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| BAGUENAUDIER | S. m. colutea (Hist. nat.) genre de plante à fleur papilionacée. Il sort du calice un pistil qui devient dans la suite une capsule membraneuse, enflée comme une vessie, dans laquelle il y a des semences qui ont la forme d'un rein. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)
Son bois est clair, ses feuilles rondes, petites, d'un verd blanchâtre, avec des fleurs jaunes. Cet arbre se dépouille l'hyver, & se marcotte ordinairement, quoiqu'il donne de la graine. Sa graine étant mûre, devient jaune. (K)
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| BAGUER | v. act. terme de Tailleur, de Couturiere, &c. c'est arranger les plis d'un habit, & les arrêter ensemble avec de la soie ou du fil.
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| BAGUETTE | S. f. On donne communément ce nom à un petit morceau de bois de quelques lignes d'épaisseur, plus ou moins long, rond & flexible. On employe la baguette à une infinité d'usages. Le bois dont on la fait, varie selon ses usages. On en fait même de fer forgé.
BAGUETTE DIVINE ou DIVINATOIRE. On donne ce beau nom à un rameau fourchu de coudrier, d'aune, de hêtre ou de pommier. Il n'est fait aucune mention de cette baguette dans les auteurs qui ont vécu avant l'onzieme siecle. Depuis le tems qu'elle est connue on lui a donné différens noms, comme caducée, verge d'Aaron, &c. Voici la maniere dont on prétend qu'on s'en doit servir. On tient d'une main l'extrémité d'une branche, sans la serrer beaucoup, ensorte que le dedans de la main regarde le ciel. On tient de l'autre main l'extrémité de l'autre branche, la tige commune étant parallele à l'horison, ou un peu plus élevée. L'on avance ainsi doucement vers l'endroit où l'on soupconnne qu'il y a de l'eau. Dès que l'on y est arrivé, la baguette tourne & s'incline vers la terre, comme une aiguille qu'on vient d'aimanter.
Supposé ce fait vrai, voici comment M. Formey croit pouvoir l'expliquer par une comparaison entre l'aiguille aimantée & la baguette. La matiere magnétique sortie du sein de la terre s'éleve, se réunit dans une extrémité de l'aiguille, où trouvant un accès facile, elle chasse l'air ou la matiere du milieu ; la matiere chassée revient sur l'extrémité de l'aiguille, & la fait pancher, lui donnant la direction de la matiere magnétique. De même à peu-près, les particules aqueuses, les vapeurs qui s'exhalent de la terre, & qui s'élevent, trouvant un accès facile dans la tige de la branche fourchue, s'y réunissent, l'appesantissent, chassent l'air ou la matiere du milieu. La matiere chassée revient sur la tige appesantie, lui donne la direction des vapeurs, & la fait pancher vers la terre, pour vous avertir qu'il y a sous vos piés une source d'eau vive.
Cet effet, continue M. Formey, vient peut-être de la même cause qui fait pancher en bas les branches des arbres plantés le long des eaux. L'eau leur envoye des parties aqueuses qui chassent l'air, pénetrent les branches, les chargent, les affaissent, joignent leur excès de pesanteur au poids de l'air supérieur, & les rendent enfin autant qu'il se peut, paralleles aux petites colonnes de vapeurs qui s'élevent. Ces mêmes vapeurs pénetrent la baguette & la font pancher. Tout cela est purement conjectural.
Une transpiration de corpuscules abondans, grossiers, sortis des mains & du corps, & poussés rapidement, peut rompre, écarter le volume, ou la colonne des vapeurs qui s'élevent de la source, ou tellement boucher les pores & les fibres de la baguette, qu'elle soit inaccessible aux vapeurs ; & sans l'action des vapeurs, la baguette ne dira rien : d'où il semble que l'épreuve de la baguette doit se faire sur-tout le matin, parce qu'alors la vapeur n'ayant point été enlevée, elle est plus abondante. C'est peut-être aussi pour cette raison que la baguette n'a pas le même effet dans toutes les mains, ni toûjours dans la même main. Mais cette circonstance rend fort douteux tout ce qu'on raconte des vertus de la baguette.
On a attribué à la baguette la propriété de découvrir les minieres, les thrésors cachés, & qui plus est les voleurs & les meurtriers fugitifs. Pour cette derniere vertu, on peut bien dire credat Judaeus Apella. Personne n'ignore la fameuse histoire de Jacques Aymar, paysan du Lyonnois, qui guidé par la baguette divinatoire, poursuivit en 1692 un meurtrier durant plus de quarante-cinq lieues sur terre, & plus de trente lieues sur mer. On sait aujourd'hui à n'en pouvoir douter, & on le croira sans peine, que ce Jacques Aymar étoit un fourbe. On peut voir le détail de son histoire dans le dictionnaire de Bayle, article Abaris. A l'égard des autres effets de la baguette, la plus grande partie des Physiciens les révoquent en doute. (O)
BAGUETTE DE NEPER. Voyez NEPER.
BAGUETTE NOIRE, (Hist. mod.) L'huissier de la baguette noire, c'est le premier huissier de la chambre du roi d'Angleterre, appellé dans le livre noir, lator virgae nigrae & hastiarius ; & ailleurs, virgi bajulus. Voyez HUISSIER. Sa charge est de porter la baguette devant le roi à la fête de S. George à Windsor. Il a aussi la garde de la porte de la chambre du chapitre, quand l'ordre de la Jarretiere est assemblé ; & dans le tems que le parlement tient, il garde la chambre des pairs. Sa marque est une baguette noire, qui a un lion d'or à l'extrémité. Cette baguette est en Angleterre une marque d'autorité, comme les masses le sont en d'autres pays. (G)
BAGUETTE, en Architecture, est une petite moulure composée d'un demi-cercle, que la plûpart des ouvriers appellent astragale. Voyez ASTRAGALE. (P)
BAGUETTE, chez les Arquebusiers, c'est un morceau de baleine ou de bois de chêne de la longueur d'un canon de fusil : il a par en-haut le diametre du canon ; il est ferré par le bout. Son autre extrémité est menue & fort déliée ; du reste il est rond dans toute sa longueur, & sert à bourrer un fusil quand on le charge.
BAGUETTE, chez les Artificiers. Il y en a de plusieurs sortes : les unes qu'on devroit appeller des fouloirs ou refouloirs, sont courtes, eu égard à leur grosseur, & tantôt massives, tantôt percées suivant leur axe ; elles sont destinées à charger les cartouches des fusées de toutes especes de matieres combustibles. Les autres longues & minces, servent à diriger la course des fusées volantes, & à les tenir dans une situation verticale, & la gorge d'où sort le feu tournée en-bas. Voyez FUSEE VOLANTE, & Planche I. de l'Artificier, fig. 1. R, une baguette égale dans toute sa longueur, pour rouler les cartouches. Voyez CARTOUCHE. Fig. 2. M, une baguette avec un manche plus gros pour les petites fusées ; & fig. 3. une baguette avec un manche plus petit pour les grosses fusées. Voyez Artific. Pl. II. fig. 23 une baguette à charger, percée par le bout d'un trou A I, égal en largeur & profondeur à la grosseur & à la longueur de la broche qu'il doit recevoir entierement : figure 24. une baguette à charger plus courte d'un quart, percée dans sa longueur d'un trou 26, dont l'ouverture est égale au diametre de la broche, pris au tiers de sa longueur, & profonde de la longueur du reste de la broche : fig. 25. baguette à charger, diminuée de la longueur d'un tiers plus que la précédente, & percée d'un trou 3 c, dont l'ouverture est égale au diametre de la broche, pris aux deux tiers, & profonde du tiers de sa longueur : figure 26. baguette appellée le massif, longue de deux diametres du calibre, & massive, parce qu'elle ne sert qu'à charger la partie de la fusée qui est au-dessus de la broche. Le manche de ces baguettes doit être garni d'une virole de cuivre, & non de fer, de peur d'accident.
BAGUETTE, chez les Ciriers. Les Ciriers ont deux sortes de baguettes : les baguettes à meches, & les baguettes à bougies ou chandelles. Ils enfilent dans les premieres leurs meches, lorsqu'elles sont coupées de longueur : ils enfilent dans les secondes leurs bougies, quand elles sont achevées. Outre ces deux sortes de baguettes, les Chandeliers en ont une troisieme, c'est une baguette à tremper : c'est celle sur laquelle les meches sont enfilées, lorsqu'ils font de la chandelle à la main, en trempant à plusieurs reprises les meches dans l'abysme. Voyez ABYSME. Les baguettes à bougies & à tremper sont longues, legeres & flexibles. Celles à meches sont beaucoup plus fortes.
BAGUETTE, terme de Courroyeur : c'est un bâton ou perche sur laquelle ces ouvriers étendent leurs cuirs, toutes les fois qu'ils ont été foulés à l'eau, afin de les y faire sécher. Voyez COURROYER.
BAGUETTE, outil d'Hongrieur ; c'est un morceau de bois assez long & rond, mais qui diminue de grosseur en allant du milieu aux extrémités comme un fuseau. Il sert à ces artisans pour unir & applanir leurs cuirs ; en les roulant dessus avec le pié. Voyez HONGRIEUR, & la figure E, planche de l'Hongrieur.
Pour cet effet, les Hongrieurs ont dans une chambre une espece d'élévation de planche fig. 5. Planche de l'Hongrieur. a a g, sur le plancher ou le pavé, qui va un peu plus en montant du côté du mur qu'à l'extrémité opposée : deux morceaux de bois, a f, d e, dressés depuis le pavé jusqu'au plancher, à la distance d'environ trois piés l'un de l'autre, sont joints à la hauteur de quatre piés par un autre morceau de bois b c, qui les traverse. L'ouvrier étend son cuir F sur cette espece de parquet ; il y place sa baguette entre les plis du cuir : alors il monte dessus, & en s'appuyant avec les mains sur la traverse de bois b c, il foule le cuir en reculant, & répete la même opération jusqu'à ce que ce cuir soit rendu maniable.
BAGUETTES DE TAMBOUR, (Luth.) ce sont deux morceaux de bois qui ont chacun un pié ou quinze pouces de longueur, sur neuf lignes ou environ de diametre par le bout qu'on tient à la main, d'où ils vont toûjours en diminuant jusqu'à l'autre bout, qui a la forme & les dimensions d'une grosse olive, ils sont tournés au tour, d'un bois dur & pesant comme l'ébene ; & l'on s'en sert pour battre la caisse ou le tambour. Voyez TAMBOUR. Voyez figures 16 & 17, Planche II. de Lutherie.
BAGUETTES DE TYMBALES ; ce sont deux morceaux de bois de bouis qui sont garnis par un bout de petites courroies capables de recevoir les deux doigts du milieu, & destinées à les manier commodément, dont le fût est partout à peu près de la même grosseur, & n'a pas plus de sept à huit pouces de longueur, & qui sont terminés chacun par une espece de tête de l'épaisseur de trois à quatre lignes, du diametre de sept à huit, & de la forme d'un champignon plat & arrondi par les bords. Voyez la même Planche de Lutherie que nous venons de citer.
BAGUETTE DE TYMPANON, PSALTERION, &c. ce sont deux petits morceaux de bois, de bouis, de cornouiller, d'ébene, &c. recourbés par un bout, & quelquefois terminés de l'autre par un anneau ; d'une ligne & demie ou deux au plus d'épaisseur par le bout qu'on tient à la main ; d'où ils vont toûjours en diminuant. Ils sont recourbés par un bout, afin que ce bout s'applique facilement sur les cordes qu'on veut, sans toucher à d'autres : ils ont un anneau pour les tenir plus commodément, en y plaçant le doigt. On prend entre les doigts celles qui n'ont point d'anneaux.
BAGUETTES DE TAMBOURIN, soit à cordes, soit à caisse. Ces baguettes ne different guere de celles du tambour que par les dimensions. Celle du tambourin à cordes est plus courte & plus menue que celle du tambour ; celle du tambourin à caisse ou de Provence est plus menue, mais plus longue.
BAGUETTE, bâton dont le fauconnier se sert pour faire partir la perdrix des buissons, & pour tenir les chiens en crainte.
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| BAHAMA | (Géog. mod.) île de l'Amérique septentrionale, l'une des Lucayes, qui donne le nom au canal de Bahama.
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| BAHANA | (Géog.) ville d'Egypte située dans la Thébaïde inférieure, près de Fium, sur un lac formé de la décharge des eaux du Nil, & qu'on appelle mer de Joseph.
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| BAHAR | BAHAIRE, ou BAIRE, s. m. (Comm.) poids dont on sert à Ternata, à Malaca, à Achem, & en plusieurs autres lieux des Indes orientales, aussi-bien qu'à la Chine.
Il y en a de deux sortes ; l'une qu'on appelle grand bahar, & l'autre que l'on nomme petit bahar. Le premier revient à 481 livres 4 onces de Paris, de Strasbourg, d'Amsterdam, & de Besançon ; & le second à 401 livres 7 onces de Paris.
Le bahar de la Chine est de 300 catis, mais qui n'en font que 200 de Malaca, chaque catis de la Chine ne contenant que 16 taëls. Le taël pesant une réale & demie de huit, est de dix mas ou mases, & chaque mas dix condorins. Voyez CONDORIN, MAS, TAEL.
Le bahar de Moka, ville d'Arabie, est de 420 livres. (G)
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| BAHEL SCHULLI | (Hist. nat. & bot.) arbrisseau épineux qu'on appelle aussi genista spinosa indica verticillata, flore purpureo-caeruleo, qui étoit aux Indes dans les lieux aquatiques. Il y en a une espece qui vient dans les sables, dont les tiges & les feuilles sont d'un verd gai, & les fleurs sont blanches, avec une teinte d'azur.
Ray attribue à la décoction de sa racine, & à ses feuilles cuites & confites dans du vinaigre, la vertu d'exciter les urines, & de remédier à leur suppression, surtout si la décoction s'est faite dans l'huile du ficus infernalis : il ajoûte que ses feuilles réduites en poudre & prises dans de l'huile tirée par expression des fleurs du ficus infernalis, résolvent les tumeurs des parties naturelles.
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| BAHEM | Dans le I. liv. des Macchabées, il est dit que le roi Demetrius écrivit au grand prêtre Simon, en ces termes : coronam auream & bahem quam misistis, suscepimus. Les uns croyent que ce nom bahem signifie des perles ; d'autres un habit. Le Grec, au lieu de bahem, lit baïnam, que Grotius dérive de baïs, une branche de palmier. Ce sentiment paroît le meilleur. Il étoit assez ordinaire d'envoyer ainsi des couronnes & des palmes d'or aux rois vainqueurs en forme de présens. Macchab. I. ch. xiij. v. 37. Syr. ad 1. Macch. xiij. 37. (G)
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| BAHIR | c'est-à-dire illustre. Buxtorf a remarqué dans sa bibliotheque des Rabbins, que les Juifs ont un livre de ce nom. Il ajoûte que c'est le plus ancien de tous les livres des Rabbins ; qu'il y est traité des plus profonds mysteres de la cabale ; que ce livre n'a point été imprimé ; qu'on en voit seulement plusieurs passages dans les ouvrages des Rabbins ; que l'auteur se nommoit Rabbi Nechonia Ben Hakkana, & qu'il vivoit, selon les Juifs, en même tems que Jonathan, auteur de la paraphrase Chaldaïque, c'est-à-dire environ quarante ans avant Jesus-Christ. Le même Buxtorf s'est servi du témoignage de ce livre pour prouver l'antiquité des points voyelles, qui sont écrits au texte Hébreu de la Bible : mais cette preuve est mauvaise, le bahir n'étant point un ouvrage aussi ancien qu'il a prétendu. M. Simon a mis dans le catalogue des auteurs Juifs, que l'on a depuis peu imprimé en Hollande, un petit livre intitulé Bahir : mais il dit qu'il n'y a pas d'apparence que ce soit l'ancien bahir des Juifs, qui est beaucoup plus étendu. (G)
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| BAHREI | ou BAHRAIN, (Géog.) province de l'Arabie heureuse, sur le golfe Persique, avec île de même nom.
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| BAHU | S. m. en Architecture ; c'est le profil bombé du chaperon d'un mur, de l'appui d'un quai, d'un parapet, d'une terrasse ou d'un fossé, & d'une balustrade.
BAHU. On dit, en termes de Jardinage, qu'une plate-bande, qu'une planche ou qu'une couche de terre est en bahu, lorsqu'elle est bombée sur sa largeur pour faciliter l'écoulement des eaux, & mieux élever les fleurs. Les plates-bandes se font aujourd'hui en dos d'âne ou de carpe, c'est-à-dire en glacis à deux égoûts. (P)
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| BAHURIN | (Géog. anc. & mod.) ville de la Palestine, de la tribu de Benjamin, sur une haute montagne, aux confins de la tribu de Juda : on l'appelle aujourd'hui Bachori.
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| BAHUS | (Géog.) ville de Suede, capitale du gouvernement de même nom, sur un rocher, dans une île formée par la Gothelbe. Long. 29. 20. lat. 57. 52.
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| BAHUTIER | S. m. ouvrier dont le métier est de faire des bahus, coffres, valises, malles, &c. & autres ouvrages de cette nature, couverts de peau de veau, de vache, d'ours, &c. mais non de chagrin. Les ouvrages en chagrin sont réservés aux Gaîniers. Les Bahutiers sont de la communauté des Coffretiers.
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| BAI | adj. (Manége) poil de cheval tirant sur le rouge. Ce poil a plusieurs nuances, savoir, bai clair, bai doré, bai brun, bai châtain, bai cerise, bai miroité ou à miroir, lorsqu'on distingue des taches rondes semées par tout le corps, & d'un bai plus clair que le reste du corps. (V)
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| BAIANISME | voyez BAYANISME.
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| BAIE | BÉE, s. f. ou JOUR, terme d'Architecture : on nomme ainsi toutes sortes d'ouvertures percées dans les murs pour éclairer les lieux, comme croisées, portes &c. On dit baie ou bée de croisée, & baie ou bée de porte, &c. (P)
BAIE, s. f. en Géographie, petit golfe ou bras de mer qui s'avance dans la terre, & dont le milieu en-dedans a plus d'étendue que l'entrée, ou ce qu'on nomme l'embouchure de la baie. Telle est la baie d'Hudson dans l'Amérique septentrionale. Voyez GOLFE. (O)
BAIE, s. f. bacca, (Hist. nat. bot.) fruit mou, charnu, succulent, qui renferme des pepins ou des noyaux : tels sont les fruits du laurier, du troêne ; du myrte, &c. Lorsque de pareils fruits sont disposés en grappe, on leur donne le nom de grains au lieu de celui de baie : par exemple, on dit un grain de raisin, un grain de sureau, &c. Tournefort. (I)
BAIE, (Géog. anc.) ville d'Italie dans ce que nous appellons aujourd'hui la terre de Labour, proche de Naples, à l'occident. Il n'en reste rien qu'un soûterrein appellé le Cento Camarelle, les cent petites chambres, & quelques ruines du pont que Caligula voulut construire sur le golfe qui séparoit Baie de Pouzzol. On présume que les Cento Camarelle servoient de casernes à la chiourme Romaine.
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| BAIGNER | v. act. (Gramm.) c'est plonger un corps nud dans l'eau, ou plus généralement dans un fluide, afin que ses parties en soient appliquées immédiatement à la peau. Voyez BAIN.
BAIGNER, se dit en Fauconnerie de l'oiseau de proie, lorsque de lui-même il se jette dans l'eau ou qu'il se mouille à la pluie, ou qu'on le plonge dans l'eau quand on le poivre.
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| BAIGNEUR | S. m. (Hist. anc.) valet des bains chez les anciens. Athenée dit que ces sortes de domestiques avoient une chanson particuliere : mais s'il étoit permis aux personnes qui servoient aux bains de chanter, il n'étoit point honnête à ceux qui se baignoient d'en faire autant ; car Théophraste, ch. jv. des Caract. faisant la peinture de l'homme grossier, le représente chantant dans le bain. (G)
BAIGNEUR, s. m. c'est celui qui tient des bains chez lui pour la commodité du public. Les Baigneurs sont appellés Etuvistes, & font corps avec les Perruquiers-Barbiers.
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| BAIGNEUX | (Géog.) ville de France en Bourgogne, diocèse de Dijon.
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| BAIGNOIRE | S. f. est une cuve de cuivre rouge de quatre piés & demi de longueur, sur deux & demi de largeur, arrondie par ses angles, & qui a environ 26 pouces de hauteur, servant à prendre le bain. Ces baignoires sont étamées en-dedans pour empêcher le verd-de-gris, & sont souvent décorées en-dehors de peintures à l'huile relatives à leur usage. Pour plus de propreté & de commodité, l'on pose dans le dedans des linges piqués, des oreillers, &c. aux deux côtés de ces baignoires, dans lesquelles on se tient assis : à leurs extrémités supérieures sont placés deux robinets à droite & à gauche, l'un pour distribuer de l'eau chaude amenée de l'étuve, l'autre de l'eau froide amenée du réservoir. Au fond de la baignoire est pratiquée une bonde que l'on leve pour faire écouler l'eau à mesure que l'on a besoin d'en remettre de la chaude, ou de la renouveller, selon le tems qu'on veut rester au bain. Cette bonde fermée contient l'eau, & lorsqu'elle est levée elle la précipite dans un tuyau de décharge, qui l'expulse dans les basses cours ou dans les puisards pratiqués exprès.
Ces baignoires sont ordinairement placées dans des niches qui prennent le plus souvent la forme d'un de leurs grands côtés, & sont couvertes d'un baldaquin ou impérial décoré de mousseline, toile de coton, toile peinte ou perse, comme il s'en voit au château de S. Cloud, de Sceaux ; &c.
Par oeconomie ces baignoires se font quelquefois de bois, & se portent en ville chez les particuliers, lorsqu'ils sont obligés pendant l'hiver de prendre les bains, par indisposition ou autrement. (P)
M. Burette dans les Mém. de l'Acad. des Belles Lettres, remarque que dans les thermes des anciens il y avoit deux sortes de baignoires ; les unes fixes, & les autres mobiles ; & que parmi ces dernieres on en trouvoit de faites exprès pour être suspendues en l'air, & dans lesquelles on joignoit le plaisir de se baigner à celui d'être balancé, & comme bercé par le mouvement qu'on imprimoit à la baignoire. (G)
Les baignoires de cuivre sont l'ouvrage des Chauderonniers ; les Tonneliers font & relient celles de bois.
BAIGNOIRE, chez les Hongrieurs ; c'est ainsi qu'ils appellent la poële dans laquelle ils font chauffer l'eau d'alun & le suif qu'ils emploient dans l'apprêt de leurs cuirs. Voyez la vignette Pl. de l'Hongrieur.
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| BAIGORRI | (LE) Géog. petit pays de France dans la basse Navarre, entre les confins de la haute Navarre à l'occident, & le pays de Cise à l'orient.
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| BAIKAL | lac de Sibérie d'où sort la riviere d'Angara. Long. 125. 130.
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| BAIL | S. m. terme de Droit, est une convention par laquelle on transfere à quelqu'un la joüissance ou l'usage d'un héritage, d'une maison, ou autre sorte de bien, ordinairement pour un tems déterminé, moyennant une rente payable à certains tems de l'année que le bailleur stipule à son profit, pour lui tenir lieu de la joüissance ou de l'usage dont il se dépouille. Il y a aussi des baux par lesquels on promet de faire certains ouvrages pour un certain prix. Voy. LOUAGE, LOCATION.
Le bail des choses qui produisent des fruits est ce qu'on appelle bail à ferme. Voyez FERME.
Le bail des choses qui ne rapportent point de fruits est ce qu'on appelle bail à loyer. Voyez LOYER.
Chez les Romains les baux ne se faisoient pas pour un tems plus long que cinq années. Parmi nous ils ne passent jamais neuf ans, à moins qu'ils ne soient à vie ou emphytéotiques. Voyez EMPHYTEOTIQUE.
Les baux se font pardevant notaire ou sous seing privé. Ils sont également obligatoires d'une & d'autre maniere : seulement s'ils ne sont faits que sous signature privée, ils n'emportent point hypotheque sur les biens du bailleur ni du preneur. Les Anglois font aussi des baux de vive voix.
Tous ceux qui ont la libre administration de leur bien en peuvent faire des baux ; ceux même qui n'en ont que l'usufruit le peuvent aussi ? tel qu'un mari, une femme doüairiere, un tuteur, un bénéficier ; & dans l'usage commun, ceux qui entrent en joüissance après eux doivent entretenir les baux qu'ils ont faits.
L'obligation de celui qui fait le bail est de faire joüir le fermier ou locataire de la chose donnée à ferme ou à loyer, ou de lui payer des dommages & intérêts qui l'indemnisent de la perte qu'il souffre par l'inexécution du bail.
Mais il peut en demander la résiliation, pour défaut de payement ; si le locataire ou fermier dégrade l'héritage qu'il tient à bail ; si la maison tenue à bail menace ruine, & qu'il y ait nécessité de la rebâtir ; si le propriétaire d'une maison de ville veut occuper sa maison en personne ; & dans tous ces cas le propriétaire ne doit pas des dommages & intérêts au fermier ou locataire.
Celui qui succede au propriétaire n'est engagé à entretenir le bail par lui fait, que quand il lui succede à titre universel ; c'est-à-dire, titre d'héritier, de donataire ou légataire universel ; mais non pas s'il lui succede à titre singulier, soit lucratif ou onéreux.
Le fermier ou locataire de son côté est obligé à trois choses : 1°. à joüir en bon pere de famille, à ne point faire de dégradations dans les lieux dont il a la joüissance, & même à y faire les réparations locatives ou viageres auxquelles il s'est obligé par son bail : 2°. à payer le prix du bail si ce n'est que le fermier ait souffert des pertes considérables dans l'exploitage de sa ferme par des cas fortuits ; ce qu'on appelle en Droit vimaires, du Latin vis major, comme grêle, feu du ciel, inondations, guerre, &c. auquel cas l'équité naturelle exige qu'il soit fait diminution au fermier : 3°. à entretenir le bail, c'est-à-dire, à continuer l'habitation ou l'exploitage jusqu'à l'expiration du bail.
Lorsque le terme du bail est expiré, si le locataire continue à occuper la maison, ou le fermier à exploiter la ferme quoiqu'il n'y ait point de convention entre les parties, le silence du propriétaire fait présumer un consentement de sa part, & cela forme un contrat entre les parties qu'on appelle tacite réconduction. Voyez RECONDUCTION.
Le bail à rente, suivant la définition que nous avons donnée du mot bail au commencement de cet article, est moins proprement un bail qu'une veritable aliénation, par laquelle on transfere la propriété d'un immeuble à la charge d'une certaine somme ou d'une certaine quantité de fruits que le possesseur doit payer à perpétuité tous les ans.
Le bail à rente differe de l'emphytéose en plusieurs choses mais singulierement en ce que de sa nature il doit durer à perpétuité, moyennant la prestation de la rente par le tenancier ; au lieu que l'emphytéose finit souvent après un tems déterminé, comme de 99 ans, ou de deux ou trois générations. Voyez EMPHYTEOSE.
BAIL EMPHYTEOTIQUE, voyez EMPHYTEOSE.
BAIL A CHEPTEL, voyez CHEPTEL.
BAIL JUDICIAIRE, voyez JUDICIAIRE.
On appelle aussi bail l'expédition même du traité appellé bail, qu'on leve chez le notaire devant lequel il a été passé.
Bail est encore synonyme à ce qu'on appelle autrement baillie, ou garde-noble, ou bourgeoisie. Voyez GARDE.
Bail, dans les anciennes coûtumes, signifie aussi la tradition d'une chose ou d'une personne à quelqu'un : en ce sens on dit qu'il y a bail quand une fille se marie, parce qu'elle entre en la puissance de son mari ; & quand son mari meurt, il y a desbail, parce qu'elle est affranchie par sa mort de la puissance maritale. Voyez DESBAIL & PUISSANCE MARITALE.
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| BAILE | S. m. terme de Palais usité particulierement en Béarn, où il se dit de certains huissiers subalternes qui ne peuvent exploiter que contre les roturiers à la différence des veguers qui exploitent contre les gentilhommes. Voyez VEGUER. (H)
BAILE, s. m. (Polit. & Comm.) nom qu'on donne à Constantinople à l'ambassadeur de la république de Venise résident à la Porte.
Outre les affaires de politique & d'état dont ce ministre est chargé, il fait aussi les fonctions de consul de la nation auprès du grand-seigneur ; & c'est proprement de lui que dépendent les autres consuls établis dans les échelles du levant, qui ne sont pour la plûpart que des vice-consuls. Voyez CONSUL. (G)
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| BAILLE-BOUTE | S. f. c'est parmi les Marins une moitié de tonneau en forme de baquet. Les vaisseaux de guerre ont une baille amarrée à chaque hune, pour y enfermer des grenades & autres artifices que l'on couvre de peaux fraîches, s'il est possible, pour les garantir du feu.
On met dans des bailles le breuvage que l'on distribue tous les jours aux gens de l'équipage. Il y a aussi des bailles à tremper les écouvillons dont on se sert pour rafraîchir le canon. Il y a des bailles pour mettre tremper le poisson & la viande salée.
On se sert quelquefois des bailles pour puiser l'eau qui entre dans le rum ou fond de cale. (Z)
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| BAILLEMENT | S. m. (Physiolog.) ouverture involontaire de la bouche, occasionnée par quelque vapeur ou ventuosité qui cherche à s'échapper, & témoignant ordinairement la fatigue, l'ennui, ou l'envie de dormir.
Le remede qu'Hippocrate prescrit contre le bâillement, est de garder long-tems sa respiration. Il recommande la même chose contre le hocquet. Voyez HOCQUET. Suivant l'ancien systême, le bâillement n'est jamais produit sans quelque irritation qui détermine les esprits animaux à couler en trop grande abondance dans la membrane nerveuse de l'oesophage, qu'on a regardée comme le siége du bâillement. Quant à cette irritation, on la suppose occasionnée par une humeur importune qui humecte la membrane de l'oesophage, & qui vient ou des glandes répandues dans toute cette membrane, ou des vapeurs acides de l'estomac rassemblées sur les parois de l'oesophage. Par ce moyen les fibres nerveuses de la membrane du gosier étant irritées ; elles dilatent le gosier, & contraignent la bouche à suivre le même mouvement.
Mais cette explication du bâillement a depuis peu donné lieu à une nouvelle plus méchanique & plus satisfaisante.
Le bâillement est produit par une expansion de la plûpart des muscles du mouvement volontaire, mais sur-tout par ceux de la respiration. Il se forme en inspirant doucement une grande quantité d'air, qu'on retient & qu'on raréfie pendant quelque tems dans les poumons, après quoi on le laisse échapper peu-à-peu, ce qui remet les muscles dans leur état naturel.
De-là, l'effet du bâillement est de mouvoir, d'accélérer & de distribuer toutes les humeurs du corps également dans tous les vaisseaux, & de disposer par conséquent les organes de la sensation & tous les muscles du corps, à s'acquiter chacun de leur côté de leurs fonctions respectives. Voy. Boerhaave, Inst. méd. § 638. (L)
BAILLEMENT, s. m. ce mot est aussi un terme de Grammaire, on dit également hiatus : mais ce dernier est latin. Il y a bâillement toutes les fois qu'un mot terminé par une voyelle, est suivi d'un autre qui commence par une voyelle, comme dans il m'obligea à y aller ; alors la bouche demeure ouverte entre les deux voyelles, par la nécessité de donner passage à l'air qui forme l'une, puis l'autre sans aucune consonne intermédiaire ; ce concours de voyelles est plus pénible à exécuter pour celui qui parle, & par conséquent moins agréable à entendre pour celui qui écoute ; au lieu qu'une consonne faciliteroit le passage d'une voyelle à l'autre. C'est ce qui a fait que dans toutes les langues, le méchanisme de la parole a introduit ou l'élision de la voyelle du mot précédent, ou une consonne euphonique entre les deux voyelles.
L'élision se pratiquoit même en prose chez les Romains. " Il n'y a personne parmi nous, quelque grossier qu'il soit, dit Cicéron, qui ne cherche à éviter le concours des voyelles, & qui ne les réunisse dans l'occasion. Quod quidem latina lingua sic observat, nemo ut tam rusticus sit, quin vocales nolit conjungere. Cic. Orator. n°. 150. Pour nous, excepté avec quelques monosyllabes, nous ne faisons usage de l'élision que lorsque le mot suivi d'une voyelle est terminé par un e muet ; par exemple, une sincere amitié, on prononce sincer-amitié. On élide aussi l'i de si en si il, qu'on prononce s'il ; on dit aussi m'amie dans le style familier, au lieu de ma amie ou mon amie : nos peres disoient m'amour.
Pour éviter de tenir la bouche ouverte entre deux voyelles, & pour se procurer plus de facilité dans la prononciation, le méchanisme de la parole a introduit dans toutes les langues, outre l'élision, l'usage des lettres euphoniques, & comme dit Cicéron, on a sacrifié les regles de la Grammaire à la facilité de la prononciation : Consuetudini auribus indulgenti libenter obsequor.... Impetratum est à consuetudine ut peccare suavitatis causâ liceret. Cicer. Orator. n. 158. Ainsi nous disons mon ame, mon épée, plûtôt que ma ame, ma épée. Nous mettons un t euphonique dans y a-t-il, dira-t-on ; & ceux qui au lieu de tiret ou trait d'union mettent une apostrophe après le t, font une faute : l'apostrophe n'est destinée qu'à marquer la suppression d'une voyelle, or il n'y a point ici de voyelle élidée ou supprimée.
Quand nous disons si l'on au lieu de si on, l' n'est point alors une lettre euphonique, quoi qu'en dise M. l'abbé Girard, tom. I. p. 344. On est un abrégé de homme ; on dit l'on comme on dit l'homme. On m'a dit, c'est-à-dire, un homme, quelqu'un m'a dit. On, marque une proposition indéfinie, individuum vagum. Il est vrai que quoiqu'il soit indifférent pour le sens de dire on dit ou l'on dit, l'un doit être quelquefois préféré à l'autre, selon ce qui précede ou ce qui suit, c'est à l'oreille à le décider ; & quand elle préfere l'on au simple on, c'est souvent par la raison de l'euphonie, c'est-à-dire, par la douceur qui résulte à l'oreille de la rencontre de certaines syllabes. Au reste ce mot euphonie est tout grec, , bien, & , son.
En grec le , qui répond à notre n, étoit une lettre euphonique, sur-tout après l' & l' : ainsi au lieu de dire , viginti viri, ils disent , sans mettre ce entre les deux mots.
Nos voyelles sont quelquefois suivies d'un son nasal, qui fait qu'on les appelle alors voyelles nasales. Ce son nasal est un son qui peut être continué, ce qui est le caractere distinctif de toute voyelle : ce son nasal laisse donc la bouche ouverte ; & quoiqu'il soit marqué dans l'écriture par un n, il est une véritable voyelle : & les poëtes doivent éviter de le faire suivre par un mot qui commence par une voyelle, à moins que ce ne soit dans les occasions où l'usage a introduit un n euphonique entre la voyelle nasale & celle du mot qui suit.
Lorsque l'adjectif qui finit par un son nasal est suivi d'un substantif qui commence par une voyelle, alors on met l'n euphonique entre les deux, du moins dans la prononciation ; par exemple, un-n-enfant, bon-n-homme, commun-n-accord, mon-n-ami. La particule on est aussi suivie de l'n euphonique, on-n-a. Mais si le substantif précede, il y a ordinairement un bâillement ; un écran illuminé, un tyran odieux, un entretien honnête, une citation équivoque, un parfum incommode ; on ne dira pas un tyran-n-odieux, un entretien-n-honnête, &c. On dit aussi un bassin à barbe, & non un bassin-n-à barbe. Je sai bien que ceux qui déclament des vers où le poëte n'a pas connu ces voyelles nasales, ajoûtent l'n euphonique, croyant que cette n est la consonne du mot précédent : un peu d'attention les détromperoit : car, prenez-y-garde, quand vous dites il est bon-n-homme, bon-n-ami, vous prononcez bon & ensuite -n-homme, -n-ami. Cette prononciation est encore plus desagréable avec les diphthongues nasales, comme dans ce vers d'un de nos plus beaux opera :
Ah ! j'attendrai long-tems, la nuit est loin encore ;
où l'acteur pour éviter le bâillement prononce loin-n-encore, ce qui est une prononciation normande.
Le b & le d sont aussi des lettres euphoniques. En latin ambire est composé de l'ancienne préposition am, dont on se servoit au lieu de circum, & de ire ; or comme am étoit en latin une voyelle nasale, qui étoit même élidée dans les vers, le b a été ajoûté entre am & ire, euphoniae causâ.
On dit en latin prosum, prosumus, profui ; ce verbe est composé de la préposition pro, & de sum : mais si après pro, le verbe commence par une voyelle, alors le méchanisme de la parole ajoûte un d, prosum, pro-d-es, pro-d-est, pro-d-eram, &c. On peut faire de pareilles observations en d'autres langues ; car il ne faut jamais perdre de vûe que les hommes sont par-tout des hommes, & qu'il y a dans la nature uniformité & variété. (F)
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| BAILLER | v. neut. respirer en ouvrant la bouche extraordinairement & involontairement. Bâiller d'ennui, bâiller de sommeil. V. BAILLEMENT ci-dessus. (L)
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| BAILLET | adj. (Manége) cheval baillet, est celui qui a le poil roux tirant sur le blanc. (V)
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| BAILLEU | ou BELLE, ville de France, au comté de Flandres. Long. 20. 25. lat. 50. 45.
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| BAILLEUR | S. m. terme de Pratique, est celui des deux parties contractantes dans un bail, qui loue ou afferme sa propre chose. Il est opposé à preneur, Voy. PRENEUR. (H)
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| BAILLI | S. m. (Hist. mod. & Jurisprud.) on entend en général par ce mot, un officier chargé de rendre la justice dans un certain district appellé bailliage. Voyez BAILLIAGE.
Ce mot est formé de baile, vieux terme qui signifie gouverneur, du latin bajulus qui a la même signification.
Pasquier assûre que les baillis étoient originairement une sorte de subdélégués, que l'on envoyoit dans les provinces pour examiner si les comtes, qui étoient alors les juges ordinaires, rendoient exactement la justice. Loiseau rapporte plus vraisemblablement l'origine des baillis, à l'usurpation & à la négligence des grands seigneurs, qui s'étant emparés de l'administration de la justice, & étant trop foibles pour ce fardeau, s'en déchargerent sur des députés qu'on appella baillis. Ces baillis eurent d'abord l'inspection des armes & l'administration de la justice & des finances : mais comme ils abuserent de leur pouvoir, ils en furent insensiblement dépouillés, & la plus grande partie de leur autorité fut transferée à leurs lieutenans, qui étoient gens de robe : en France les baillis ont encore une ombre de leurs anciennes prérogatives, & sont considérés comme les chefs de leurs districts : c'est en leur nom que la justice s'administre ; c'est devant eux que se passent les contrats & les autres actes, & ce sont eux qui ont le commandement des milices.
C'est de-là que les baillis d'Angleterre ont pris leur nom & leur office : comme il y a en France huit parlemens qui sont des cours suprèmes, des arrêts desquels il n'y a point d'appel ; & que dans le ressort de plusieurs parlemens ou de différentes provinces, la justice est rendue par des baillis ou du moins par leurs lieutenans : de même il y a en Angleterre différens comtés, dans lesquels la justice est administrée par un vicomte ou sherif, qui paroît vraisemblablement avoir été appellé bailli, & son district bailliage.
Le bailli dans l'origine étoit donc un seigneur, qui avoit dans l'étendue de son bailliage, l'administration de la justice, le commandement des armes & le maniement des finances. De ces trois prérogatives, il ne leur reste plus que le commandement du ban & de l'arriere-ban. Quant à l'administration de la justice, ce ne sont plus que des juges titulaires. Les sentences & les commissions s'expédient bien en leur nom : mais ce sont leurs lieutenans de robe qui rendent la justice. Les baillis des siéges particuliers ressortissans au bailliage général, ne sont proprement que les lieutenans de ceux-là.
On distingue de ces baillis royaux, les baillis seigneuriaux par la dénomination de hauts-justiciers. Quelques-uns de ceux-ci ressortissent aux bailliages royaux, lesquels ressortissent au parlement ; mais il y a des baillis hauts-justiciers qui ressortissent nuement au parlement, tels sont les baillis des duchés-pairies. (H)
* BAILLI, (Hist. mod.) nom d'un grade ou dignité dans l'ordre de Malte. On en distingue de deux sortes, les baillis conventuels & les baillis capitulaires. Les premiers sont les huit chefs ou piliers de chaque langue. Voyez PILIER & LANGUE. On les appelle conventuels, parce qu'ordinairement ils résident dans le couvent de la religion à Malte.
Les baillis capitulaires, ainsi nommés, parce que dans les chapitres provinciaux, ils ont séance immédiatement après les grands-prieurs, sont des chevaliers qui possedent des bailliages de l'Ordre. La langue de France a deux bailliages, dont les titulaires sont le bailli de la Morée ou commandeur de S. Jean de Latran à Paris, & le grand trésorier ou commandeur de S. Jean en l'île proche de Corbeil. La langue de Provence a le bailliage de Manosque ; & celle d'Auvergne, le bailliage de Lyon. Il y a de même des bailliages & des baillis capitulaires dans les autres langues. Voyez MALTE. (G)
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| BAILLIAGE | S. m. (Jurisp.) est tout le territoire où s'étend la jurisdiction d'un bailli. Un bailliage principal en contient pour l'ordinaire plusieurs autres ; lesquels connoissent des mêmes matieres, & ressortissent à ce bailliage principal, lequel connoît exclusivement aux autres en dernier ressort des cas présidiaux : car ces bailliages supérieurs équivalent pour l'autorité aux présidiaux & aux sénéchaussées, dont ils ne different que par le nom. Voyez PRESIDIAL & BAILLI.
On appelle aussi bailliage l'office même du bailli. On donne aussi le même nom au lieu où il tient sa séance. (H)
BAILLIE, s. f. (Jurisprudence) terme de coûtumes, est synonyme à garde-noble ou bourgeoisie. Voyez GARDE.
BAILLISTRE, s. m. (Jurisprudence) vieux terme encore usité dans quelques coûtumes, qui est synonyme à tuteur ou gardien ; & est dérivé de baillie qui dans les mêmes coûtumes signifie tutele ou garde. Voyez BAILLIE.
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| BAILLIMORE | (Géog.) ville de la province de Leinster, en Irlande ; elle est entierement environnée d'un marais.
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| BAILLIVAGE | ou Balivage, s. m. (Jurisprudence) terme d'eaux & forêts, est l'étiquette ou la marque des baliveaux qui doivent rester sur pié dans les bois coupés ou à couper. Voyez BALIVEAU. (H)
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| BAILLOGUES | S. f. c'est ainsi que les Plumassiers nomment des plumes de couleurs mêlées, blanches & noires, par exemple.
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| BAILLONNÉ | adj. terme de Blason, il se dit des animaux qui ont un bâton entre les dents, comme les lions, les ours, les chiens, &c.
ourneus au pays de Vaux, d'argent au lion de sable baillonné de gueules à la bordure componnée d'argent & de sable. (V)
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| BAILLOTTE | (en terme de Marine) c'est un seau.
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| BAINS | S. m. (terme d'Architecture) grands & somptueux bâtimens, élevés par les anciens pour l'ornement & la commodité. Il faut distinguer les bains en naturels ou en artificiels. Les bains naturels sont ou froids comme l'eau des rivieres, ou chauds comme ceux des eaux minérales, propres à la guérison de plusieurs maux. Voyez EAUX MINERALES, & plus bas BAIN en Médecine.
Les bains artificiels, qui étoient plûtôt pour la propreté du corps que pour la santé, étoient chez les anciens des édifices ou publics ou particuliers. Les bains publics ont été en usage en Grece & à Rome : mais les Orientaux s'en servirent auparavant. La Grece connoissoit les bains chauds dès le tems d'Homere, comme il paroît par divers endroits de l'Odyssée ; & ils étoient ordinairement joints aux gymnases ou palestres, parce qu'en sortant des exercices on prenoit le bain. Vitruve a donné une description fort détaillée de ces bains, par laquelle il paroît qu'ils étoient composés de sept pieces différentes, la plûpart détachées les unes des autres, & entremêlées de quelques pieces destinées aux exercices. Ces sept pieces étoient 1°. le bain froid, frigida lavatio, en Grec : 2°. l'elaeothesium, c'est-à-dire la chambre où l'on se frottoit d'huile ; 3°. le lieu de rafraîchissement, frigidarium, 4°. le propnigeum, c'est-à-dire l'entrée ou le vestibule de l'hypocaustum ou du poële ; 5°. l'étuve voûtée pour faire suer, ou le bain de vapeur, appellé tepidarium ; 6°. le bain d'eau chaude, calida lavatio : auxquelles il faudroit joindre l'apodyterion ou garde-robe, si toutefois ce n'est pas la même chose que le tepidarium.
Quant aux bains détachés des palestres, il résulte de la description qu'en fait Vitruve : 1°. que ces bains étoient ordinairement doubles, les uns pour les hommes, les autres pour les femmes ; du moins chez les Romains, qui en ce point avoient plus consulté les bienséances que les Lacédémoniens, chez qui les deux sexes se baignoient pêle-mêle : 2°. que les deux bains chauds se joignoient de fort près, afin qu'on pût échauffer par un même fourneau, les vases de l'un & de l'autre bain : 3°. que le milieu de ces bains étoit occupé par un grand bassin, qui recevoit l'eau par divers tuyaux, & dans lequel on descendoit par le moyen de quelques degrés ; 4°. ce bassin étoit environné d'une balustrade, derriere laquelle régnoit une espece de corridor, schola, assez large, pour contenir ceux qui attendoient que les premiers venus sortissent du bain : 5°. que les deux étuves, appellées laconicum & tepidarium, étoient jointes ensemble : 6°. que ces lieux étoient arrondis au compas, afin qu'ils reçussent également à leur centre la force de la vapeur chaude, qui tournoit & se répandoit dans toute leur cavité : 7°. qu'ils avoient autant de largeur que de hauteur jusqu'au commencement de la voûte, au milieu de laquelle on laissoit une ouverture pour donner du jour, & on y suspendoit avec des chaînes un bouclier d'airain, qu'on haussoit ou baissoit à volonté, pour augmenter ou diminuer la chaleur ; 8°. que le plancher de ces étuves étoit creux & suspendu pour recevoir la chaleur de l'hypocauste, qui étoit un grand fourneau maçonné dessous, que l'on avoit soin de remplir de bois & d'autres matieres combustibles, & dont l'ardeur se communiquoit aux étuves à la faveur du vuide qu'on laissoit sous leurs planchers : 9°. que ce fourneau servoit non-seulement à échauffer les deux étuves, mais aussi une autre chambre appellée vasarium, située proche de ces mêmes étuves & des bains chauds, & dans laquelle étoient trois grands vases d'airain, appellés miliaria à cause de leur capacité ; l'un pour l'eau chaude, l'autre pour la tiede, & le troisieme pour la froide. De ces vases partoient des tuyaux qui correspondant aux bains, y portoient par le moyen d'un robinet l'eau, suivant les besoins de ceux qui se baignoient.
A l'égard de l'arrangement ou disposition de ces divers appartemens des bains, voici ce qu'on en sait : on y voyoit d'abord un grand bassin ou vivier appellé en grec , en latin natatio & piscina, qui occupoit le côté du nord, & où l'on pouvoit non-seulement se baigner, mais même nager très-commodément. Les bains des particuliers avoient quelquefois de ces piscines, comme il paroît par ceux de Pline & de Ciceron. L'édifice des bains étoit ordinairement exposé au midi, & avoit une face très-étendue, dont le milieu étoit occupé par l'hypocauste, qui avoit à droite & à gauche une suite de quatre pieces semblables des deux côtés, & disposées de maniere qu'on pouvoit passer facilement des unes dans les autres. Ces pieces nommées en général balnearia, étoient celles que nous avons décrites ci-dessus. La salle du bain chaud étoit une fois plus grande que les autres, à cause du grand concours du peuple qui y abordoit, & du long séjour qu'on y faisoit d'ordinaire.
Les anciens prenoient ordinairement le bain avant souper, & il n'y avoit que les voluptueux qui se baignassent à la suite de ce repas. Au sortir du bain, ils se faisoient frotter d'huiles ou d'onguens parfumés par des valets nommés alyptae ou unctuarii. Les bains, si on en croit Pline, ne furent en usage à Rome que du tems de Pompée, dès lors les édiles eurent soin d'en faire construire plusieurs. Dion, dans la vie d'Auguste, rapporte que Mecene fit bâtir le premier bain public : mais Agrippa, dans l'année de son édilité, en fit construire cent soixante & dix. A son exemple, Neron, Vespasien, Tite, Domitien, Severe, Gordien, Aurelien, Diocletien, & presque tous les empereurs, qui chercherent à se rendre agréables au peuple, firent bâtir des étuves & des bains avec le marbre le plus précieux, & dans les regles de la plus belle architecture, où ils prenoient plaisir à se baigner avec le peuple : on prétend qu'il y avoit jusqu'à 800 de ces édifices répandus dans tous les quartiers de Rome.
La principale regle des bains étoit d'abord de ne les ouvrir jamais avant deux ou trois heures après midi, ensuite ni avant le soleil levé, ni après le soleil couché. Alexandre Severe permit pourtant qu'on les tînt ouverts la nuit dans les grandes chaleurs de l'été, & ajoûta même la libéralité à la complaisance, en fournissant l'huile qui brûloit dans les lampes. L'heure de l'ouverture des bains étoit annoncée au son d'une espece de cloche : le prix qu'il falloit payer pour entrer aux bains étoit très-modique, ne montant qu'à la quatrieme partie d'un as, nommée quadrans, ce qui valoit à peu près un liard de notre monnoie. Le bain gratuit étoit au nombre des largesses que les empereurs faisoient au peuple à l'occasion de quelque réjoüissance publique : mais aussi dans les calamités on avoit soin de lui retrancher cette commodité, ainsi que le plaisir des spectacles. (G)
* Tout se passoit dans les bains avec modestie : les bains des femmes étoient entierement séparés de ceux des hommes ; & c'auroit été un crime, si l'un des sexes avoit passé dans le bain de l'autre. La pudeur y étoit gardée jusqu'à ce scrupule, que même les enfans puberes ne se baignoient jamais avec leurs peres, ni les gendres avec leurs beaux-peres. Les gens qui servoient dans chaque bain, étoient du sexe auquel le bain étoit destiné. Mais quand le luxe & la vie voluptueuse eurent banni la modestie, & que la débauche se fut glissée dans toute la ville, les bains n'en furent pas exempts. Les femmes s'y mêlerent avec les hommes, & il n'y eut plus de distinction ; plusieurs personnes de l'un & l'autre sexe n'y alloient même que pour satisfaire leur vûe, ou cacher leurs intrigues : ils y menoient les esclaves ou servantes pour garder les habits. Les maîtres des bains affectoient même d'en avoir de plus belles les unes que les autres, pour s'attirer un plus grand nombre de chalans.
Tout ce que les magistrats purent faire d'abord, ce fut de défendre à toutes personnes de se servir de femmes ou de filles pour garder les habits, ou pour rendre les autres services aux bains, à peine d'être notées d'infamie. Mais l'empereur Adrien défendit absolument ce mêlange d'hommes & de femmes sous de rigoureuses peines. Marc Aurele & Alexandre Severe confirmerent cette même loi ; & sous leur regne, les bains des hommes & ceux des femmes furent encore une fois séparés, & la modestie y fut rétablie.
Les ustensiles ou instrumens des bains, outre les vases propres à faire chauffer & à verser l'eau, étoient les baignoires, les étrilles. Voyez BAIGNOIRE, ETRILLE.
Les bains particuliers, quoique moins vastes que les bains publics, étoient de la même force, mais souvent plus magnifiques & plus commodes, ornés de meubles précieux, de glaces, de marbres, d'or & d'argent. On pouvoit s'y baigner à toute heure ; & l'on rapporte des empereurs Commode & Galien qu'ils prenoient le bain cinq ou six fois le jour. Mém. de l'Acad. des Belles Lettres, tome I. & III. (G)
* Parmi nous, les bains publics sur la riviere, ne sont autre chose que de grands bateaux appellés toue, faits de sapin, & couverts d'une grosse toile, autour desquels il y a de petites échelles attachées par des cordes, pour descendre dans un endroit de la riviere où l'on trouve des pieux enfoncés d'espace en espace, qui soûtiennent ceux qui prennent le bain.
Nous appellons bains domestiques ceux que l'on pratique dans la maison des grands ou des particuliers : ils se prennent dans des baignoires de métal ; dans lesquelles l'eau est amenée par des conduits de plomb qui descendent d'un réservoir un peu élevé, rempli de l'eau du ciel, ou par le secours d'une pompe. Ces tuyaux garnis de robinets, viennent avant d'entrer dans la baignoire, se distribuer dans une cuve placée sur un fourneau, qui la tient dans un degré de chaleur convenable.
Ces bains sont composés d'un appartement distribué en plusieurs pieces : savoir d'une anti-chambre pour tenir les domestiques pendant que le maître est au bain, d'une chambre à lit pour s'y coucher au sortir du bain, d'une salle où est placée la baignoire, d'un cabinet à soûpape ou d'une garde-robe, d'un cabinet de toilette, d'une étuve pour sécher les linges & chauffer l'eau, d'un dégagement, &c. Il est assez d'usage de placer deux baignoires & deux lits dans ces appartemens, ces bains se prenant ordinairement de compagnie lorsqu'on est en santé.
Ces bains doivent avoir un petit jardin particulier pour faire prendre de l'exercice, sans être vû, aux personnes qui prennent ces bains plûtôt par indisposition que par propreté.
Ces appartemens sont ordinairement décorés de lambris, de peintures, de dorure, & de glaces. C'est dans cette occasion qu'un Architecte qui a du génie, peut donner carriere à son imagination, ces sortes de pieces n'étant pas susceptibles de la sévérité des regles de l'art. Au contraire j'estime que c'est dans ces sortes de pieces seulement qu'il convient de répandre de l'élegance & de l'enjouement : dans l'ordonnance de la décoration de ces petits appartemens, les Vateaux, les Lancrets, peuvent y donner le ton, aussi-bien que les ornemens arabesques, les plans de Chinois, les magots, &c. Tout est de leur ressort, pourvû qu'il y soit ajusté avec goût & discernement. (P)
BAIN de santé ou de propreté (en Medecine). Les Medecins toûjours attentifs à chercher des secours contre les maladies, remarquerent les bons effets qu'il produisoit, & le mirent au nombre de leurs remedes.
On ordonna le bain de différentes façons, c'est-à-dire, qu'il y en eût de chauds & de froids, de généraux & de particuliers.
Dans les bains généraux, soit chauds ou froids, le corps est plongé jusqu'au-dessus des épaules ; dans les particuliers, on ne trempe que la moitié du corps, ce qui s'appelle demi-bain. Celui où on ne trempe que les piés & une partie des jambes, s'appelle pédiluve. On peut aussi rapporter aux bains particuliers les diverses especes de fomentations, & les douches, Voyez FOMENTATION & DOUCHE.
Les différentes qualités de l'eau, que l'on employe pour le bain, en changent la propriété. Dans les cas où on a intention de ramollir les fibres, & de procurer quelque relâchement dans toute l'habitude du corps, le bain chaud d'eau douce simple, ou mêlée avec des médicamens émolliens, satisfera à cette indication.
Quand il est question de resserrer la texture des fibres, de leur rendre le ressort qu'elles auront perdu, rien de plus convenable que le bain d'eau froide ; je déduirai par la suite les raisons de cette diversité.
On a encore divisé les bains en domestiques, qui sont ceux que l'on prend chez soi ou chez les Baigneurs, & que l'on compose de plusieurs façons ; il y en a de lait, de décoctions de plantes émollientes, d'eau de son, &c. en bains d'eaux minérales, qui sont ou thermales ou acidules, dont les effets sont différens, selon les principes que ces eaux contiennent : en bains d'eau de riviere, de fleuve ou de mer ; & en bains secs, tels que ceux d'esprit de vin ; ceux de vapeurs du cinabre, que l'on nomme fumigation, Voyez FUMIGATION : ceux de marc de raisin, de cendres, de sels, de sable, &c. auxquels on peut encore joindre l'application des boues ou bourbes sur tout le corps, qui se pratique en quelques endroits.
Pour expliquer l'action des bains, il faut d'abord poser pour principe que l'eau qui en fait la base, penetre par sa fluidité presque tous les corps, & surtout ceux dont la texture est assez lâche, pour que l'eau puisse trouver entre les fibres dont ils sont composés, des interstices que l'on appelle pores. Voyez PORE.
Le corps humain est un de ceux dans lesquels on en remarque en plus grand nombre ; la déperdition de substance à laquelle il est sujet par la transpiration, prouve assez ce que j'avance. Lorsque le corps se trouve exposé à un certain volume d'eau capable de le presser de tous les côtés, & dont chaque goutte a une pesanteur naturelle, elle s'insinue dans chacun de ses interstices, dont elle augmente la capacité par le relâchement que procure son humidité : parvenue après un certain tems jusqu'à l'intérieur du corps, elle se mêle avec le sang ; aidée d'ailleurs par les contractions réitérées du coeur, qui augmentent à proportion de la pression, elle détruit la cohésion trop fortes des molécules du sang, le fait circuler avec plus de facilité, & le rend plus propre aux secrétions ; augmente celle des esprits animaux, si nécessaire pour l'entretien des forces & l'exécution de toutes les fonctions, en même tems qu'elle met le sang en état de se dépouiller des parties nuisibles que son trop grand épaississement, ou sa trop grande lenteur à circuler, y avoient amassées.
Ces principes posés, il ne sera pas difficile de déduire les raisons des phénomenes qu'on observe, selon le degré de chaleur ou de froid des eaux qu'on employe, & la différence des matieres dont elles sont imprégnées. En augmentant la chaleur de l'eau simple, on lui donne un degré d'élasticité dont elle est redevable aux parties ignées qu'elle contient, & qui la rendent plus pénétrante. Lorsqu'elle se trouve chargée de parties ferrugineuses, & chaudes en même tems, son ressort & son poids sont augmentés en raison réciproque de sa chaleur, & de la quantité de fer dont elle est chargée, & qui la rend propre à guérir plusieurs maladies qui ont pour cause l'embarras du sang dans ses couloirs. Si, au contraire, on employe l'eau froide, les effets en seront différens ; car quoique la fluidité & l'humidité soient la même, le froid loin de dilater les pores de la peau, les resserre en quelque sorte, empêche une trop grande évacuation par la transpiration, porte le calme dans la circulation du sang, lorsqu'elle est déréglée, & détruit par ce moyen les causes des maladies occasionnées par ce dérangement. Willis nous en donne un exemple dans son traité de la Phrénésie, à l'occasion d'une fille qui fut guérie de cette maladie par un seul bain froid que l'on lui fit prendre : cette malade étoit dans cet état depuis plusieurs jours ; les saignées, les délayans, les amples boissons émulsionnées, &c. n'avoient pas pû diminuer la fievre violente dont elle étoit attaquée, & la soif qui la dévoroit. Le bain d'eau simple pris dans la riviere pendant un quart-d'heure, calma tous les accidens, lui procura un sommeil tranquille, & elle fut guérie sans avoir besoin d'autres remedes. On trouve dans la pratique plusieurs exemples de ces guérisons miraculeuses arrivées par hasard ; car souvent des gens attaqués de phrénésie se sont jettés d'eux-mêmes dans des fontaines ou bassins, & ont été guéris.
Ce que l'on peut encore assûrer, c'est que l'usage des bains de riviere, pendant les chaleurs de l'été, est un sûr préservatif contre les maladies qui regnent ordinairement dans cette saison.
Il reste à présent à chercher la raison des effets du bain de mer, que l'on regarde comme le remede le plus salutaire contre la rage, & que je tâcherai de déduire des mêmes principes : ce qui ne sera pas impossible, en faisant attention d'abord, que la fluidité & l'humidité que nous trouvons dans l'eau commune, se rencontre dans l'eau de mer ; que sa pesanteur est augmentée par le sel qu'elle contient, & qui lui donne une qualité beaucoup plus pénétrante ; enfin, que la terreur du malade, née de l'appareil & du danger où il se trouve lorsqu'on le plonge, fait un contraste capable de rétablir le déreglement de l'imagination, qui est aussi dérangée dans ce cas que dans la phrénésie la plus violente : d'ailleurs, on prend la précaution d'aller à la mer pour y être plongé, lorsque l'on a le soupçon d'être attaqué de la rage, sans en avoir de certitude. Voyez RAGE.
On conçoit aisément que les bains de vapeurs pénetrent la texture de la peau, & parviennent par les pores jusqu'à l'intérieur, où elles occasionnent à peu près les mêmes effets que si l'on avoit appliqué les médicamens dont on les tire ; c'est ce que l'on éprouve de la part de l'esprit de vin, de celui de vapeurs de cinabre, qui excitent même quelquefois la salivation, effet que produisent les frictions mercurielles ; enfin celui de marc de raisin, en pénétrant soit par sa chaleur, soit par les parties spiritueuses qu'il contient, donne de nouveau aux fibres le ressort qu'elles avoient perdu, & les rétablit dans leur état naturel.
On doit prendre les précautions suivantes pour tirer quelque fruit de l'usage du bain, de quelque espece que ce soit : il faut se faire saigner & purger, le prendre le matin à jeun, ou si c'est le soir, quatre heures après le repas, afin que la digestion des alimens soit entierement finie ; se reposer, ou ne faire qu'un exercice très-modéré après que l'on est sorti du bain ; enfin ne se livrer à aucun excès pendant tout le tems que l'on le prendra, & dans quelque saison que ce soit, ne point se baigner lorsque l'on est fatigué par quelque exercice violent. Voy. EAUX, EAUX THERMALES, EAUX ACIDULES ou FROIDES. (N)
BAIN, en Chimie, se dit d'une chaleur modérée par un intermede mis entre le feu & la matiere sur laquelle on opere, & ce bain est différemment nommé, selon les différens intermedes qu'on y employe.
C'est pourquoi on dit bain de mer, ou par corruption bain-marie, lorsque le vase qui contient la matiere sur laquelle on opere, est posé dans un autre vaisseau plein d'eau, desorte que le vase soit entouré d'eau, & que le vaisseau qui contient l'eau, soit immédiatement posé sur le feu. Voyez nos figures de chimie. On pourroit aussi employer d'autres fluides que l'eau, comme l'huile, le mercure même, pour transmettre différentes chaleurs, ce qui feroit différentes especes de bain-marie.
On dit bain de vapeur, lorsque le vase qui contient la matiere est seulement exposé à la vapeur de l'eau qui est sur le feu. Voyez nos figures. Le bain de vapeur dans un vaisseau ouvert, ou qui laisse échapper la vapeur qui s'exhale de l'eau, est moins fort, c'est-à-dire donne une chaleur plus douce que ne la donne le bain-marie de l'eau bouillante : mais si le vaisseau est fermé exactement, & qu'on pousse le feu dessous, il devient plus fort que le bain-marie ; il tient alors de la force de la machine de Papin, ce qui fait voir qu'on peut faire un bain de vapeur très-fort, au lieu que le bain-marie ne peut avoir que les différens degrés de chaleur de l'eau tiede, de l'eau chaude, de l'eau frémissante, & de l'eau bouillante. Il est vrai que la chaleur de l'eau bouillante n'est point une chaleur invariable ; elle est différente selon que l'eau est différente, & suivant la différente pesanteur de l'air. L'eau bouillante qui tient en dissolution des sels, est plus chaude qu'une eau bouillante qui seroit simple & pure. Voyez DIGESTOIRE.
La chaleur de l'eau bouillante est plus grande quand le barometre est plus élevé, c'est-à-dire quand l'air est plus pesant ; & elle est moindre quand le barometre est plus bas, c'est-à-dire quand l'air est plus leger. L'eau bouillante, sur le sommet d'une haute montagne, a moins de chaleur que l'eau bouillante dans un fond, parce que plus l'air est pesant, & plus il presse sur la surface de l'eau, & par conséquent plus il s'oppose à l'échappement des parties de feu qui sont en mouvement dans l'eau, & qui la traversent. C'est pourquoi la plus grande chaleur que puisse avoir l'eau, n'est pas dans le tems qu'elle bout le plus fort, c'est dans le premier instant qu'elle commence à bouillir. Ces connoissances ne sont pas inutiles : il faut y faire attention pour certaines expériences.
On dit bain de sable ou de cendre, lorsqu'au lieu d'eau on met du sable ou de la cendre. Voyez nos figures de Chimie.
Bains vaporeux, sont termes de Medecine qui ne signifient autre chose que ce qu'on entend en Chimie par bain de vapeur. Le bain vaporeux est une espece d'étuve qui se fait en exposant le malade à la vapeur chaude d'une eau médicinale, ou de décoctions d'herbes appropriées à la maladie qu'on veut guérir. (M)
BAIN, en Chimie & à la Monnoie ; on dit qu'un métal est en bain, lorsque le feu l'a mis en état de fluidité : c'est alors qu'on le remue ou qu'on le brasse avec des cuillieres de fer, si c'est argent ou cuivre : pour l'or, il ne se brasse point avec le fer, mais avec une espece de quille faite de terre à creuset, & cuite. Voyez BRASSER, BRASSOIR, QUILLE.
BAIN, est un terme générique ; il se prend chez un grand nombre d'Artistes, & pour les liqueurs, & pour les vaisseaux dans lesquels ils donnent quelques préparations à leurs ouvrages.
BAIN ou BOUIN, terme d'Architecture ; on dit maçonner à bain ou à bouin de mortier, lorsqu'on pose les pierres, qu'on jette les moëllons, & qu'on assied les pavés en plein mortier. (P)
BAIN, mettre à bain, en Maçonnerie, c'est employer à la liaison des parties d'un ouvrage, la plus grande quantité de plâtre qu'il est possible ; on se sert du mot bain, parce qu'alors les pierres ou moëllons sont entierement couverts & enduits de tous côtés.
BAIN, c'est ainsi que les Plumassiers appellent une poele de cuivre battu dans laquelle ils plongent ou jettent les plumes qu'ils veulent mettre en couleur. Ils donnent aussi ce nom à la matiere colorante contenue dans la poele.
BAIN, se dit chez les Teinturiers, ou de la cuve qui contient les ingrédiens dans lesquels on met les étoffes pour les colorer, ou des ingrédiens même contenus dans la cuve ; ainsi l'on dit mettre au bain, & l'on dit aussi bain d'alun, bain de cochenille, &c.
BAIN, (chevaliers du) Hist. mod. ordre militaire institué par Richard II. roi d'Angleterre, qui en fixa le nombre à quatre, ce qui n'empêcha pas Henri IV. son successeur de l'augmenter de quarante-deux ; leur devise étoit, tres in uno, trois en un seul, pour signifier les trois vertus théologales. Leur coûtume étoit de se baigner avant que de recevoir les éperons d'or : mais cela ne s'observa que dans le commencement, & s'abolit ensuite peu à peu, quoique le bain fût l'origine du nom de ces chevaliers, & que leurs statuts portassent que c'étoit pour acquérir une pureté de coeur & avoir l'ame monde, c'est-à-dire pure. L'ordre de chevalier du bain ne se confere presque jamais, si ce n'est au couronnement des rois, ou bien à l'installation d'un prince de Galles ou d'un duc d'Yorck. Ils portent un ruban rouge en baudrier. Cambden & d'autres écrivains disent que Henri IV. en fut l'instituteur en 1399, à cette occasion : ce prince étant dans le bain, un chevalier lui dit que deux veuves étoient venues lui demander justice ; & dans ce moment il sauta hors du bain, en s'écriant, que la justice envers ses sujets étoit un devoir préférable au plaisir de se baigner, & ensuite il créa un ordre des chevaliers du bain : cependant quelques auteurs soûtiennent que cet ordre existoit long-tems avant Henri IV. & le font remonter jusqu'au tems des Saxons. Ce qu'il y a de certain, c'est que le bain, dans la création des chevaliers, avoit été long-tems auparavant en usage dans le royaume de France, quoiqu'il n'y eût point d'ordre de chevaliers du bain.
L'ordre des chevaliers du bain, après avoir été comme enseveli pendant bien des années, commença de renaître sous le regne de Georges premier, qui en créa solennellement un grand nombre. (G)
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| BAIONE | Voyez BAYONE.
BAIONE, dite Baïona de Galizia, (Géog. anc. & mod.) ville maritime d'Espagne dans la Galice, à l'embouchure du Minho. Quelques Géographes la prennent pour les Aquae Celinae de Ptolomée ; d'autres veulent que ce soit Orense, sur la même riviere que Baïone : sa long. est 9. & sa lat. 41. 54.
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| BAIRAM | S. m. (Hist. mod.) nom donné à la grande fête annuelle des Mahométans. Voyez FETE, &c. Quelques auteurs écrivent ce mot plus conformément à l'ortographe orientale beiram ; c'est originairement un mot turc, qui signifie à la lettre un jour de fête, ou une solennité. C'est la pâque des Turcs.
Les Mahométans ont deux bairams, le grand & le petit, que Scaliger, Erpenius, Ricaut, Hyde, Chardin, Bobovius, & d'autres écrivains Européens, prennent ordinairement l'un pour l'autre, donnant à ce que les Turcs appellent le petit bairam, le nom de grand ; & au contraire. Le petit bairam dure trois jours, pendant lesquels tout travail cesse, & l'on s'envoye des présens l'un à l'autre avec beaucoup de marques de joie. Si le lendemain du ramadhan se trouve si nébuleux & couvert qu'on ne puisse pas voir la nouvelle lune, on remet le bairam au lendemain : il commence ce jour-là, quand même la lune seroit encore cachée, & il est annoncé par des décharges de canon au serrail, & au son des tambours & des trompettes dans les places publiques. En célébrant cette fête, les Turcs font dans leurs mosquées quantité de cérémonies, ou plûtôt de simagrées bisarres, & finissent par une priere solemnelle contre les infideles, dans laquelle ils demandent que les princes Chrétiens soient extirpés ; qu'ils s'arment les uns contre les autres, & qu'ils donnent ainsi occasion à la loi Mahométane de s'étendre. On se pardonne mutuellement les injures, & l'on s'embrasse en disant, Dieu te donne la bonne pâque.
Autant la rigueur du ramadhan a été extrème, autant la débauche & l'intempérance regnent pendant les jours du bairam : ce ne sont que festins & réjoüissances, tant dans le serrail où le Sultan admet les grands de l'empire à lui baiser la main, & marche avec eux en pompe jusqu'à la grande mosquée, que dans la ville, où tous les Turcs jusqu'aux plus pauvres, tuent des moutons, auxquels ils donnent le nom d'agneau paschal, non sur le même fondement que les Juifs, mais en mémoire du sacrifice d'Abraham, dans lequel, disent-ils, l'ange Gabriel apporta du ciel un mouton noir, qui depuis très-long-tems avoit été nourri en paradis, & qu'il mit en la place d'Isaac. Voyez RAMADHAN. (G)
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| BAISÉ | bout baisé. On donne, dans les manufactures où l'on tire la soie, le nom de bout baisé à une portion de fils de soie, composée de deux fils ou davantage, qui se sont appliqués l'un sur l'autre, selon leur longueur pendant le tirage, & se sont collés ensemble en se sechant. Il est très important d'éviter ce défaut. Une soie où les baisemens de fils auroient été fréquens, se devideroit avec peine. Voyez l'article TIRAGE DE SOIE.
BAISE, adj. (Passement.) se dit du tissu d'un ouvrage qui a été peu frappé par le battant, & où la trame n'est pas serrée. Le baisé est positivement le contraire de frappé. Voyez FRAPPE.
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| BAISE-MAIN | S. m. (Hist. anc. & mod.) marque d'honneur ou de respect presqu'universellement répandue par toute la terre, & qui a été également partagée entre la religion & la société. Dès les tems les plus reculés, on saluoit le soleil, la lune, & les étoiles, en baisant la main. Job se défend de cette superstition : si vidi solem.... aut lunam.... & osculatus sum manum meam ore meo. On rendoit le même honneur à Baal. Lucien, après avoir parlé des différentes sortes de sacrifices que les personnes riches offroient aux dieux, ajoûte que les pauvres les adoroient par de simples baise-mains. Pline de son tems mettoit cette même coûtume au nombre des usages dont on ignoroit l'origine : In adorando, dit-il, dexteram ad osculum referimus. Dans l'Eglise même, les évêques & les officians donnent leur main à baiser aux autres ministres qui les servent à l'autel.
Dans la société, l'action de baiser la main a toûjours été regardée comme un formulaire muet, pour assûrer les réconciliations, demander des graces, remercier de celles qu'on a reçues, marquer sa vénération à ses supérieurs. Dans Homere, le vieux Priam baise les mains d'Achille, lorsqu'il le conjure de lui rendre le corps de son fils Hector. Chez les Romains, les tribuns, les consuls, les dictateurs donnoient leur main à baiser à leurs inférieurs, ce que ceux-ci appelloient accedere ad manum. Sous les empereurs cette conduite devint un devoir essentiel, même pour les grands ; car les courtisans d'un rang inférieur étoient obligés de se contenter d'adorer la pourpre en se mettant à genoux, pour toucher la robe du prince avec la main droite, qu'ils portoient ensuite à leur bouche : honneur qui ne fut ensuite accordé qu'aux consuls & aux premiers officiers de l'empire, les autres se contentant de saluer le prince de loin en portant la main à la bouche, comme on le pratiquoit en adorant les dieux.
La coûtume de baiser la main du prince est en usage dans presque toutes les cours de l'Europe, & sur-tout en Espagne, où dans les grandes cérémonies les grands sont admis à baiser la main du roi. Dapper, dans son Afrique, assûre que les Negres sont en possession de témoigner leurs respects pour leurs princes ou chefs par des baise-mains. Et Fernand Cortez trouva cette pratique établie au Mexique, où plus de mille Seigneurs vinrent le saluer en touchant d'abord la terre avec leurs mains, & les portant ensuite à leur bouche. (G)
BAISE-MAIN, en Droit, signifie l'offrande qu'on donne aux curés. Les curés de Paris, dit-on en ce sens, n'ont point la dixme ; ils n'ont que le baise-main. Cette expression vient de ce qu'autrefois en se présentant à l'offrande, on baisoit la main du célébrant. (H)
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| BAISER | terme de Géométrie. On dit que deux courbes ou deux branches de courbes se baisent, lorsqu'elles se touchent en tournant leurs concavités vers le même côté ; c'est-à-dire de maniere que la concavité de l'une regarde la convexité de l'autre ; mais si l'une tourne sa concavité d'un côté, & l'autre d'un autre côté, ou ce qui revient au même, si les deux convexités se regardent, alors on dit simplement qu'elles se touchent. Ainsi le point baisant & le point touchant sont différens.
On employe plus particulierement le terme de baiser, pour exprimer le contact de deux courbes qui ont la même courbure au point de contact, c'est-à-dire le même rayon de développée. Le baisement s'appelle encore alors osculation. V. OSCULATION, DEVELOPPEE, COURBURE, &c. (O)
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| BAISSAN | (Géog.) ville d'Afrique dans la Barbarie, à seize milles de Tripoli.
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| BAISSER | abaisser, (Gramm.) Baisser se dit des objets qu'on veut placer plus bas, dont on a diminué la hauteur, & de certains mouvemens du corps. On baisse une poutre, on baisse les yeux. Abaisser se dit des choses faites pour en couvrir d'autres ; abaisser le dessus d'une cassette ; abaisser les paupieres. Exhausser, élever, sont les opposés de baisser ; lever, relever, sont les opposés d'abaisser. Baisser est quelquefois neutre, abaisser ne l'est jamais. On baisse en diminuant ; on se baisse en se courbant : on s'abaisse en s'humiliant. Les rivieres baissent ; les grandes personnes sont obligées de se baisser pour passer par des endroits moins élevés qu'eux ; il est quelquefois dangereux de s'abaisser. Synon. Franç.
BAISSER les hanches, se dit, en Manege, du cheval. Voyez HANCHES.
BAISSER la lance, voyez LANCE. (V)
* BAISSER la vigne, (Agriculture) c'est lier les branches taillées à l'échalas.
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| BAISSIERE | S. f. (Vinaigrier) c'est ainsi qu'on appelle cette liqueur trouble & chargée qui couvre la lie de l'épaisseur de quelques lignes, plus ou moins, lorsqu'un tonneau d'huile ou de liqueur fermentée, quelle qu'elle soit, tire à sa fin. On dit baissiere de vin, de cidre, de biere.
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| BAISSOIRS | S. m. pl. c'est le nom qu'on donne dans les Salines aux réservoirs ou magasins d'eau. Le bâti en est de bois de chêne & de madriers fort épais, contenus par de pareilles pieces de chêne qui leur sont adossées par le milieu. La superficie de ces magasins est garnie & liée de poutres aussi de chêne, d'un pié d'épaisseur, & placées à un pié de distance les unes des autres. Les planches & madriers qui les composent, sont garnis dans leurs joints de chantouilles de fer, de mousse & d'étoupe, poussées à force avec le ciseau, & goudronnées. Le bâti est élevé au-dessus du niveau des poeles. Ce magasin d'eau est divisé en deux baissoirs, ou parties inégales, qui abreuvent à Moyenvic cinq poeles par dix conduits. Voy. la quantité d'eau & le toisé de ces baissoirs, à l'article SALINE. Elles sont élevées au-dessus du niveau des poeles, & supportées par des murs d'appui distans les uns des autres de trois piés ou environ ; ce qui en assûre la solidité. Voyez Pl. I. des Salines ; 8, 8, les auges qui conduisent les eaux aux baissoirs.
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| BAIVE | S. m. (Hist. mod.) faux dieu des Lapons idolâtres, qu'ils adorent comme l'auteur de la lumiere & de la chaleur. On dit communément que c'est le soleil ; d'autres croyent que c'est le feu ; & quelques-uns rapportent qu'autrefois parmi ces peuples, le grand dieu Thor étoit appellé Thiermes ou Aijke, quand ils l'invoquoient pour la conservation de leur vie, & pour être défendus contre les insultes des démons, mais qu'il étoit nommé Baive lorsqu'ils lui demandoient de la lumiere & de la chaleur. Ces idolâtres n'ont aucune figure particuliere de ce dieu, soit parce qu'il est visible de lui-même, ou plûtôt parce que selon les plus intelligens dans les mysteres de cette superstition, Thor & Baive, ne sont qu'une même divinité, adorée sous différens aspects. Scheffer, hist. de Laponie. (G)
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| BAJAMO | (LE) Géog. petite contrée de l'île de Cuba, une des Antilles. Voyez ANTILLES.
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| BAJARIA | (Géog. anc. & mod.) riviere de Sicile, qu'on appelle encore Amirati : elle se jette dans la mer de Toscane à côté de Palerme. C'est l'Eleuthertus des anciens.
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| BAJOIRE | S. f. à la Monnoie, c'est une piece ou médaille qui a pour effigie deux têtes de profil, qui semblent être appuyées l'une sur l'autre, telle que l'on en voit de Louis & de Carloman, de Henri IV. & de Marie de Medicis.
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| BAJON | S. m. on appelle ainsi sur les rivieres la plus haute des planches ou des barres du gouvernail d'un bateau foncet. (Z)
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| BAJOUE | ou COUSSINETS, s. f. plur. (Arts méchaniques) ce sont des éminences ou bossages, qui tiennent aux jumelles d'une machine, telle que le tire-plomb dont les Vitriers se servent pour fondre le plomb qu'ils employent pour les vitres. Voyez TIRE-PLOMB.
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| BAJOYER | ou JOUILLIERES, s. f. pl. (Hydraul.) sont les aîles de maçonnerie qui revêtissent l'espace ou la chambre d'une écluse fermée aux deux bouts par des portes ou des vannes que l'on leve à l'aide de cables qui filent sur un treuil, que plusieurs hommes manoeuvrent.
On pratique le long des bajoyers, des contreforts, des enclaves pour loger les portes quand on les ouvre, & des pertuis pour communiquer l'eau d'une écluse des deux côtés, sans être obligé d'ouvrir ses portes. (K)
* On donne aussi, sur les rivieres, le nom de bajoyers aux bords d'une riviere, près les culées d'un pont.
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| BAJULE | bajulus, (Hist. anc.) nom d'un magistrat du bas Empire. On croit que c'étoit le nom qu'on donnoit aux personnes chargées de l'éducation du présomptif héritier de la couronne dans l'empire de Constantinople ; & l'on tire ce mot du Latin bajulare, porter ; comme pour signifier que les instituteurs de ce prince l'avoient porté entre leurs bras, & on en distinguoit de plusieurs degrés. Le précepteur portoit le titre de grand bajule, & celui de bajule simplement étoit donné aux sous-précepteurs. Si l'expression n'étoit pas noble, elle étoit du moins énergique pour insinuer que l'éducation d'un prince est un fardeau bien redoutable.
BAJULE, (Hist. mod.) ministre d'état chargé du poids des affaires. Notre histoire remarque que Charlemagne donna Arnoul pour bajule, c'est-à-dire pour ministre à son fils Louis d'Aquitaine ; & les Italiens entendent par bajule d'un royaume, ce que les Anglois nomment protecteur, & ce que nous appellons régent du royaume dans une minorité.
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| BAKAN | (Géog.) ville de Perse dans le Chirvan, à l'extrémité du golfe de Guillan, sur la mer Caspienne. Long. 89. lat. 40. 20.
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| BAKINGLE | (Géog.) l'une des Philippines, dans l'océan de la Chine ; elle a douze ou quinze lieues de tour.
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| BAKISCH | voyez BACAR.
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| BALAATH | ou BAALATH, (Géog. sainte) ville de Palestine, dans la tribu de Dan.
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| BALADIN | S. m. danseur, farceur, bouffon, qui en dansant, en parlant ou en agissant, fait des postures de bas comique. Le bon goût sembloit avoir banni des spectacles de France ces sortes de caracteres, qui y étoient autrefois si en usage. L'opera comique les y avoit fait revivre. La sagesse du gouvernement en abolissant ce spectacle, aussi dangereux pour les moeurs que préjudiciable au progrès & à la perfection du goût, les a sans-doute bannis pour jamais. Voyez OPERA COMIQUE.
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| BALADOIRE | adj. danse baladoire, il se décline : ce sont les danses contre lesquelles les saints canons, les peres de l'Eglise & la discipline ecclésiastique se sont élevés avec tant de force : les Payens mêmes réprouvoient ces danses licencieuses. Les danseurs & les danseuses les exécutoient avec les pas & les gestes les plus indécens. Elles étoient en usage les premiers jours de l'an & le premier jour de mai. Voy. DANSE.
Le pape Zacharie en 744 fit un décret pour les abolir, ainsi que toutes les danses qui se faisoient sous prétexte de la danse sacrée.
Il y a plusieurs ordonnances de nos rois qui les défendent, comme tendantes à la corruption totale des moeurs. Recueil d'édits, ordonnances & déclarations des rois de France. (B)
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| BALAGANSKOI | (Géog.) ville des Moscovites dans la Sibérie, partie de la grande Tartarie ; elle est sur la riviere d'Angara, au 114. degré de longit. & au 59. de lat.
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| BALAGNE | (LA) Géog. petite contrée septentrionale de l'île de Corse : Calvi en est la capitale.
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| BALAGUAT | ou BALAGATE, province d'Asie au Mogol : Aurengabad en est la capitale.
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| BALAGUER | (Géog.) ville d'Espagne dans la Catalogne, sur la Segre. Long. 18. 28. lat. 41. 38.
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| BALAI | S. m. en général, instrument destiné principalement à ramasser des ordures éparses, & à en nettoyer les corps ou les lieux. Les balais domestiques sont faits, ou de petites branches de bouleau & de genêt attachées avec trois liens d'osier ou de châtaigner, à l'extrémité d'un gros manche de bois long & rond, ou de joncs ficellés & fixés sur le manche avec un clou ; on les poisse sur la ficelle quand ils doivent servir aux cochers & palfreniers ; ou de barbes de roseaux, ou de plumes, ou de crins ou poils de sanglier collés avec de la poix de Bourgogne dans une large patte de bois percée de plusieurs trous, & emmanchée d'un long bâton placé perpendiculairement au milieu de la patte. Ce sont des Bucherons qui font les premiers, & les Vergettiers qui font les seconds. Les balais de bouleau servent à nettoyer les cours, les cuisines, les rues, & tous les endroits où il s'amasse de grosses ordures. Les balais de crin ou de poil ne s'employent que dans les appartemens frottés, où il se fait plus de poussiere que d'ordure. Les balais de plumes, selon que le manche en est court ou long, retiennent le nom de balai, ou s'appellent houssoirs. Les balais de plumes servent pour les glaces & les meubles, & ce sont aussi les Vergettiers qui les font.
Les Orfevres grossiers donnent le nom de balai à un vieux linge attaché au bout d'un bâton qui leur sert à nettoyer l'enclume.
Il y a encore d'autres sortes de balais : mais l'usage & la forme en sont si connus, qu'il seroit inutile d'en faire mention plus au long.
BALAI DU CIEL, en Marine, c'est le vent de nord-est, qu'on appelle ainsi à cause qu'il nettoye le ciel de nuages. (Z)
BALAI, (Chirurgie) brosses ou vergettes de l'estomac, instrument dont on peut se servir fort utilement pour repousser quelques corps étrangers arrêtés dans l'oesophage, les retirer s'il est possible, ou changer leur mauvaise détermination en une meilleure.
Cet instrument est composé d'un petit faisceau de soies de cochon, les plus molles & les plus souples, attachées à une tige de fil de fer ou de léton flexible. Voyez Pl. XXVIII. fig. 2. il a été inventé pour balayer l'estomac, & provoquer le vomissement.
Pour en faire usage, on fait avaler au malade un verre d'eau chaude, afin de délayer les mucosités glaireuses qui séjournent dans l'estomac ; on trempe le petit balai dans quelque liqueur convenable, on l'introduit dans l'oesophage, & on le conduit doucement & avec précaution jusque dans l'estomac ; on lui fait faire des mouvemens en divers sens de haut en bas & de bas en haut, comme on fait au piston d'une seringue ; puis on retire tout-à-fait l'instrument : le malade rejette la liqueur qu'il a bûe, & les humeurs que le balai a détachées des parois de l'estomac.
Les Medecins étrangers qui se servent de cet instrument, recommandent de réitérer cette opération de tems en tems : ils prétendent que ce remede, qu'ils regardent comme excellent & supérieur à tous les purgatifs, est capable seul de conduire les hommes à une extrème vieillesse, si on le répete d'abord toutes les semaines, puis tous les quinze jours, & enfin régulierement tous les mois. Ces belles promesses n'ont encore surpris la bonne foi de personne en France.
M. Houstet, membre de l'académie royale de Chirurgie, a vû en Allemagne un homme qui se servoit de cet instrument pour gagner de quoi vivre : il se l'introduisoit dans l'estomac ; il le tournoit en diverses manieres, comme font les cabaretiers lorsqu'ils rincent leurs bouteilles avec leur goupillon : cet homme le retiroit ensuite, & rejettoit par le vomissement la liqueur qu'il buvoit auparavant. (Y)
BALAI, s. m. c'est ainsi qu'on nomme en Fauconnerie la queue de l'oiseau.
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| BALAIEURS | BALAIEURS
BALAIEUR d'un navire, terme de Marine ; c'est celui qui est chargé de le tenir net.
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| BALAIS | (Hist. nat.) rubis balais, rubinus balassius, pierre précieuse mêlée de rouge & d'orangé. On a donné à ce rubis le nom de balais, pour le distinguer des autres rubis. Voyez RUBIS.
On a prétendu dériver le mot balais du nom d'un royaume où il se trouve de ces rubis, & qui est situé en Terre-ferme, entre ceux de Pégu & de Bengale. Il y a eu encore d'autres opinions sur cette étymologie. (I)
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| BALAMBUAN | ou PALAMBUAN, (Géog. mod.) ville d'Asie dans les Indes, sur la côte orientale de l'île de Java, dans le pays de même nom, dont elle est capitale. Longit. 133. lat. méridion. 7. 50.
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| BALANCE | S. f. est l'une des six puissances simples en Méchanique, servant principalement à faire connoître l'égalité ou la différence de poids dans les corps pesans, & par conséquent leur masse ou leur quantité de matiere.
Il y a deux sortes de balances, l'ancienne & la moderne.
L'ancienne ou la romaine, appellée aussi peson, consiste en un levier qui se meut sur un centre, & qui est suspendu près d'un des bouts. D'un côté du centre on applique le corps qu'on veut peser ; de l'autre côté l'on suspend un poids qui peut glisser le long du levier, & qui tient la balance en équilibre ; & la valeur du poids à peser s'estime par les divisions qui sont marquées aux différens endroits où le poids glissant est arrêté.
La balance moderne, qui est celle dont on se sert communément aujourd'hui, consiste en un levier suspendu précisément par le milieu : il y a un plat ou bassin suspendu par une corde à chacun des deux bouts du levier, dans l'un & l'autre cas le levier est appellé jugum, traversant, ou fleau, dont les deux moitiés qui sont de l'un & de l'autre côté de l'axe se nomment brachia, ou les bras ; la partie par où l'on tient trutina, anse ou chasse ; la ligne sur laquelle le levier tourne, ou qui en divise les bras, s'appelle l'axe ou essieu ; & quand on la considere relativement à la longueur des bras, on ne la regarde que comme un point, & on l'appelle le centre de la balance ; les endroits où se placent les poids se nomment points de suspension ou d'application.
Le petit style perpendiculaire au fléau, & qui fait connoître, ou que les corps sont en équilibre, ou qu'ils pesent plus l'un que l'autre, s'appelle l'aiguille, en latin examen.
Ainsi dans la balance romaine, le poids qui sert à contrebalancer ceux qu'on veut connoître, est le même, mais s'applique à différens points ; au lieu que dans la balance ordinaire le contrepoids varie, & le point d'application est toûjours le même.
Le principe sur lequel la construction de l'une & l'autre balance est fondée, est le même, & se peut comprendre par ce qui suit.
Théorie de la balance. Le levier A B (voyez Planche de Méchan. fig. 9.) est la principale partie de la balance : c'est un levier du premier genre, & qui au lieu d'être posé sur un appui en C, centre de son mouvement, est suspendu par une verge qui est attachée au point C ; desorte que le méchanisme de la balance dépend du même théorème que celui du levier. Voy. LEVIER.
Donc comme le poids connu est à l'inconnu, ainsi la distance depuis le poids inconnu jusqu'au centre du mouvement est à la distance où doit être le poids connu, pour que les deux poids se tiennent l'un l'autre en équilibre ; & par conséquent le poids connu fait connoître la valeur du poids inconnu.
Car comme la balance est un vrai levier, sa propriété est la même que celle du levier ; savoir, que les poids qui y sont suspendus, doivent être en raison inverse de leurs distances à l'appui, pour être en équilibre. Mais cette propriété du levier que l'expérience nous manifeste, n'est peut-être pas une chose facile à démontrer en toute rigueur. Il en est à-peu-près de ce principe comme de celui de l'équilibre ; on ne voit l'équilibre de deux corps avec toute la clarté possible que lorsque les deux corps sont égaux, & qu'ils tendent à se mouvoir en sens contraire avec des vîtesses égales. Car alors il n'y a point de raison pour que l'un se meuve plûtôt que l'autre ; & si l'on veut démontrer rigoureusement l'équilibre lorsque les deux corps sont inégaux, & tendent à se mouvoir en sens contraire avec des vîtesses qui soient en raison inverse de leurs masses, on est obligé de rappeller ce cas au premier, où les masses & les vîtesses sont égales. De même on ne voit bien clairement l'équilibre dans la balance, que quand les bras en sont égaux & chargés de poids égaux. La meilleure maniere de démontrer l'équilibre dans les autres cas, est peut-être de les ramener à ce premier, simple & évident par lui-même. C'est ce qu'a fait M. Newton dans le premier livre de ses Principes, section premiere.
Soient, dit-il (fig. 3. n°. 4. Méch.) O K, O L, des bras de levier inégaux, auxquels soient suspendus les poids A, P ; soit fait O D = à O L, le plus grand des bras, la difficulté se réduit à démontrer que les poids A, P, attachés au levier L O D, sont en équilibre. Il faut pour cela que le poids P soit égal à la partie du poids A qui agit suivant la ligne D C perpendiculaire à O D ; car les bras O L, O D, étant égaux, il faut que les forces qui tendent à les mouvoir, soient égales, pour qu'il y ait équilibre. Or l'action du poids A, suivant D C, est au poids A, comme D C à D A, c'est-à-dire comme O K à O D. Donc la force du poids A suivant DC = (A x O K)/(O D). Et comme cette force est égale au poids P, & que O L = O D, on aura (A x O K)/(O L) = P, c'est-à-dire que les poids A, P, doivent être en raison des bras de levier O L, O K, pour être en équilibre.
Mais en démontrant ainsi les propriétés du levier, on tombe dans un inconvénient : c'est qu'on est obligé alors de changer le levier droit en un levier recourbé & brisé en son point d'appui, comme on le peut voir dans la démonstration précédente ; desorte qu'on ne démontre les propriétés du levier droit à bras inégaux que par celles du levier courbe, ce qui ne paroît pas être dans l'analogie naturelle. Cependant il faut avoüer que cette maniere de démontrer les propriétés du levier est peut-être la plus exacte & la plus rigoureuse de toutes celles qu'on a jamais données.
Quoi qu'il en soit, c'est une chose assez singuliere que les propriétés du levier courbe, c'est-à-dire dont les bras ne sont pas en ligne droite, soient plus faciles à démontrer rigoureusement que celles du levier droit. L'auteur du traité de Dynamique, imprimé à Paris en 1743, a réduit l'équilibre dans le levier courbe à l'équilibre de deux puissances égales & directement opposées : mais comme ces puissances égales & opposées s'évanoüissent dans le cas du levier droit, la démonstration pour ce dernier cas ne peut être tirée qu'indirectement du cas général.
On pourroit démontrer les propriétés du levier droit dont les puissances sont paralleles, en imaginant toutes ces puissances réduites à une seule, dont la direction passe par le point d'appui. C'est ainsi que M. Varignon en a usé dans sa Méchanique. Cette méthode entre plusieurs avantages a celui de l'élégance & de l'uniformité : mais n'a-t-elle pas aussi, comme les autres, le défaut d'être indirecte, & de n'être pas tirée des vrais principes de l'équilibre ? Il faut imaginer que les directions des puissances prolongées concourent à l'infini ; les réduire ensuite à une seule par la décomposition, & démontrer que la direction de cette derniere passe par le point d'appui. Doit-on s'y prendre de cette maniere pour prouver l'équilibre de deux puissances égales appliquées suivant des directions paralleles à des bras égaux de levier ? Il semble que cet équilibre est aussi simple & aussi facile à concevoir, que celui de deux puissances opposées en ligne droite, & que nous n'avons aucun moyen direct de réduire l'un à l'autre. Or, si la méthode de M. Varignon, pour démontrer l'équilibre du levier, est indirecte dans un cas, elle doit aussi l'être nécessairement dans l'application au cas général.
Si l'on divise les bras d'une balance en parties égales, une once appliquée à la neuvieme division depuis le centre, tiendra en équilibre trois onces qui seront à la troisieme de l'autre côté du centre ; & deux onces à la sixieme division agissent aussi fortement que trois à la quatrieme, &c. L'action d'une puissance qui fait mouvoir une balance, est donc en raison composée de cette même puissance, & de sa distance du centre.
Il est bon de remarquer ici que le poids presse également le point de suspension, à quelque distance qu'il en soit suspendu, & tout comme s'il étoit attaché immédiatement à ce point ; car la corde qui suspend ce poids en est également tendue à quelque endroit que le poids y soit placé.
On sent bien au reste que nous faisons ici abstraction du poids de la corde, & que nous ne la regardons que comme une ligne sans épaisseur ; car le poids de la corde s'ajoûte à celui du corps qui y est attaché, & peut faire un effet très-sensible, si la corde est d'une longueur considérable.
Une balance est dite être en équilibre, quand les actions des poids sur les bras de la balance pour la mouvoir, sont égales, de maniere qu'elles se détruisent l'une l'autre. Quand une balance est en équilibre, les poids qui sont de part & d'autre sont dits équipondérans, c'est-à-dire qui se contrebalancent. Des poids inégaux peuvent se contrebalancer aussi ; mais il faut pour cela que leurs distances du centre soient en raison réciproque de ces poids ; ensorte que si l'on multiplie chaque poids par sa distance, les produits soient égaux : c'est sur quoi est fondée la construction de la balance romaine ou peson. Voyez ROMAINE ou PESON.
Par exemple, dans une balance dont les bras sont fort inégaux, un bassin étant suspendu au bras le plus court, & un autre au plus long bras divisé en parties égales : si l'on met un poids dans le bassin attaché au plus petit bras, & qu'en même tems on place un poids connu, par exemple une once, dans le bassin attaché au plus long bras, & qu'on fasse glisser ce bassin sur le plus long bras jusqu'à ce que les deux poids soient en équilibre ; le nombre des divisions entre le point d'appui & le poids d'une once, indiquera le nombre d'onces que pese le corps, & les sous-divisions marqueront le nombre de parties de l'once. C'est encore sur le même principe qu'est fondée la balance trompeuse, laquelle trompe par l'inégalité des bras ou des bassins : par exemple, prenez deux bassins de balance dont les poids soient inégaux dans la proportion de 10 à 9, & suspendez l'un & l'autre à des distances égales ; alors si vous prenez des poids qui soient l'un à l'autre comme 9 à 10, & que vous mettiez le premier dans le premier bassin, & l'autre dans le second, ils pourront être en équilibre.
Plusieurs poids suspendus à différentes distances d'un côté, peuvent se tenir en équilibre avec un poids seul qui sera de l'autre côté ; pour cet effet, il faudra que le produit de ce poids par sa distance du centre, soit égal à la somme des produits de tous les autres poids multipliés chacun par sa distance du centre.
Par exemple, si on suspend trois poids d'une once chacun à la deuxieme, troisieme, & cinquieme division, ils feront équilibre avec le poids d'une once appliqué de l'autre côté du point d'appui à la distance de la dixieme division. En effet, le poids d'une once appliqué à la deuxieme division, fait équilibre avec le poids d'un cinquieme d'once appliqué à la dixieme division. De même le poids d'une once appliqué à la troisieme division, fait équilibre à 3/10 d'once appliqués à la dixieme division, & le poids d'une once à la cinquieme division fait équilibre au poids d'une demi-once à la dixieme division ; or un cinquieme d'once avec 3/10 d'once & une demi-once, font une once entiere. Donc une once entiere appliquée à la dixieme division, fait seule équilibre à 3 onces appliquées aux divisions 2, 3, & 5, de l'autre côté du point d'appui.
Donc aussi plusieurs poids appliqués des deux côtés en nombre inégal, seront en équilibre, si étant multipliés chacun par sa distance du centre, les sommes des produits de part & d'autre sont égales ; & si ces sommes sont égales, il y aura équilibre.
Pour prouver cela par l'expérience, suspendez un poids de deux onces à la cinquieme division, & deux autres chacun d'une once à la deuxieme & à la septieme ; de l'autre côté suspendez deux poids d'une once aussi chacun à la neuvieme & dixieme division. Ces deux tiendront en équilibre les trois autres ; la démonstration en est à-peu-près la même que de la proposition précédente.
Pour qu'une balance soit juste, il faut que les points de suspension soient exactement dans la même ligne que le centre de la balance, & qu'ils en soient également distans ; il faut aussi que les bras soient de longueur convenable, afin qu'on s'apperçoive plus aisément s'ils sont égaux, & que l'erreur qui peut résulter de leur inégalité, soit au moins fort petite ; qu'il y ait le moins de frottement qu'il est possible autour du point fixe ou centre de la balance. Quand une balance est trompeuse, soit par l'inégalité de ses bras, soit par celle de ses bassins, il est bien aisé de s'en assûrer : il n'y a qu'à changer les poids qui sont dans chaque bassin, & les mettre l'un à la place de l'autre ; ces poids qui étoient auparavant en équilibre, cesseront alors d'y être si la balance est trompeuse. Voyez APPUI.
BALANCE de M. de Roberval, est une sorte de levier, où des poids égaux sont en équilibre, quoiqu'ils paroissent situés à des extrémités de bras de leviers inégaux. Voyez LEVIER.
BALANCE HYDROSTATIQUE, est une espece de balance qu'on a imaginée, pour trouver la pesanteur spécifique des corps liquides & solides. Voyez GRAVITE ou PESANTEUR SPECIFIQUE.
Cet instrument est d'un usage considérable pour connoître les degrés d'alliage des corps de toute espece, la qualité & la richesse des métaux, mines, minéraux, &c. les proportions de quelque mêlange que ce soit, &c. la pesanteur spécifique étant le seul moyen de juger parfaitement de toutes ces choses. Voyez POIDS, METAL, OR, ALLIAGE, &c.
L'usage de la balance hydrostatique est fondé sur ce théorème d'Archimede, qu'un corps plus pesant que l'eau, pese moins dans l'eau que dans l'air, du poids d'une masse d'eau de même volume que lui. D'où il suit que si l'on retranche le poids du corps dans l'eau, de son poids dans l'air, la différence donnera le poids d'une masse d'eau égale à celle du solide proposé.
Cet instrument est représenté dans les Planches d'Hydrostatique, fig. 34. & n'a pas besoin d'une description fort ample. On pese d'abord dans l'air le poids E, qui n'est autre chose qu'un plateau garni ou couvert de différens poids, & le poids qu'on veut mesurer, lequel est suspendu à l'extrémité du bras F ; ensuite on met ce dernier poids dans un fluide, & on voit par la quantité de poids qu'il faut ôter de dessus le plateau E, combien le poids dont il s'agit a perdu, & par conséquent combien pese un volume de fluide égal à celui du corps.
Pour peser un corps dans l'eau, on le met quelquefois dans le petit seau de verre I K, & alors on ne doit pas oublier de couler le plateau R sur le petit plateau quarré H, afin que le poids de ce plateau, qui est égal à celui du volume d'eau, dont le seau occupe la place, puisse rétablir l'équilibre.
A l'égard des gravités spécifiques des fluides, on se sert pour cela d'une petite boule de verre G, de la maniere suivante.
Pour trouver la pesanteur spécifique d'un fluide, suspendez à l'extrémité d'un des bras F un petit bassin, & mettez dedans la boule G ; remplissez ensuite les deux tiers d'un vaisseau cylindrique O P, avec de l'eau commune : lorsque vous aurez mis la boule dedans, il faudra mettre sur le plateau E de petits poids, jusqu'à ce que les bras E, F, demeurent dans une position horisontale.
Ainsi l'excès du poids de la boule sur celui d'un égal volume d'eau, se trouvera contrebalancé par les poids ajoûtés au plateau E, ce qui la fera demeurer en équilibre au milieu de l'eau. Or concevons à présent cette boule ainsi en équilibre, comme si elle étoit réellement une quantité d'eau congelée dans la même forme : si à la place de l'eau qui environne cette partie congelée, nous substituons quelqu'autre liqueur de différente pesanteur, l'équilibre ne doit plus subsister ; il faudra donc pour le rétablir, mettre des poids sur celui des plateaux B, F, de la balance qui sera le plus foible.
Ces poids qu'il aura fallu ajoûter dans la balance, seront la différence en gravité de deux quantités, l'une d'eau, l'autre de la liqueur qu'on a voulu examiner, & dont le volume est égal à celui de la boule de verre. Supposons donc que le poids du volume d'eau dont la boule occupe la place, soit de 803 grains ; si nous ajoûtons à ce nombre celui des grains qu'il aura fallu ajouter sur le plateau auquel la boule est attachée, ou si nous ôtons de 803 grains le nombre de ceux qu'il auroit fallu mettre sur le plateau opposé, le reste sera le poids du volume du fluide égal à celui de la boule, & la gravité spécifique de l'eau sera à celle de ce fluide comme 803 est à ce reste, enfin si on divise ce même reste par 803, le quotient exprimera la gravité spécifique du fluide, l'unité exprimant celle de l'eau.
Pour rendre ceci plus sensible par un exemple, supposons qu'on veuille savoir la gravité du lait : plongeant dans cette liqueur la boule telle qu'elle est attachée à la balance, on trouve qu'il faut mettre 28 grains sur le plateau auquel elle est suspendue, pour rétablir l'équilibre : ajoûtant donc 28 grains à 803, la somme sera 831 ; & ainsi la gravité spécifique du lait sera à celle de l'eau, comme 803 à 831. On peut donc, par le moyen de la balance hydrostatique, 1°. connoître la pesanteur spécifique d'une liqueur : 2°. comparer les pesanteurs spécifiques de deux liqueurs : 3°. comparer les gravités spécifiques de deux corps solides ; car si deux corps solides pesent autant l'un que l'autre dans l'air, celui qui a le plus de pesanteur spécifique pesera davantage dans l'eau : 4°. comparer la gravité spécifique d'un corps solide avec celle d'une liqueur ; car la gravité spécifique du corps est à celle de la liqueur comme le poids du corps dans l'air est à ce qu'il perd de son poids dans la liqueur. Voyez aussi AREOMETRE.
Le docteur Hook a imaginé une balance hydrostatique qui peut être d'une grande utilité pour examiner la pureté de l'eau, &c. Elle consiste en un ballon de verre d'environ trois pouces de diametre, lequel a un col étroit d'une demi-ligne de diametre : on charge ce ballon de minium, afin de le rendre tant soit peu plus pesant qu'un pareil volume d'eau ; on le trempe ensuite dans l'eau après l'avoir attaché au bras d'une exacte balance, qui a un contrepoids à l'autre bras. Cela fait, on ne sauroit ajoûter à l'eau la plus petite quantité de sel, que le col du ballon ne s'éleve au-dessus de l'eau d'un demi pouce plus qu'il n'étoit d'abord. En effet l'eau devenant plus pesante par l'addition du sel, le ballon qui y étoit auparavant en équilibre, doit s'élever. Transact. philosoph. n°. 197.
Plusieurs savans se sont donné la peine de rédiger en table les pesanteurs d'un grand nombre de matieres tant solides que fluides : on doit assûrément leur savoir gré de ce travail, & l'on en sent toute la difficulté, quand on pense aux attentions scrupuleuses & au tems qu'on est obligé de donner à ces sortes de recherches : mais leurs expériences, quelqu'exactes qu'elles ayent été, ne peuvent nous servir de regle que comme des à-peu-près ; car les individus de chaque espece varient entr'eux quant à la densité, & l'on ne peut pas dire que deux diamans, deux morceaux de cuivre, deux gouttes de pluie, soient parfaitement semblables. Ainsi quand il est question de savoir au juste la pesanteur spécifique de quelque corps, il faut le mettre lui-même à l'épreuve ; c'est le seul moyen d'en bien juger. Au reste on sera sans-doute bien-aise de trouver ici une table dressée sur des expériences fort exactes. Il suffit de dire qu'elles sont de M. Musschenbroeck. Les pesanteurs spécifiques de toutes les matieres énoncées en cette table, sont comparées à celle de l'eau commune, & l'on prend pour eau commune celle de la pluie dans une température moyenne ; ainsi quand on voit dans la table, eau de pluie 1, 000. or de coupelle 19, 640. air 1, 001 1/4, c'est-à-dire que la pesanteur spécifique de l'or le plus fin est à celle de l'eau, comme 19 1/2 à-peu-près à 1, & que la pesanteur de l'air n'est presque que la millieme partie de celle de l'eau.
Table alphabétique des matieres les plus connues, tant solides que fluides, dont on a éprouvé la pesanteur spécifique.
Cet article est en partie de M. Formey. (O)
* BALANCE, voyez ROMAINE, FLEAU, PESON, PORTE-BALANCE. La balance commune n'est autre chose qu'un fléau suspendu parle milieu, & soûtenant par ses extrémités des plateaux ou bassins attachés avec des cordes. Voyez fig. 5. du balancier, une balance qui ne differe de la commune que parce qu'elle est plus petite, & qu'elle a un porte-balance ; f, f, le fléau ou traversin ; l, la languette ; p, un des pivots : il a son correspondant ; b, le braié ; c, la chasse ; q, q, les deux bassins ou plateaux ; s, s, s, les cordes qui les soutiennent ; r, r, les crochets au anneaux qui embrassent les cordes.
La balance fine ou le trebuchet ne differe de la balance commune, que parce qu'étant destinée à peser des matieres précieuses, ou la moindre quantité de trop ou de trop peu, fait une différence considérable pour le prix ; elle est fort petite, & travaillée avec la derniere précision.
Balance sourde : celle-ci a les bouts de son fléau plus bas que son clou, & sa chape soûtenue en l'air par un guindole ou guignol ; elle est d'usage dans les monnoies.
Balance d'essai, c'est la balance de la figure 5 enfermée dans une lanterne de verre avec son porte-balance ; comme on voit figure 7 ; comme on y pese l'or & l'argent, on a pris la précaution de la lanterne, contre l'agitation que l'air pourroit causer à ses bassins.
Balance du chandelier : celle-ci, quand elle est petite, a les bassins en forme de seaux ; on y met la chandelle debout ; & quand elle est grande, ses bassins sont presqu'entierement plats, afin qu'on y puisse coucher la chandelle. C'est du reste la même chose que la balance commune.
En général, il y a autant de différentes sortes de balances possibles que de moyens différens possibles d'établir & de rompre l'équilibre établi entre les différentes parties d'un levier, ou d'un corps qui en fait la fonction.
BALANCE, libra, (Astron.) est aussi un des douze signes du zodiaque, précisément opposé au bélier : on l'appelle balance, parce que les jours & les nuits sont d'égale longueur, lorsque le soleil entre dans ce signe, ce qui arrive à l'équinoxe d'automne.
Le catalogue britannique met les étoiles de la constellation de la balance au nombre de 46. (O)
BALANCE, s. f. (Mythologie) est le symbole de l'équité. La Justice la tient à sa main. Celle que représente le septieme signe du zodiaque fut à l'usage d'Astrée ; ce fut-là qu'elle déposa cette juste balance, lorsqu'elle se retira de la terre au ciel, à l'approche du siecle de fer.
BALANCE DE COMMERCE, signifie une égalité entre la valeur des marchandises achetées des étrangers, & la valeur des productions d'un pays transportées chez d'autres nations.
Il est nécessaire que cette balance soit gardée parmi les nations commerçantes ; & si elle ne peut l'être en marchandises, elle le doit être en especes.
C'est par ce moyen qu'on connoît si une nation gagne ou perd par son commerce étranger ou par quelque branche de ce commerce, & par conséquent si cette nation s'enrichit ou s'appauvrit en le continuant.
Il y a diverses méthodes pour arriver à cette connoissance.
1°. La plus reçûe est de prendre une exacte notion du produit que rapportent à proportion les marchandises exportées ou envoyées à l'étranger, & les marchandises importées, c'est-à-dire celles qu'on a tirées de lui. Si les premieres excedent les dernieres, il s'ensuit que la nation qui a fait les exportations est en chemin de gagner, dans l'hypothese que l'excédent est rapporté en argent monnoyé ou non monnoyé ; & ainsi augmente le thrésor de cette nation. Mais cette méthode est incertaine, parce qu'il est difficile d'avoir un compte véritable des marchandises, soit importées, soit exportées ; les registres des douannes ne pouvant pas les fournir à causes des contrebandes qui se font particulierement de marchandises belles & rares, comme points, dentelles, joyaux, rubans, soies, toiles fines, &c. qu'on peut cacher en un petit volume ; & même des vins, eaux-de-vie, thé, &c. à quoi il faut ajouter les divers accidens qui affectent la valeur du fonds soit sorti soit rentré, comme pertes faites sur mer, par marchés, banqueroutes, saisies, &c. D'ailleurs, pour ce qui concerne les négoces particuliers, il y a divers pays où les ouvrages de nos manufactures que nous y envoyons ne sont pas en grande considération : cependant ce que nous en rapportons est nécessaire pour pousser notre commerce en général, comme le trafic en Norvege pour du mairein & des provisions navales. D'un autre côté, le commerce de la compagnie des Indes orientales est beaucoup plus avantageux, parce que les marchandises importées excedent de beaucoup les marchandises exportées, que nous vendons beaucoup des premieres aux étrangers, & que nous en consumons beaucoup dans le royaume, par exemple des indiennes & des soies au lieu des toiles & soies des autres pays, qui nous coûteroient plus cher.
2°. La deuxieme méthode est d'observer le cours du change, car s'il est ordinairement au-dessus de la valeur intrinseque ou de l'égalité des especes étrangeres, nous perdons non-seulement par le change, mais encore par le cours général de notre commerce. Mais cette méthode est encore imparfaite, puisque nous trafiquons dans plusieurs pays où le cours du change n'est point établi.
3°. La troisieme méthode, qui est du chevalier Jos. Child, se prend de l'accroissement ou de la diminution de notre commerce & de nos navires en général ; car si ces deux points viennent à diminuer, quelque profit que puissent faire des particuliers, la nation perd, & elle gagne dans l'hypothese contraire. Cet auteur établit comme une regle infaillible, que dans toutes les parties du monde où le commerce est grand, continue sur ce pié, & augmente de jour en jour, aussi-bien que le nombre des navires, par succession de tems ce commerce doit être avantageux à la nation, même dans le cas où un gros commerçant se ruine ; car quoi qu'il puisse perdre, quelle multitude de gens qui gagnent par son moyen ! le roi, les officiers des doüannes, les charpentiers de vaisseau, brasseurs, boulangers, cordiers-manufacturiers, cordiers, porteurs, charretiers, mariniers, &c.
4°. Une derniere maniere est d'observer l'augmentation & la diminution de notre argent, soit monnoyé soit en lingots : mais celle-ci est la moins sensible & la moins palpable de toutes ; car l'argent paroît aux yeux du vulgaire plus abondant lorsqu'il en a moins affaire, & plus rare selon que les occasions de l'employer sont plus fréquentes & plus avantageuses ; par ce moyen il semble que nous ayons plus d'argent lorsque nous avons moins de commerce ; par exemple, quand la compagnie des Indes orientales a un grand débit à faire, l'argent se trouve pour l'ordinaire plus rare à Londres, parce que l'occasion engage les particuliers à en employer quantité qu'ils avoient amassé à cette intention. Ainsi un haut prix d'intérêt fera que l'argent paroîtra plus rare, parce que chacun, aussi-tôt qu'il en peut rassembler quelque somme, cherche à la placer. Child, Disc. sur le Comm. ch. jx. Chambers, Dictionn. (G)
BALANCE, en termes de teneurs de livres à parties doubles, signifie l'état final ou la solde du grand livre ou livre de raison, ou d'un compte particulier.
Balance se dit encore de la clôture de l'inventaire d'un marchand, qui se fait en crédit & en débit dans lequel il met d'un côté, qui est la gauche, l'argent qu'il a en caisse, ses marchandises, dettes actives, meubles & immeubles ; & en crédit du côté de la droite, ses dettes passives & ce qu'il doit payer en argent ; & quand il a défalqué ce qu'il doit d'un côté de ce qu'il a d'effets d'un autre, il connoît, tout étant compensé & balancé ce qui doit lui rester de net & clair, ou ce qu'il a perdu ou gagné.
On se sert quelquefois du mot de bilan au lieu de balance, mais improprement. Bilan a une autre signification plus précise. Voyez BILAN.
Balance signifie aussi la déclaration que font les maîtres des vaisseaux, des effets & autres marchandises dont ils sont chargés. Ce terme est en usage en ce sens parmi les marchands qui trafiquent en Hollande par les rivieres du Rhin & de la Meuse. (G)
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| BALANCÉ | adj. terme de Danse. Le balancé est un pas qui se fait en place comme le pirouetté, mais ordinairement en présence, quoiqu'on puisse aussi le faire en tournant. Comme ce n'est que le corps qui tourne, & que cela ne change aucun mouvement, je vais décrire la maniere de le faire en présence.
Il est composé de deux demi-coupés, dont l'un se fait en-avant, & l'autre en-arriere ; savoir, en commençant vous pliez à la premiere position, & vous portez le pié à la quatrieme, en vous élevant dessus la pointe ; ensuite de quoi vous posez le talon à terre ; & la jambe qui est en l'air s'étant approchée de celle qui est devant, & sur laquelle vous vous êtes élevé, vous pliez sur celle qui a fait ce premier pas, & l'autre étant pliée se porte en-arriere à la quatrieme position, & vous vous élevez dessus ; ce qui finit ce pas.
Le balancé est un pas fort gracieux que l'on place dans toutes sortes d'airs, quoique les deux pas dont il est composé soient relevés également l'un & l'autre ; & de-là vient qu'il s'accommode à toutes sortes de mesures, parce que ce n'est que l'oreille qui avertit de pousser les mouvemens ou de les ralentir. Voyez POSITION.
Il est fort usité dans les menuets figurés aussi-bien que dans les menuets ordinaires, de même qu'au passe-pié. On le fait à la place d'un pas de menuet, dont il occupe la même valeur ; c'est pourquoi il doit être plus lent, puisque ces deux pas se font dont l'étendue des quatre que le pas de menuet contient. Voyez MENUET.
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| BALANCEMENT | S. m. Voyez OSCILLATION.
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| BALANCER | la oupe au pas ou au trot, se dit, en termes de Manege, du cheval dont la croupe dandine à ses allures ; c'est une marque de foiblesse de reins. (V)
BALANCER, se balancer dans l'air, se dit, en Fauconnerie, d'un oiseau qui reste toûjours en une place en observant la proie.
BALANCER se dit aussi en Vénerie, d'une bête qui chassée des chiens courans, est lassée & vacille en fuyant : on dit, ce chevreuil balance.
Un levrier balance quand il ne tient pas la voie juste, ou qu'il va & vient à d'autres voies.
BALANCER. On dit dans les manufactures de soie qu'une lisse balance, quand elle leve ou baisse plus d'un côté que d'un autre ; ce qui est de conséquence dans le travail des étoffes riches.
La lisse balancée ou qui ne baisse pas juste à un accompagnage, fait que la dorure est séparée ou barrée. Voyez ACCOMPAGNAGE, DORURE, ÉTOFFES OR ET ARGENT.
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| BALANCIER | S. m. ouvrier qui fait les différens instrumens dont on se sert dans le commerce pour peser toutes sortes de marchandises.
On se doute bien que la communauté des Balanciers doit être fort ancienne. Elle est soûmise à la jurisdiction de la cour des monnoies ; c'est-là que les Balanciers sont admis à la maîtrise ; qu'ils prêtent serment ; qu'ils font étalonner leurs poids, & qu'ils prennent les matrices de ces petites feuilles de léton à l'usage des Joailliers & autres marchands de matieres, dont il importe de connoître exactement le poids. Chaque Balancier a son poinçon ; l'empreinte s'en conserve sur une table de cuivre au bureau de la communauté & à la cour des monnoies. Ce poinçon composé de la premiere lettre du nom du maître, surmontée d'une couronne fleurdelisée, sert à marquer l'ouvrage. La marque des balances est au fond des bassins : des romaines, au fléau ; & des poids, au-dessous. L'étalonnage de la cour des monnoies se connoît à une fleur-de-lis seule qui s'imprime aussi avec un poinçon. D'autres poinçons de chiffres romains marquent de combien est le poids. Les feuilles de léton ne s'étalonnent point ; le Balancier les forme sur la matrice, & les marque de son poinçon. Deux jurés sont chargés des affaires, des visites, & de la discipline de ce corps. Ils restent chacun deux ans en charge ; un ancien se trouve toûjours avec un nouveau. Un maître ne peut avoir qu'un apprenti ; on fait cinq ans d'apprentissage, & deux ans de service chez les maîtres. Il faut avoir fait son apprentissage chez un maître de Paris, pour travailler en compagnon dans cette ville. Les aspirans doivent chef-d'oeuvre ; les fils de maître expérience. Les veuves joüissent de tous les droits de la maîtrise, excepté de celui de faire des apprentis.
Les deux jurés Balanciers ont été autorisés par des arrêts à accompagner les maîtres & gardes des six corps des marchands dans leurs visites pour poids & mesures ; & il seroit très-à-propos pour le bien public qu'ils fissent valoir leur privilége. Ils ont pour patron S. Michel.
BALANCIER, s. m. en Méchanique ; ce nom est donné communément à toute partie d'une machine qui a un mouvement d'oscillation, & qui sert ou à ralentir ou à régler le mouvement des autres parties. Voyez les articles suivans.
BALANCIER : on donne ce nom dans les grosses forges, à la partie ou anse de fer F recourbée en arc, passée dans un crochet attaché à la perche élastique G F, à l'aide de laquelle les soufflets sont baissés & relevés alternativement par le moyen des chaînes K F, K F, qui se rendent deux à deux à des anses plus petites, ou à de petits crochets arqués & suspendus aux extrémités du balancier F. V. GROSSES FORGES, vignette de la planc. III. On voit dans la Planc. III. la même machine : F est la perche, E le balancier de la perche ; D D, les balanciers plus petits des soufflets, c c c c, chaîne des petits balanciers ou des bascules.
BALANCIER, terme d'Horloger ; c'est un cercle d'acier ou de léton (fig. 45-7 l. Pl. 10. d'Horlogerie) qui dans une montre sert à régler & modérer le mouvement des roues. Voyez ECHAPPEMENT.
Il est composé de la zone A B C que les Horlogers appellent le cercle des barettes B D, & du petit cercle qu'ils appellent le centre.
On ignore l'auteur de cette invention, dont on s'est servi pour la mesure du tems jusqu'au dernier siecle, où la découverte du pendule en a fait abandonner l'usage dans les horloges.
On donne au balancier la forme qu'on lui voit (fig. 49-7 l.) afin que le mouvement qu'il acquiert ne se consume point à surmonter de trop grands frottemens sur les pivots. La force d'inertie dans les corps en mouvement, étant toûjours la masse multipliée par la vîtesse, (Voyez INERTIE.) la zone A B C fort distante du centre de mouvement équivaut à une masse beaucoup plus pesante. Il suit de cette considération qu'on doit, autant qu'il est possible, disposer le calibre d'une montre, de façon que le balancier soit grand, afin que par-là il ait beaucoup d'inertie. Voyez CALIBRE.
Voici à peu près l'histoire des différentes méthodes dont on a fait usage dans l'application du balancier aux horloges, avant que l'addition du ressort spiral l'eût porté au degré de perfection où il est parvenu sur la fin du dernier siecle. Toute la régularité des horloges à balancier vint d'abord de la force d'inertie de ce modérateur, & de la proportion constante qui regne entre l'action d'une force sur un corps, & la réaction de ce corps sur elle. Cet effet résultoit nécessairement de la disposition de l'échappement. (Voyez ECHAPPEMENT. Voyez ACTION & REACTION. Voyez INERTIE.) On attribue cette découverte à Pacificus de Vérone. Voyez HORLOGE.
Tous les avantages que les mesures du tems faites sur ces principes avoient sur celles qui étoient connues lorsqu'elles parurent, telles que les clepsydres, sabliers, & autres, n'empêchoient pas que leurs irrégularités ne fussent encore fort considérables ; elles venoient principalement de ce qu'une grande partie de la force motrice se consumant à surmonter le poids de toutes les roues, & la résistance causée par leurs frottemens, la réaction se trouvoit toûjours inférieure à l'action, & le régulateur suivoit trop les différentes impressions qui lui étoient communiquées par le roüage qui lui opposoit toûjours des obstacles supérieurs à la force qu'il en recevoit.
Voulant obvier à cet inconvénient, dans les horloges destinées à rester constamment dans une même situation, les anciens horlogers s'aviserent d'un artifice des plus ingénieux ; ils disposerent le régulateur de façon qu'il pût faire des vibrations indépendamment de la force motrice ; ils mirent en usage l'inertie du corps & sa pesanteur.
Ils poserent l'axe du balancier (Voyez la fig. 27. Pl. V. d'Horlog.) perpendiculairement à l'horison, laisserent beaucoup de jeu à ses pivots en hauteur ; passerent ensuite un fil dans une petite fente pratiquée dans le pivot supérieur au-dessus du trou dans lequel il rouloit ; ensuite de quoi ils attacherent les deux bouts de ce fil à un point fixe, tellement que le balancier suspendu ne portoit plus sur l'extremité de son pivot inférieur. Si l'on tournoit alors le régulateur, les fils s'entortillant l'un sur l'autre, faisoient élever le balancier tant-soit-peu ; abandonné ensuite à lui-même, il descendoit par son poids & les détortilloit : or cela ne se pouvoit faire sans qu'il acquit un mouvement circulaire. Poursuivant donc sa route de l'autre côté, il entortilloit de nouveau les fils, retomboit ensuite, & auroit toûjours continué de se mouvoir ainsi alternativement des deux côtés, si la résistance de l'air, le frottement des fils & des pivots, n'eussent épuisé peu-à-peu tout son mouvement.
Cette méthode d'appliquer deux puissances de façon qu'elles fassent faire des vibrations au régulateur, donne à ce dernier de grands avantages. Voyez RESSORT SPIRAL.
La construction précédente auroit été bien plus avantageuse, si ces fils toûjours un peu élastiques n'eussent pas perdu peu-à-peu de cette élasticité, de plus les vibrations de ce régulateur ne s'achevoient point en des tems égaux ; & les petits poids ou autrement dits régules P P qu'on mettoit à différens éloignemens du centre du régulateur, pour fixer la durée des vibrations, ne pouvoient procurer une exactitude assez grande. En cherchant donc à perfectionner encore le balancier, on parvint enfin à lui associer un ressort.
Remarque sur la matiere du balancier. Quelques Horlogers prétendent que le balancier des montres doit être de léton afin de prévenir les influences que le magnétisme pourroit avoir sur lui ; ils ne font pas attention que pour éviter un inconvénient auquel leur montre ne sera peut être jamais exposée, ils lui donnent des défauts très-réels ; parce que 1°. le léton étant spécifiquement plus pesant que l'acier, & n'ayant point autant de corps, les balanciers de ce métal ne peuvent être aussi grands ; & comme par-là ils perdent de la force d'inertie, on est obligé de les faire plus pesans, pour que la masse comprenne la vîtesse ; d'où il résulte une augmentation considérable de frottement sur leurs pivots ; 2°. l'allongement du cuivre jaune par sa chaleur, étant à celui de l'acier dans le rapport de 17 à 10, les montres où l'on employe des balanciers de léton, doivent, toutes choses d'ailleurs égales, être plus susceptibles d'erreur, par les différens degrés de froid ou de chaud auxquels elles sont exposées.
Remarque sur la forme du balancier. Comme par leur figure les balanciers présentent une grande étendue, & qu'ils ont une vîtesse beaucoup plus grande que le pendule, leur mouvement doit être par conséquent plus susceptible des différences qui arrivent au milieu dans lequel ils vibrent ; ainsi après avoir disposé leurs barettes de façon que l'air leur oppose peu d'obstacles, il seroit bon encore, dans les ouvrages dont la hauteur n'est pas limitée, de leur donner la forme par laquelle ils peuvent présenter la moindre surface. Par exemple, le cercle du balancier au lieu d'être plat, comme on le fait ordinairement, devroit au contraire être une espece d'anneau cylindrique, parce que le cylindre présente moins de surface qu'un parallelépipede de même masse que lui ; & d'une hauteur égale à son diametre. (T)
BALANCIER, en Hydraulique, est un morceau de bois freté par les deux bouts, qui sert de mouvement dans une pompe pour faire monter les tringles des corps. (K)
BALANCIER, (Monnoyage) c'est une machine avec laquelle on fait sur les flancs les empreintes qu'ils doivent porter, selon la volonté du prince.
Cette machine représentée Pl. I. du Monnoyage, fig. 2. est composée du corps S R R S : il est ordinairement de bronze, & toûjours d'une seule piece. Les deux montans S S s'appellent jumelles. La partie supérieure T T qui ferme la baie ou ouverture A H, s'appelle le sommier ; elle doit avoir environ un pié d'épaisseur. La partie inférieure de la baie est de même fermée par un socle fondu avec le reste, ensorte que les jumelles, le sommier & le socle ne forment qu'un tout ; ce qui donne au corps plus de solidité & de force que si les pieces étoient assemblées,
Le socle a vers ses extrémités latérales deux éminences qui servent à l'affermir dans le plancher de l'attelier, au moyen d'un chassis de charpente qui l'entoure. Ce chassis de charpente, dont les côtés sont prolongés comme on voit en A, fig. 2. n°. 2. est fortement scellé dans le plancher, sous lequel est un massif de maçonnerie qui soûtient toute la machine.
La baie est traversée horisontalement par deux moises ou planchers H, I, ordinairement fondus de la même piece que le corps. Ces deux moises sont percées chacune d'un trou quarré, dans lequel passe la boîte E E. Les trous des moises doivent répondre à celui qui est fait au sommier, qui est fait en écrou à deux ou trois filets ; cet écrou se fait en fondant le corps sur la vis qui doit y entrer, & qu'on enfume dans la fonte, pour que le métal ne s'y attache point.
Cette vis a une partie cylindrique qui passe dans le corps de la boîte E E, & y est retenue par une clavette qui traverse la boîte, & dont l'extrémité est reçûe dans une rainure pratiquée sur la surface de la partie cylindrique. C'est le même méchanisme qu'à la presse d'Imprimerie. Voy. PRESSE D'IMPRIMERIE.
Si la boîte n'est point traversée par une clavette qui la retienne au cylindre qu'elle reçoit, elle est repoussée par quatre ressorts fixés sur la moise supérieure d'un bout, & appuyant de l'autre contre des éminences réservées à la partie supérieure de chaque côté de la boîte ; ensorte qu'elle est toûjours repoussée en-haut, & obligée de suivre la vis à mesure qu'elle s'éloigne.
Ce second méchanisme est défectueux, parce que l'action du balancier, quand il presse, est diminuée de la quantité de l'action des petits ressorts employés pour relever la boîte. La partie supérieure de la vis est quarrée en A, & reçoit le grand levier ou la barre B C, qui est de fer ainsi que la vis. Cette barre a à ses extrémités des boules de plomb dont le diametre est d'environ un pié, plus ou moins, selon les especes à monnoyer ; car on a ordinairement autant de balanciers que de différentes monnoies, quoiqu'on pût les monnoyer toutes avec le même. Les extrémités du levier, après avoir traversé les boules de plomb, sont terminées par des anneaux D, semblables à ceux qui terminent le pendant d'une montre, mais mobiles autour d'un boulon vertical. On attache à ces anneaux autant de cordes ou courroies de cuir nattées en rond, qu'il y a d'ouvriers qui doivent servir la machine.
La partie inférieure E E de la boîte est creuse ; elle reçoit une des matrices ou coins qui porte l'empreinte d'un des côtés de la piece de monnoie. Cette matrice est retenue dans la boîte avec des vis : l'autre matrice est assujettie dans une autre boîte H avec des vis. On pose cette boîte sur le socle ou pas de la baie : & qu'on ne soit pas étonné qu'elle ne soit que posée ; l'action de la vis étant toûjours perpendiculaire, & le poids de la matrice assemblée avec la boîte, très-considérable, il n'y a aucune raison pour que cet assemblage se déplace.
Devant le balancier est une profondeur dans laquelle le monnoyeur place ses jambes, afin d'être assis au niveau du socle, & placer commodément le flanc sur la matrice.
Tout étant dans cet état, ensorte que l'axe de la vis, celui des boîtes E E H, soient dans une même ligne perpendiculaire au plan du socle ; si on conçoit que des hommes soient appliqués aux cordons dont les extrémités du levier sont garnies, & qu'ils tirent, ensorte que la vis tourne du même sens dont elle entre dans son écrou ; la matrice dont la boîte supérieure est armée s'approchera de l'autre ; & si l'on place un flanc sur celle-ci, comme on voit en H, il se trouvera pris & pressé entre les deux matrices d'une force considérable : puisqu'elle équivaudra à l'action de dix à douze hommes appliqués à l'extrémité d'un levier très-long, & chargé par ses bouts de deux poids très-lourds. Après que le flanc est marqué, deux hommes tirent à eux des cordons dans un sens opposé, & font remonter la vis : le monnoyeur saisit cet instant pour chasser le flanc marqué de dessus la matrice H, & y en remettre un autre. Il doit faire cette manoeuvre avec adresse & promtitude ; s'il lui arrivoit de n'être pas à tems, il laisseroit le flanc sur la matrice, & ce flanc recevroit un second coup de balancier. Les flancs ont été graissés d'huile avant que d'être mis sur la matrice.
BALANCIER, terme de Papetier ; c'est un instrument de fer à l'usage de quelques manufactures de papier dans lesquelles il tient lieu de la derniere pile, appellée pile à l'ouvrier. Cet instrument est composé de trois barres de fer, qui forment comme les trois côtés d'un quarré ; savoir, deux montans & une traverse. La traverse est attachée au plancher par deux anneaux de fer, & les deux côtés paralleles descendent jusqu'à la hauteur de l'arbre de la roue. L'une des deux est terminée par une espece de crochet qui s'attache à une manivelle de fer qui est au bout de l'arbre du moulin ; l'autre branche est fort large par en bas, & forme une espece de grille à jour. Le mouvement que la roue communique à un des montans, se communique aussi à la branche terminée en quille ; & cette branche va & vient continuellement dans une espece d'auge remplie d'eau & de pâte fine : ce qui acheve de la délayer & de la mettre en état d'aller en sortant de-là dans la chaudiere.
BALANCIER, s. m. partie du Métier à bas, fixée par deux vis sur chaque extrémité des épaulieres. Il étoit composé dans les anciens métiers de deux barres paralleles 14, 14, 15, 15, assemblées, comme on voit Planc. III. fig. 1. où celle d'en-bas est terminée par deux petits crochets. On a corrigé le balancier dans les métiers nouveaux, en supprimant la barre 15, 15, avec son tenon, & en lui substituant sur la barre 14, 14, à égale distance des épaulieres, deux vis dont la tête percée & placée sous la barre 14, 14, peut recevoir deux petits crochets qui ont les mêmes fonctions que ceux de la piece qu'on a supprimée, & qui donnent encore la facilité de hausser & de baisser les crochets à discrétion. Voyez à l'article BAS AU METIER, à la seconde opération de la main d'oeuvre, qu'on appelle le foncement de pié, l'usage du balancier. Mais observez que si cette facilité de baisser & de hausser les crochets à discrétion perfectionne la machine, en donnant lieu à un tâtonnement à l'aide duquel on obtient le point de précision qu'on cherche, on n'eût pas eu besoin de tâtonner, s'il eût été possible aux ouvriers qui construisent les métiers à bas, de se conformer avec exactitude aux proportions du modele idéal qui existoit dans la tête de l'inventeur.
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| BALANCINE | ou VALANCINES, s. f. (Mar.) ce sont des manoeuvres ou cordes qui descendent des barres de hunes & des chouquets, & qui viennent former des branches sur les deux bouts de la vergue, où elles passent dans des poulies. On s'en sert pour tenir la vergue en balance, lorsqu'elle est dans sa situation naturelle, ou pour la tenir haute & basse, selon qu'il est à propos. Voyez, Planc. I. la situation & la forme des balancines.
Balancines de la grande vergue, Planc. I. n°. 48. Balancines de la vergue de misene, Planc. I. n°. 49. Balancines de la civadiere, Pl. I. n°. 50. Les balancines de la civadiere sont amarrées au bout du beaupré, & servent aussi pour border le perroquet. Il y a deux poulies courantes dont les cordes viennent se terminer au château d'avant, & outre cela aux deux tiers de la vergue de civadiere il y a deux poulies doubles, & de grands cordages pour tenir la vergue ferme ; le tout se rendant au château d'avant, elles servent à appliquer la vergue de civadiere lorsque l'on va à la bouline. Voyez Planc. I. le beaupré en Z, & la civadiere, n°. 10.
Balancines de la vergue de perroquet de misene, Pl. I. n°. 86.
Balancines de grand perroquet, Pl. I. n°. 85.
Balancines du grand hunier, voyez Pl. I. vergue du grand hunier, cot. 5.
Balancines de la vergue de perroquet de foule, Pl. I. n°. 84.
Balancines de la vergue de foule, voyez Pl. I. la vergue de foule cotée 2.
Balancines de la vergue du perroquet de beaupré, voyez Pl. I. la vergue du perroquet de beaupré cotée 11. (Z)
BALANCINE de chaloupe, (Marine) c'est la manoeuvre ou corde qui soûtient le gui. Voyez GUI.
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| BALANÇONS | S. m. pl. (Oeconom. rust.) c'est ainsi qu'on appelle en Languedoc de petites pieces de bois de sapin débitées : on les y estime à 3 liv. la douzaine.
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| BALANÉOTE | (Géog. anc.) ville de la Cilicie sur les confins de cette province : Josephe qui en fait mention ne dit rien de plus de sa situation.
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| BALANGIAR | (Géog.) ville capitale de Tartarie, au nord de la mer Caspienne.
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| BALANT | S. m. (Marine) Le balant d'une manoeuvre est la partie qui n'est point halée : il se dit aussi de la manoeuvre même lorsqu'elle n'est point employée. On dit tenir le balant d'une manoeuvre, pour dire l'amarrer de telle sorte qu'elle ne balance pas. (Z)
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| BALANTES | S. m. pl. (Géog.) peuples d'Afrique au pays des Negres, sur la côte de l'Océan, vers les Bissaux.
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| BALANUS | BALANUS
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| BALAOU | S. m. (Hist. nat.) poisson fort commun à la Martinique ; il se prend à la lueur des flambeaux : il est de la grandeur de la sardine ; excellent au goût, & mal décrit par les auteurs.
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| BALARES | S. m. pl. (Hist. anc.) nom que les habitans de l'île de Corse donnoient aux exilés, & les habitans de Carthage à ceux de leur ville ou de leur territoire, qui l'abandonnoient pour habiter les montagnes de la Sardaigne.
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| BALARUC | (EAUX DE) voyez EAU.
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| BALASSOR | S. m. (Commerce) étoffe faite d'écorce d'arbre que les Anglois apportent des Indes orientales : on ne nous dit point ni de quel arbre on prend l'écorce, ni comment on la travaille.
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| BALATS | S. m. (Marine) c'est un amas de cailloux & de sable que l'on met à fond de cale, pour que le vaisseau entrant dans l'eau par ce poids demeure en assiette ; c'est ce qu'on appelle autrement lest. Voyez LEST. (Z)
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| BALAUSTES | S. f. (Mat. med.) Les balaustes sont les fleurs du grenadier sauvage ; on en extrait le suc de la même maniere que de l'hypociste.
Elles sont astringentes comme les cytines, d'une nature terreuse, épaississantes, rafraîchissantes, & dessicatives : on les employe dans les flux de toute espece, comme dans la diarrhée, la dyssenterie, & pour arrêter les hémorrhagies des plaies.
On doit les choisir nouvelles, bien fleuries & d'un rouge vif : elles donnent de l'huile avec du sel essentiel, & assez de terre. (N)
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| BALAUSTIER | S. m. (Jardinage) c'est ainsi qu'on nomme le grenadier sauvage. Voyez GRENADIER.
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| BALBASTRO | (Géog.) ville d'Espagne au royaume d'Aragon sur le Vero. Long. 17. 50. lat. 41. 50.
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| BALBEC | (Géog. anc. & mod.) ville d'Asie dans la Syrie ; il y a de beaux restes d'antiquités. Long. 55. lat. 33. 25.
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| BALCH | (Géog. anc. & mod.) ville de Perse située dans le milieu du Chorasan, sur la riviere de Dehash. Quelques Géographes la prennent pour l'ancienne Chariaspa, ou Zariaspa, ou Bactres.
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| BALCON | S. m. terme d'Architect. saillie pratiquée sur la façade extérieure d'un bâtiment, portée par des colonnes ou des consoles ; on y fait un appui de pierre ou de fer, qui lorsqu'il est de maçonnerie, s'appelle balustrade ; & quand il est de serrurerie, s'appelle aussi balcon : il en est de grands, de moyens & de petits, selon l'ouverture des croisées ou avant-corps qui les reçoit. Voyez BANQUETTE, terme de Serrurerie.
Ce mot vient de l'Italien balcone, formé du latin palcus, ou de l'Allemand palk, une poutre. Covarruvias le fait venir de , jacere, lancer, fondé sur l'opinion que les balcons étoient de petites tourelles élevées sur les principales portes des forteresses, de dessus lesquelles on lançoit des dards, &c. sur les ennemis. (P)
BALCONS, en Marine ; ce sont des galeries couvertes ou découvertes, qu'on fait aux grands vaisseaux, pour l'agrément ou la commodité. Voyez GALERIE. (Z)
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| BALDIVIA | (Géog.) port & place considérable du Chili, entre les rivieres de Callacalla & del Potrero, à leur embouchure dans la mer du Sud, Long. 306. 52. lat. mérid. 39. 58.
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| BALE | (Géog.) ville de Suisse, capitale du canton de même nom. Long. 25. 15. lat. 47, 40.
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| BALEARES | S. m. pl. (Géog. anc. & mod.) îles de la Méditerranée, près les côtes de Valence en Espagne, connues aujourd'hui sous le nom de Mayorque & Minorque. On donne le nom de Baleares aux habitans de ces îles, à cause de leur habileté à se servir de la fronde ; puis celui de Gymnetes, & aux îles celui de Gymnesies, par la même raison.
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| BALEINE | S. f. balaena, (Hist. nat.) poisson du genre des cétacées, le plus grand de tous les animaux : c'est pourquoi on a donné le nom de baleine aux plus gros poissons, quoique de différens genres.
Les baleines que l'on prend sur la côte de Bayonne & dans les Indes, ont environ trente-six coudées de longueur sur huit de hauteur ; l'ouverture de la bouche est de dix-huit piés : il n'y a point de dents ; mais il se trouve à la place, des lames d'une sorte de corne noire, terminées par des poils assez semblables à des soies de cochon, qui sont plus courts en-devant qu'en arriere. On a donné le nom de fanons aux lames qui sont dans la bouche. On les fend pour les employer à différens usages ; c'est ce qu'on appelle la baleine dont on se sert pour faire des corps pour les femmes, les busques, &c. La langue est d'une substance si molle, que lorsqu'on l'a tirée hors de la bouche de l'animal, on ne peut plus l'y faire rentrer. Les yeux sont à quatre aunes de distance l'un de l'autre ; ils paroissent petits à l'extérieur : mais au-dedans ils sont plus grands que la tête d'un homme. La baleine a deux grandes nageoires aux côtés, il n'y en a point sur le dos. La queue est si grande & si forte, que lorsque l'animal l'agite, il pourroit, dit-on, renverser un petit vaisseau. Le cuir de la baleine est fort dur, & de couleur noire ; il n'y a point de poils ; il s'y attache quelquefois des coquillages, tels que des lépas & des huîtres. Le membre génital est proportionné à la grosseur du corps. Rondelet.
On trouva près de l'île de Corse, en 1620, une baleine qui avoit cent piés de longueur. Son lard pesoit cent trente cinq mille livres. Il fallut employer les forces de dix-sept hommes pour tirer du corps de l'animal le gros intestin, dont la capacité étoit si grande, qu'un homme à cheval auroit pû y entrer. L'épine du dos étoit composée de trente-deux vertebres. Cette baleine étoit femelle & pleine. On retira de la matrice un foetus qui avoit trente piés de longueur, & qui pesoit quinze cent livres.
On dit qu'on a vû des baleines qui avoient jusqu'à deux cent piés de longueur. Quelqu'énorme que cet animal soit par lui-même, je crois qu'on auroit voulu l'aggrandir encore davantage par l'amour du merveilleux. On prétend à la Chine qu'on y a vû des baleines longues de neuf cent soixante piés ; d'autres ont comparé ces grands poissons à des écueils, à des îles flottantes, &c. Quoi qu'il en soit de ces relations ou assûre que les premieres baleines qu'on a pêchées dans le Nord, étoient beaucoup plus grandes que celles qu'on y trouve à présent ; sans-doute parce qu'elles étoient plus vieilles. On ne sait pas quelle est la durée de la vie de ces animaux ; il y a apparence qu'ils vivent très-long-tems.
L'estomac de la baleine est d'une grande étendue ; cependant on n'y a pas vû des choses d'un grand volume. Rondelet dit qu'on n'y trouve que de la boue de l'eau, de l'algue puante, & qu'en en a tiré quelquefois des morceaux d'ambre. Il soupçonnoit que la baleine n'avaloit point de poissons, parce qu'on n'en avoit pas vû dans son estomac : mais Willugby fait mention d'une baleine qui avoit avalé plus de quarante merlus, dont quelques-uns étoient encore tous frais dans son estomac ; d'autres disent que ces grands poissons vivent en partie d'insectes de mer, qui sont en assez grand nombre dans les mers du Nord pour les nourrir, & qu'on a trouvé dans leur estomac dix ou douze poignées d'araignées noires, des anchois, & d'autres petits poissons blancs, mais jamais de gros. Les baleines mangent une très-grande quantité de harengs.
On dit que ces poissons s'élevent perpendiculairement sur leur queue pour s'accoupler ; que le male & la femelle s'approchent l'un de l'autre dans cette situation ; qu'ils s'embrassent avec leurs nageoires, & qu'ils restent accouplés pendant une demi-heure ou une heure. On prétend qu'ils vivent en société dans la suite, & qu'ils ne se quittent jamais. La femelle met bas dans l'autonne. On assure qu'il n'y a qu'un baleinon par chaque portée ; mais il est aussi gros qu'un taureau ; d'autres disent qu'il y en a quelquefois deux ; la mere l'alaite en le tenant avec ses nageoires, dont elle se sert aussi pour le conduire & pour le défendre.
M. Anderson est entré dans un détail très-satisfaisant sur les différentes especes de baleines, dans son Histoire naturelle d'Islande & du Groenland, &c. Selon cet auteur, la véritable baleine du Groenland pour laquelle se font les expéditions de la pêche, a des barbes & le dos uni. C'est celle que Ray distingue par cette phrase : balaena vulgaris edentula, dorso non pinnato. La grosseur énorme de ce poisson fait qu'il n'approche guere des côtes d'Islande, & le retient dans des abysmes inaccessibles vers Spitzberg, & sous le pole du Nord Il a jusqu'à soixante ou soixante & dix piés de longueur. La tête seule fait un tiers de cette masse. Les nageoires des côtes ont depuis cinq jusqu'à huit piés de long ; sa queue est horisontale, un peu recourbée vers le haut aux deux extrémités : elle forme à peu-près deux demi-lunes ; elle a trois ou quatre brasses de largeur ; ses coups sont très-violens, sur-tout lorsque ce poisson est couché sur le côté : c'est par le moyen de sa queue que la baleine se porte en avant ; & on est étonné de voir avec quelle vîtesse cette masse énorme se meut dans la mer. Les nageoires ne lui servent que pour aller de côté. L'épiderme de ce poisson n'est pas plus épais que du gros papier ou du parchemin. La peau est de l'épaisseur du doigt, & couvre immédiatement la graisse ; qui est épaisse de huit pouces ou d'un pié ; elle est d'un beau jaune, lorsque le poisson se porte bien. La chair qui se trouve au-dessous est maigre & rouge. La mâchoire supérieure est garnie des deux côtés de barbes qui s'ajustent obliquement dans la mâchoire inférieure comme dans un fourreau, & qui embrassent, pour ainsi dire, la langue des deux côtés. Ces barbes sont garnies du côté de leur tranchant de plusieurs appendices, & sont rangées dans la mâchoire comme des tuyaux d'orgue, les plus petites devant & derriere, & les plus grandes dans le milieu : celles-ci ont six ou huit piés & plus de longueur. La langue est adhérente presqu'en entier ; ce n'est pour ainsi dire, qu'un morceau de graisse : mais il est si gros, qu'il suffit pour remplir plusieurs tonneaux. Les yeux ne sont pas plus grands que ceux d'un boeuf, & leur crystallin desséché n'excede pas la grosseur d'un gros pois ; ils sont placés sur le derriere de la tête, à l'endroit où elle est le plus large. Les baleines ont des paupieres & des sourcils. On ne voit dans ces poissons aucune apparence d'oreilles au dehors, cependant ils ont l'ouie très-bonne ; & si on enleve l'épiderme, on apperçoit derriere l'oeil, & un peu plus bas, une tache noire, & dans ce même endroit un conduit, qui est sans-doute celui de l'oreille. Les excrémens de la baleine ressemblent assez au vermillon un peu humecté ; ils n'ont aucune mauvaise odeur. Il y a des gens qui les recherchent, parce qu'ils teignent d'un joli rouge, & cette couleur est assez durable sur la toile. La baleine mâle a une verge d'environ six piés de longueur ; son diametre est de sept à huit pouces à sa racine, & l'extrémité n'a qu'environ un pouce d'épaisseur : cette verge est ordinairement renfermée dans un fourreau. Les parties naturelles de la femelle ressemblent à celles des quadrupedes : l'orifice extérieur paroît fermé pour l'ordinaire ; il y a de chaque côté une mammelle qui s'allonge de la longueur de six ou huit pouces, & qui a dix ou douze pouces de diametre, lorsque la baleine alaite ses petits. Tous les pêcheurs du Groenland assûrent que l'accouplement de ces poissons se fait comme il a été dit plus haut. M. Dudley rapporte dans les Transactions philosophiques, n°. 387, article 2. que la femelle se jette sur le dos & replie sa queue, & que le mâle se pose sur elle & l'embrasse avec ses nageoires. Ce sont peut-être, dit M. Anderson, des baleines d'une autre espece que celle du Groenland, qui s'accouplent ainsi. Selon M. Dudley, l'accouplement ne se fait que tous les deux ans ; la femelle porte pendant neuf ou dix mois, & pendant ce tems elle est plus grosse, sur-tout lorsqu'elle est près de son terme. On prétend qu'un embryon de dix-sept pouces est déjà tout-à-fait formé & blanc : mais étant parvenu au terme, il est noir & a environ vingt piés de longueur. La baleine ne porte ordinairement qu'un foetus, & rarement deux. Lorsqu'elle donne à teter à son petit, elle se jette de côté sur la surface de la mer, & le petit s'attache à la mammelle. Son lait est comme le lait de vache. Lorsqu'elle craint pour son petit, elle l'emporte entre ses nageoires.
M. Anderson décrit plusieurs autres especes de baleines, qu'il appelle le nord-caper, le gibbar, le poisson de Jupiter, le pslock-fisch, & le knoten ou knobbelfisch ; & il rapporte aussi au genre des baleines la licorne de mer ou nerwal, le cachalot, le marsouin-sous-fleur ou tunin, le dauphin, & l'épée de mer. Voyez CETACEE, POISSON. (I)
* Pêche de la baleine. De toutes les pêches qui se font dans l'Océan & dans la Méditerranée, la plus difficile sans contredit & la plus périlleuse est la pêche des baleines. Les Basques, & sur-tout ceux qui habitent le pays de Labour, sont les premiers qui l'ayent entreprise, malgré l'âpreté des mers du Nord & les montagnes de glace, au-travers desquelles il falloit passer. Les Basques sont encore les premiers qui ayent enhardi aux différens détails de cette pêche, les peuples maritimes de l'Europe, & principalement les Hollandois qui en font un des plus importans objets de leur commerce, & y employent trois à quatre cent navires, & environ deux à trois mille matelots : ce qui leur produit des sommes très considérables ; car ils fournissent seuls ou presque seuls d'huile & de fanons de baleines. L'huile sert à brûler à la lampe, à faire le savon, à la préparation des laines des Drapiers, aux Courroyeurs pour adoucir les cuirs, aux Peintres pour délayer certaines couleurs, aux gens de mer pour engraisser le brai qui sert à enduire & spalmer les vaisseaux, aux Architectes & aux Sculpteurs pour une espece de détrempe avec céruse, ou chaux qui durcit, fait croute sur la pierre, & la garantit des injures du tems. A l'égard des fanons, leur usage s'étend à une infinité de choses utiles : on en fait des busques, des piquûres, des parasols, des corps & autres ouvrages.
Les Basques qui ont encouragé les autres peuples à la pêche des baleines, l'ont comme abandonnée, elle leur étoit devenue presque dommageable, parce qu'ayant préféré le détroit de Davis aux côtes du Groenland, ils ont trouvé le détroit, les trois dernieres années qu'ils y ont été, très-dépourvû de baleines.
Les Basques auparavant envoyoient à la pêche dans les tems favorables, environ trente navires de deux cent cinquante tonneaux, armés de cinquante hommes tous d'élite, avec quelques mousses ou demi-hommes. On mettoit dans chacun de ces bâtimens, des vivres pour six mois, consistans en biscuit, vin, cidre, eau, légumes & sardines salées. On y embarquoit encore cinq à six chaloupes, qui ne devoient prendre la mer que dans le lieu de la pêche, avec trois funins de cent vingt brasses chacun : au bout desquels étoit saisie & liée par une bonne épissure, la harpoire faite de fin brin de chanvre, & plus mince que le funin. A la harpoire tient le harpon de fer dont le bout est triangulaire & de la figure d'une fleche, & qui a trois piés de long, avec un manche de bois de six piés, lequel se sépare du harpon quand on a percé la baleine, afin qu'il ne puisse ressortir d'aucune maniere. Celui qui le lance se met à l'avant de la chaloupe, & court de grands risques, parce que la baleine, après avoir été blessée, donne de furieux coups de queue & de nageoires, qui tuent souvent le harponneur, & renversent la chaloupe.
On embarquoit enfin dans chaque bâtiment destiné à la pêche, trente lances ou dards de fer de quatre piés, avec des manches de bois d'environ le double de longueur ; quatre cent barriques tant vuides que pleines de vivres ; deux cent autres en bottes ; une chaudiere de cuivre contenant douze barriques & pesant huit quintaux ; dix mille briques de toutes especes pour construire le fourneau, & vingt-cinq barriques d'une terre grasse & préparée pour le même usage.
Quand le bâtiment est arrivé dans le lieu où se fait le passage des baleines, on commence par y bâtir le fourneau destiné à fondre la graisse & à la convertir en huile ; ce qui demande de l'attention. Le bâtiment se tient toûjours à la voile, & on suspend à ses côtés les chaloupes armées de leurs avirons. Un matelot attentif est en vedette au-haut du mât de hune ; & dès qu'il apperçoit une baleine, il crie en langue basque balia, balia ; l'équipage se disperse aussi-tôt dans les chaloupes, & court la rame à la main après la baleine apperçue. Quand on l'a harponnée (l'adresse consiste à le faire dans l'endroit le plus sensible) elle prend la fuite & plonge dans la mer. On file alors les funins mis bout à bout, & la chaloupe suit. D'ordinaire la baleine revient sur l'eau pour respirer & rejetter une partie de son sang. La chaloupe s'en approche au plus vîte, & on tâche de la tuer à coups de lance ou de dard, avec la précaution d'éviter sa queue & ses nageoires, qui feroient des blessures mortelles. Les autres chaloupes suivent celle qui est attachée à la baleine pour la remorquer. Le bâtiment toûjours à la voile, la suit aussi, tant afin de ne point perdre ses chaloupes de vûe, qu'afin d'être à portée de mettre à bord la baleine harponnée.
Quand elle est morte & qu'elle va par malheur au fond avant que d'être amarrée au côté du bâtiment, on coupe les funins pour empêcher qu'elle n'entraîne les chaloupes avec elle. Cette manoeuvre est absolument nécessaire, quoiqu'on perde sans retour la baleine avec tout ce qui y est attaché. Pour prévenir de pareils accidens, on la suspend par des funins dès qu'on s'apperçoit qu'elle est morte, & on la conduit à un des côtés du bâtiment auquel on l'attache avec de grosses chaînes de fer pour la tenir sur l'eau. Aussitôt les charpentiers se mettent dessus avec des bottes qui ont des crampons de fer aux semelles, crainte de glisser ; & de plus ils tiennent au bâtiment par une corde qui les lie par le milieu du corps. Ils tirent leurs couteaux qui sont à manche de bois & faits exprès ; & à mesure qu'ils enlevent le lard de la baleine suspendue, on le porte dans le bâtiment, & on le réduit en petits morceaux qu'on met dans la chaudiere, afin qu'ils soient plus promtement fondus. Deux hommes les remuent sans-cesse avec de longues pelles de fer qui hâtent leur dissolution. Le premier feu est de bois ; on se sert ensuite du lard même qui a rendu la plus grande partie de son huile, & qui fait un feu très-ardent. Après qu'on a tourné & retourné la baleine pour en ôter tout le lard, on en retire les barbes ou fanons cachés dans la gueule, & qui ne sont point au-dehors comme plusieurs Naturalistes se l'imaginent.
L'équipage de chaque bâtiment a la moitié du produit de l'huile ; & le capitaine, le pilote & les charpentiers ont encore par-dessus les autres une gratification sur le produit des barbes ou fanons. Les Hollandois ne se sont pas encore hasardés à fondre dans leurs navires le lard des baleines qu'ils prennent, & cela à cause des accidens du feu, qu'ils appréhendent avec juste raison. Ils le transportent avec eux en barriques pour le fondre dans leur pays, en quoi les Basques se montrent beaucoup plus hardis : mais cette hardiesse est récompensée par le profit qu'ils font, & qui est communément triple de celui des Hollandois, trois barriques ne produisant au plus fondues, qu'une barrique d'huile. Voyez le recueil de différens traités de Physique, par M. Deslandes.
C'est à un bourgeois de Cibourre, nommé François Soupite, que l'on doit la maniere de fondre & de cuire les graisses dans les vaisseaux, même à flot & en pleine mer. Il donna le dessein d'un fourneau de brique qui se bâtit sur le second pont : on met sur ce fourneau la chaudiere, & l'on tient auprès des tonneaux d'eau pour garantir du feu.
Voici maintenant la maniere dont les Hollandois fondent le lard de baleine, qu'ils apportent par petits morceaux dans des barriques. Une baleine donne aujourd'hui quarante barriques : celles qu'on prenoit autrefois en donnoient jusqu'à soixante à quatre-vingt.
On voit, fig. premiere des planches qui suivent celles de notre histoire naturelle, une coupe verticale des bacs, de la chaudiere & du fourneau à fondre le lard. On place les tonneaux A A pleins de lard qui a fermenté, sur le bord du bac B ; on vuide ces tonneaux dans ce bac ; on y remue le lard afin de le délayer, & de le disposer à se fondre. On met le feu au fourneau C, dont on voit le cendrier en E, & la grille en F ; on jette le lard du bac B dans la chaudiere G, placée dans un massif de brique & de maçonnerie, sur le fourneau C. Les bacs 1, 2, 3, qui sont tous moins élevés les uns que les autres, communiquent entr'eux par les gouttieres H ; ils sont pleins d'eau fraîche. Lorsque le lard est délayé, on le jette du bac B dans la chaudiere G, comme on vient de dire. On l'y laisse fondre ; à mesure qu'il se fond l'huile se forme & s'éleve à la surface. On la ramasse avec des cuillieres, & on la jette dans le bac 1 : à mesure qu'elle s'amasse dans le bac 1, elle descend dans le bac 2, & du bac 2 dans le bac 3. Au sortir du bac 3, on l'entonne dans des barriques pour être vendue.
On la fait passer successivement par ces bacs pleins d'eau, afin qu'elle se refroidisse plus promtement. Après qu'on a enlevé l'huile, il reste dans la poele un marc, des grillons, ou, pour parler la langue de l'art, des crotons. On prend ces crotons, & on les jette sur un grillage de bois, dont un des bouts porte sur le massif de la chaudiere, & l'autre bout à l'extrémité d'un long bac qui correspond à toute la longueur du grillage, & qui reçoit l'huile qui tombe des crotons qui s'égouttent sur le grillage. Voyez fig. 2. A, bac où l'on met le lard au sortir des barriques. B, fourneau. C, cendrier. D, grille. E, chaudiere. G H, grillage à égoutter le croton. I K, bac qui reçoit les égouttures. Fig. 3. plan des mêmes choses. A, bac à lard. C, chaudiere. D E, grillage. F G, bac à égouttures.
Les Basques, dans le commencement, faisoient la pêche dans la mer Glaciale, & le long des côtes du Groenland, où les baleines, qu'on appelle de grande baie, sont plus longues & plus grasses que dans les autres mers : l'huile en est aussi plus pure, & les fanons de meilleure qualité, sur-tout plus polis, mais les navires y courent de très-grands dangers, à cause des glaces qui viennent souvent s'y attacher, & les font périr sans ressource. Les Hollandois l'éprouvent tous les ans de la maniere du monde la plus triste.
Les côtes du Groenland ayant insensiblement rebuté les Basques, ils allerent faire leur pêche en pleine mer, vers l'île de Finlande, dans l'endroit nommé Sarde, & au milieu de plusieurs bas-fonds. Les baleines y sont plus petites qu'en Groenland, plus adroites, s'il est permis de parler ainsi d'un pareil animal, & plus difficiles à harponner, parce qu'elles plongent alternativement, & reviennent sur l'eau. Les Basques encore rebutés, ont quitté ce parage, & ont établi leur pêche dans le détroit de Davis, vers l'île d'Inseo, souvent environnée de glaces, mais peu épaisses. Ils y ont trouvé les deux especes de baleines, connues sous le nom de grandes baies, & de sarde. Voyez la pêche des baleines, dans l'ouvrage de M. Deslandes, que nous avons déjà cité.
La pêche des baleines, que nous avons apprise aux Hollandois, est devenue si considérable pour eux, qu'ils envoyent tous les ans sur nos ports sept à huit mille barrils d'huile, & du savon à proportion.
Quelqu'utile que soit cette pêche, il s'est passé des siecles sans que les hommes ayent osé la tenter. C'étoit, au tems de Job, une entreprise qu'on regardoit comme si fort au-dessus de leurs forces, que Job même se sert de cet exemple pour leur faire sentir leur foiblesse, en comparaison de la toute-puissance divine. An extrahere poteris leviathan hamo, & fune ligabis linguam ejus ? Numquid pones circulum in naribus ejus, aut armillâ perforabis maxillam ejus ? Numquid multiplicabit ad te preces, aut loquetur tibi mollia ? Numquid faciet tecum pactum, & accipies eum servum sempiternum ? Numquid illudes ei quasi avi, aut ligabis eum ancillis tuis ? Concident eum amici ? Divident illum negociatores ? Numquid implebis sagenas pelle ejus, & gurgustium piscium capite illius ? Pone super eum manum tuam, memento belli ; nec ultra addas loqui. " Homme, enleveras-tu la baleine avec l'hameçon, & lui lieras-tu la langue avec une corde ? Lui passeras-tu un anneau dans le nez, & lui perceras-tu la mâchoire avec le fer ? La réduiras-tu à la supplication & à la priere ? Fera-t-elle un pacte avec toi, & sera-t-elle ton esclave éternel ? Te joüeras-tu d'elle comme de l'oiseau, & servira-t-elle d'amusement à ta servante ? Tes amis la couperont-ils par pieces, & tes négocians la trafiqueront-ils par morceaux ? Rempliras-tu ton filet de sa peau, & de sa tête, le réservoir des poissons ? Mets ta main sur elle ; souviens-toi de la guerre, & ne parle plus. "
En vain les incrédules voudroient-ils mettre en contradiction le discours de Job avec l'expérience d'aujourd'hui : il est évident que l'écriture parle ici d'après les notions populaires de ces tems-là, comme Josué quand il dit, arrête-toi, Soleil. L'exemple du livre de Job est bien choisi : montre parfaitement la hardiesse de la tentative des Basques, & prouve qu'une exactitude scrupuleuse & peu nécessaire dans des raisonnemens physiques, nuiroit souvent au sublime.
Les anciens ne disent autre chose des baleines, sinon qu'elles se jettent quelquefois d'elles-mêmes à terre pour y joüir de la chaleur du soleil qu'elles aiment, & que d'autres échouent ou sont poussées sur les bords de la mer, par la violence de ses vagues. Si Pline rapporte que l'empereur Claude a donné le plaisir au peuple Romain, d'une espece de pêche où l'on prit une baleine, il observe en même tems que ce monstre marin avoit échoüé au port d'Ostie ; qu'aussi-tôt qu'on l'apperçut dans le détroit, l'empereur en fit fermer l'entrée avec des cordes & des filets, & que ce prince accompagné des archers de la garde prétorienne, en fit monter un certain nombre dans des esquifs & des brigantins, qui lancerent plusieurs dards à cet animal, dont il fut blessé à mort ; que dans le combat, il jetta une si grande quantité d'eau par son évent ou tuyaux, qu'il en mit à fond l'un des esquifs : mais cette histoire est rapportée comme un fait rare & singulier ; ainsi il demeure toûjours pour constant que l'usage de cette pêche n'étoit pas commun.
Et pourquoi l'auroit-il été ? on ne connoissoit presque pas, dans ces premiers tems, le profit qu'on en pouvoit tirer, Juba, roi de Mauritanie, écrivant au jeune prince Caïus César fils d'Auguste, lui manda qu'on avoit vû en Arabie des baleines de six cent piés de long & de trois cent soixante piés de large, qui avoient remonté de la mer dans un fleuve d'Arcadie, où elles avoient échoüé. Il ajoute que les marchands Asiatiques recherchoient avec grand soin la graisse de ce poisson, & des autres poissons de mer ; qu'ils en frottoient leurs chameaux pour les garantir des grosses mouches appellées taons, qui craignent fort cette odeur. Voilà, selon Pline, tout l'avantage que l'on tiroit alors des baleines. Cet auteur fait ensuite mention de quarante-deux sortes d'huile, & l'on n'y trouve point celle de ce poisson : on savoit encore si peu profiter de ce poisson, sous les regnes de Vespasien, de Tite, de Domitien, & de Nerva, que Plutarque rapporte que plusieurs baleines avoient échoüé en donnant de travers aux côtes de la mer, comme un vaisseau qui n'a point de gouvernail ; que lui-même en avoit vû dans l'île d'Ancire ; qu'une entre les autres, que les flots avoient jettée sur le rivage proche la ville de Bunes, avoit tellement infecté l'air par sa putréfaction, qu'elle avoit mis la peste dans la ville & dans les environs.
Voici comment on prétend que nos Biscayens du cap-Breton, près de Bayonne, & quelques autres pêcheurs, ont été engagés à la pêche des baleines. Il paroît tous les ans sur leurs côtes, vers l'hyver, de ces baleines qui n'ont point d'évent, & qui sont fort grasses : l'occasion de pêcher de ces poissons se présenta donc dans leur propre pays, & ils en profiterent. Ils se contenterent de ces baleines pendant fort long-tems : mais l'observation qu'ils firent ensuite, que ces monstrueux poissons ne paroissoient dans les mers de ces pays-là qu'en certaines saisons, & qu'en d'autres tems ils s'en éloignoient, leur fit naître le dessein de tenter la découverte de leur retraite. Quelques pêcheurs du cap-Breton s'embarquerent & firent voile vers les mers de l'Amérique, & l'on prétend que ce fut eux qui découvrirent les premiers les îles de Terre-Neuve, & la terre-ferme du Canada, environ cent ans avant les voyages de Christophle Colomb, & qu'ils donnerent le nom de cap-Breton, leur patrie, à une de ces îles, nom qu'elle porte encore. Voyez Corneil. Witfl. Ant. Mang. Ceux qui sont de ce sentiment ajoûtent que ce fût l'un de la nation de ces Biscayens qui donna avis de cette découverte à Colomb, l'an 1492, & que celui-ci s'en fit honneur : d'autres croyent que ce ne fut que l'an 1504 que ce premier voyage fut entrepris par les Basques, auquel cas il seroit postérieur à celui de Colomb. Quoi qu'il en soit, il est certain qu'ils découvrirent, dans les mers qui sont au nord de l'Amérique, un grand nombre de baleines, mais en même tems, qu'ayant aussi reconnu qu'elles sont encore plus abondantes en morues, ils préférerent la pêche de ce dernier poisson à la pêche de l'autre.
Lorsque le tems approche où les navires baleiniers doivent revenir, il y a toûjours des matelots en sentinelle dans le port de Succoa. Les premiers qui découvrent un bâtiment prêt à arriver, se hâtent d'aller à sa rencontre, & se font payer un droit de 30 sous par homme. Quelque tems qu'il fasse, ils s'embarquent sans rien appréhender, & se chargent de mouiller le bâtiment à un des endroits connus de la bonne rade. " Il est, dit M. Deslandes, aisé de voir que l'intérêt seul ne les guide point : rien, en effet, n'est plus modique, sur-tout dans les mauvais tems, & lorsque la mer brise contre une côte toute de fer, que la rétribution qu'on leur donne : mais ils seroient infiniment affligés de voir périr leurs compatriotes, & c'est un service d'humanité qu'ils se rendent mutuellement ".
* BALEINE, (le blanc de) n'est autre chose qu'une préparation de cervelle de cachalots, qui se fait à Bayonne & à Saint Jean de Luz. Prenez la cervelle de cet animal ; fondez-la à petit feu ; jettez-la ensuite dans des moules comme ceux des sucreries, laissez-la égoutter son huile & se refroidir ; refondez-la ensuite, & continuez de la faire égoutter & fondre jusqu'à ce qu'elle soit bien purifiée & bien blanche : coupez-la ensuite & la remettez en écaille de la forme de celles qu'on nous vend. Il faut choisir ces écailles belles, blanches, claires, & transparentes, d'une odeur sauvagine, & sans aucun mêlange de cire blanche, & les tenir dans des barrils ou des vaisseaux de verre bien fermés.
Je ne prétens point contredire M. Pomet sur la nature & la maniere de faire le blanc de baleine, dit M. James dans son Dictionnaire de Medecine ; j'ai pourtant vû, ajoûte-t-il, du blanc de baleine qui n'avoit essuyé aucune préparation, & qu'on s'étoit contenté de mettre dans des sacs de papier pour en absorber l'huile ; & je puis assûrer que ce n'est ni l'huile ni le sperme de la baleine, mais une substance particuliere qu'on trouve dans la tête de ce poisson. On le trouve aussi dans d'autres endroits que la tête ; mais il y est moins bon. Voyez à l'article CACHALOT, ce qu'il y a de vrai ou de faux dans ce sentiment de M. James.
BALEINE, (le blanc de) Mat. med. est un remede dans plusieurs cas ; on l'employe d'ordinaire pour les meurtrissures, les contusions internes, & après l'accouchement ; c'est un balsamique dans plusieurs maladies de la poitrine ; il déterge & consolide : il est très-sûr & très-efficace dans les toux qui viennent d'un catarrhe opiniâtre, d'érosion, d'ulcération, aussi-bien que dans les pleurésies & les abcès internes ; c'est un consolidant, lorsque la mucosité des intestins a été emportée par l'acrimonie de la bile, comme dans les diarrhées & les dyssenteries. Il convient aussi dans les ulceres des reins & pour l'épaississement du sang ; il ramollit & relâche les fibres ; il contribue souvent à l'expulsion de la gravelle, en élargissant les passages : on l'emploie en forme d'électuaire & de bol, avec des conserves convenables & autres choses de cette espece ; & lorsqu'on a eu le soin de le mêler comme il faut, il est difficile que le malade le découvre sous cette forme ; on le dissout aussi par le moyen d'un jaune d'oeuf, ou bien on le réduit en émulsion ; la dose ordinaire est d'environ demi-gros.
Employé à l'extérieur il est émollient, consolidant ; il sert sur-tout dans la petite vérole, & l'on en oint les pustules lorsqu'elles commencent à se durcir, après l'avoir mêlé avec de l'huile d'amendes douces. Il n'y a pas long-tems qu'on s'en sert dans cette maladie, quoiqu'il ait été en usage du tems de Schroder, pour dissiper les crevasses que laissent la galle & les pustules.
On l'employe souvent comme un cosmétique dans le fard, & dans les pâtes avec lesquelles on se lave les mains. (N)
BALEINE, (en Astronomie) est une grande constellation de l'hémisphère méridional sous les Poissons, & proche de l'eau du Verseau. V. CONSTELLATION.
Il y a dans la baleine 22 étoiles selon le catalogue de Ptolomée ; 21, selon le catalogue de Tycho ; 22, selon Hevelius, & 78, dans le catalogue Britannique. (O)
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| BALEVRES | S. f. pl. (terme d'Architecture) du latin bislabra, qui a deux levres ; c'est l'excédent d'une pierre sur une autre près d'un joint, dans la douille d'une voute, ou dans le parement d'un mur ; & on retaille les balevres en ragréant : c'est aussi un éclat près d'un joint occasionné dans la pierre, parce que le premier joint étoit trop serré. (P)
BALEVRES, (en Fonderie en grand) on donne ce nom à ces inégalités qu'on apperçoit sur la surface des pieces fondues, & qu'il faut réparer ensuite : elles sont occasionnées dans la fonte en grand par les cires, & les jointures des assises, on a soin par cette raison que les jointures des assises tombent aux endroits de la figure les moins remarquables, afin que les balevres en soient plus faciles à réparer ; dans la fonte en petit, les balevres viennent des défauts de l'assemblage des pieces qui composent le moule & les cires. On a, ainsi que dans la fonte en grand, l'attention de les écarter des parties principales, & la même peine à les réparer.
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| BALI | (Géog.) ville d'Asie, capitale de l'île & du royaume de même nom, aux Indes. Long. de l'île, 133-135. lat. 9.
* BALI, (Géog.) royaume d'Afrique, dans l'Abyssinie : le fleuve Havasch le traverse.
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| BALISCORNE | ou BASSECONDE, s. f. on donne dans les grosses forges ce nom à une piece de fer M X, fixée sur le dessus de la caisse des soufflets par des attaches de fer N N, qui l'embrassent : le bout M en est arrondi, & c'est sur cette partie que portent les cammes de l'arbre qui fait baisser la caisse. Voyez Planche VII. fig. 1. des grosses forges.
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| BALISER | BALISER
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| BALISES | S. f. (terme de mer & de rivieres) c'est une marque que l'on met sur un banc dangereux pour avertir les vaisseaux de l'éviter. Ces marques sont différentes ; quelquefois c'est un mât ou une piece de bois qu'on éleve dessus, ou aux extrémités ; d'autres fois c'est un tonneau flottant amarré avec des chaînes & des ancres sur le fond du banc : on met des balises pour indiquer un chenal ou une passe dangereuse : on se sert également du mot de bouée pour exprimer ces marques.
BALISE, se dit aussi de l'espace qu'on est obligé de laisser le long des rivages des rivieres pour le halage des bateaux.
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| BALISEUR | S. m. en terme d'Eau & Forêts, est un officier chargé de veiller aux terres des riverains ; à l'effet d'en reculer les limites du côté du bord de la riviere, à la distance prescrite. V. RIVERAIN. (H)
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| BALISIER | subst. m. cannacorus, (Hist. nat. bot.) genre de plante à fleur liliacée monopétale en forme de tuyau, divisée en six parties, dont l'une forme une sorte de languette qui semble tenir lieu de pistil, & qui a au sommet comme une étamine ; le calice est en forme de tuyau ; il embrasse la fleur, & devient dans la suite un fruit oblong ou arrondi, membraneux, divisé en trois loges, & rempli de semences presque sphériques. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)
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| BALISTE | S. f. (Art milit.) est une machine de guerre dont se servoient les anciens pour lancer des traits d'une longueur & d'un poids surprenant ; elle chassoit aussi des balles ou boulets de plomb égaux au poids des gros traits qu'elle lançoit.
Les écrivains de l'antiquité, au moins le plus grand nombre, sont opposés les uns & les autres à l'égard de la baliste & de la catapulte. Voyez CATAPULTE. Ils confondent souvent ces deux machines, qui suivant M. le chevalier de Folard different beaucoup entr'elles dans leur usage comme dans leur construction.
Ammien Marcellin exprime la catapulte par le terme de tormentum, & quelquefois d'onagre. Voy. ONAGRE. Froissart se sert de celui d'engin : celui-ci est trop général ; car on peut entendre par ce terme la baliste & la catapulte. Il y a aussi des auteurs qui lui ont donné le nom de scorpion : mais le scorpion chez ceux qui paroissent les mieux instruits, n'est autre chose que la baliste. Voyez SCORPION.
" La baliste, dit M. le chevalier de Folard, dont nous tirons la description suivante, formoit comme un arc brisé ; elle avoit deux bras, mais droits, & non pas courbes comme l'arc d'une arbalête, dont les forces agissantes sont dans les ressorts de l'arc même dans sa courbure : celles de la baliste sont dans les cercles comme celle de la catapulte : cela nous dispensera d'entrer dans une description trop détaillée de ses différentes parties. La figure en fera infiniment mieux comprendre la structure & la puissance qui la fait agir, que l'explication ne pourroit faire ". Voyez cette figure, Planche XII. de Fortification : elle a pour titre Baliste de siége. Voici le détail de ses principales parties.
Une baliste de cette espece lançoit des traits de soixante livres, longs de trois piés neuf pouces & neuf lignes : cela-veut dire, s'il faut s'en fier à Vitruve, dit le chevalier de Folard, " que les trous des chapiteaux étoient de huit pouces neuf lignes de diametre, c'est-à-dire le cinquieme de la longueur du trait. Elle est composée d'une base 2, des dix montans 3, 4, de quinze diametres & dix lignes de hauteur sans les tenons des deux traversans 5, 6 : leur longueur est de dix-sept diametres dix lignes ; 7, sont les deux chapiteaux du traversant ; 5, 8, les chapiteaux de celui d'en-bas 6 ; ces deux traversant sont soûtenus & fortifiés des deux poteaux équarris 9 ; de cinq diametres de hauteur sans les tenons, & de deux piés de grosseur comme les montans. L'intervalle d'entre les deux poteaux 9, & les deux montans 3, 4, où sont placés les chapiteaux, est de sept diametres environ ; 10 sont les deux écheveaux de cordes de droit & de gauche ; 11 les deux bras engagés dans le centre des écheveaux : leur longueur est de dix diametres, compris les deux crochets qui sont l'extrémité de chaque bras, où la corde, ou pour mieux dire, le gros cable est attaché comme la corde d'une arbalête. Ce cable doit être composé de plusieurs cordes de boyaux extrèmement tendues : il faut qu'il soit d'abord un peu court, parce qu'il s'allonge & se lâche dans le bandage : on l'accourcit en le tordant.
Les bouts des bras n'ont point de cuilleron comme celui de la catapulte ; à cela près ils doivent être semblables, parfaitement égaux dans leur grosseur, dans leur longueur, dans leur poids, & il faut qu'ils ne plient point dans le plus violent effort de leur tension. Les traits 13 ne doivent pas moins être égaux en tous sens que les bras, qui seront placés sur une même ligne parallele, à même hauteur par conséquent, & au centre des deux écheveaux dans lesquels ils sont engagés.
Les deux montans 3, 4, doivent être courbes à l'endroit 14 où ils frappent dans la détente. Dans cette courbure on y pratiquera les coussinets 15, cet enfoncement fait que les bras se trouvent paralleles à l'écheveau, & qu'ils décrivent chacun un angle droit dans leur bandage, c'est-à-dire dans leur plus grande courbure. Il importe peu, à l'égard des balistes, que les deux bras frappent de leurs bouts ou de leur milieu contre les deux coussinets ; ainsi on peut, autant qu'on le juge à-propos, diminuer de la largeur des deux chassis où sont placés les deux écheveaux de cordes, sans retrancher de leur hauteur.
L'intervalle d'entre les deux poteaux 9, qui doit être au milieu des deux traversans, où l'on introduit l'arbrier 16, doit être un peu plus étroit que l'arbrier, afin de pratiquer une entaille dans l'intérieur des poteaux 9 de deux ou trois pouces des deux côtés, afin de le tenir ferme. C'est sur cet arbrier que l'on place le gros trait & que l'on pratique un canal parfaitement droit ; sa longueur se prend sur la courbure des deux bras avec la corde 12 : ainsi on connoît la longueur qu'il faut donner au canal & jusqu'à l'endroit où la noix 17 de la détente se trouve placée pour recevoir la corde de l'arc à son centre. Cette noix sert d'arrêt, & la détente est semblable à celle des arbalêtes. Il y a une chose à observer à l'égard de l'arbrier : il faut qu'il soit placé juste à la hauteur de la corde qui doit friser dessus ; car si elle étoit plus haute, elle ne prendroit pas le trait ; & si elle appuyoit trop fortement dessus, il y auroit du frottement sur le canal où le trait est étendu, ce qui diminueroit la puissance qui le chasse.
A deux piés en-deçà de la détente est le travail 18, autour duquel se devide la corde ; & lorsqu'on veut bander la machine, on accroche la corde de l'arc à son centre par le moyen d'une main de fer 19. Cette main a deux crochets qui saisissent la corde en deux endroits pour l'amener. La distance d'un crochet à l'autre doit être plus grande que la largeur de la noix, qui doit avoir une ouverture au milieu comme celle des arbalêtes, dans laquelle on introduit le talon du trait contre la corde qui prend à la noix.
J'ai dit que les deux montans, 3, 4, étoient appuyés sur leur base à tenons & à mortoises ; ils devoient être appuyés & retenus encore par de puissantes contrefiches. Heron & Vitruve lui-même mettent une espece de table ou d'échafaudage 20, sur lequel l'arbrier est en partie soûtenu, dont la hauteur jointe à l'épaisseur de l'arbrier devoit arriver juste à la hauteur de la corde 12. Je crois, dit toûjours M. de Folard, que cette table n'étoit faite que pour aider à soutenir l'arbrier, qui devoit être composé d'une grosse poutre de seize diametres & de deux piés de longueur, d'une de largeur & d'une d'épaisseur, conforme au trait qu'elle lançoit. Ajoûtez la force extraordinaire du bandage, capable de faire plier la plus forte poutre ; si son épaisseur ne surpasse sa largeur. J'imagine toutes ces raisons, pour prouver la nécessité de cette table, parce que je n'en vois aucune autre ; car à parler franchement, cette charpente paroît un peu superflue : mais comme il faut respecter l'antiquité & l'expérience de ces sortes de machines que nous n'avons point, nous hasardons cette structure dans ce qui nous a paru inutile, qui ne l'est peut-être pas ".
Cette réflexion de M. de Folard est d'autant plus juste, que les anciens s'étant expliqués d'une maniere fort obscure sur les différentes machines de guerre qui étoient en usage de leur tems, il est bien difficile de se flater d'avoir deviné juste tout ce qui concerne ces machines : aussi si M. de Folard dit un habile journaliste, n'a pas toûjours donné dans le vrai à cet égard, toûjours peut-on dire qu'on lui a de grandes obligations, & qu'il en a peut-être approché plus que tous ceux qui ont travaillé avant lui sur le même sujet. Bibliotheque raisonnée des savans de l'Europe : tome V.
Au reste les anciens historiens rapportent des effets de ces machines qui nous paroissent presqu'incroyables. M. de Folard a eu soin de les rapporter dans son traité de l'attaque des places des anciens. Voy. CATAPULTE. (Q)
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| BALISTIQUE | S. f. (Ordre encyclopédique, Entendement, Raison, Philosophie ou Science. Science de la nature. Mathématiques. Mathématiques mixtes. Méchanique. Dynamique. Dynamique proprement dite. Balistique) c'est la science du mouvement des corps pesans jettés en l'air suivant une direction quelconque. Ce mot vient du grec, jacio ; je jette.
On trouvera à l'article PROJECTILE les lois de la Balistique. La théorie du jet des bombes est une partie considérable de cette science, & c'est principalement cette théorie qu'on y traite. Nous avons là-dessus plusieurs ouvrages, l'art de jetter les bombes de M. Blondel, de l'académie des Sciences, un des premiers qui ayent paru sur cette matiere ; le Bombardier françois par M. Belidor, &c. Mais personne n'a traité cette science d'une maniere plus élegante & plus courte que M. de Maupertuis, dans un excellent mémoire imprimé parmi ceux de l'académie des Sciences de Paris de 1732 ; ce mémoire est intitulé Balistique arithmétique, & on peut dire qu'il contient en deux pages plus de choses que les plus gros traités que nous ayons sur cette matiere. M. de Maupertuis cherche d'abord l'équation analytique de la courbe A M B (fig. 47. Méch.), que décrit un projectile A jetté suivant une direction quelconque A R ; il trouve l'équation de cette courbe entre les deux coordonnées A T, x, & T M, y, & il n'a pas de peine à faire voir que cette équation est celle d'un parabole. En faisant y = 0, dans cette équation, la valeur correspondante de x lui donne la partie A B du jet ; pour avoir le cas où la portée A B du jet est la plus grande qu'il est possible, il prend la différence de la valeur de A B, en ne faisant varier que la tangente de l'angle de projection RAB ; & il fait ensuite cette différence = 0, suivant la regle de maximis & minimis, ce qui lui donne la valeur de la tangente de l'angle de projection, pour que A B soit la plus grande qu'il est possible, & il trouve que cette tangente doit être égale au rayon, c'est-à-dire que l'angle B A R doit être de 45 degrés. Pour avoir la hauteur t m du jet, il n'y a qu'à faire la différence de y = 0, parce que t m est la plus grande de toutes les ordonnées. Pour frapper un point donné n avec une charge donnée de poudre, il substitue dans l'équation de la parabole, à la place de x, la donnée A I, & à la place de y, la donnée In, & il a une équation dans laquelle il n'y a d'inconnue que la tangente de l'angle de projection R A B, qu'il détermine par cette équation, &c. & ainsi des autres.
Au reste, la plûpart des auteurs qui ont traité jusqu'à présent de la Balistique, ou ce qui est presque la même chose, du jet des bombes, ne l'ont fait que dans la supposition que les corps se meuvent dans un milieu non résistant ; supposition qui est assez éloignée du vrai. M. Newton a démontré dans ses principes, que la courbe décrite par un projectile dans un milieu fort résistant, s'éloigne beaucoup de la parabole ; & la résistance de l'air est assez grande pour que la différence de la courbe de projection des graves avec une parabole ne soit pas insensible. C'est au moins le sentiment de M. Robins, de la Société royale de Londres ; ce savant a donné depuis peu d'années un ouvrage anglois, intitulé A new principles of gunnery, nouveaux principes d'Artillerie ; dans lequel il traite du jet des bombes, & en général du mouvement des projectiles, en ayant égard à la résistance de l'air qu'il détermine en joignant les expériences à la théorie, il n'y a point de doute que la Balistique ne se perfectionnât considérablement, si on s'appliquoit dans la suite à envisager sous ce point de vûe le mouvement des projectiles. Voyez RESISTANCE.
Selon d'autres auteurs, qui prétendent avoir aussi l'expérience pour eux, la courbe décrite dans l'air par les projectiles est à-peu-près une parabole, d'où il s'ensuit que la résistance de l'air au mouvement des projectiles est peu considérable. Cette diversité d'opinions prouve la nécessité dont il seroit de constater ce fait de nouveau par des expériences sûres & bien constatées. (O)
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| BALIVEAU | S. m. en terme d'Eaux & Forêts, signifie un jeune chêne, hêtre ou châtaigner au-dessous de quarante ans, reservé lors de la coupe d'un taillis. Les ordonnances enjoignent d'en laisser croître en haute futaie seize par chaque arpent, afin de repeupler les ventes. (H)
* On peut considérer les baliveaux par rapport aux bois de haute-futaie, & par rapport aux taillis. Par rapport au premier point, M. de Reaumur prétend dans un mémoire sur l'état des bois du royaume, imprimé dans le recueil de l'académie, année 1721, que les baliveaux sont une mauvaise ressource pour repeupler le royaume de bois de haute-futaie, parce qu'une très-grande partie périt ; car n'ayant pas pris dans les taillis qui les couvroient toute la force nécessaire pour résister aux injures de l'air, on ne peut leur ôter cet abri sans inconvénient. Des lisieres entieres de jeunes futaies ont péri dans un hyver froid, mais non excessivement rude, après qu'on eut coupé pendant l'été d'autres lisieres qui les couvroient. Il en arrive autant aux arbres réservés au milieu de forêts abattues. Des baliveaux qui ont échappé aux injures de l'air, peu échappent à la coignée du bucheron ; il en abat au moins une partie dans la coupe suivante du taillis : les morts lui donnent occasion d'attaquer les vifs ; & il est de notoriété que dans la plûpart des taillis, on ne trouve que des baliveaux de deux à trois coupes. Mais indépendamment de cela, dit M. de Reaumur, ces baliveaux ne seront pas des arbres d'une grande ressource ; ils ont peu de vigueur & sont tous rabougris, s'ils n'ont pas péri, ils sont restés malades ; & quelque bon qu'ait été le terrein, jamais baliveau ne parviendra peut-être & n'est parvenu à devenir un arbre propre à fournir une longue poutre, un arbre de pressoir, ni quelqu'autre semblable piece de bois. Cela est sûr au moins par rapport aux baliveaux réservés dans les taillis qu'on coupe de dix ans en dix ans au plûtôt. Ils ne sont jamais hauts de tige, & croissent toûjours en pommiers.
Ces inconvéniens des baliveaux seront d'autant moindres, que le taillis sera coupé dans un âge plus avancé, mais à quelqu'âge qu'on le coupe, on ne peut pas espérer que les baliveaux réparent les futaies qui s'abattent journellement.
Quant au second point, la conservation des taillis par les baliveaux ; il ne faut, dit le même auteur, que parcourir les taillis où les baliveaux ont été le mieux conservés ; on trouvera qu'au-dessous & tout autour du baliveau, sur-tout quand il est parvenu à âge d'arbre, la place est nette, & que les souches sont péries, parce qu'elles se sont trouvées trop à l'ombre : aussi, bien des particuliers qui souhaitent abattre leurs baliveaux, ne le souhaitent que pour conserver leurs taillis. Si les baliveaux donnent quelques glands aux taillis, ils les leur font donc payer cher ; d'ailleurs ces glands tombant au hasard sur la surface de la terre, & la plûpart sous l'arbre même, ne réussissent guere.
M. de Buffon s'accorde en ceci avec M. de Reaumur. " On sait, dit cet académicien, dans un mémoire sur la conservation & le rétablissement des forêts, année 1739, que le bois des baliveaux n'est pas de bonne qualité, & que d'ailleurs ces baliveaux font tort aux taillis. J'ai observé fort souvent les effets de la gelée du printems dans deux cantons voisins des bois taillis. On avoit conservé dans l'un tous les baliveaux de quatre coupes successives ; dans l'autre on n'avoit réservé que les baliveaux de la coupe actuelle. J'ai reconnu que la gelée avoit fait un si grand tort au taillis surchargé de baliveaux, que l'autre taillis l'a devancé de près de cinq ans sur douze. L'exposition étoit la même : j'ai sondé le terrein en différens endroits, il étoit semblable. Ainsi, continue M. de Buffon, j'attribue cette différence à l'ombre & à l'humidité que les baliveaux jettoient sur les taillis ; & à l'obstacle qu'ils formoient au desséchement de cette humidité en interrompant l'action du vent & du soleil. Ils seroit donc à propos de recourir à des moyens plus efficaces que les baliveaux, pour la restauration de nos forêts de haute-futaie, & celle de nos bois taillis ". Voyez FORETS, TAILLIS.
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| BALK | ou BALKHE, (Géog.) ville d'Asie, au pays des Usbecs, dans la province du même nom, sur la riviere de Dilhas. Long. 85. lat. 36. 40.
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| BALLADE | S. f. (Belles-Lettres) piece de vers distribuée ordinairement en trois couplets, tous les trois de même mesure & sur les mêmes rimes masculines & féminines, assujettie à un refrein qui sert de dernier vers à chaque couplet, & terminée par un envoi ou adresse qui doit aussi finir par le refrein. Le nombre des vers du couplet n'est point limité. Ce sont ou des quatrains, ou des sixains, ou des huitains, ou des dixains, ou des douzains ; l'envoi est ordinairement de quatre ou de cinq vers, mais quelquefois tous féminins. Voilà du moins les lois auxquelles Jean Marot s'est conformé dans ses trois ballades d'amour, dont les deux dernieres sont excellentes ; elles sont de vers de dix syllabes ; c'est la mesure affectée à cette sorte d'ouvrage : il y a cependant des ballades en vers de huit syllabes. On ne fait plus guere de ballades, & je n'en suis pas trop surpris ; la ballade demande une grande naïveté dans le tour, l'esprit, le style, & la pensée, avec une extrème facilité de rimer. Il n'y a presque que la Fontaine qui, réunissant toutes ces qualités, ait su faire des ballades & des rondeaux depuis Clément Marot.
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| BALLE | S. f. se dit en général de tout corps à qui l'on a donné artistement la figure sphérique ! ainsi on dit, une balle de paume, une balle de coton, &c.
* BALLE, s. f. (Hist. anc. & gymnast.) instrument dont les anciens se servoient dans la danse appellée sphéristique. Voyez SPHERISTIQUE.
Les différens jeux de balle produisoient parmi les anciens différens effets relatifs à la conservation de la santé. Les grands mouvemens que ces jeux occasionnent, les rendent utiles lorsque l'exercice est nécessaire, & que les personnes sont en état de le supporter. Ils donnent de la vigueur, & font allonger les fibres musculeuses & nerveuses ; aussi voit-on qu'entre les jeunes gens, ceux qui y sont exercés, sont communément plus grands, plus forts, & plus alertes que les autres. Voyez EXERCICE, GYMNASTIQUE, JEU.
BALLE, dans l'Art milit. comprend toutes sortes de petites boules ou boulets pour les armes à feu, depuis le canon jusqu'au pistolet. Voyez BOULET, ARME A FEU, CANON, &c.
Celles qui servent pour les canons sont de fer ; celles des mousquets, carabines, & pistolets, sont de plomb. On a voulu se servir de balles de fer pour ces armes : mais on a reconnu qu'outre leur légereté qui ne permet pas de tirer juste, elles ont encore le défaut de rayer le canon du fusil.
Il faut remarquer que quoiqu'on dise ordinairement un boulet de canon, on dit aussi qu'une piece de batterie porte 36, 33, ou 24 livres de balle. On dit encore charger le canon à balle, pour dire charger à boulet. (Q)
* Les balles dont on charge les petites armes à feu, se fabriquent de la même maniere que les dragées moulées, mais dans des moules plus grands. Voyez l'article FONTE de la dragée au moule. Il y en a de 26 sortes différentes, numérotées selon la quantité ou le nombre qu'il faut pour faire une livre pesant. La sorte la plus grosse est des huit à la livre ; la sorte suivante est de seize à la livre, & chaque balle pese une once. La plus petite, qui approche beaucoup de la dixieme sorte de dragée, est des 120 à la livre. Voyez la table à l'article cité.
On appelle balles ramées, deux balles attachées ensemble par un fil de fer ; & balle de calibre, celle qui est de même grosseur que le calibre du fusil.
* Comme il importe aux chasseurs qui ont quelquefois occasion de tirer du poisson dans l'eau, de savoir si les balles y souffrent ou non de la réfraction, je vais rapporter quelques expériences que M. Carré, de l'académie royale des Sciences, a fait faire, & qu'on peut voir dans le recueil de cette académie année 1705. On tira un fusil chargé à balle deux coups dans un bassin de pierre plein d'eau, de deux piés & demi de diametre, profond de seize pouces, sous un angle de 20 degrés & sous celui de 80 ; mais le grand effort de l'eau contre les parois du bassin où l'on avoit mis les ais, le dérangerent tellement qu'on ne put savoir si les balles souffroient quelque dérangement dans la direction de leur mouvement. Les expériences réitérées dans des bennes pleines d'eau ont été accompagnées du même inconvénient : elles ont été brisées sur le champ, & ce furent les cerceaux d'en-bas que l'eau fit casser.
On seroit tenté de croire que c'étoit la balle qui faisoit briser les vaisseaux en passant à-travers les ais, & non le mouvement de l'eau : mais l'expérience qui suit ne laisse aucun doute que ce ne soit la derniere de ces causes. Un coup fut tiré dans une caisse quarrée d'un pié de haut, & de six pouces d'épaisseur, dont les quatre ais qui faisoient la longueur avoient chacun un pouce d'épaisseur, & les deux bouts en avoient chacun deux, afin d'y bien attacher les autres avec force clous : on avoit rempli ce vaisseau par une petite ouverture, les ais furent percés par la balle sans en être brisés : mais l'eau s'en tourmenta de maniere qu'elle fit écarter ces ais les uns des autres, & que la caisse fut rompue.
Il fallut donc pour obtenir un résultat exact sur la réfraction, recommencer les expériences dans un bassin de pierre : on en prit un dont la longueur intérieure étoit de trois piés trois pouces, la largeur d'un pié huit pouces, & la profondeur d'un pié & un pouce ; on fit placer à son côté le plus éloigné un ais pour recevoir les balles ; un autre ais vertical & pareil à celui-là occupoit le milieu du bassin, & au-dessus du côté le plus voisin du tireur, un carton : l'arquebuse étoit arrêtée fixe à huit piés du bassin. La balle a percé le carton : mais elle est tombée applatie, à-peu-près comme une piece de douze sols, entre le carton & le premier ais. Au second coup, la balle s'est divisée en trois morceaux applatis, sans avoir atteint le premier ais. On a tiré deux autres coups avec une forte charge, sans trouver de balles dans le fond du bassin ni contre les ais : ces balles avoient près de quatre lignes de diametre ; elles étoient faites exprès pour l'arquebuse, & ne pouvoient entrer dans le canon qu'en les poussant avec une baguette de fer.
On a mis dans un reservoir de 10 piés en quarré deux ais paralleles entr'eux & à l'horison, & à un pié de distance l'un de l'autre : celui de dessus ne faisant qu'un même plan avec la surface de l'eau, on a tiré deux coups sur cet ais, sous un angle de 30 degrés, avec une égale charge de poudre ; le premier avec une arquebuse dont le canon avoit trois piés deux pouces six lignes de long, & la balle trois lignes 3/4 de diametre ; le second avec un fusil dont le canon avoit trois piés dix pouces trois lignes de long ; & la balle sept lignes de diametre : la grosse balle a percé les deux ais, & traversé par conséquent toute l'étendue de l'eau qui étoit entr'eux ; au lieu que la petite n'a percé que l'ais supérieur, & s'est arrêtée applatie sur l'ais inférieur : d'où l'on a conclu que le fusil étoit plus propre pour l'expérience de la réfraction que l'arquebuse.
On a attaché au-dessus du bassin de pierre qu'on a décrit plus haut, un fusil sur deux appuis fixes, dont l'un étoit à cinq & l'autre à sept piés de distance du bassin : on l'a assûré & rendu immobile sur ces appuis : il faisoit avec l'horison, ou la surface de l'eau ou du bassin, un angle de vingt degrés ; il étoit chargé du poids de trois deniers vingt grains de poudre, avec une balle de sept lignes de diametre, qui pesoit dix-sept deniers six grains. La balle a percé le carton, le premier ais, & s'est arrêtée dans le second : on a vuidé l'eau, & les centres des trois trous se sont trouvés exactement dans la même direction.
La même expérience réitérée a donné la même chose : en augmentant la charge, on a remarqué que la balle entroit moins ; & chassée par sept deniers six grains de poudre, elle s'est applatie d'un côté, & a peu frappé l'ais du milieu.
Chassée de l'arquebuse avec la même charge, elle s'est divisée en deux parties, chacune inégalement applatie, sans avoir touché l'ais du milieu. Chassée de la même arme avec la moitié de la charge, elle n'a point atteint l'ais du milieu, & n'a perdu que peu de sa sphéricité.
Une balle de sept lignes poussée avec une forte charge dans un réservoir de 40 piés de diametre, profond de six piés, contre un linge parallelement étendu à la surface de l'eau, à deux piés de profondeur, est restée sur ce linge applatie, mais fort inégalement.
La balle de même calibre, chassée de la même arme avec un tiers de poudre de plus, s'est divisée en plusieurs petits morceaux de la grosseur d'une lentille, & diversement figurés.
La balle tirée perpendiculairement à la surface de l'eau, s'est applatie assez régulierement.
Quand on tire dans l'eau, il s'en éleve une quantité plus ou moins grande, & plus ou moins haut, selon la charge : quand la charge est forte, l'eau s'éleve jusqu'à vingt piés.
La balle de sept lignes chassée par quatre deniers de poudre ou environ, entre assez avant dans l'eau sans perdre de sa sphéricité ; chassée par huit deniers de poudre, elle en perd la moitié ; par douze deniers elle la perd entierement ; & par seize, elle se divise en plusieurs parties.
D'où il s'ensuit 1°. que la commotion communiquée à l'eau par la balle est très-considérable ; en effet si l'on tire sur une riviere, on en sentira le rivage ébranlé sous ses piés : 2°. que plus la charge est forte, moins la balle fait de progrès dans l'eau : 3°. qu'il n'y a point de réfraction sensible : 4°. par conséquent qu'il ne faut tirer dans l'eau, ni au-dessous ni au-dessus de l'objet qu'on veut atteindre : 5°. qu'il ne faut employer qu'une petite charge.
Mais on sait qu'une balle qui passe à-travers un morceau de bois mobile sur des gonds, & fort épais, ne se défigure presque pas, & ne lui communique aucune impulsion ; tandis qu'il est constant par les expériences qui précedent, qu'elle s'applatit sur l'eau, & occasionne une grande commotion à tout le rivage. D'où vient, peut-on demander, la différence de ces phénomenes ? l'eau seroit-elle plus difficile à diviser que le bois.
Voici comment je pense qu'on pourroit répondre à cette objection : qu'un corps mû ne communique du mouvement, au moins de translation, à un autre, qu'autant que cet autre lui résiste ou s'oppose à son mouvement. Ayez un corps, même mou, rendez-le résistant, & aussi-tôt vous lui communiquerez beaucoup de mouvement, & à tout ce qui l'environnera. Si vous enfoncez doucement un bâton dans l'eau, vous la diviserez sans peine, & presque sans l'agiter ; si vous la frappez avec impétuosité, vous donnez lieu à son élasticité, & en même tems à sa résistance ; vous lui communiquez beaucoup de mouvement, mais vous ne la divisez pas : voilà pour le corps fluide. Quant au corps solide, ce corps solide ne peut résister à la balle qui vient le frapper, que par l'adhésion de ses parties : si l'adhésion de ces parties n'est rien relativement à la vîtesse de la balle qui le vient frapper, il est évident qu'il ne peut être mû d'un mouvement de translation, parce que rien ne résiste à la balle. Qu'on suppose une porte ouverte percée d'un trou couvert d'une toile d'araignée ; si j'applique mon doigt contre les endroits solides de la porte, ces endroits résistant à son impulsion, la porte tournera sur les gonds & se fermera : mais elle restera immobile avec quelque vîtesse que je porte mon doigt contr'elle, si je l'applique contre la toile d'araignée : or tout le tissu de la porte devient toile d'araignée, relativement à la vîtesse d'une balle chassée par un fusil ; & l'adhésion des parties n'est pas assez grande pour donner lieu à l'élasticité.
Mais on pourra demander encore pourquoi l'élasticité de l'eau frappée avec vîtesse a plûtôt lieu, quoique ses molécules n'ayent presqu'aucune adhérence entr'elles, que l'élasticité du bois dont les molécules tiennent les unes aux autres très-fortement. Il faut, je crois, recourir ici à la densité, à la constitution particuliere des corps ; & de ces deux causes, la derniere & la principale nous est malheureusement très-peu connue.
BALLE A FEU, est dans l'Artillerie un amas d'artifice de figure ronde ou ovale de différentes grosseurs, qui se jette à la main ou avec le mortier.
Maniere la plus usitée pour faire des balles à feu. L'on se sert pour faire des balles à feu d'une livre de salpetre, d'un quarteron de fleur de soufre, deux onces de poussier broyé passé par le tamis de soie ; & mêlé avec l'huile de pétrole ou huile de lin ; il faut en faire de petites boules de la grosseur d'une balle, les percer quand elles seront humides, y mettre de la corde d'amorce en-travers, les passer quatre à quatre ou deux à deux, & les rouler dans le poussier vif, après quoi cela prend feu.
Autre maniere pour faire les balles à feu, qui peuvent s'exécuter dans les mortiers. Il faut avoir un porte-feu d'un pié & demi ou de deux piés de longueur, suivant la grosseur dont on voudra faire la balle, sur un pouce ou un pouce & demi de diametre, lequel sera chargé d'une composition que l'on aura faite avec deux livres de salpetre, une livre de soufre, & demi-livre de poudre, le tout bien pilé séparément, le passer dans un tamis bien fin, & après mêler le tout ensemble autant qu'il se pourra.
En cas que le feu soit trop lent, on y ajoûtera un peu de poudre pilée ; & s'il brûle trop vîte, on y ajoûtera un peu de salpetre pour le faire durer davantage. Le milieu de la balle sera un petit sac rempli de même composition. Les porte-feux seront passés au-travers de ce sac ; & par-dessus, pour couvrir la balle, on mettra de gros copeaux avec de la filasse, que l'on fera tremper dans un grand chauderon ou chaudiere, dans laquelle on mettra six à sept livres d'huile de lin, & autant d'huile de térébenthine, avec huit ou neuf livres de goudron ou poix que l'on fera chauffer doucement, & qu'on remuera bien souvent ; & lorsque le tout sera bien lié, l'on fera tremper dans la chaudiere la filasse & les copeaux, que l'on mettra à part pour les faire sécher à demi ; & après on fera tremper aussi de la vieille toile bien grossiere, qui servira pour envelopper la balle. Il faut avoir du soufre pilé sans être passé au tamis, & du salpetre, & en jetter sur la toile, comme aussi sur la filasse & les coupeaux à part, pour que le feu soit plus clair. Il faut observer qu'il faut mettre de tems en tems du fil de fer autour de la matiere qu'on mettra dans la boule pour la faire tenir, & ne la pas trop presser, parce que le feu seroit trop lent. Quand la matiere est un peu mouvante, la flamme en est plus grande. Si l'on veut davantage presser le feu, il faut prendre trois livres de poudre pilée, une livre de charbon pilé, mêler le tout ensemble, & après l'étendre sur une table, & faire rouler la balle sur cette matiere lorsqu'elle sera garnie de copeaux & de filasse, & après l'on mettra la toile par-dessus ; ou si l'on ne veut pas se servir de toile pour la derniere enveloppe, l'on peut y faire une petite caisse de bois d'enveloppe léger ; le tout dépend de la conduite de l'officier qui s'en doit servir ; il peut se corriger à la premiere ou seconde balle qu'il fera joüer.
Autre maniere de composition de balles à feu qui se jettent avec le mortier, rapportée dans le Bombardier François de M. Belidor. Pour composer ces sortes de balles il faut 30 livres de poudre, 5 livres de poix blanche ou résine, 10 livres de poix noire, 2 livres de suif de mouton, 2 livres d'étoupes, 4 grenades chargées, 4 cordes pour les montans, grosses environ comme le doigt, longues chacune de 6 piés & demi ; 6 brasses de corde de la grosseur du petit doigt, & de la toile pour un sac de 11 pouces de diametre, sur 22 pouces de hauteur.
Il faut faire fondre la poix dans une chaudiere ou marmite de fer ; & lorsqu'elle sera fondue, y jetter les deux livres de suif de mouton, que l'on aura eu soin de faire bien hacher : le tout bien incorporé ensemble, on le remuera de tems en tems avec la spatule de fer, & l'on en ôtera avec l'écumoire les corps étrangers. On retire cette chaudiere de dessus le feu pour la porter la plus chaude qu'il se peut, auprès d'une autre chaudiere de fer, que l'on aura fait enterrer de façon qu'il y ait un glacis autour d'environ six pouces, pour que la composition que l'on verse doucement dans cette autre chaudiere, ne s'écarte pas. Il faudra échauffer la chaudiere enterrée avec un peu de braise, de façon qu'on la puisse toucher de la main, & la bien nettoyer avec un sac à terre pour qu'il ne reste point de feu. Ensuite on y verse la composition, sur laquelle on répand peu à peu les trente livres de poudre, en faisant remuer toûjours avec deux spatules ou pelles de fer rondes. Cette poudre bien mêlée avec la composition, on y met l'étoupe par petits morceaux, faisant toûjours remuer à force de bras pour qu'elle s'imbibe parfaitement ; après quoi on formera la balle à feu. Pour cela on noue les quatre cordes ensemble dans leur milieu, ce qui forme huit montans ; on pose le culot du sac sur le noeud ; on met dans le fond environ un tiers de la composition ; sur laquelle on met encore deux grenades, que l'on couvrira d'un autre tiers de composition. On lie ensuite le sac avec une ficelle par le haut à dix-huit pouces ou environ de longueur, puis on rassemble les huit montans, qu'on lie au-dessus du sac avec une autre ficelle, observant que le sac soit toûjours bien droit & bien à-plomb sur son culot, que les montans soient également distans les uns des autres le long du sac. Ces précautions prises, on cordelle la balle à feu, fermant le culot comme celui d'un panier ; on continue jusqu'à la moitié de la hauteur de la balle, observant de bien tirer les montans à mesure que l'on monte les travers, qui doivent être distans de deux pouces les uns des autres. On lie les montans à demeure avec de la ficelle, & on continue de cordeler, jusqu'en-haut, serrant les montans également, afin qu'ils restent droits autant qu'il se pourra, & bien partagés.
Cette balle à feu qui doit avoir la forme d'un oeuf étant faite, on fait un anneau avec le reste des montans ; on les lie avec de la ficelle pour pouvoir y passer un levier, pour la tremper dans une chaudiere où est pareille composition que celle des tourteaux, pour la goudronner de tous côtés ; après quoi on la met dans de l'eau pour la refroidir : on perce ensuite deux trous auprès de l'anneau avec une cheville de bois d'environ un pouce de diametre & de cinq à six pouces de profondeur, observant que ces deux chevilles puissent se joindre en un point. On a soin de bien graisser les chevilles qui doivent rester dans la balle jusqu'à ce que l'on veuille l'exécuter, afin qu'alors on puisse les retirer aisément. On remplit les trous qu'elles laissent, avec de la composition pareille à celle des fusées de bombe, observant de la battre avec une machine de cuivre ou de bois, crainte d'accident : mais lorsque l'on ne veut pas garder longtems la balle à feu, on charge les fusées de suite au moment qu'elle est froide, de la façon qu'il est dit ; on les coeffe avec de la cire préparée, y mettant à chacun un petit bout de ficelle pour les reconnoître au besoin. La balle à feu s'exécute dans le mortier comme la bombe. Les bombardiers mettent le feu en même tems aux fusées ; & lorsqu'on les voit bien allumées, on met le feu au mortier.
Quand on se sert de balle à feu pour découvrir les travailleurs de l'ennemi, il faut faire ensorte de pointer le canon de maniere qu'elles ne montent point fort haut, de crainte qu'elles ne s'enterrent. Elles servent aussi pour mettre le feu dans les magasins à fourrage, de même que dans les maisons ; & en ce cas, on donne au mortier le degré d'élevation nécessaire pour que la balle tombe sur les toîts comme la bombe, & qu'elle les perce. On peut mettre dans la balle à feu avec les grenades, des bouts de canon de fusils, de pistolets, remplis de poudre & de balles. Les grenades y sont mises pour écarter ceux qui voudroient l'éteindre.
On peut encore mettre dans la balle à feu une bombe de six pouces au lieu de grenades. On place pour cet effet environ un tiers de composition au fond du sac, sur laquelle on pose un tourteau goudronné, ensuite la bombe la fusée en-bas. On peut mettre aussi dans la balle à feu quatre lits de tourteaux & de grenades avec fusées.
omposition de balles à feu qu'on jette avec la main. Il faut prendre six livres de soufre tamisé, autant de poulverin, autant de salpetre, & autant de crystal minéral, une livre & demie de camfre, trois quarterons de vif-argent, une livre & demie de colophane, trois livres d'huile de pétrole, six onces de gomme arabique, une livre & demie de sel ammoniac, & une demi-pinte d'esprit-de-vin. On fait dissoudre le camfre dans l'esprit-de-vin, la gomme dans un peu d'eau ; après quoi on met de l'esprit-de-vin, on mêle bien ensemble le soufre, le poulverin, le salpetre, le crystal minéral, & la colophane, humectant de tems en tems cette composition avec le camfre dissous, la gomme & l'huile de pétrole.
Après que tout a été mis en pâte & bien mêlé à force de bras, on en fait des pelotes qui pesent environ quatre livres. On partage le vif-argent en autant de parties égales qu'on a fait de pelotes. On perce chacune de ces pelotes de plusieurs petits trous avec une cheville de bois graissée ; on y met cette partie de vif-argent, puis on resserre les trous ; on enveloppe la pelote avec un peu de filasse & de l'étoupe, & du papier gris que l'on entortille avec du gros fil : on la trempe dans le goudron, ensuite on la couvre d'une grosse toile, que l'on trempe une seconde fois dans le goudron ; après quoi on la trempe dans l'eau ; on y fait un trou avec une cheville de bois graissée qui ne passe pas le centre de la pelote, & on le remplit de la composition des fusées à bombes. On se sert de ces sortes de balles à feu pour éclairer un terrein occupé par l'ennemi. S. Remy. (Q)
BALLE LUISANTE, chez les Artificiers ; on appelle ainsi une espece d'artifice semblable aux étoiles, & qui n'en differe que par la composition, la grosseur, & la couleur du feu. Voici la maniere de le faire.
Prenez six onces de soufre, deux onces d'antimoine crud ; de salpetre, de colophane, & de charbon, de chacun quatre onces : ou bien de salpetre, de colophane, de charbon, de chacun deux onces, & d'antimoine, de soufre & de poix noire, de chacun une once.
Après avoir bien pilé ces matieres, on les fera fondre dans un vaisseau de cuivre ou de terre vernissée, dans lequel on jettera des étoupes de chanvre ou de lin autant qu'il en faudra pour absorber toute la matiere fondue ; pendant qu'elle se refroidira on en fera des pelotons de la grosseur qu'on voudra, & on les amorcera de pâte de poudre écrasée, dans laquelle on les roulera, ou on les enveloppera de coton d'étoupille : il faut cependant prendre garde de ne pas faire ces balles si grosses qu'elles ne puissent être totalement consommées en retombant du pot d'une fusée volante, crainte qu'elles ne retombent en feu sur les spectateurs, ou sur des maisons où elles pourroient mettre le feu.
BALLES d'Imprimerie ; ce sont deux morceaux de bois creusés, surmontés d'un manche aussi de bois, parfaitement ressemblant à un entonnoir. Le creux de cet instrument se remplit de laine bien nette & bien cardée, laquelle y est maintenue par deux cuirs apprêtés & attachés avec de petits clous tout autour de la bouche de l'entonnoir ; c'est avec ces deux ustensiles que l'on empreint d'encre la forme. Voyez Planche IV. A. qui représente les deux balles posées l'une sur l'autre sur les chevilles de la presse.
BALLES TEIGNEUSES, terme d'Imprimerie. Lorsque les cuirs neufs refusent l'encre, faute de n'avoir pas été assez corroyés, ce qui fait paroître sur les balles des taches noires & blanches, on dit que ces balles sont teigneuses. Pour remédier à ce défaut, l'on est contraint de démonter & corroyer de nouveau les cuirs & de les saupoudrer même de cendre pour imbiber le trop d'humidité dont ils se trouvent surchargés en quelques endroits. Les balles peuvent encore devenir teigneuses si la laine de dedans sort par les bords ; car alors il se forme une espece de duvet, qui se mêle avec l'encre, & introduit sur la forme nombre d'ordures qui emplissent l'oeil de la lettre.
BALLE, chez les Paumiers ; c'est un corps sphérique fait de chiffons de laine couverts de drap blanc d'environ deux pouces & demi, ou trois pouces au plus de diametre, dont on se sert pour jouer à la paume : il doit être bien rond & bien ficelé. Les statuts des paumiers ordonnent qu'il soit couvert de drap neuf, & qu'il pese en tout dix-neuf estelins. L'estelin vaut la vingtieme partie d'une once. Pour faire la balle, il faut avoir du chiffon, une masse de bois & l'instrument appellé bilboquet. On prend du chiffon, on en forme un peloton que l'on ficelle, on le bat dans le bilboquet, afin de noyer la corde dans l'étoffe dont il est fait. Quand il a la grosseur convenable, on le revêt de drap blanc : on le finit ensuite sur le bilboquet, où on le remet pour abattre la couture de son vêtement, & la balle est faite. Voyez PAUMIER, BILBOQUET, & la figure de cet instrument dans la Planche du Paumier.
BALLE, terme de Commerce ; on appelle ainsi certaine quantité de marchandises enveloppées ou empaquetées dans de la toile avec plusieurs tours de corde bien serrés par-dessus, après les avoir bien garnies de paille pour empêcher qu'elles ne se brisent ou ne se gâtent par l'injure du tems.
On dit une balle d'épicerie, de livres, de papier, de fil, &c. & l'on met sur les balles des marques & numeros, afin que les marchands à qui elles sont envoyées puissent les reconnoître.
Une balle de coton filé est ordinairement de trois, ou quatre cent pesant. Une balle de soie crue pese quatre cent. Une balle de grosse toile est de trois, trois & demie ou quatre pieces.
Selon M. Chambers, une balle de laine en Angleterre est la valeur de la charge d'un cheval, & contient deux cent quarante livres de poids.
Vendre des marchandises sous cordes en balles ou en balles sous cordes, c'est les vendre en gros sans échantillon & sans les déballer.
On appelle marchandises de balle certaines quincailleries & autres ouvrages qui viennent de certains pays, particulierement de Forès, & qui sont ordinairement fabriqués par de mauvais ouvriers.
Une balle de dez est un petit paquet en papier, qui contient une ou plusieurs douzaines de dez à joüer.
On nomme porte-balles les petits merciers qui vont par la campagne, & qui portent sur leur dos des balles de menue mercerie. (G)
* BALLET, (Oeconomie rustiq.) c'est la pellicule qui enveloppe le grain, & que les fléaux, le van & le crible en détachent. Les laboureurs l'appellent menue paille. On la mêle avec l'avoine des chevaux : on la donne en bûvée aux vaches ; elle peut nourrir toutes sortes de bestiaux ; elle fait mûrir les fruits & les conserve, & l'on en couvre la glace & la neige que l'on réserve pour l'été.
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| BALLET | S. m. danse figurée exécutée par plusieurs personnes qui représentent par leurs pas & leurs gestes une action naturelle ou merveilleuse, au son des instrumens ou de la voix.
Tout ballet suppose la danse, & le concours de deux ou de plusieurs personnes pour l'exécuter. Une personne seule, qui en dansant représenteroit une action, ne formeroit pas proprement un ballet ; ce ne seroit alors qu'une sorte de pantomime. Voyez PANTOMIME. Et plusieurs personnes qui représenteroient quelque action sans danse, formeroient une comédie & jamais un ballet.
La danse, le concours de plusieurs personnes, & la représentation d'une action par les gestes, les pas, & les mouvemens du corps, sont donc ce qui constitue le ballet. Il est une espece de poësie muette qui parle, selon l'expression de Plutarque, parce que sans rien dire, elle s'exprime par les gestes, les mouvemens & les pas. Clausis faucibus, dit Sidoine Apollinaire, & loquente gestu, nutu, crure, genu, manu, rotatu, toto in schemate, vel semel latebit. Sans danse il ne peut point exister de ballet : mais sans ballet il peut y avoir des danses. Voyez DANSE.
Le ballet est un amusement très ancien. Son origine se perd dans l'antiquité la plus reculée. On dansa dans les commencemens pour exprimer la joie ; & ces mouvemens reglés du corps firent imaginer bien-tôt après un divertissement plus compliqué. Les Egyptiens firent les premiers de leurs danses des hiérogliphes d'action, comme ils en avoient de figurés en peinture, pour exprimer tous les mysteres de leur culte. Sur une musique de caractere, ils composerent des danses sublimes, qui exprimoient & qui peignoient le mouvement reglé des astres, l'ordre immuable, & l'harmonie constante de l'univers.
Les Grecs dans leurs tragédies introduisirent des danses, & suivirent les notions des Egyptiens. Les choeurs qui servoient d'intermedes, dansoient d'abord en rond de droite à gauche, & exprimoient ainsi les mouvemens du ciel qui se font du levant au couchant. Ils appelloient cette danse strophes ou tours.
Ils se tournoient ensuite de gauche à droite pour représenter le cours des planetes, & ils nommoient ces mouvemens antistrophes ou retours ; après ces deux danses, ils s'arrêtoient pour chanter : ils nommoient ces chants épodes. Par-là ils représentoient l'immobilité de la terre qu'ils croyoient fixe. Voyez CHOEUR.
Thésée changea ce premier objet de la danse des Grecs ; leurs choeurs ne furent plus que l'image des évolutions & des détours du fameux labyrinthe de Crete. Cette danse inventée & exécutée par le vainqueur du Minotaure & la jeunesse de Delos, étoit composée de strophes & d'antistrophes, comme la premiere, & on la nomma la danse de la grue, parce qu'on s'y suivoit à la file, en faisant les diverses évolutions dont elle étoit composée, comme font les grues lorsqu'elles volent en troupe. Voyez GRUE.
Les ballets furent constamment attachés aux tragédies & aux comédies des Grecs ; Athenée les appelle danses philosophiques ; parce que tout y étoit reglé, & qu'elles étoient des allégories ingénieuses, & des représentations d'actions, ou des choses naturelles qui renfermoient un sens moral.
Le mot ballet vient de ce qu'originairement on dansoit en joüant à la paume. Les anciens, attentifs à tout ce qui pouvoit former le corps, le rendre agile ou robuste, & donner des graces à ses mouvemens, avoient uni ces deux exercices ; ensorte que le mot ballet est venu de celui de balle : on en a fait bal, ballet, ballade, & baladin, le ballar & ballo des Italiens & le bailar des Espagnols, comme les Latins en avoient fait ceux de ballare & de ballator, &c.
Deux célebres danseurs furent à Rome les inventeurs véritables des ballets, & les unirent à la tragédie & à la comédie.
Batile d'Alexandrie inventa ceux qui représentoient les actions gaies, & Pilade introduisit ceux qui représentoient les actions graves, touchantes, & pathétiques.
Leurs danses étoient un tableau fidele de tous les mouvemens du corps, & une invention ingénieuse qui servoit à les regler, comme la tragédie en représentant les passions, servoit à rectifier les mouvemens de l'ame.
Les Grecs avoient d'abord quatre especes de danseurs qu'on nommoit hylarodes, simodes, magodes & lysiodes ; ils s'en servoient pour composer les danses de leurs intermedes. V. ces mots à leurs différ. articles.
Ces danseurs n'étoient proprement que des bouffons, & ce fut pour purger la scene de cette indécence, que les Grecs inventerent les ballets réglés, & les choeurs graves que la tragédie reçut à sa place.
Les anciens avoient une grande quantité de ballets, dont les sujets sont rapportés dans Athenée ; mais on ne trouve point qu'ils s'en soient servis autrement que comme de simples intermedes. Voyez INTERMEDE. Aristote, Platon, &c. en parlent avec éloge ; & le premier est entré, dans sa Poëtique, dans un très-grand détail au sujet de cette brillante partie des spectacles des Grecs.
Quelques auteurs ont prétendu que c'étoit à la cruauté d'Hyeron tyran de Syracuse, que les ballets devoient leur origine. Ils disent que ce prince soupçonneux ayant défendu aux Siciliens de se parler, de peur qu'ils ne conspirassent contre lui ; la haine & la nécessité, deux sources fertiles d'invention, leur suggérerent les gestes, les mouvemens du corps & les figures, pour se faire entendre les uns aux autres : mais nous trouvons des ballets, & en grand nombre, antérieurs à cette époque ; & l'opinion la plus certaine de l'origine des danses figurées, est celle que nous avons rapportée ci-dessus.
Le ballet passa des Grecs chez les Romains, & il y servit aux mêmes usages ; les Italiens & tous les peuples de l'Europe en embellirent successivement leurs théatres, & on l'employa enfin pour célebrer dans les cours les plus galantes & les plus magnifiques, les mariages des rois, les naissances des princes, & tous les évenemens heureux qui intéressoient la gloire & le repos des nations. Il forma seul alors un très-grand spectacle, & d'une dépense immense, que dans les deux derniers siecles on a porté au plus haut point de perfection & de grandeur.
Lucien qui a fait un traité de la danse, entre dans un détail fort grand des sujets qui sont propres à ce genre de spectacle : il semble que cet auteur ait prévû l'usage qu'on en feroit un jour dans les cours les plus polies de l'Europe.
On va donner une notion exacte de ces grands ballets, aujourd'hui tout-à-fait hors de mode, on a vû quelle a été leur origine & leur succès ; on verra dans la suite leurs changemens, leur décadence, & le genre nouveau qu'elle a produit : des yeux philosophes trouvent par-tout ces commencemens, ces progrès, ces diminutions, ces modifications différentes, en un mot, qui sont dans la nature ; mais elles se manifestent d'une maniere encore plus sensible dans l'histoire des Arts.
Comme dans son principe, le ballet est la représentation d'une chose naturelle ou merveilleuse, il n'est rien dans la nature, & l'imagination brillante des Poëtes n'a pû rien inventer, qui ne fût de son ressort.
On peut diviser ces grands ballets en historiques, fabuleux, & poëtiques.
Les sujets historiques sont les actions connues dans l'histoire, comme le siége de Troie, les victoires d'Alexandre, &c.
Les sujets fabuleux sont pris de la fable, comme le jugement de Paris, les noces de Thétis & Pelée, la naissance de Vénus, &c.
Les poétiques, qui sont les plus ingénieux, sont de plusieurs especes, & tiennent pour la plûpart de l'histoire & de la fable.
On exprime par les uns les choses naturelles, comme les ballets de la nuit, des saisons, des tems, des âges, &c. d'autres sont des allégories qui renferment un sens moral, comme le ballet des proverbes, celui des plaisirs troublés, celui de la mode, des aveugles, de la curiosité, &c.
Il y en a eu quelques-uns de pur caprice, comme le ballet des postures, & celui de bicêtre ; quelques autres n'ont été que des expressions naïves de certains évenemens communs, ou de certaines choses ordinaires. De ce nombre étoient les ballets des cris de Paris, de la foire S. Germain, des passe-tems, du carnaval, &c. Enfin l'histoire, la fable, l'allégorie, les romans, le caprice, l'imagination, sont les sources dans lesquelles on a puisé les sujets des grands ballets. On en a vû de tous ces genres différens réussir, & faire honneur à leurs différens inventeurs.
Ce spectacle avoit des regles particulieres, & des parties essentielles & intégrantes, comme le poëme épique & dramatique.
La premiere regle est l'unité de dessein. En faveur de la difficulté infinie qu'il y avoit à s'assujettir à une contrainte pareille, dans un ouvrage de ce genre, il fut toûjours dispensé de l'unité de tems & de l'unité de lieu. L'invention ou la forme du ballet est la premiere de ses parties essentielles : les figures sont la seconde : les mouvemens la troisieme : la Musique qui comprend les chants, les ritournelles, & les symphonies, est la quatrieme : la décoration & les machines sont la cinquieme : la Poësie est la derniere ; elle n'étoit chargée que de donner par quelques récits les premieres notions de l'action qu'on représentoit.
Leur division ordinaire étoit en cinq actes, & chaque acte étoit divisé en 3, 6, 9, & quelquefois 12 entrées.
On appelle entrée une ou plusieurs quadrilles de danseurs, qui par leur danse représentent la partie de l'action dont ils sont chargés. Voyez ENTREE.
On entend par quadrille ; 4, 6, 8, & jusqu'à 12 danseurs vêtus uniformément, ou de caracteres différens, suivant l'exigence des cas. Voyez QUADRILLE. Chaque entrée étoit composée d'un ou plusieurs quadrilles, selon que l'exigeoit le sujet.
Il n'est point de genre de danse, de sorte d'instrumens, ni de caractere de symphonie, qu'on n'ait fait entrer dans les ballets. Les anciens avoient une singuliere attention à employer des instrumens différens à mesure qu'ils introduisoient sur la scene de nouveaux caracteres, ils prenoient un soin extrème à peindre les âges, les moeurs, les passions des personnages qu'ils mettoient devant les yeux.
A leur exemple dans les grands ballets exécutés dans les différentes cours de l'Europe, on a eu l'attention de mêler dans les orchestres, les instrumens convenables aux divers caracteres qu'on a voulu peindre ; & on s'est attaché plus ou moins à cette partie, selon le plus ou le moins de goût de ceux qui en ont été les inventeurs, ou des souverains pour lesquels on les a exécutés.
On croit devoir rapporter ici en abrégé deux de ces grands ballets ; l'un pour faire connoître les fonds, l'autre pour faire appercevoir la marche théatrale de ces sortes de spectacles. C'est du savant traité du P. Ménétrier Jésuite, qu'on a extrait le peu de mots qu'on va lire.
Le gris de lin étoit le sujet du premier ; c'étoit la couleur de Madame Chrétienne de France, duchesse de Savoie, à laquelle la fête étoit donnée.
Au lever de la toile l'Amour déchire son bandeau ; il appelle la lumiere, & l'engage par ses chants à se répandre sur les astres, le ciel, l'air, la terre, & l'eau, afin qu'en leur donnant par la variété des couleurs milles beautés différentes, il puisse choisir la plus agréable.
Junon entend les voeux de l'amour, & les remplit, Iris vole par ses ordres dans les airs, elle y étale l'éclat des plus vives couleurs. L'amour frappé de ce brillant spectacle, après l'avoir consideré, se décide pour le gris de lin, comme la couleur la plus douce & la plus parfaite ; il veut qu'à l'avenir il soit le symbole de l'amour sans fin. Il ordonne que les campagnes en ornent les fleurs, qu'elle brille dans les pierres les plus précieuses, que les oiseaux les plus beaux en parent leur plumage, & qu'elle serve d'ornement aux habits les plus galans des mortels.
Toutes ces choses différentes animées par la danse, embellies par les plus éclatantes décorations, soûtenues d'un nombre fort considérable de machines surprenantes, formerent le fonds de ce ballet, un des plus ingénieux & des plus galans qui ayent été représentés en Europe.
On donna le second à la même cour en 1634, pour la naissance du cardinal de Savoie. Le sujet de ce ballet étoit la Verita nemica della apparenza sollevata dal tempo.
Au lever de la toile on voyoit un choeur de Faux Bruits & de Soupçons, qui précedoient l'Apparence & le Mensonge.
Le fond du théatre s'ouvrit. Sur un grand nuage porté par les vents, on vit l'Apparence vêtue d'un habit de couleurs changeantes, & parsemé de glaces de miroir, avec des aîles, & une queue de paon ; elle paroissoit comme dans une espece de nid d'où sortirent en foule les Mensonges pernicieux, les Fraudes, les Tromperies, les Mensonges agréables, les Flatteries, les Intrigues, les Mensonges bouffons, les Plaisanteries, les jolis petits Contes.
Ces personnages formerent les différentes entrées, après lesquelles le Tems parut. Il chassa l'Apparence, il fit ouvrir le nuage sur lequel elle s'étoit montrée. On vit alors une grande horloge à sable, de laquelle sortirent la Vérité & les Heures. Ces derniers personnages, après différens récits analogues au sujet, formerent les dernieres entrées, qu'on nomme le grand ballet.
Par ce court détail, on voit que ce genre de spectacle réunissoit toutes les parties qui peuvent faire éclater la magnificence & le goût d'un souverain ; il exigeoit beaucoup de richesse dans les habits, & un grand soin pour qu'ils fussent toûjours du caractere convenable. Il falloit des décorations en grand nombre, & des machines surprenantes. Voyez DECORATION & MACHINE.
Les personnages d'ailleurs du chant & de la danse en étoient presque toûjours remplis par les souverains eux-mêmes, les seigneurs & les dames les plus aimables de leur cour ; & souvent à tout ce qu'on vient d'expliquer, les princes qui donnoient ces sortes de fêtes ajoûtoient des présens magnifiques pour toutes les personnes qui y représentoient des rôles ; ces présens étoient donnés d'une maniere d'autant plus galante, qu'ils paroissoient faire partie de l'action du ballet. Voyez SAPATE.
En France, en Italie, en Angleterre, on a représenté une très-grande quantité de ballets de ce genre : mais la cour de Savoie semble l'avoir emporté dans ces grands spectacles sur toutes les cours de l'Europe. Elle avoit le fameux comte d'Aglié, le génie du monde le plus fécond en inventions théatrales & galantes. Le grand art des souverains en toutes choses est de savoir choisir, la gloire d'un regne dépend presque toûjours d'un homme mis à sa place, ou d'un homme oublié.
Les ballets représentés en France jusqu'en l'année 1671, furent tous de ce grand genre. Louis XIV. en fit exécuter plusieurs pendant sa jeunesse, dans lesquels il dansa lui même avec toute sa cour. Les plus célebres sont le ballet des Prospérités des armes de la France, dansé peu de tems après la majorité de Louis XIV. Ceux d'Hercule amoureux, exécuté pour son mariage, d'Alcidiane, dansé le 14 Février 1658 ; des Saisons, exécuté à Fontainebleau le 23 Juillet 1661 ; des Amours déguisés, en 1664, &c.
Les ballets de l'ancienne cour furent pour la plûpart imaginés par Benserade. Il faisoit des rondeaux pour les récits ; & il avoit un art singulier pour les rendre analogues au sujet général, à la personne qui en étoit chargée, au rôle qu'elle représentoit, & à ceux à qui les récits étoient adressés. Ce poëte avoit un talent particulier pour les petites parties de ces sortes d'ouvrages ; il s'en faut bien qu'il eût autant d'art pour leur invention & pour leur conduite.
Lors de l'établissement de l'opéra en France, on conserva le fond d'un grand ballet : mais on en changea la forme. Quinault imagina un genre mixte, dans lequel les récits firent la plus grande partie de l'action. La danse n'y fut plus qu'en sous-ordre. Ce fut en 1671, qu'on représenta à Paris les Fêtes de Bacchus & de l'Amour, cette nouveauté plut ; & en 1681, le Roi & toute sa cour exécuterent à Saint-Germain le Triomphe de l'Amour, fait par Quinault, & mis en musique par Lulli : de ce moment il ne fut plus question du grand ballet, dont on vient de parler. La danse figurée, ou la danse simple, reprirent en France la place qu'elles avoient occupée sur les théatres des Grecs & des Romains ; on ne les y fit plus servir que pour les intermedes ; comme dans Psiché ; le Mariage forcé, les Fâcheux, les Pygmées, le Bourgeois Gentilhomme, &c. Le grand ballet fut pour toûjours relégué dans les colléges. Voyez BALLETS DE COLLEGE. A l'opéra même le chant prit le dessus. Il y avoit plus de chanteurs que de danseurs passables ; ce ne fut qu'en 1681, lorsqu'on représenta à Paris le Triomphe de l'Amour, qu'on introduisit pour la premiere fois des danseurs sur ce théatre.
Quinault qui avoit créé en France l'opéra, qui en avoit apperçu les principales beautés, & qui par un trait de génie singulier avoit d'abord senti le vrai genre de ce spectacle (voyez OPERA), n'avoit pas eu des vûes aussi justes sur le ballet. Il fut imité depuis par tous ceux qui travaillerent pour le théatre lyrique. Le propre des talens médiocres est de suivre servilement à la piste la marche des grands talens.
Après sa mort on fit des opéra coupés comme les siens, mais qui n'étoient animés, ni du charme de son style, ni des graces du sentiment qui étoit sa partie sublime. On pouvoit l'atteindre plus aisément dans le ballet, où il avoit été fort au-dessous de lui-même ; ainsi on le copia dans sa partie la plus défectueuse jusqu'en 1697, que la Mothe, en créant un genre tout neuf, acquit l'avantage de se faire copier à son tour.
L'Europe Galante est le premier ballet dans la forme adoptée aujourd'hui sur le théatre lyrique. Ce genre appartient tout-à-fait à la France, & l'Italie n'a rien qui lui ressemble. On ne verra sans-doute jamais notre opéra passer chez les autres nations : mais il est vraisemblable qu'un jour, sans changer de musique (ce qui est impossible) on changera toute la constitution de l'opéra Italien, & qu'il prendra la forme nouvelle & piquante du ballet François.
Il consiste en trois ou quatre entrées précédées d'un prologue.
Le prologue & chacune des entrées forment des actions séparées avec un ou deux divertissemens mêlés de chants & de danses.
La tragédie lyrique doit avoir des divertissemens de danse & de chant, que le fond de l'action amene. Le ballet doit être un divertissement de chant & de danse, qui amene une action, & qui lui sert de fondement, & cette action doit être galante, intéressante, badine, ou noble suivant la nature des sujets.
Tous les ballets qui sont restés au théatre sont en cette forme, & vraisemblablement il n'y en aura point qui s'y soûtiennent, s'ils en ont une différente. Le Roi Louis XV. a dansé lui-même avec sa cour, dans les ballets de ce nouveau genre, qui furent représentés aux Tuileries pendant son éducation.
Danchet, en suivant le plan donné par la Mothe, imagina des entrées comiques ; c'est à lui qu'on doit ce genre, si c'en est un. Les Fêtes Vénitiennes ont ouvert une carriere nouvelle aux Poëtes & aux Musiciens, qui auront le courage de croire, que le théatre du merveilleux est propre à rendre le comique.
Les Italiens paroissent penser que la musique n'est faite que pour peindre tout ce qui est de plus noble ou de plus bas dans la nature. Ils n'admettent point de milieu.
Ils répandent avec profusion le sublime dans leurs tragédies, & la plus basse plaisanterie dans leurs opéra bouffons, & ceux-ci n'ont réussi que dans les mains de leurs musiciens les plus célebres. Peut-être dans dix ans pensera-t-on comme eux. Platée, opéra bouffon de M. Rameau, qui est celui de tous ses ouvrages le plus original & le plus fort de génie, décidera sans-doute la question au préjudice des Fêtes Vénitiennes & des Fêtes de Thalie, peu goûtées dans leurs dernieres reprises.
Peut-être la Mothe a-t-il fait une faute en créant le ballet. Quinault avoit senti que le merveilleux étoit le fond dominant de l'opéra. Voyez OPERA. Pourquoi ne seroit-il pas aussi le fond du ballet ? La Mothe ne l'a point exclu : mais il ne s'en est point servi. Il est d'ailleurs fort singulier qu'il n'ait pas donné un plus grand nombre d'ouvrages d'un genre si aimable. On n'a de lui que l'Europe galante qui soit restée au théatre ; il a cru modestement sans-doute que ce qu'on appelle grand opéra, étoit seul digne de quelque considération. Son esprit original l'eût mieux servi cependant dans un genre tout à lui. il n'est excellent à ce théatre que dans ceux qu'il a créés. Voyez PASTORALE & COMEDIE-BALLET.
Il y a peut-être encore un défaut dans la forme du ballet créé par la Mothe. Les danses n'y sont que des danses simples : nulle action relative au sujet ne les anime ; on danse dans l'Europe galante pour danser. Ce sont à la vérité des peuples différens qu'on y voit paroître : mais leurs habits plûtôt que leurs pas annoncent leurs divers caracteres ; aucune action particuliere ne lie la danse avec le reste de l'acte.
De nos jours on a hasardé le merveilleux dans le ballet, & on y a mis la danse en action : elle y est une partie nécessaire du sujet principal. Ce genre, qui a plû dans sa nouveauté, présente un plus grand nombre de ressources pour l'amusement du spectateur, des moyens plus fréquens à la poésie, à la peinture, à la musique, d'étaler leurs richesses ; & au théatre lyrique, des occasions de faire briller la grande machine, qui en est une des premieres beautés : mais il faut attendre la reprise des Fêtes de l'Hymen & de l'Amour, pour décider si ce genre est le véritable.
De tous les ouvrages du théatre lyrique, le ballet est celui qui paroît le plus agréable aux François. La variété qui y regne, le mélange aimable du chant & de la danse, des actions courtes qui ne sauroient fatiguer l'attention, des fêtes galantes qui se succedent avec rapidité, une foule d'objets piquans qui paroissent dans ces spectacles, forment un ensemble charmant, qui plaît également à la France & aux étrangers.
Cependant parmi le grand nombre d'auteurs célebres qui se sont exercés dans ce genre, il y en a fort peu qui l'ayent fait avec succès ; on a encore moins de bons ballets que de bons opéra, si on en excepte les ouvrages de Mr. Rameau, du sort desquels on n'ose décider, & qui conserveront, ou perdront leur supériorité, selon que le goût de la nation pour la musique se fortifiera, ou s'affoiblira par la suite. Le théatre lyrique qui peut compter à-peu-près sur huit ou dix tragédies dont la réussite est toûjours sûre, n'a pas plus de trois ou quatre ballets d'une ressource certaine ; l'Europe galante, les Elémens, les Amours des Dieux, & peut-être les Fêtes Greques & Romaines. D'où vient donc la rareté des talens dans un pareil genre ? Est-ce le génie ou l'encouragement qui manquent ? Plutarq. Sid. Apoll. Athén. Arist. Poetique. Platon. Hist. de la danse par Bonnet. Lucien. L. P. Menestrier J. Traité des Ballets, &c. (B)
BALLETS de chevaux. Dans presque tous les carrousels, il y avoit autrefois des ballets de chevaux qui faisoient partie de ces magnifiques spectacles. Pluvinel, un des écuyers du roi, en fit exécuter un fort beau dans le fameux carrousel de Louis XIII. Les deux qui passent pour avoir été les plus superbes, sont ceux qui furent donnés à Florence, le premier en 1608, le dernier en 1615.
On lit dans Pline, que c'est aux Sibarites que l'on doit l'invention de la danse des chevaux : le plaisir étoit le seul objet de ce peuple voluptueux ; il étoit l'ame de tous ses mouvemens & de tous ses exercices. Athénée, d'après Aristote, rapporte que les Crotoniates, qui faisoient la guerre à ce peuple, s'étant apperçûs du soin avec lequel on y élevoit les chevaux, firent secrettement apprendre à leurs trompettes les airs de ballet que les Sibarites faisoient danser à ces animaux dociles. Au moment de la charge, lorsque leur cavalerie s'ébranla, les Crotoniates firent sonner tous ces airs différens, & dès-lors les chevaux Sibarites, au lieu de suivre les mouvemens que vouloient leur donner les cavaliers qui les montoient, se mirent à danser leurs entrées de ballet ordinaires, & les Crotoniates les taillerent en pieces.
Les Bisaltes, peuples de Macédoine, se servirent du même artifice contre les Cardiens, au rapport de Charon de Lampsaque.
Les ballets des chevaux sont composés de quatre sortes de danse ; la danse de terre-à-terre, celle de courbettes, celle des caprioles, & celle d'un pas & un saut.
La danse de terre-à-terre est formée de pas, & de mouvemens égaux, en-avant, en-arriere, à volte sur la droite ou sur la gauche, & à demi-volte ; on la nomme terre-à-terre, parce que le cheval ne s'y éleve point.
La danse des courbettes est composée de mouvemens à demi élevés, mais doucement, en-avant, en-arriere, par voltes & demi-voltes sur les côtés, faisant son mouvement courbé, ce qui donne le nom à cette espece de danse.
La danse des caprioles n'est autre chose que le saut que fait le cheval en cadence à tems dans la main, & dans les talons, se laissant soutenir de l'un, & aider de l'autre, soit en-avant en une place, ou sur les voltes & de côté : on n'appelle point caprioles tous les sauts ; on nomme ainsi seulement ceux qui sont hauts & élevés tout d'un tems.
La danse d'un pas & d'un saut est composée d'une capriole & d'une courbette fort basse ; on commence par une courbette, & ensuite, raffermissant l'aide des deux talons, & soûtenant ferme de la main, on fait faire une capriole, & lâchant la main & chassant en-avant, on fait faire un pas : on recommence après si l'on veut, retenant la main & aidant des deux talons, pour faire une autre capriole.
On a donné le nom d'airs à ces différentes danses, ainsi on dit, air de terre-à-terre, &c.
Dans ces ballets, on doit observer, comme dans tous les autres, l'air, le tems de l'air & la figure.
L'air est le mouvement de la symphonie qu'on exécute, & qui doit être dansée. Le tems des airs sont les divers passages que l'on fait faire aux chevaux en avant, en-arriere, à droite, à gauche : de tous ces mouvemens se forment les figures, & quand d'un seul tems sans s'arrêter, on fait aller le cheval de ces quatre manieres, on appelle cette figure faire la croix.
Ces passages, en terme de l'art, s'appellent passades.
Les trompettes sont les instrumens les plus propres pour faire danser les chevaux, parce qu'ils ont le loisir de prendre haleine lorsque les trompettes la reprennent, & que le cheval, qui est naturellement fier & généreux, en aime le son ; ce bruit martial l'excite & l'anime. On dresse encore les chevaux à danser au son des cors de chasse, & quelquefois aux violons : mais il faut de ces derniers instrumens un fort grand nombre, que les symphonies soient des airs de trompettes, & que les basses marquent fortement les cadences.
Selon la nature des airs on manie les chevaux terre-à-terre, par courbettes, ou par sauts.
Il n'est pas étonnant qu'on dresse des chevaux à la danse, puisque ce sont les animaux les plus maniables, & les plus capables de discipline ; on a fait des ballets de chiens, d'ours, de singes, d'éléphans, ce qui est bien plus extraordinaire, Voyez DANSE. Elien, Martial, Athénée, Pline, Aristote, Charon de Lampsaque, &c.
BALLETS aux chansons ; ce sont les premiers ballets qui ayent été faits par les anciens. Eriphanis, jeune greque, qui aimoit passionnément un chasseur nommé Menalque, composa des chansons par lesquelles elle se plaignoit tendrement de la dureté de son amant. Elle le suivit, en les chantant, sur les montagnes & dans les bois : mais cette amante malheureuse mourut à la peine. On étoit peu galant, quoi qu'en disent les Poëtes, dans ces tems reculés. L'avanture d'Eriphanis fit du bruit dans la Grece, parce qu'on y avoit appris ses chansons ; on les chantoit, & on représentoit sur ces chants les avantures, les douleurs d'Eriphanis, par des mouvemens & des gestes qui ressembloient beaucoup à la danse.
Nos branles sont des especes de ballets aux chansons. Voyez BRANLE. A l'opéra on peut introduire des ballets de ce genre. Il y a une sorte de pantomime noble de cette espece dans la troisieme entrée des Talens Lyriques, qui a beaucoup réussi, & qui est d'une fort agréable invention. La danse de Terpsichore, du prologue des Fêtes Greques & Romaines, doit être rangée aussi dans cette classe. Le P. Ménétrier, traité des ballets.
BALLETS de collége ; ce sont ces spectacles qu'on voit dans les colléges lors de la distribution des prix. Dans celui de Louis-le-Grand, il y a tous les ans la tragédie & le grand ballet, qui tient beaucoup de l'ancien, tel qu'on le représentoit autrefois dans les différentes cours de l'Europe, mais il est plus chargé de récits, & moins rempli de danses figurées.
Il sert pour l'ordinaire d'intermede aux actes de la tragédie ; en cela il rend assez l'idée des intermedes des anciens.
Il y a plusieurs beaux ballets imprimés dans le second volume du P. le Jay Jésuite. On trouve le détail de beaucoup de ces ouvrages dans le pere Ménétrier, qui en a fait un savant traité, & qui étoit l'homme de l'Europe le plus profond sur cette matiere. (B)
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| BALLIN | S. m. (Commerce) on nomme ainsi à Bourdeaux, à Bayonne & dans les autres villes de commerce de la Guyenne, ce qu'on appelle à Paris emballage. (G)
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| BALLINASLOE | (Géog.) petite ville de la Connacie, en Irlande, sur la Sue, dans la province de Roscommon, à dix milles d'Athlane, sur le grand chemin de Gallowai.
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| BALLINEKIL | (Géog.) ville d'Irlande, dans la province de Leinster, au comté de la Reine.
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| BALLON | (Géog.) ville de France, au diocèse du Mans sur la rive droite de l'Orne. Long. 17. 50. lat. 48. 10.
* BALLON, s. f. on donne en général le nom de ballon à tout corps fait par art, dont la figure est sphérique ou à peu près, & qui est creux, de quelque matiere qu'il soit composé, & à quelque usage qu'on l'employe. Il ne faut pas croire que tout ce à quoi la description précédente pourra convenir s'appellera ballon, mais seulement que ce qu'on appelle ballon aura la plûpart de ces conditions.
BALLONS de grenades, bombes, & cailloux, sont dans l'Artillerie des especes de cylindres composés de chacune de ces différentes choses, lesquelles s'exécutent avec le mortier. (Q)
BALLON, terme d'Artificier, les Artificiers appellent ainsi une espece de bombe de carton qu'on jette en l'air comme une véritable bombe, par le moyen d'un mortier. L'effet de cet artifice est de monter avec une très-petite apparence de feu, & d'en jetter subitement une grande quantité après être parvenu au sommet de son élévation, à la différence des bombes, qui ne doivent crever qu'à la fin de leur chûte, voyez BOMBE. On les divise en ballons d'air, & ballons d'eau.
Comme cet artifice est fait pour être jetté en l'air, il est évident qu'il n'y a point de figure qui lui convienne mieux que la sphérique ; qui présente toûjours une surface & une résistance égale au fluide de l'air de quelque côté qu'elle se tourne ; c'est pour cette raison qu'on fait les balles, boulets & bombes d'Artillerie rondes en tout sens, plûtôt que cylindriques ; cependant les Artificiers semblent préférer, pour les ballons, la figure cylindrique à la sphérique, pour leur donner plus de capacité & plus de commodité à y ranger de certaines pieces d'artifice dont on doit les remplir.
Lorsqu'on fait les ballons sphériques, il y a deux manieres de préparer les cartouches pour les remplir : l'une est de former deux hémispheres qu'on remplit chacune à part, qu'on applique ensuite l'une contre l'autre, & qu'on lie par des bandes de carton & de toiles croisées & collées ; cette maniere a des inconvéniens pour la réunion qui devient difficile à cause des évasemens inégaux qui se forment en chargeant.
L'autre est de former le cartouche avec des fuseaux, & de ne les coller premierement qu'à moitié, ou aux deux tiers de leur longueur, ensorte qu'il y reste une ouverture suffisante pour y introduire la main, si elle est nécessaire pour l'arrangement, ou seulement un trou de grandeur convenable pour y introduire les artifices & la fusée de communication, qu'on appelle le porte-feu. Lorsque tout est en place, on replie les bouts des fuseaux à mesure que le ballon se remplit, en le collant par le moyen des doubles qui croisent sur les pieces de l'intérieur ; & enfin, pour le former tout-à-fait, on colle les pointes de ces fuseaux sur le bout du porte-feu, qui sort d'environ un pouce hors du ballon ; ce qui affermit très-bien toutes ces parties, & fournit le moyen d'arranger & de remplir commodément & exactement tout le vuide du ballon.
On commence par mettre au fond du ballon, une certaine quantité de relien, ou de poudre grenée, proportionnée à sa grandeur, comme une ou deux onces, mêlée d'un peu de poulverin pour servir de chasse, qui fait crever la bombe & pousse sa garniture au-dehors : comme il est à propos que cette chasse soit retenue où on l'a mise, & qu'elle ne se répande pas ailleurs lorsqu'on renverse ou qu'on remue la bombe chargée, on la couvre d'un lit de coton d'étoupille en feuille mince, c'est-à-dire, simplement étendue sans être filée ; d'autres la renferment dans un sac de papier plat & mince, qu'on arrange de maniere qu'il occupe le fond.
On met ensuite au milieu un cartouche vuide posant sur ce sac, pour y conserver le passage du porte-feu, & l'on arrange autour de ce cartouche, la garniture du ballon, qui peut être de différentes especes d'artifice.
La premiere est celle dont l'effet produit la chevelure ; laquelle est faite de cartouche de lardons, ou de tuyaux de roseaux coupés de la longueur du ballon, & remplis d'une composition lente faite de trois parties de poulverin, de deux de charbon, & d'une de soufre humecté d'un peu d'huile de pétrole, enfin amorcé par le bas de pâte de poudre écrasée dans de l'eau pure, ou de l'eau de vie, qu'on fera ensuite secher ; on arrange tous ces artifices dans le cartouche autour de celui qui fait le passage du porte-feu, après qu'il est plein, on y introduit le porte-feu tout chargé jusqu'à ce qu'il pose sur la chasse ; & comme il est lié au couvercle, on colle ce couvercle par les bords déchiquetés, sur celui du cartouche, & le ballon est fini.
La seconde espece de garniture est celle des serpenteaux, qu'on arrange comme les tuyaux de roseaux dont nous venons de parler, la gorge en bas sur la chasse.
La troisieme est composée de saucissons volans dont on peut faire tirer les coups successivement en faisant les gorges de matieres lentes, toutes inégalement longues, comme des tuyaux d'orgue ; & comme cet arrangement laisse du vuide sur les plus courts, on y peut mettre des étoiles ou des étincelles de feu.
La quatrieme espece de garniture est celle des étoiles, qu'on arrange par lits sur la poudre de la chasse, en les couvrant de poulverin mêlé d'un peu de charbon, & continuant ainsi jusqu'à ce que le ballon soit plein.
La cinquieme espece est celle des balles luisantes qu'on arrange de même par lits, comme les étoiles.
BALLON ; les artificiers appellent ainsi de gros cartouches, qu'on jette avec le mortier. On les remplit ordinairement de serpenteaux, qui sont gros comme des fusées par terre, mais non pas tout-à-fait si longs. On y met aussi deux petits saucissons de la même longueur & de la même grosseur, qui ayant pris feu par leur amorce font crever le cartouche. Celui-ci a par le bas un porte-feu, à l'embouchure duquel il y a une amorce faite avec du coton trempé dans de la poudre comme l'étoupille.
Ce cartouche se fait sur un gros rouleau de bois, autour duquel on roule des cartes fortes, que l'on colle avec de la colle forte pour les faire tenir ensemble. Après l'avoir étranglé par le bas, on y fait un trou pour le porte-feu, qui se fait comme pour les fusées par terre : sa composition est cependant plus lente, car elle est semblable à celle des fusées volantes. On remplit ensuite le cartouche de serpenteaux, & quelquefois d'étoiles, après quoi on l'étrangle pardessus. Voyez SAUCISSON, FUSEE, ÉTOILE, SERPENTEAU, &c.
Voyez Planche de l'Artificier, fig. 61 un ballon ou bombe d'artifice sphérique ; fig. 65 un mortier à ballon ; fig. 63. un ballon achevé & couvert, avec la fusée qui doit y porter le feu ; fig. 34. la coupe d'un ballon tout chargé, auquel le feu se communique par le porte-feu pratiqué au fond du ballon, qui pose sur la chasse dans le mortier ; & fig. 66. un ballon d'artifice qui en enferme un autre.
BALLON, en Chimie ; est un gros vaisseau de verre dans lequel on reçoit les esprits volatils qu'on distille, c'est une espece de récipient. Lorsque le vaisseau dans lequel on reçoit ce que l'on distille est petit ou médiocre, on l'appelle récipient ; si au contraire ce vaisseau est grand, pour que les esprits sulphureux ou volatils ayent la liberté de s'y mouvoir & de se condenser en goutte contre une surface plus étendue, on l'appelle ballon, parce qu'ayant le cou très-court & la figure ronde, il ressemble à celle d'un ballon. (M)
BALLON, en Marine, c'est une espece de brigantin, dont on se sert dans le royaume de Siam ; ce sont des bâtimens fort étroits & d'une extrème longueur, qui ont le devant & le derriere fort relevés & ornés de sculpture ; il y en a de tout dorés, où l'on met jusqu'à cent vingt & même cent cinquante rameurs. Au milieu est une espece de petit dôme que les Siamois appellent chirole, qui forme une chambre couverte de riches étoffes, avec des rideaux de la même étoffe. Quelquefois cette chirole est surmontée d'une pyramide ou d'un clocher fort haut. Les bords de ces bâtimens sont à fleur d'eau, & les extrémités qui sont recourbées s'élevent fort haut, la plûpart représentant des figures de dragons, de serpens, ou d'autres animaux. Ces ballons ont pour l'ordinaire cent ou cent vingt piés de long, & n'en ont guere que six de large ; ils vont avec beaucoup de vîtesse. (Z)
BALLONS, s. m. pl. c'est ainsi qu'on appelle chez les potiers de terre, les mottes de terre préparées & prêtes à être mises en oeuvre ; & dans les Verreries, les mottes de terre à pot, prêtes à faire des pots. Voyez VERRERIE & POT.
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| BALLOT | S. m. (Comm.) petite balle ou paquet de marchandises. On le dit quelquefois des grosses balles. Voyez BALLE.
BALLOT ou BALLON, dans le commerce de verre de Lorraine, signifie une certaine quantité de tables de verre plus ou moins grande, selon sa qualité. Le ballot de verre blanc contient vingt-cinq liens, à raison de six tables au lien ; le ballot de verre de couleur, seulement douze liens & demi, & trois tables au lien. Voyez LIEN, TABLE, VERRE.
Ballot, s'entend aussi dans le commerce des viandes boucanées que font les boucaniers de S. Domingue, d'un certain poids que chaque paquet doit avoir. Ordinairement le paquet est de 60 livres de viande nette, non compris l'emballage. Voyez BOUCANIER. (G)
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| BALLOTADE | S. f. (Manége) c'est un saut qu'on fait faire à un cheval entre deux piliers, ou par le droit, avec justesse, soûtenu de la main & aidé du gras des jambes, ensorte qu'ayant les quatre piés en l'air, il ne montre que les fers de ceux de derriere, sans détacher la ruade & s'éparer. A la capriole, il rue ou noue l'aiguillette ; à la croupade, il retire les piés de derriere sous lui, au lieu de montrer ses fers comme il fait en maniant à ballotade ; c'est ce qui fait leur différence. Quand un cheval est lassé d'aller à capriole, & que son grand feu est passé, il se met de lui-même à ballotades, puis à croupades à moins que le poinçon bien appuyé ne lui fasse noüer l'aiguillette & continuer l'air des caprioles. Faire la croix à ballotades, c'est faire ces sortes d'airs ou de sauts d'une haleine en-avant, en-arriere & sur les côtés, comme une figure de croix. La ballotade est un saut où le cheval semble vouloir ruer, mais ne le fait pourtant pas ; ce n'est qu'une demi-ruade faisant seulement voir les fers des jambes de derriere, comme s'il avoit envie de ruer. (V)
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| BALLOTE | (Hist. nat. botaniq.) genre de plante à fleur monopétale labiée, dont la levre supérieure est creusée en forme de cuilliere, la levre inférieure est divisée en trois parties ; celle du milieu est la plus grande, sa figure approche de celle d'un coeur ; le pistil sort du calice, il est attaché comme un clou à la partie postérieure de la fleur ; & il est environné de quatre embryons, qui deviennent autant de semences oblongues renfermées dans une capsule qui a servi de calice à la fleur, & qui est en forme de tuyau à cinq faces. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)
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| BALLOTER | v. neut. (Hist. mod.) maniere de donner son suffrage dans les élections, &c. par le moyen de certaines petites balles de diverses couleurs ; en France on les nomme des ballotes : l'usage est de les mettre secrettement dans une boîte. (G)
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| BALOIRES | S. f. pl. ou principale lisse de gabari ; ce sont, en Marine, de longues pieces de bois, qui dans la construction d'un vaisseau, déterminent la forme qu'il doit avoir ; c'est pourquoi on les appelle aussi formes de vaisseau. (Z)
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| BALOTIN | terme de Jardinage, espece de citronnier. Voyez CITRONNIER. (K)
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| BALOWA | (Géogr.) ville d'Asie dans l'Indostan, au royaume de Decan.
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| BALSAMINE | S. f. balsamina, (Hist. nat.) genre de plante à fleur polypétale irréguliere. Cette fleur est composée de quatre pétales ou de six : dans celle qui a quatre pétales, la supérieure forme une sorte de voûte ; l'inférieure est concave & terminée par un prolongement en forme de queue. Les deux pétales des côtés sont fort étendus & accompagnés d'une oreille : les fleurs à six pétales sont très-rares : le pétale inférieur n'a point de prolongement en forme de queue : le pistil se trouve au milieu de ces fleurs entre deux petites feuilles. Quand la fleur est passée, ce pistil devient un fruit arrondi des deux côtés dans quelques especes, & ressemblant à une silique dans quelques autres. Ce fruit a des sortes de muscles, qui le rendent élastique lorsqu'il s'ouvre. Il renferme des semences attachées à un axe ou placenta. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez PLANTE. (I)
On peut repiquer la balsamine sur d'autres couches pour l'avancer. On la transporte au bout de six semaines dans les parterres : on la place parmi les fleurs basses, afin de ne lui point ôter le soleil : on la met aussi dans des pots : elle veut être souvent arrosée. (K)
* Le fruit de la balsamine est de toutes ses parties celle dont on fait le plus d'usage en Medecine : il passe pour vulnéraire, rafraîchissant, & un peu dessicatif ; il appaise les douleurs, sur-tout celles des hémorrhoïdes ; il est bon extérieurement pour les hernies, les brûlures, & les blessures des nerfs. Le baume tiré du fruit de cette plante trempé dans l'huile & seché au soleil, est excellent dans les blessures, les ulceres, les hémorrhoïdes, les ruptures, & les maladies de la matrice.
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| BALSAMIQUES | adj. pris sub. en Medecine, on donne ce nom à des remedes d'une nature un peu acre & chaude : cette classe comprend les céphaliques, apoplectiques, anti-paralytiques, cordiaux, spiritueux, & autres. On met de ce nombre le bois d'aloès, sa résine, sa teinture, son aubier, le santal citrin, sa teinture concentrée en baume liquide ; l'ambre gris, le liquidambar, le baume blanc, le succin, le benjoin, le stirax calamite, sa résine ; le stirax blanc ; le laudanum, sa résine ; les baumes du Pérou, de Copahu, de Tolu ; l'écorce vraie de quinquina, le costus amer, la cascarille, la canelle, le girofle, la graine de paradis, les cubebes, le macis, la noix muscade, la sarriette, le thym, la rue, le serpolet, la lavande, le nard celtique, l'origan, le dictamne de Crete, la marjolaine, la mélisse, la molucque, la camomille romaine, le marum de Syrie, le basilic ; l'aurone, le stoechas, le spicanar, le jonc odorant, les feuilles de laurier & myrte, & toutes les huiles de ces simples obtenues par la distillation. Entre ces compositions, Hoffman compte les baumes apoplectiques de Crollius, de Sherzerus, de Zeller, son baume liquide de vie, l'esprit de baume du Pérou, les esprits de succin & de mastic, l'eau apoplectique de Sennert, l'eau d'Anhalt, l'essence d'ambre, les esprits volatils huileux, faits en aromatisant ces esprits avec les huiles de canelle, de macis & de cedre.
Ces remedes augmentent la chaleur dans les solides, & donnent de la volatilité aux fluides, conséquemment hâtent le mouvement progressif du sang, divisent les humeurs, résolvent les obstructions, & entretiennent la transpiration.
On peut les employer dans les maladies de la tête, des nerfs, de l'estomac, & du coeur, à condition que les corps ne seront pas pleins de sang & d'humeur, que le ventre sera libre, & qu'il n'y aura ni grande jeunesse, ni tempérament sensible & porté à la colere.
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| BALSARA | Voyez BASSORA.
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| BALTAGIS | S. m. (Hist. mod.) sorte d'azamoglans ou valets du serrail, occupés à fendre, scier & porter le bois dans les appartemens. Leur nom vient de balta, qui en langue turque signifie hache ou coignée. Les baltagis, portent le bois par tout le serrail, & jusqu'aux portes de l'appartement des femmes, où les eunuques noirs viennent le prendre, parce qu'ils ont seuls droit d'y entrer. Le visir Mehemet Kuperli sous Achmet III. avoit été baltagi ; & il en retint le nom même dans son élévation, selon la coûtume des Turcs, qui portent sans rougir le nom de leur premiere profession. Guer, moeurs & usages des Turcs, tome II. (G)
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| BALTEI | S. m. pl. (Hist. anc.) c'est ainsi qu'on appelloit chez les anciens les précinctions des théatres & des amphithéatres. Voyez AMPHITHEATRES & THEATRES.
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| BALTEUS | en Architecture, ceinture de la volute ionique. Vitruve, page 97.
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| BALTIMORE | (Géogr.) ville d'Irlande dans la province de Munster, au comté de Corck, sur la baie de même nom.
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| BALTIQUE | Géogr. (MER) grand golfe entre l'Allemagne & la Pologne, qui a au midi le Danemark, la Suede à l'occident, la Laponie au septentrion, la Bothnie, la Finlande, la Livonie, la Courlande, une partie de la Pologne à l'orient, qui communique à la mer de Danemark par le Sund, le grand & le petit Belt.
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| BALTRACAN | (Hist. nat. bot.) plante qui croit dans la Tartarie, qui a, dit-on, la feuille de la rave, qui pousse une tige plus grosse que le doigt, qui s'éleve de la longueur du bras, & qui a la graine du fenouil, seulement plus grosse, & d'une odeur forte. Le baltracan s'ouvre dans la saison ; son écorce se sépare ; il répand alors l'odeur de l'oranger. Les Tartares le mangent pour se soûtenir en voyage, sans sel, ni autre assaisonnement ; sa tige est un peu creuse, & son écorce d'un verd jaune. Barbaro marchand vénitien, dont on a tiré cette description si mal arrangée, dit avoir trouvé du baltracan proche Croia, dans l'Albanie.
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| BALUCLAV | ou JAMBOL, (Géogr. anc. & mod.) port de Crimée sur la mer Noire. Long. 52. 40. lat. 44. 50. Quelques géographes pensent que c'est l'ancienne Pallacium.
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| BALUSTRADE | S. f. en Architecture : on entend par ce nom la continuité d'une ou plusieurs travées de balustres, séparées par les piédestaux construits de marbre, de pierre, de fer ou de bois, tenus de la hauteur des appuis. Voyez APPUI.
Les balustrades de pierre ou de marbre servent à deux usages dans le bâtiment : l'un pour servir d'appui aux terrasses qui séparent l'inégalité de hauteur de terrein, dans un parc, dans des cours, ou dans des jardins ; l'autre pour tenir lieu de balcon ou d'appui évuidé à chaque étage d'un édifice, ou pour lui servir de couronnement lorsque les combles ne sont pas apparens, comme au palais Bourbon à Paris, au château de Versailles, & ailleurs ; cette décoration ne devant pas avoir lieu lorsque la nécessité ou l'usage exige des combles, malgré l'exemple qu'on en voit au palais du Luxembourg.
La hauteur des premieres balustrades n'a d'autre sujetion que celle d'être proportionnée à celle du coude ou hauteur d'appui : celle des secondes doit avoir en général le quart plus un sixieme de l'ordre qui les soûtient, c'est-à-dire la hauteur de l'entablement, plus une sixieme partie. Elles sont composées ordinairement de trois parties principales ; savoir, d'un socle ou retraite, d'un dez & d'une tablette ; ces trois parties comprises ensemble doivent se diviser en neuf, dont on donnera quatre à la retraite ou socle, quatre au dez, & une à la tablette : mais comme cette hauteur de balustrade tenue extérieurement du quart plus un sixieme de l'ordre, seroit souvent trop haute pour servir d'appui du côté des appartemens ou terrasses supérieurs d'un bâtiment, alors le sol des étages intérieurs peut être élevé jusqu'à la hauteur de la retraite, à 2 ou 3 pouces près.
L'on fait souvent des balustrades qui tiennent lieu d'attique ou d'amortissement aux étages supérieurs d'un édifice, & dans lesquels on n'introduit point de balustres, ne devant les employer que lorsqu'il y a des vuides dans le bâtiment ; tels que sont les croisées, les portes, les entre-colonnes : or il est quelquefois des bâtimens qui n'ont point d'ouvertures remarquables ; alors il faut soustraire les balustres dans ces balustrades, pour leur donner un caractere de solidité qui réponde au reste de l'ordonnance : mais quand on en fait usage, il faut éviter d'en mettre plus de onze dans une même travée, ou moins de cinq, malgré l'exemple du château de Clagny, où l'on n'en voit dans quelques endroits que deux, & quelquefois une ; ce qui marque un trop petit espace vuide sur une grande face de bâtiment d'une ordonnance legere ; & celui du château d'eau du Palais-royal à Paris, d'un caractere rustique, où l'on voit au contraire des travées qui en ont jusqu'à 14 ; ce qui est un défaut de convenance, qui me fait avancer pour précepte que les balustrades doivent être plus ou moins ornées, selon le caractere du bâtiment qui les reçoit ou qu'elles accompagnent, c'est-à-dire que leurs profils doivent se ressentir du genre rustique, solide, moyen, délicat, & composé, ainsi que les balustres. Voyez ci-dessous BALUSTRE, & ses profils suivant les cinq ordres, dans nos Planches d'Architecture. (P)
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| BALUSTRE | S. f. terme d'Architecture, du latin balostrum, fait du grec , fleur du grenadier sauvage à laquelle sa tige ressemble assez, est ordinairement une petite colonne composée de trois parties principales ; savoir le chapiteau, la tige, & le pié d'ouche. On a soin que les balustres, aussi-bien que les balustrades, se ressentent du caractere de l'édifice ; c'est pour cela qu'on représente dans nos Planches à-peu-près les cinq manieres de les mettre en usage. Les toscanes se font volontiers quarrées par leur plan, pour plus de rusticité ; quelquefois même les doriques : mais les autres se font toûjours rondes, à l'exception des plinthes, des piés d'ouches & des chapiteaux ; malgré l'exemple de ceux du château de Sceaux, où le tout est cylindrique ; ce qu'il faut éviter. Les membres principaux des balustres peuvent être ornés de moulures au choix de l'architecte : le genre simple, élégant & orné qui est répandu dans l'ordonnance du bâtiment, doit néanmoins lui servir de regle.
Pour trouver la proportion des principales parties des balustres en général ; il faut diviser toute leur hauteur en 5 ; une sera pour celle du pié d'ouche D ; les 4 parties restantes seront divisées de nouveau en 5, dont une sera pour la hauteur du chapiteau E : ensuite on divisera la distance depuis E jusqu'en F encore en 5, dont 3 seront pour la hauteur du cou F, & les deux autres pour la panse ou renflement G.
Le balustre toscan étant le plus massif, on doit donner à la largeur de sa panse les 2/3 de toute sa hauteur, pendant que le corinthien, qui est le plus svelte, n'en aura que le tiers ; la largeur des autres se trouvera entre ses deux extrèmes. Ces largeurs ainsi trouvées pour la grosseur de la panse, on les divisera chacune en 9, dont 4 formeront celle du cou, qui servira aussi pour la largeur la plus étroite du pié d'ouche, ainsi que l'exprime la ligne ponctuée N : la largeur du plinthe du pié d'ouche sera égale à celle de la panse, & celle du tailloir aura 1/4 ou 1/3 moins, selon le caractere du balustre ; & leur écartement d'une panse à l'autre sera tenu de la largeur d'un cou.
Il faut éviter les demi-balustres dans l'ordonnance des balustrades, ainsi que celles qui ne peuvent être que feintes : cette mutilation ou affectation est contraire au bon goût ; je leur préfere les acroteres H, qui en font l'office avec plus de vraisemblance. Voy. ACROTERES.
Ces balustres, ainsi que les balustrades, se font de différentes matieres ; ce qui les fait nommer balustres de pierre, de marbre, de bois, de fer, de bronze, &c. Celles qu'on employe à la décoration extérieure des bâtimens, different en général très-peu des exemples que l'on a donnés dans les Planches : mais celles des dedans varient à l'infini suivant les endroits où elles sont placées, la richesse de leur matiere, & le génie de l'architecte qui en donne les desseins.
Les balustres dans les rampes d'un escalier font un assez mauvais effet, à cause de l'obliquité qu'occasionnent ces rampes, aux moulures des piés d'ouches & aux chapiteaux des balustres ; ce qui fait que quelques architectes aiment mieux faire regner ces moulures horisontales, malgré l'inclinaison des socles & des tablettes, comme on l'a pratiqué au Palais-royal : d'autres, qui regardent l'un & l'autre comme vicieux, admettent l'usage des rampes de fer, ce genre de rampe n'exigeant pas tant de sévérité. Il est cependant vrai que cette derniere espece n'a pas à beaucoup près tant de dignité, & qu'elle ne paroît tolérable que dans les escaliers des maisons des particuliers ; ceux des maisons des grands étant ordinairement susceptibles de peinture, de sculpture, & d'architecture, semblent exiger des rampes qui s'assortissent à leur magnificence. (P)
BALUSTRE, en Serrurerie, est encore un ornement qui se pratique sous l'anneau d'une clé au haut de la tige, & qui est appellé balustre, parce qu'il en a la forme. Les clés de chef-d'oeuvre ont ordinairement leur tige en balustre.
BALUSTRE, en terme d'Orfévre, est une partie de la monture d'un chandelier qu'on voit ordinairement au milieu de cette monture. Elle est plus grosse en haut qu'en bas, & se termine à ses deux extrémités par un noeud d'une grosseur proportionnée à l'extrémité où il doit être. Voyez NOEUD.
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| BALVE | (Géogr.) ville de l'Allemagne dans le duché de Westphalie.
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| BALZANE | S. f. (Manége) c'est la marque de poil blanc qui vient aux piés de plusieurs chevaux, depuis le boulet jusqu'au sabot, devant & derriere. Ce mot vient de l'italien balzano. On appelle cheval balzan, celui qui a des balzanes à quelqu'un de ses piés, ou à tous les quatre. On juge de la bonté & de la nature des chevaux, selon les piés où les balzanes se rencontrent. Balzan s'applique à l'animal ; cheval balzan. Balzane, c'est la marque qui le distingue. Les termes de travat, transtravat, & chaussé trop haut, appartiennent aux balzanes. Voyez ces termes à leurs lettres. Quelques cavaliers sont assez superstitieux pour s'imaginer qu'il y a une fatalité sinistre attachée à la balzane du cheval arzel. (V)
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| BAM | ville de la Caramanie persique. Long. 94. lat. sept. 28. 30.
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| BAMBA | (Géog.) province d'Afrique au royaume de Congo.
BAMBA, (Géog. anc. & mod.) village de la vieille Castille, jadis Gueritum, ville de l'Espagne Tarraconoise.
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| BAMBERG | (Géog.) ville d'Allemagne dans la Franconie, au confluent du Mein & du Rednitz. Long. 28. 40. lat. 50.
Il y a en Boheme une ville du même nom. Long. 34. 20. lat. 49. 53.
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| BAMBIAIE | S. m. (Hist. nat. Ornyth.) oiseau qu'on trouve dans l'île de Cuba, qui ne s'éleve presque point de terre, qu'on prend à la course, & dont la chair a bon goût. On ne nous dit rien de son plumage, de son bec, de ses pattes, de ses aîles, de sa grosseur, &c. ni des autres caracteres, que les Naturalistes doivent faire entrer dans leurs descriptions.
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| BAMBOCHADES | S. f. pl. en Peint. se dit de certains petits tableaux qui représentent des sujets champêtres & grotesques. L'étymologie de ce mot vient de Bamboche, peintre flamand, qui s'est particulierement adonné à ce genre. Son nom de famille étoit Pierre de Laur : mais les Italiens lui donnerent celui de Bamboche, à cause de la singularité de sa taille. (R)
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| BAMBO | ou BAMBUCK, (Géogr.) royaume d'Afrique dans la Nigritie, borné au septentrion par les pays de Galam & de Kassan, à l'occident par la riviere de Feleme & les royaumes de Kantu & de Kombregudu, au midi par celui de Mankanna, & à l'orient par des terres inconnues.
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| BAMBOUC | (Hist. nat. bot.) bois extrèmement noüeux qui croît dans plusieurs endroits des Indes orientales. On dit que c'est une espece de canne très-grosse & très-haute, dont les bamboches ou cannes legeres que vendent nos Tabletiers, ne sont que les plus petits jets. Voyez TABAXIFERA ARUNDO.
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| BAMBOURG | PAMBOURG, PAINBOURG, (Géog. anc. & mod.) bourg du cercle de Baviere en Allemagne, dans le gouvernement de Buchausen sur l'Achza, vers le nord du lac de Chiemzée. Quelques géographes croyent que c'est l'ancienne Badacum ou Augusta Badacum.
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| BAMBYCATIENS | S. m. pl. (Géog. anc.) peuples voisins du Tigre, peut-être les habitans de Bambyce ou Hiérapolis.
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| BAMFE | (Géog.) petite ville de l'Ecosse septentrionale, dans la province de même nom, à l'embouchure de la Doverne. Long. 15. 25. lat. 57. 48.
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| BAMIA | (Hist. nat. bot.) on l'appelle aussi alcea indica. Elle a la fleur large, pentapétale, avec un vaisseau séminal assez considérable, divisé en cinq cellules qui contiennent des semences en forme de reins. Sa feuille est découpée, dentelée, & attachée à la tige par des pédicules. Elle croît en Egypte. On se sert de sa semence : elle est d'un blanc sale ; elle répand une odeur qui tient de celle du musc. Les Egyptiens la font sécher, la broyent & en mêlent la poudre à leur caffé ; ils lui attribuent la vertu de fortifier la tête & l'estomac. On en use en fumigation.
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| BAN | S. m. terme de Jurisprudence, est une proclamation solemnelle de quelque chose que ce soit. L'origine du mot est incertaine. Quelques-uns le tirent du Breton, ban, clameur, bruit : d'autres du Saxon, pan, une chose étendue : d'où ban, & bande, employée pour une banniere.
Bracton fait mention de bannus regis, ban du roi, pour une proclamation de silence faite par les juges de la cour avant le choc des champions dans un combat.
BANS de mariage, sont des avertissemens solemnels de promesses de futurs mariages, donnés dans l'église paroissiale avant la célébration des mariages, afin que s'il se trouve quelque opposition à faire contre l'une ou l'autre des parties, comme pour raison d'engagemens précédens, ou autre cause, il y ait lieu de les faire.
La publication des bans se fait à dessein de prévenir les mariages clandestins. Par les lois de l'Eglise, les bans doivent être publiés trois fois à trois jours différens aux lieux où les parties demeurent, à peine de nullité de mariage. Il y a peine d'excommunication contre ceux qui connoissant des empêchemens, ne les déclarent point.
Un curé ne sauroit être contraint à les publier, lorsqu'il connoît dans l'un ou l'autre de ceux qui se présentent au mariage quelque incapacité ou empêchement.
Si les contractans sont majeurs, le défaut de publication de bans n'emporte pas tout seul la nullité de mariage.
BAN, en terme de Palais, est synonyme à bannissement : c'est en ce sens qu'on dit, garder son ban, rompre son ban. (H)
* BAN de vendange, c'est la publication faite au prône par les curés des paroisses de village, de la permission accordée par le juge ou le seigneur à tous les particuliers de faire vendanger leurs vignes. Le ban établi pour l'ouverture des vendanges est fondé sur deux raisons : l'une d'empêcher des gens ignorans, ou pressés par la nécessité, de recueillir les raisins avant leur parfaite maturité, & d'en faire de mauvais vins ; l'autre, d'empêcher que ceux qui vendangeroient les premiers, ne découvrissent & n'exposassent au pillage les vignes de leurs voisins. Le ban de vendange se publie sur l'avis des principaux habitans des villages, & des vignerons les plus habiles. Il assujettit tous les habitans indistinctement, à moins qu'ils n'ayent acquis un titre exprès qui les en dispense. Le seigneur seul peut vendanger un jour avant l'ouverture portée par le ban. Il y a des coûtumes où les vignes enfermées de clos & de murailles sont exceptées de la loi du ban ; par-tout la contravention est punie par l'amende & la saisie des fruits.
BAN, (Hist. mod.) nom qu'on donnoit anciennement en Hongrie aux gouverneurs des provinces qui relevoient de ce royaume, telles que la Dalmatie, la Croatie, la Servie. Selon Leunclavius, on n'accordoit ce titre qu'aux princes du sang de la maison de Hongrie ; & encore aujourd'hui, la dignité de ban de Croatie est remplie par un seigneur de la premiere distinction. Le pays dans lequel est situé Temeswar, s'appelle encore aujourd'hui le bannat de Temeswar, auquel sens le terme de bannat équivaut à ceux de province ou de gouvernement. Le ban avoit sous lui un vice-gérent, lieutenant général, ou lieutenant de roi au gouvernement, qu'on nommoit vice-bannus. On croit que ces deux noms sont dérivés des mots ban, bando ou banno, dont on se servoit dans le bas Empire pour signifier une banniere ou un étendart ; parce que les habitans de ces provinces, en tems de guerre, étoient obligés de se ranger sous la banniere ou l'étendart de leur gouverneur. Quelques auteurs prétendent que les Turcs ont conservé ce nom de ban, & que les gouverneurs à qui ils le donnent, ont la même autorité que les beglerbegs. Voyez BEGLERBEG. (G)
BAN & ARRIERE-BAN, (Art milit. & Hist. mod.) mandement public adressé de la part d'un souverain à ses vassaux, de se trouver en armes à un rendez-vous pour servir dans l'armée, soit en personne, soit par un certain nombre de gens de pié ou de cheval qui les représentent, à proportion du revenu ou de la qualité de leurs fiefs.
Le ban se rapporte aux fiefs, & l'arriere-ban aux arriere-fiefs, selon quelques-uns : mais d'autres croyent que le ban est le service ordinaire que chaque vassal doit selon la nature de ses fiefs ; & que l'arriere-ban est un service extraordinaire que les vassaux rendent au roi ; d'autres qui font venir le mot d'arriere-ban, de heri-bannum, proclamation du maître ou seigneur, pensent qu'on ne doit mettre aucune distinction entre ban & arriere-ban.
Quoi qu'il en soit, ces assemblées de vassaux convoqués par leurs seigneurs sur les ordres ou à la réquisition du roi, ont commencé en France dès le tems des rois de la seconde race, & il en est fait mention dans les capitulaires de Charlemagne : mais elles ont été plus fréquentes sous les rois de la troisieme race. Car on trouve dans la chambre des comptes plusieurs rôles pour le ban & l'arriere-ban, datés des années 1216, 1236, 1242, 1253, & 1272. Il paroît par le dernier, que les seigneurs fieffés cités par Philippe-le-Hardi, devoient se trouver à jour préfix à Tours, avec un certain nombre de cavaliers & de fantassins, dont les uns alloient à leurs dépens, les autres étoient défrayés ; & ceux qu'on dispensoit du service, s'en rédimoient par une somme d'argent ou une certaine quantité de fourrage. Depuis ce prince jusqu'à François I. on trouve encore plusieurs convocations & rôles du ban & de l'arriere-ban ; dans lesquels, outre les seigneurs laïques, sont aussi compris les archevêques, évêques, abbés, prieurs, chapitres, les maires, consuls & échevins des villes. Les ecclésiastiques étoient obligés d'aller ou d'envoyer au ban & arriere-ban, à cause des fiefs qu'ils possédoient. Lorsqu'ils y alloient eux-mêmes, ils combattoient en personne ; témoin ce que Monstrelet raconte de Pierre de Montaigu archevêque de Sens, & Matthieu Paris, de Philippe de Dreux évêque de Beauvais, qui portoient la cuirasse & combattoient comme les seigneurs & barons.
Dans la suite, les ecclésiastiques ont été dispensés du ban & arriere-ban par plusieurs lettres patentes, & entr'autres par un acte du 29 Avril 1636, entre Louis XIII. & le clergé de France, moyennant certaines subventions que le clergé a promis de payer au roi dans les besoins de l'état. Les rois de France ont aussi exempté de ce service les bourgeois de plusieurs villes de leur royaume, les officiers du parlement de Paris, les secrétaires du roi, & autres personnes privilégiées.
Autrefois l'assemblée du ban & de l'arriere-ban se faisoit par des seigneurs de la premiere distinction appellés missi dominici, envoyés ou députés du souverain ; ensuite par les bannerets sur les ordres du roi ou du connétable. Depuis le roi a adressé ses lettres aux sénéchaux & aux gouverneurs de province. En 1674 & en 1689, Louis XIV. ordonna à tous les nobles, barons, chevaliers, écuyers, & autres non nobles, communautés & autres vassaux, de se trouver en armes au jour & au lieu qui leur seroient désignés par le gouverneur & lieutenant général de sa majesté en leur province, pour aller joindre le corps des troupes sous la conduite du chef qui seroit choisi d'entre eux, afin de les commander suivant la forme accoûtumée. De la Roque, traité du ban & arriere-ban. Voy. NOBLESSE. (G)
Cette milice étoit assez bonne du tems de Louis XI. parce qu'il s'en servoit souvent : elle commença à dégénérer du tems de Louis XII. & de François I. & elle tomba encore davantage sous Henri II.
On n'a point assemblé l'arriere-ban en France depuis 1674. M. de Turenne ne fut point content de cette milice, qui ne se conduisoit pas avec le même ordre & la même obéissance que les troupes reglées. (Q)
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| BANAL | terme de coûtume, se dit d'un moulin, four, pressoir, ou autre chose semblable, que le seigneur entretient pour l'usage de ses censitaires, & dont il peut les contraindre d'user. Voyez ci-dessous BANALITE.
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| BANALITÉ | est un droit qu'a le seigneur de contraindre les habitans de son territoire, d'aller moudre leur blé à son moulin, cuire à son four, ou porter la vendange à son pressoir.
Dans la coûtume de Paris, la banalité ne peut pas s'exiger sans titre ; & ces titres ne sont pas réputés valables s'ils ne sont avant vingt-cinq ans. (H)
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| BANANIER | S. m. musa, (Hist. nat. bot.) Voici ses caracteres. Sa racine pousse des jets, sa tige meurt après avoir donné son fruit. Elle ressemble à un roseau ; elle n'a point de branches ; mais elle jette de grandes feuilles, d'abord roulées comme au cannacorus, mais se développant dans la suite, & formant une espece de couronne à son sommet. Les fleurs & les fruits sont en grappes, & enfermés dans une gaîne comme au palmier. Les fleurs ont plusieurs pétales irréguliers & portés sur le sommet de l'ovaire. L'ovaire ressemble à celui du concombre ; il est charnu, partagé en trois loges, bon à manger, rempli de semence, & garni d'un long tuyau dont l'extrémité est arrondie. Boerhaave en distingue deux especes.
Le fruit de cet arbre est délicat ; on dit qu'il ne fait jamais de mal en quelque quantité qu'on en mange. Alpin nous assûre cependant qu'il se digere difficilement ; c'est la nourriture journaliere des Indiens. Ses feuilles sont si grandes, qu'elles peuvent servir de vêtement. La racine écrasée & bouillie dans du lait, est bonne pour abattre les vertiges ; son eau mêlée avec du sucre appaise la chaleur brûlante des reins ; la décoction du fruit adoucit la toux causée par des humeurs chaudes & acres. On s'en sert dans les inflammations de la plevre, du poumon, & des reins ; enfin elle excite la semence, & provoque l'urine. (N)
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| BANAR | ou BENARES, (Géog.) ville d'Asie, au Mogol, dans le royaume de Bengale. Long. 101. 30. lat. 26. 20.
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| BANAUÇON | S. m. en Architecture, nom du troisieme genre de machine des anciens, qui servoient à tirer des fardeaux. (P)
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| BANBURY | (Géog.) ville d'Angleterre, sur la riviere de Chernel, dans la province d'Oxford. Long. 16. 10. lat. 52. 9.
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| BANC | S. m. (Gramm.) ce mot se prend communément pour un long siége, à dos ou sans dos, soûtenu sur plusieurs piés ; & c'est du rapport que d'autres machines ont avec sa figure ou avec son usage, qu'elles ont pris le nom de banc.
BANC, terme de Jurisprudence, dans le choeur, est un des droits honorifiques qui appartiennent au patron d'une église, ou au seigneur haut-justicier dans la haute-justice duquel elle est située. Voyez HONORIFIQUES (droits).
On appelle au palais messieurs du grand banc, les présidens au mortier, parce qu'en effet le banc sur lequel ils sont assis est plus élevé que les siéges des autres conseillers.
On appelle aussi bancs, au palais, des especes de bureaux où se tiennent les avocats & procureurs pour parler à leurs parties. (H)
BANC DU ROI, (Hist. mod. & Jurisprud.) tribunal de justice ou cour souveraine en Angleterre. On l'appelle ainsi, parce qu'autrefois le roi y présidoit en personne sur un banc élevé, les juges étant assis à ses piés sur des bancs ou siéges plus bas. C'est dans cette cour que l'on plaide les causes de la couronne entre le roi & ses sujets. Elle connoît aussi des crimes de haute trahison & des complots contre le gouvernement. Ce tribunal est composé de quatre juges, dont le premier s'appelle le lord chef de justice de la cour du banc du roi. Sa jurisdiction est générale, & s'étend par toute l'Angleterre ; il n'y en a point dans ce royaume de plus indépendante, parce que la loi suppose que le roi y préside toûjours. Il y a encore un autre tribunal nommé le banc commun ou cour des communs plaidoyers, qui est la seconde cour de justice du royaume, où l'on porte les affaires communes & ordinaires, c'est-à-dire les procès de sujet à sujet. On y juge toutes les affaires civiles, réelles, & personnelles, à la rigueur de la loi. Le premier juge de cette cour se nomme chef de la justice des communs plaidoyers ou du banc commun. On y comptoit autrefois cinq, six, sept, & jusqu'à huit juges ; leur nombre est maintenant réduit à quatre, comme celui des juges du banc du roi. (G)
BANC, (Comm.) Les banquiers avoient autrefois des bancs dans les places publiques & dans les lieux où se tenoient les foires ; & c'étoit où ils faisoient leur commerce d'argent & de lettres de change. Quand un banquier faisoit faillite, on rompoit son banc, comme pour avertir le public que celui à qui avoit appartenu le banc rompu n'étoit plus en état de continuer son négoce ; & comme cet usage étoit très-ordinaire en Italie, on prétend que le terme de banqueroute dont on se sert en France, vient des mots italiens banco rotto, qui signifient banc rompu. Voyez BANQUEROUTE. Dict. du Comm. tom. I. (G)
BANC, en terme de Marine, est la hauteur du fond de la mer, qui s'éleve quelquefois jusqu'à sa surface, ou qui n'est couvert que de très-peu d'eau ; desorte que les vaisseaux ne peuvent passer dessus sans échoüer. Il y a des bancs qui restent entierement à sec, lorsque la mer est basse ; ce qui s'exprime en disant que ces bancs découvrent. Il y a des bancs sur lesquels il y a assez d'eau pour que les plus grands vaisseaux puissent y passer en tout tems, & même y mouiller, tels que le banc de Terre-neuve.
On appelle bancs de glaces, de gros glaçons flottans qu'on trouve quelquefois à la mer. (Z)
BANC de galere, de galéasse, de galiote, de brigantin, & de tout bâtiment à ramer. C'est le lieu pour asseoir ceux qui tirent à la rame, soit forçat, bonavoglie, ou matelot, voyez Planche II. le dessein d'une galere à la rame, & les forçats assis sur le banc.
Les galeres ordinaires sont à vingt-cinq bancs ; ce qui se doit entendre de vingt-cinq de chaque côté, faisant en tout cinquante bancs pour cinquante rames, & quatre ou cinq hommes sur chaque rame.
Les galéasses ont trente-deux bancs, & six à sept hommes pour chaque rame.
De tous les bâtimens à rame, il n'y a que les gondoles de Venise qui n'ayent point de banc ; car les rameurs nagent debout.
BANC de chaloupe ; ce sont les bancs qui sont joints autour de l'arriere de la chaloupe en-dedans pour asseoir ceux qui y sont. (Z)
Banc à s'asseoir dans la chambre du capitaine. On trouve un banc qui est placé contre l'arriere du vaisseau. Il y en a encore un autre à stribord ; c'est par l'endroit qu'occupe ce banc, & qu'on ôte alors, que l'on passe le gouvernail pour le monter ; on le leve aussi lorsqu'on veut culer de l'arriere ; les affuts entrent encore par-là. On y place quelquefois un tuyau d'aisement à six pouces du petit montant qui le soûtient, & à un pié du bord du vaisseau.
Banc à coucher. Il y en a aussi un dans la chambre du capitaine. (Z)
BANC D'HIPPOCRATE, (en Chirurgie) machine dont on se servoit autrefois pour réduire les luxations & les fractures. C'étoit une espece de bois de lit sur lequel on étendoit le malade. Il y avoit un essieu à chaque bout qui se tournoit avec une manivelle ; on attachoit des lacs aux parties luxées ou fracturées d'un côté, & aux essieux de l'autre. En tournant les essieux, les lacs qui s'entortilloient autour faisoient l'extension & la contre-extension pendant que le chirurgien réduisoit les os dans leur situation naturelle. La Chirurgie moderne a simplifié les méthodes de réduire les membres luxés ou fracturés, & ne se sert plus de cette machine dont on voit la description & la figure dans Oribase. Voyez EXTENSION & MACHINE pour la réduction des luxations. (Y)
BANC, (en Architect.) c'est la hauteur des pierres parfaites dans les carrieres.
BANC DE VOLEE ; c'est le banc qui tombe après avoir soûchevé.
BANC DE CIEL ; c'est le premier & le plus dur qui se trouve en fouillant une carriere, & qu'on laisse soûtenu sur des piliers pour lui servir de ciel ou de plafond. (P)
BANC, (Ardoise) On entend par un banc dans les carrieres d'ardoise & autres, le long parallelépipede formé par deux foncées. Les bancs s'élevent les uns au-dessus des autres, & forment à droite & à gauche une espece d'échelle ou plûtôt d'escalier. On ne peut fixer ni la hauteur ni la largeur du banc, ou de chaque degré de cet escalier ; elles varient l'une & l'autre selon la profondeur, l'étendue & la nature de la carriere. Les bancs ou parallélépipedes d'ardoise n'ont pas la même hauteur sur toute leur longueur. Ils vont un peu en s'inclinant vers le fond de la carriere, & forment une pente aux eaux vers la cuvette qui les reçoit. La hauteur du banc est de neuf piés dans nos figures d'ardoise, & sa largeur suit la même échelle. La surface supérieure du banc s'appelle nif. Voyez les articles FONCEE, CUVETTE, NIF, & ARDOISE.
BANC DE CUVE, ce sont dans les Brasseries, les planchers qui entourent les cuves. Voyez BRASSERIE.
BANC, en terme de Cardeur, c'est une planche d'environ un pié de large, allant en pente par un bout, & qui porte toutes les parties du roüet. Voyez CARDER.
BANC A TIRER, (terme & outil de Chaînetier) il sert aux Chaînetiers pour passer à la filiere le fil de fer, de cuivre ou de laiton, qu'ils veulent employer à des chaînes, & pour le diminuer de grosseur.
Ce banc à tirer est fait comme ceux des Orfevres & autres, & est composé d'un banc, d'une piece, du moulinet, du noyau & de la filiere. Voyez BANC D'ORFEVRE.
BANC A COUPER, c'est chez les Cloutiers d'épingles, un banc de figure presque quarrée, garni de rebords plus hauts sur le derriere que sur les côtés, & le devant qui est moins élevé que tout le reste. Les cisailles sont attachées au milieu par une de leurs branches. Voyez CISAILLES, & la figure 13 du banc, Pl. II. du Cloutier d'épingles.
BANC A TIRER, en terme d'Epinglier, est une espece d'établi adossé d'un bout sur un billot fendu à deux ou trois endroits pour y battre la filiere. Voyez FILIERE. Vers le même bout ou à l'autre, selon l'emplacement, est la bobille, voyez BOBILLE ; plus loin, la filiere arrêtée entre trois montans. Derriere elle on voit une piece de bois plus haute que ces montans, avec un coin ; c'est-là qu'on place la filiere pour en faire l'essai : enfin vers cette extrémité on voit le tourniquet d'où dévide le fil que l'on tire. Voyez la fig. Pl. des Trifileries & de l'Orfévrerie.
BANC, servant aux Fondeurs de caracteres d'Imprimerie, est une espece de table oblongue d'environ deux piés & demi, à hauteur d'appui, fermée à l'entour par un rebord, excepté vis-à-vis l'ouvrier où ce rebord finit ; ce banc sert à recevoir les lettres à mesure qu'on les fond, & de décharge pour plusieurs choses nécessaires à l'ouvrier. Voyez la vignette de la Planche I. du Fondeur de caracteres, & la figure 2. de la même Planche qui le représente en particulier.
BANC D'IMPRIMERIE, est une espece de table de bois, longue environ de trois piés sur dix pouces de large, soûtenue par deux treteaux garnis de planches tout-autour, en conservant cependant une ouverture pardevant qui forme un receptacle ou bas d'armoire ; ce banc est toûjours situé à la droite de l'Imprimeur ; sur le premier bout il place le papier trempé prêt à être imprimé ; à l'autre extrémité, il pose chaque feuille au sortir de la presse : les Imprimeurs se servent de la cavité de ce banc, pour serrer la laine, les cuirs, les clous de balles, les blanchets, & autres étoffes ou ustensiles de la presse.
BANC A RIVER, fig. 81. Pl. XVI de l'Horlogerie, est un instrument dont les Horlogers se servent pour river certaines roues sur leur pignon. On met la partie B B de cet outil entre les mâchoires de l'étau, & on fait entrer la tige du pignon sur lequel on veut river une roue dans un trou T convenable ; on prend ensuite un poinçon à river, & on rabat la rivure à petits coups de marteau sur la roue que l'on fait tourner avec le doigt, afin que les parties de la rivure soient également rabattues de toutes parts.
Comme il est important que les balanciers soient rivés bien droit sur leurs verges, & que ces verges, vû leurs palettes, ne pourroient point tourner dans un trou comme la tige d'un pignon, on fait ordinairement au milieu des bancs à river une creusure ronde L, dans laquelle on ajuste une petite plaque P à drageoir, de telle sorte qu'elle puisse y tourner sans beaucoup de jeu : on fait aussi au centre de cette plaque une ouverture O, propre à recevoir le corps d'une verge & une de ses palettes.
La petite plaque pouvant, comme il a été dit, tourner dans sa creusure L, lorsqu'on ajuste une verge dans sa fente pour river le balancier sur son assiette : en tournant ce balancier, on fait tourner la plaque, & on le rive sur sa verge, comme on feroit une roue sur son pignon. On a un outil de la même forme qui s'ouvre en deux pour embrasser la tige d'un pignon, sur laquelle est soudée une assiette ; cette assiette reçoit une roue que l'on y rive, en rabattant sur la roue ébiselée & entaillée, la partie de l'assiette qui l'excede. Comme la roue ou le pignon ne sauroient passer par les trous du banc, on est obligé d'en avoir un qui se sépare en deux, comme il a été dit ; ordinairement les deux pieces du banc sont assemblées ensemble à charniere, & peuvent s'ouvrir & se fermer comme un compas. (T)
BANC A CRIC, en terme d'Orfévre en grosserie, se dit d'un banc à tirer, qui ne differe du banc ordinaire, qu'en ce qu'au lieu de sangle, il est garni d'une espece de cremailliere, & d'une boîte qui renferme un arbre à chaque bout duquel on voit hors de la boîte une manivelle. Cet arbre fait tourner une roue de rencontre, qui s'engraine elle-même dans la cremailliere, qui se termine par un crochet qui retient la main. Voyez CREMAILLIERE & MAIN.
Voyez Planche derniere de l'Orfevre, un banc à tirer & un banc à cric, vignet. fig. 1. 2. ouvriers qui tirent de la moulure ; a tenaille à tirer ; b moulure. Vignet. fig. 3. 4. autres ouvriers au banc à cric ; f d g g banc, e e pitons qui soûtiennent la filiere, d le cric, f la filiere. Fig. 5. ouvrier qui dresse les lames à la lime avant que de les faire passer.
Développement du banc à cric, fig. a b c d e f g, mouvement hors de sa boîte ; b b arbre où l'on voit deux quarrés pour les manivelles ; c son pignon monté, qui fait mouvoir la roue à dent ou le hérisson d, dont le pignon ou la lanterne s'engrene dans le cric f, au bout duquel est un crochet qui tient un anneau g, où l'on met les branches de la tenaille à tirer ; m m la cage ou boîte : n n extrémités des vis qui fixent les jumelles ; m m, o o, les jumelles ; p étrier sur lequel glisse le cric ; q le hérisson ; r la lanterne ; h un des pitons qui soûtiennent la filiere ; i rondelle qui se met sous le banc & l'écrou.
Développement du banc à tirer, P P Q Q R R S boîte à filiere pour tirer des moulures ; p p le sommier ; Q Q le chapeau ; R, R, les vis qui appuient sur les filieres, & les tiennent serrées ; T clé pour serrer les vis ; V, V, les vis ; X, X, les filieres à moulures ; Y Z, autre boîte à filiere peu différente de la précédente ; 1. filieres de dessus ; 2. 3. 2. filieres de dessous ; 4. 4. autre filiere ; 5. morceau tiré en rond ; 6. morceau moulé. A banc à tirer ; B, B, pitons qui soûtiennent les filieres ; C, C, aîles du moulinet ; H H G G F, tambour sur lequel se roule la sangle du moulinet ; G, G, tourillons ; H, H, quarrés des moulinets ; F corps du tambour ; I, I, deux pieces quarrées qui s'ajustent aux quarrés du tambour, entre les clés & le moulinet ; s, t, deux tambours ; u la rondelle ; M, M, deux supports du tambour ; N, O, filieres.
L'assemblage & la fonction de ces deux machines se voit si clairement dans la vignette, que ce que nous en pourrions dire n'ajoûteroit rien à ce qu'elle représente.
BANC A TIRER, terme d'Orfévre, est une piece de bois sur laquelle les Orfévres tirent les fils d'or ou d'argent qu'ils employent. Elle peut avoir, cinq, six, sept, huit, & neuf piés de long, douze à quinze pouces de large, sur quatre d'épaisseur. L'on perce sur un bout de cette piece deux trous qui servent à mettre les poupées que tiennent l'arbre où est attachée la sangle, & où l'on met l'aîle. Voyez POUPEE, ARBRE, SANGLE, & AILE.
Les deux autres trous qui sont vis-à-vis l'un de l'autre, servent à mettre les poupées qui retiennent la filiere, & le troisieme est pour recevoir les gratures que la filiere fait à l'or ou l'argent en les tirant : elles tombent dans un tiroir qui est au-dessous. Il y a encore quatre autres trous outre ceux-ci, pour les piés qui soûtiennent le banc ; ces piés ont environ deux sur trois pouces d'équarrissage, & deux piés & demi, ou même trois piés & demi de long à deux pouces du bas : sous ces piés l'on met une planche avec un rebord de quatre ou cinq pouces de haut, pour serrer les outils qui servent au tirage. Voyez TIRAGE & l'article suivant.
BANC A DEGROSSIR, chez les Tireurs d'or, est un banc sur lequel le dégrosseur donne le troisieme tirage à l'or par le moyen d'une bobine sur laquelle il le devide, en le faisant passer à-travers une filiere appliquée contre un faux-ras retenu dans un ajoux. Voyez FAUX-RAS & AJOUX.
BANC A DORER ; chez les Tireurs d'or, est composé de deux parties, la tête & l'appui : la tête dans laquelle il y a un morceau de bois en forme de demi-cercle, tient dans un mur ; les tenailles entrent dans un trou pratiqué au milieu de ce cercle, par un bras, tandis que l'autre est retenu par des chevilles de fer fichées sur le cercle. Les tenailles sont appuyées dans une encoche à l'autre extrémité du banc, & le lingot qu'elles serrent est soûtenu par l'autre bout sur un chenet, tandis qu'on le brunit & qu'on le dore. Voyez TIREUR D'OR.
BANC ou SELLE A OURDIR, en Passementerie, c'est un siége destiné pour l'ourdisseur, & pour porter la manivelle qui fait tourner l'ourdissoir : cette manivelle a en bas une large poulie qui doit être parallele à celle du moulin ; sur cette poulie est passée une corde à boyau, qui après s'être croisée dans son milieu, va passer sur la poulie du moulin ; par le moyen du croisement de cette corde, le moulin tourne du même sens que la manivelle ; si la corde lâche par la secheresse du tems ou de quelqu'autre maniere, il n'y a qu'à reculer ce banc ; si le contraire arrive, on le rapproche ; il y a des ourdissoirs où l'on se passe de ce banc. Voyez OURDISSOIR ; voyez aussi Pl. de PASSEMENTERIE.
BANCS, dans les Manufactures de soie ce sont des parties de l'ourdissoir. Des bancs, les uns sont attachés au montant, les autres sont mobiles, il y a entr'eux une roue cavée sur la circonférence en deux endroits différens ; les cavités sont environ à un pouce de distance prise sur le diametre. Il passe dans ces cavités une corde de boyau qui va envelopper la cage de l'ourdissoir, & lui donner le mouvement que la roue cavée reçoit de l'ourdisseuse. Les bancs mobiles s'éloignent & s'approchent suivant que la corde a besoin d'être lâchée ou tendue. Voyez OURDISSOIR.
BANC ; on donne, dans les Verreries, ce nom à un siége sur lequel le maître s'assied pour faire l'embouchure, & poser la cordeline. Voyez Planche de Verrerie VI. fig. 17. un ouvrier au banc. Le banc n'a rien de particulier que ses deux bras qu'on fait plus longs qu'ils n'ont coûtume d'être aux autres siéges de cette nature, afin que l'ouvrier puisse y poser & mouvoir commodément sa canne, en faisant l'embouchure & la cordeline.
BANC, en Vénerie ; c'est ainsi qu'on appelle les lits des chiens.
BANC ; on entend par ce mot, dans les Salines, un endroit clos, couvert, pratiqué au côté de la poële, & dont la porte correspond à la pente de la chevre, qui descend par son propre poids, & se renverse sur le seuil du banc, lorsque se fait la brisée. Le sel demeure dix-huit jours dans les bancs, avant que d'être porté dans les magasins. Voyez BRISEE, CHEVRE, & SALINE ; & Planche II. des Salines. Dans la coupe de l'attelier I, I, sont deux bancs.
Bancs (contrôleurs des) ; officiers des Salines : il y en a deux. Leurs fonctions sont d'enregistrer par ordre de numero, & date par date, tous les billets de la délivrance journaliere ; les abattues en abregé, par colonnes & ordre de poëles ; les sels à l'entrée & à la sortie des bancs ; les bois de corde qui viennent à la saline ; & d'assister à toutes les livraisons de sels des bancs & des magasins ; se trouver à la brisée ; faire porter les sels des bancs dans les magasins ; assister aux réceptions de bois & de fers ; en un mot, veiller à tout ce qui concerne le service.
BANC DE JARDIN. Rien n'est si nécessaire dans les grands jardins que les bancs : on en souhaiteroit à chaque bout d'allée. Ils ont des places affectées, telles que sont les renfoncemens & les niches dans les charmilles, les extrémités des allées, les terrasses & les beaux points de vûe. Il y a des bancs simples, des bancs à dossiers, & des bancs dont le dos se renverse du côté que vous voulez. On en fait de marbre, de pierre, & de bois : ces derniers sont les plus communs ; on les peint à l'huile pour les conserver. (K)
* BANC (le grand), Géog. Banc de l'Amérique septentrionale, vers la côte orientale de Terre-neuve ; c'est le plus grand banc de sable qu'on connoisse ; il n'est pas dangereux. Les Européens y font la pêche des morues.
Banc aux baleines, aussi dans l'Amérique septentrionale, à l'occident du grand banc, & au midi du banc à vert.
Banc de l'île de sable, dans l'Amérique septentrionale, au midi de l'île & de l'Acadie, dans la mer de la nouvelle France.
Banc des îles, à l'Amérique septentrionale, dans le grand golfe de S. Laurent en Canada, au-devant de la baie des Chaleurs.
Banc à vert, en Amérique, près de la côte méridionale de Terre-neuve, vis-à-vis des baies de plaisance & des Trépassés.
Banc jacquet ou le petit banc, en l'Amérique méridionale, à l'orient du grand banc.
Banc des perles, en l'Amérique méridionale, sur la côte de Caracas, entre la ville de Rio de la Gacha & le cap de la Vela.
Banc des perles, en Amérique, vers la côte de Venezuela, en allant de l'île Marguerite à celle de la Tortue.
Banc de S. Georges, en l'Amérique septentrionale, vers la nouvelle Angleterre & le cap de sable, sur la côte de l'Acadie. On l'appelle aussi banc aux Anglois.
Banc de Bimini, en l'Amérique, près de l'île Bimini, une des Lucayes ; & de celle d'Abacoa, vers la Floride, sur la partie orientale de Bahama.
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| BANCA | (Géog.) île d'Asie dans les Indes, entre celles de Sumatra & de Borneo, avec ville & détroit de même nom.
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| BANCALIS | (Géog.) ville de l'île de Sumatra, au royaume d'Achem, vers le détroit de Malaca. Long. 118. lat. 1. 5.
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| BANCHE | S. f. (Hist. nat.) pierre molle, mais dure, comparée à la glaise ; M. de Reaumur, Mém. de l'acad. année 1712, pag 128 ; prétend que ce n'est autre chose que de la glaise durcie & pétrifiée par ce qu'il y a de visqueux dans l'eau de la mer, & il le prouve par la disposition de ses feuilles & sa couleur. La banche à sa surface supérieure est assez dure ; un peu au-dessous elle est un peu plus molle ; plus on la prend bas, moins elle est dure, & moins elle est différente de la glaise ; en un mot, en s'approchant du lit de pure glaise, elle paroît aussi insensiblement s'approcher de la nature de cette terre, & cela par des degrés si insensibles, qu'il n'est pas possible de déterminer précisément où la banche finit, & où la glaise commence. La banche, de grise qu'elle est, devient blanche & dure lorsqu'elle n'est plus humectée par l'eau.
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| BANC | ou BANQUO, (Comm.) mot italien qui signifie banque. On s'en sert ordinairement pour exprimer celle qui est établie à Venise.
Le banco de Venise, qu'on appelle vulgairement banco del giro, est proprement un bureau du dépôt public, ou une caisse générale & perpétuelle ouverte à tous marchands & négocians, & fondée par un édit solemnel de la république, que tous payemens pour marchandises en gros & de lettres de change ne se pourront faire qu'in banco ou en billets de banque ; & que tous débiteurs & créanciers seront obligés, les uns de porter leur argent à la banque, les autres d'y recevoir leur payement in banco ou en billets de banque ; desorte que tous les payemens se font par un simple transport des uns aux autres ; celui qui étoit créancier sur le livre du banquo, devenant débiteur dès qu'il cede son droit à un autre, qui est enregistré pour créancier à sa place ; desorte que les parties ne font que changer de nom, sans qu'il soit nécessaire pour cela de faire aucun payement réel & effectif.
Il est vrai qu'il se fait quelquefois des payemens en espece, sur-tout lorsqu'il s'agit du négoce en détail, ou que les étrangers veulent avoir de l'argent comptant pour emporter avec eux, ou que les négocians aiment mieux avoir leur fonds en monnoie courante, pour le négocier par lettres de change. La nécessité de ces payemens effectifs a donné lieu de pourvoir à un fond d'argent comptant, qui bien loin de diminuer le capital, l'augmente plûtôt par la liberté qu'il donne à chacun de retirer son argent quand il lui plaît.
Par le moyen de cette banque la république, sans gêner la liberté du commerce & sans payer aucun intérêt, se trouve maîtresse de cinq millions de ducats à quoi le capital de la banque est limité, ce qui monte à plus de trente millions de livres monnoie de France : elle répond du capital, & c'est pour elle en toute occasion une ressource sûre qui la dispense d'avoir recours à des impositions extraordinaires, même dans les plus pressantes nécessités. Le bon ordre qui regne dans l'administration du banco, prouve également l'utilité & la solidité de cet établissement.
Dans la banco les écritures se tiennent en livres, sous & deniers de gros. La livre vaut dix ducats de banco, ou 240 gros, parce que le ducat est composé de 24 gros. La monnoie de change s'entend toûjours ducat de banco, qui est imaginaire, 100 desquels font 120 ducats monnoie courante. Ainsi la différence des ducats de banco & des ducats courans, est de 20 pour cent, étant défendu aux courtiers de traiter à plus haut prix.
La banco se ferme quatre fois l'année ; savoir, le 20 Mars, le 20 Juin, le 20 Septembre, & le 20 Décembre, & chaque fois pour vingt jours : mais on n'en négocie pas moins sur la place. Il y a encore des clôtures extraordinaires qui sont de huit à dix jours, pour le carnaval, la semaine sainte, & on le ferme encore chaque vendredi de la semaine, quand il n'y a point de fête, & cela pour faire le bilan. Voyez BILAN.
M. Savary, dans son dictionnaire, explique la maniere dont se négocient ou se payent les lettres de change au banco. Voyez le dictionn. du Comm. tome I. pag. 817. (G)
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| BANCOK | (Géog.) fort d'Asie, au royaume de Siam, dans les Indes. Long. 119. lat. 13. 25.
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| BANDA | (Géog.) sept îles d'Asie, vers le quatrieme degré de latitude méridionale.
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| BANDAGE | S. m. terme de Chirurgie, est l'application d'une ou de plusieurs bandes autour d'une partie malade. L'utilité des bandages est de contenir dans une situation naturelle les parties dérangées, de faire compression sur quelque vaisseau, de maintenir les médicamens, compresses, & autres pieces d'appareil. Un seul bandage produit quelquefois les trois effets en même tems.
Les bandages sont différens suivant les parties sur lesquelles on applique les bandes. Voyez BANDE. Par rapport à leurs usages, il y a des bandages contentifs, unissans, incarnatifs, divisifs, compressifs, expulsifs. Voyez ces mots.
La méthode de faire chaque bandage a des regles particulieres, dont le détail seroit trop long. Il ne faut pas en général que les bandages soient trop lâches ni trop serrés. Il faut avoir soin de garnir de linge mollet ou de charpie les cavités sur lesquelles on doit faire passer les bandes, afin que leur application soit plus exacte.
Pour bien appliquer une bande, on doit mettre la partie en situation, tenir le globe de la bande dans sa main, & n'en dérouler à mesure que ce qu'il en faut pour couvrir la partie.
Pour bien lever la bande, il faut mettre la partie en situation, décoller les endroits que le pus on le sang a collés, recevoir d'une main ce que l'autre aura défait, & ne point ébranler la partie par des secousses.
On divise les bandages en simples & en composés. Le simple se divise en égal & en inégal. L'égal est appellé circulaire, parce que les tours de bande ne doivent point se déborder. L'inégal est celui dont les circonvolutions sont inégales, & plus ou moins obliques. On en fait de quatre especes, connues sous le non de doloire, de mousse ou obtus, de renversé, & de rampant. Voyez ces mots.
Le bandage est dit composé, lorsque plusieurs bandes sont cousues les unes aux autres en différens sens, ou qu'elles sont fendues en plusieurs chefs ; telles sont le T pour le fondement, voyez T ; le suspensoir pour les bourses, voyez SUSPENSOIR ; la fronde pour les aisselles, le menton, &c. Voyez FRONDE.
Le bandage à dix-huit chefs est un des plus composés : on s'en sert pour les fractures compliquées des extrémités. Ce sont autant de bandes courtes qui ne font que se croiser sur la partie, & qui permettent les pansemens sans déranger la partie blessée. Voyez la fig. 10. Pl. XXI.
On donne aussi le nom de bandage à des instrumens faits de différentes matieres, comme fer, cuivre, cuir, &c. tels sont le bandage pour contenir les hernies ou descentes, voyez BRAYER ; le bandage pour la chûte ou descente de matrice, voyez CHUTE DE MATRICE ; le bandage pour les hémorrhoïdes, voyez HEMORRHOÏDES ; celui pour la réunion du tendon d'Achille, voyez PANTOUFLE.
BANDAGE DE CORPS, est une serviette ou piece de linge en deux ou trois doubles, capable d'entourer le corps ; voyez fig. 1. Planche XXX. les extrémités se croisent & s'attachent l'une sur l'autre avec des épingles. Ce bandage sert à la poitrine & au bas-ventre ; on le soûtient par le scapulaire. Voyez SCAPULAIRE.
Bandage pour la compression de l'urethre, dont M. Foubert se sert à l'instant qu'il doit faire l'opération de la taille à sa méthode. Pl. IX. fig. 5. (Y)
BANDAGE, (terme de Fonderie) les Fondeurs en grand donnent ce nom à un assemblage de plusieurs bandes de fer plat qu'on applique sur les moules des ouvrages qu'on veut jetter en fonte, pour empêcher qu'ils ne s'écrasent & ne s'éboulent par leur propre pesanteur. Voyez FONDERIE & les Planches des figures de bronze.
BANDAGE DU BATTANT, en Passementerie, est une grosse noix de bois plate, percée de plusieurs trous dans sa rondeur, & de quatre autres trous dans son épaisseur. Les trous de la rondeur servent à introduire, à choix & suivant le besoin, dans l'un d'eux un bâton ou bandoir, qui tient & tire à lui la corde attachée au battant. Lorsque le métier ne travaille plus, on détortille cette corde d'alentour de ce bâton, qui s'en va naturellement par sa propre force s'arrêter contre la barre d'en-haut du chassis. Les quatre trous de l'épaisseur de cette noix, sont pour passer les bouts des deux cordes qui tiennent de part & d'autre au chassis du métier. Ces cordes sont serrées fortement par les différens tours qu'on leur fait faire avec la noix, au moyen du bâton ou bandoir qu'on enfonce dans les divers trous de la rondeur, & qui mene la noix à discrétion. Deux cordes sont attachées à ce bâton, & d'autre part aux deux épées du battant, qui de cette maniere est toûjours amené du côté de la trame pour la frapper. Voyez les Planc. du Passementier & leur explication.
Il y a encore le bandage du métier à frange, lequel est attaché au derriere du métier, comme il se voit dans les Planches du Passementier ; il sert par la mobilité d'une petite poulie qui est à son extrémité, à faire lever & baisser alternativement les lissettes des luisans & chaînettes qui ornent la tête de franges.
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| BANDE | troupe, compagnie, (Gramm.) termes synonymes, en ce qu'ils marquent tous multitude de personnes ou d'animaux. Plusieurs personnes jointes pour aller ensemble, font la troupe ; plusieurs personnes séparées de la troupe, font la bande ; plusieurs personnes que des occupations, un intérêt, un emploi, réunissent, forment la compagnie. Il ne faut pas se séparer de sa troupe pour faire bande à part. Il faut avoir l'esprit & prendre l'intérêt de sa compagnie. On dit une troupe de comédiens, une bande de violons, & la compagnie des Indes. On dit aussi une bande d'étourneaux, des loups en troupe, deux tourterelles de compagnie.
Bande est encore synonyme à troupe. On dit d'une troupe de soldats qui combattent sous le même étendart, que c'est une bande.
Romulus divisa les légions par cohortes, & les cohortes en manipules, du nom de l'enseigne sous laquelle elles combattoient, & qui étoit alors une poignée de foin au bout d'une pique, manipulus. Voyez ENSEIGNE & LEGION.
M. Beneton croit que le mot de ban a donné origine à celui de bande. D'abord que le ban étoit publié, dit-il, tous les militaires d'un gouvernement étant assemblés, on les partageoit en différentes bandes ou compagnies ; les unes de cavaliers ou d'hommes d'armes, les autres de soldats ou fantassins, chacune sous le commandement d'un senior, c'est-à-dire du plus élevé ou du plus considéré d'entre tous ceux qui composoient la bande.... Du terme de ban sont venus ceux de bande & de bannieres, pour exprimer des hommes attroupés & des enseignes. Une bande étoit un nombre de soldats unis sous un chef, & l'enseigne qui servoit à la conduite de ces soldats étoit aussi une bande ou une banniere. La bande enseigne donna son nom à chaque troupe assez considérable pour avoir une enseigne. Les bandes ou montres militaires d'autrefois, étoient ce que nous appellons présentement des compagnies.
Ainsi dans nos historiens, les vieilles bandes signifient les anciens régimens, les troupes aguerries. Il y est aussi parlé des bandes noires, soit que leurs enseignes fussent noires, soit qu'elles portassent des écharpes de cette couleur, comme c'étoit autr | |